Un jour d'amour et larmes en Israël
pour notre terre

par le Pr. Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
Voir aussi : Voir Israël, c'est vivre

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Je souhaiterais faire une promenade avec vous telle que je l'ai faite aujourd'hui sur notre terre d'Israël.
Dans ma vie quotidienne. Une promenade très sentimentale.
Je pense que la Torah est sentiments, de vibrations et de joie mais aussi de sentiments de tristesse ou de désespoir.
Regardez dans la Torah: on voit Moché contristé, ou tomber sur le sol devant les horreurs que fait le peuple, et même de demander d'en finir et de mourir, Elie le prophète de même tellement leurs sentiments de souffrance étaient intenses. Ce n'est pas écrit dans des journaux politiques mais dans la Torah. Car c'est là que la Torah s'écrit et se joue, là que nous avons les interpellations et les décisions morales à prendre. Souvenez-vous, quand Moché regarde avec émotion la terre d'Israël où il ne pourra pas entrer, ce que j'ai essayé de traduire dans un dessin.

Partons dans cette promenade ensemble. Ce matin, j'ai pris l'autobus de Jérusalem pour me rendre à l'Université Bar-Ilan à Ramat-Gan où je travaille. Pour vous j'ai pris quelques photos de cette ambiance car les arbres sont en fleurs en Israël en ce moment de Juin. Vous ne le voyez pas et vous entendez seulement les nouvelles violentes.
Mais voilà, vous êtes un instant étudiant en Israël et voici l'ambiance dans laquelle vous vivez:
les arbres bleus, immenses et invraisemblables bouquets au dessus du tronc.


D'autres formes plus légères de bleu. Qu'en dites-vous de vivre dans ces couleurs?

Et les immenses et géantes explosions d"un rouge presque indécent dans sa joie, son rire et sa louange:

C'est l'image du bonheur qui nous est proposé, à pleine gerbes.


Imaginez-vous que vous étudiez dans ce cadre où je travaille depuis 1984.
Nous aimons la terre d'Israël et remercions pour le cadeau reçu, "donné" pour toujours,
le Jardin d'Eden n'est pas loin où Adam et le Créateur se promenaient ensemble.
Les étudiants sont en petits groupes dans cette intimité douce et heureuse.
On n'a aucun besoin d'ouvrir les informations. Lire les psaumes, certainement.


A d'autres heures, ces étudiants enfileront l'uniforme militaire mais, pour l'instant, on est "dans"
ce qu'est la vraie terre d'Israël. Et eux et nosu les enseignants nous sommes les mêmes invités
dans cette demeure intime.

Impossible de ne pas ressentir des émotions. Ce n'est pas la morosité grise et pluvieuse
de certaines capitales où des Juifs continuent à se croire obligés de persévérer.
Avons-nous jamais fait à quelqu'un ce cadeau que le Ciel nous a donné en de tels arbres? Jamais.


Et quand nous devons étudier dans la froideur des mathématiques ou de l'informatique,
même les palmiers raides deviennent fléche rayonnante vers le ciel.


Vous ne le remarquez peut-être plus, déjà, on s'habitue si vite au bonheur,
mais cet arbre est pétillant de multiples fleurs jaunes. Baisers riants des heures de bonheur.


Et le coeur se pince, se noue et se retourne brusquement. Nous devenons soudainement accablés:
est-ce bien dans cette beauté et ces mains posées ensemble entre le Ciel et la terre
que se passerait le cauchemar de Juifs expulsés, simplement par un Pharaon qui est venu passer
quelques heures en avion, après avoir détruit l'Iraq et l'Afghanistan, et nous demande de donner
notre terre à ces mêmes terroristes qu'il détruit par centaines et milliers sans aucun sentiments?
Non, ce n'est pas possible, c'est un mauvais rêve. Pas chez nous, pas par nous, pas sur notre terre.
Vous délirez.
Nous savons ce qui s'est passé dans le monde et ici il y a quelques années. On nous expulsait effectivement.
Voici ce que les Arabes ont fait entre 1948 et  1967 dans la vieille ville de Jérusalem 
quand Tsahal n'était pas là pour protéger : les Juifs habitaient ici sur cette belle terre d'Israël et un jour,
le gouvernement de l'époque (jordanien) a fait savoir à ces habitants qu'ils devaient partir,
voici les dernières heures avant la liquidation de leur implantation juive.

et voici ce qui est resté le lendemain.

Je n'oublie pas que leurs familles furent toujours, en tous siècles, expulsées de France, d'Espagne, d'Angleterre, de Pologne, de Russie, d'Afrique du Nord, etc au cours des âges. Et ce matin, dans ma réunion de travail, je viens de rencontrer un professeur en Fac qui a fait ses travaux sur la Choa, et j'ai été à la librairie acheter un livre de photos sur la destruction du Ghetto de Varsovie. Je comprends pourquoi, bien sûr: j'ai acheté aussi le journal Maariv et Yehiyote aharonote et les pages sont pleines de photos de Juifs sur la terre d'Israël que l'on expulse aujourd'hui même pour, encore une fois, détruire leurs habitations. Parmi mes arbres en fleurs, monte une souffrance réelle, et double ou cent fois pis car, cette fois, c'est un gouvernement juif qui les expulse de cette terre, de leur terre sur laquelle ils vivent dans la Torah, celle d'Israël.
Et cela devient un cauchemar insupportable comme lorsque Moché n'en croyait pas ses yeux et ses oreilles devant le Veau d'or ou la révolte de Qorah et tombait abattu sur le sol.

Au restaurant, en mangeant, je lis le journal, l'un et l'autre, c'est la même chose: on voit les photos des hommes s'asseyant devant les engins des destructeurs pour les arrêter. On n'a pas envoyé des ouvriers du batiment pour contraindre ces Juifs, mais l'armée comme s'ils étaient "des ennemis". Trop trop de souffrance. Des jeunes filles, le visage torturé implorent le ciel en lisant des psaumes. En première page de Yédiyote, photo remarquable de AP, d'une petite fille de cinq ans, elle porte une pierre aussi grosse qu'elle devant les pneus d'un véhicule destructeur pour défendre sa maison. C'est nous cette fille: notre scandale,nous force, notre innocence, notre amour. Voilà une vraie juive, Myriam, Judith, Devora en chaque fille vivant ici comme un maillon dans la chaîne depuis le Sinaï et jusqu'à la réussite de notre histoire.


Cette fille ne lance pas de pierre, ne hait pas, elle est simplement construisant et ne cède pas devant la force de l'uniforme qui lui enlève la pierre mais pas la volonté. Nouvelle photo remarquable de Plus 90 dans Maâriv. Nous la faisons connaître.

En un instant passe en notre souvenir, l'image de ce petit garçon impuissant;
cette petite fille en a fait la conversion mais nous sommes encore loin du bonheur.


Et je vois les images terribles: cette fois ce ne sont pas les Français, ni les Polonais, ni les Allemands, ni les Jordaniens, ce sont des Juifs qui ont réduit à cet état la maison familiale de Juifs sur la terre d'Israël pour qu'ils partent de là.
Voici Madame Ouzeri devant ce qui lui reste de sa maison. Et ce n'est pas le Roi de Jordanie qui lui a fait cela, ni les Cosaques, ni les SS. C'est nous. Voilà la douleur.



Il n'y a pas de politique là-dedans.
C'est un jour de "drame dans l'histoire juive" que l'on se comporte ainsi sur la terre d'Israël.
Comment cette présence divine et d'amour ne se rebellerait-elle pas? Quelle excuse peut-il y avoir?
S'il y a une différence avec ces images de la vieille ville de Jérusalem après le passage des Jordaniens

l'insoutenable est encore plus grand, c'est qu'il s'agit de Juifs envers des Juifs.
A Auschwitz, on disait: "le travail vous rend libre". Ici, aussi horrible, on appelle cette infamie fraternelle: "processus de paix" ou "feuille de route".
Sans aucune pudeur devant le cynisme des mots et de la cruauté.
Et cela sur la terre d'Israël qui est un sanctuaire qui n'appartient à personne si ce n'est au Créateur
et qui y héberge les Juifs à qui Il l'a donnée, comme le dit Rachi dans le premier commentaire de toute la Torah,
mais afin qu'ils s'y conduisent en respect et selon la Torah.
Tristesse sans limite.

Je n'ai AUCUNE agressivité envers le gouvernement, ce sont des membres de ma famille,
je suis de ces sentiments des fleurs rouges, bleues et jaunes qui sont autour de moi,
mais je suis très très très triste qu'ils soient "capables" de faire cela.

Nous qui étudions et essayons sans cesse de découvrir la Torah, et notre peuple et de le vivre,
il y a une chose que nous n'avons pas le droit de faire, jamais:
C'est nous détourner et dire: "c'est de la politique, je voudrais écouter et lire des études sur la Torah, et on est de plus en plus dans la politique". Il est INTERDIT de dire cela car c'est là dedans que la Torah est écrite aujourd'hui comme dans les texte. Les prophètes le disaient, le criaient. Ils annonçaient que le Temple serait détruit et les Juifs emportés en exil s'ils continuaient à étudier et prier sans faire face selon la Torah à la vie qui se passait sur la terre d'Israël.JE vous en supplie, voyez tout cela comme la Torah aujourd'hui de même que vous lisez la Haggadah de Pessah ou l'histoire d'Esther. Ce n'étaient pas des films, mais la réalité comme aujourd'hui. La Torah n'est pas dans les cieux mais ici.

Cela sur une terre qui est tellement miracle, où la moindre graine se transforme en arbre gigantesque fleuri comme vous le voyez par toutes les photos de preuves que je vous donne sur le site. Comment ne pleurerait-on pas!. Si nos tripes ne réagissent pas de douleur, c'est cela qu'il faut traiter d'urgence et analyser. On comprend soudainement les interpellations et les pleurs et les colères du Ciel dans les paroles des prophètes, ou les disparitions soudaines de la présence du Ciel qui nous abandonne parfois à notre misère. Car nous allons vraiment trop loin.
Et croyez bien qu'il n'y a en moi, en tout cela, que ce que j'ai dit: rien de politique, rien d'agressif. Je vous dois de l'expliquer: depuis mon alyah en 1983, je n'ai jamais appartenu à aucun groupe ou parti politique en Israël, ne suis allé à aucune manifestation. Professionnellement, j'analyse la psychologie de ce qui se passe, simplement pour aider. Dans la Torah, j'essaie de comprendre et de placer l'action dans son axe. Et dans le comportement, seraient témoins beaucoup que j'ai subi plus de préjudices que je ne suis capable d'en faire à autrui quand il faut se défendre pour vivre. C'est même mon problème. Tout ceci, uniquement, pour enlever ces questions éventuelles et se placer uniquement face à l'intolérable fraternel et à la première action en Israël d'une telle violence que l'on déplore dans l'histoire contre les Juifs et que l'on nomme ailleurs antisémitisme et pogromes.
Non, il y a déjà eu deux autres faits intolérables entre nous dans l'histoire récente d'Israël: quand le gouvernement de gauche a tiré sur les Juifs du paquebot Altaléna et en a tué plusieurs pour des divergences politiques, et quand un juif ayant des idées politique de droite a tué sur un autre Juif qui était Chef du gouvernement. Trois actes aussi lamentables.
Voilà, simplement, amicalement, je vous ai fait vivre quelques heures en Israël. Dans la présence et la Torah.

Et je n'oublie pas les Arabes. Autour de nous passent des étudiantes arabes qui parlent en arabe. Les unes semblables extérieurement aux israéliens et israéliennes. D'autres, ostensiblement pudiques sous leur foulard et les vêtements couvrants et regardant avec un mépris souvent compréhensible des étudiantes qui s'exhibent comme si elles étaient en maillot au bord de la mer. Cela fait mal aussi parfois. Mes étudiants arabes se savent compris et respectés et ils entendent que j'ai fait ce qu'il faut pour être capables de leur enseigner les méthodes psychothérapiques en tenant compte des paramètres psychologiques et culturels de leur peuple et de leur religion.
Nous n'aurons aucune solution avec eux tant que nous ne serons pas notre Torah connue et vécue et sincère.Pourquoi?
J'ai lu le Coran et ses commentaires, en arabe, et en vivant tous ces événement fous, je pense souvent à la 18e sourate, celle de la caverne qui parle ainsi de nous:
"Ils n'en ont aucun savoir, pas plus que leurs ancêtres. Quelle énormité sort ainsi de leurs bouches puisqu'ils ne disent que des mensonges. Peut-être vas-tu te tuer de chagrin à leur suite s'ils n'ajoutent pas foi à ce discours. Nous avons fait de ce qui est sur terre une parure pour elle (c'est bien ce que nous voyons autour de nous)".
Et dans le verset 104 de la sourate précédente du voyage nocturne il est dit: "Nous avons dit après lui (Moché) aux fils d'Israël: habitez la terre (la dispersion des Juifs) et lorsque la vie finale (le monde à venir) arrivera à son terme prédestiné, nous vous ferons venir en groupes hétérogènes".
Et je vous montre le commentaire du Dr Salah Ed-Dine Kechrif publié en 1984 à Beyrouth sur ce dernier mot : "le mot veut dire une masse de gens d'espèces diverses où se cotoient les bons et les mauvais et les races les plus variées. Dans ce verset vraiment prophétique puisqu'il est bien dit 'après Moïse', le lieu de fixation des fils d'Israël n'est pas précisé. Il est simplement désigné par 'la terre'. Cela peut dire aussi bien signifier toute le terre et c'est la diaspora qui a fait que pas un seul pays au monde n'ait pas sa minorité juive. Cela peut désigner aussi l'Etat actuel d'Israël qui annonce en même temps, toujours d'après ce verset, que la fin du monde n'est plus très lointaine. Sans être nous-même prophète, tout porte à croire que cette terre n'a plus bien longtemps à vivre. N'est-il pas remarquable que cet Etat d'Israël soit peuplé de tous les spécimens de la race humaine et que le verset nous parle de 'groupes hétérogènes'. Or, au temps de Moïse, les Juifs formaient une race homogène." (Fin de la citation du Dr Salah Ed-Dine Kechrif, sans en avoir modifié un seul mot).

Je pense à tout cela dans ces douleurs et ces joies. Simplement pour dire que si nous vivions selon ce que nous sommes, nous recevrions ipso facto le respect de tous les peuples car la preuve de la Présence serait flagrante dans notre peuple. Et si les ennemis se manifestaient encore, ils seraient supprimés comme je vous le disais hier : "pour découvrir cela, lisez dans le Second Livre des Chroniques les versets 31,20 a 32,23. C'est clair et net. Et le bonheur de tous assuré".

Etudier, étudier voilà notre solution et vivre ce que nous découvrons. Sans peur.
Dans le bus qui me ramène à Jérusalem, je regarde les images aussi émouvantes du Ghetto de Varsovie dans le livre Guiborim "Héros et désespérés" . Nos frères juifs d'alors sont l'exemple de ce que nous vivons: le bonheur d'être-qui-nous-sommes comme un peuple qui a reçu tout cela, et douleur de ce que l'on nous impose en ce moment et qui traduit le manque d'éducation de notre peuple sur son identité. Mais toujours le bonheur domine, comme dans cette photo de ce combattant juif du Ghetto devant les ennemis qui venaient de le capturer. Et nous serons fidèles à ce sourire même dans la douleur car l'erreur ne gagnera jamais très longtemps. Ils penseront que nous levons les bras par défaite alors que nos doigts chantent et dansent même à l'heure des horreurs.
Il vit en nous ensemble le Gardien d'Israël. Et nous attendons le bonheur promis.


La prière pour la terre d'Israël, selon le Roi David

Lisez le psaume 85. 
Au niveau du sens littéral, il répond exactement aux besoins de l'heure et des intelligences et des coeurs ; retour à l'idéal ancien, regret des fautes, pardon, confiance en la bonté devant la colère méritée, supplication envers Celui qui seul peut nous améliorer et nous faire revenir à la vraie vie, appel à la tendresse, confiance, et alors seulement (contrairement aux programmes politiques de bas niveau), se réalise le paysage des idéaux vantés ; car nous serons en Sa présence, et alors Il agira. 

Mais aussi, ceux qui ont accès aux enseignements profonds de la tradition y trouveront sur chaque mot des synthèses lumineuses et pleines de force. 

Voici notre traduction :

1. Au chef des chantres, par les fils de Qora'h. Chant.
2. Tu as voulu, Hachém, Ta terre, Tu es revenu vers les restes de Yaâqov.
3. Tu as enlevé le péché de Ton peuple, tu as couvert tous leurs péchés, pour toujours.
4. Tu as contenu toute Ton indignation, Tu es revenu sur Ton mouvement de colère.
5. Fais-nous revenir, D.ieu de notre salut, retire Ta colère de nous.
6. Seras-Tu pour toujours irrité contre nous ? Feras-tu durer Ta colère de génération en génération ?
7. Est-ce que Toi Tu ne reviendrais pas pour nous faire revivre ? et Ton peuple se réjouira en Toi .
8. Fais-nous voir, Hachém, Ta bonté, et Ton salut Tu nous le donneras.
9. J'écouterai ce que prescrira le D.ieu, Hachém, car il décrètera la paix vers Son peuple et vers ceux qui le révèrent de tendresse. Et ils ne reviendront plus vers leurs stupidités.
10. Mais Il est près pour ceux qui Le craignent Son salut, pour qu'habite Sa gloire dans notre pays. 
11. Amour et vérité se sont rencontrés, justice et paix se sont embrassées.
12. Vérité de la terre jaillira, et la justice depuis les cieux brillera.
13. Oui vraiment, Hachém donnera tout ce qui est bon, et notre terre donnera sa moisson.
14. Justice devant Lui se tiendra et mettra en route Son action.

(le texte suivant comportant des lettres saintes, ne le déposer que dans un lieu respectable)



Aidons-nous les uns les autres, en réciprocité.
Merci de ces heures ensemble.
Soyez indulgents aussi, ce n'est pas facile de se confier ainsi, dans le déroulement des instants, sans la précision prudente.

Et pour pour que nous avançions, utilisez les textes de Modia pour les partager avec d'autres, communiquez les adresses des pages à vos amis.

Revenons aux belles photos des arbres fleuris. Ils parlent dans beaucoup de psaumes de louanges.
La délicatesse de cette présence que l'on touche ici en Israël, j'ai essayé de vous la traduire dans le poème Délicatesse (lien ici).