Vivre avec le peuple d'Israël
et sa Torah vivante
sur sa terre :
L'élection du Président
d'Israël Moshé Katsav
Présentation et analyse et liens par
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Modia : http://www.modia.org
Son élection
Moché Katsav a été élu à la majorité absolue
par 63 voix contre 57 au second tour.
Ses premières
interventions qui l'orientent
1. Après avoir prêté serment, dès l'ouverture
de la cérémonie d'investiture, il l'a commencée en
disant la bénédiction de remerciement "Chéhe'héyanou".
(il prète
serment sous la conduite de Avrom Burg, Président de la Knesset.
A leur côté, l'ex-président démissionnaire pour des
"affaires":
le passé, le présent et l'avenir).
2. Il a déclaré : "Je désire que les Arabes israéliens
me considèrent comme leur Président,
et tous les Juifs, qu'ils soient orthodoxes, religieux ou laïcs, Sépharades
ou Askénazes,
nouveaux immigrants ou anciens, résidents de villes de développement
ou de kibbouts, de Jérusalem à Réhavia ou du nord
de Tel Aviv (zones riches) ou du quartier de Mousrara à Jérusalem
ou du sud de Tel Aviv (quartiers pauvres)".
3. Il a déclaré : "Le public désire que le Président soit
au dessus des différences politiques".
Sa carrière
Il est né en Iran en 1945 et est monté en Israël
à l'âge de 6 ans. Il grandit dans le camp de toiles (maabarote)
des nouveaux immigrants à Kyriate Malakhi dont il deviendra maire
plus tard en 1969 à 24 ans, encore étudiant et le plus jeune
maire d'Israël.
Il est l'aîné de 8 enfants. Il est marié à
Guila (joie) et ils ont cinq enfants. Sa mère, Gover, a marqué
les écrans de son émotion.
Il parle l'hébreu, l'arabe, l'iranien et un remarquable anglais.
Il est diplômé d'une Ecole d'agriculture, a une licence (BA)
d'Histoire et une d'Economie. Il fit son service militaire.
Ses activités sociales ont été la présidence
du B'nai Brith de sa ville, la présidence des étudiants du
Likoud à l'Université de Jérusalem.
Il devint député en 1977 et le resta depuis 23 ans. Il
fut membre des commissions de l'éducation et de la culture, des affaires
intérieures et de l'environnement mais se distingua surtout comme
président du lobby parlementaire pour les villes de développement.
Il devint ministre du logement (1981-84), ministre du travail
et des affaires sociales (1984-88), ministre des transports (1988-92),
ministre du tourisme (1996), ministre chargé des affaires arabes;
premier ministre délégué. Sur le plan international
il était président des Amitiés parlementaires Israel-Chine.
C'est donc un
parcours typique de ce qu'est l'Israélien d'aujourd'hui,
avec les différentes facettes sociologiques d'une majorité
d'israéliens peu représentés jusqu'à maintenant
dans la politique. Avec un parcours parlementaire branché sur les
dimensions sociales.
Notre analyse
sociologique et non politique du sens de son élection
: une révolution
Cette élection présidentielle est une revolution historique
sur le plan de la sociologie d'Israel beaucoup plus que sur le plan
du combat politique.
Abandonnons ici les enjeux politiciens d'avant l'élection, ou
les caractéristiques politiques de chacun des deux candidats, pour
nous centrer seulement sur le positif du candidat élu.
Avant Moshe Katsav,
les 7 Présidents d'Israel
avaient été les suivants
:
1948-1952 Haim Weizman.
1952-1963 Yitzhak Ben-Zvi.
1963-1973 Shneur Zalman Shazar.
1973-1978 Ephraim Katzir.
1978-1983 Yitzhak Navon.
1983-1993 Haim Herzog.
1993-2000 Ezer Weizman
Ces 7 Présidents émergeaient
tous de la liste du parti travailliste. Moché Katsav est le premier a venir d'un
autre courant.
Colette Avital, député travailliste et chargee de l'information a Camp
David, tres proche de Péres et aussi de Barak, donc non susceptible de
partialité, a bien analysé et formulé ce problème après avoir fait
l'éloge de son candidat préféré Péres: "c'est
une guerre
contre
les "elitotes",
pas seulement contre Péres mais contre nous". Ce terme de "elitote" indique
dans le slang israelien, le groupe des principaux dirigeants et animateurs
de gauche qui tiennent les postes-clefs (institutions, justice, police,
armée, etc) et estiment qu'ils représentent seuls l'Etat et l'orientent
selon leur seule ligne et que cela est la moralité. Ce sont ces représentants
qui
furent
surpris
de
cette élection et leurs journalistes diffusèrent l'information de cette
surprise aux autres médias du monde. De même, aux avant-dernières élections
(nationales cette fois et non de la Knesset), dans tous les sondages et
jusqu'aux petites heures du jour après l'élection, ils avaient annoncé
Péres vainqueur avant de découvrir la réalite de la victoire de Netanyahu
juste avant la proclamation du scrutin.
C'est donc une
révolution sociologique, et une nouvelle ère dans
le sens suivant :
Pour la première fois, un Président est issu des immigants orientaux qui
sont passés par les fameux camps d'integration à qui Barak a demandé un pardon
célèbre au nom du courant travailliste qui avait montré un véritable racisme
contre les immigrants orientaux
religieux,
portant
kippa,
disant "avec l'aide de D.ieu", affirmant que si les
Juifs subsistent c'est parce qu'ils ont gardé la religion et les mitsvotes,
faisant une bénédiction de remerciement avant de commencer un discours
aux notables.
Une part importante d'Israel qui s'estimait à tort ou a raison mise
à l'écart s'est identifiée dans des manifestations de joie à cet accès
d'eux-mêmes au premier poste.
Cela est le plus
important pour l'évolution unitaire d'Israël quand
on voit combien cela était un problème non réglé et
refoulé mais de plus en plus explosif et dangereux par la haine contenue qui
commencait
à exploser. La montée continue de Shas est la manifestation de ce problème
refoulé et non résolu. Maintes fois, j'ai fourni des analyses montrant
que ce problème est bien plus grave que la tension entre laïcs et
religieux.
Les réactions
significatives
Elles ont été majoritairement favorables, après
la déception normale et profonde de ceux qui espéraient dans
la victoire du promoteur du processus d'Oslo. Mais l'élection à
la présidence d'Israël n'est pas un Prix Nobel international,
c'est une fonction d'unité dans le pays parmi tous les citoyens.
Des députés de
gauche et extrême-gauche comme Burg et Sarid ont salué avec émotion ce
changement qui reintégré une partie de la nation sans rien
enlever aux autres.
Un député Likoud a dit que l'élection de Katsav
reflète la victoire du judaïsme sur le cosmopolitisme dans
une bataille sur le caractère juif de l'Etat.
L'ancien président Ephraim Katzir a déclaré qu'il
pense que Katsav sera un bon Président ayant pour but de promouvoir
une société plus unie. C'est un signe du succès de
la démocratie israélienne que quelqu'un qui ait été
élevé dans des conditions difficiles soit choisi comme Président.
C'est un homme honnête et modeste et qui a une véritable capacité
pour représenter toute la société israélienne.
Une minorité a continué a parler de "médiocrité",
comme pendant des décades envers ces couches sociales qui ressemblent
à ce nouveau représentant du peuple.
Une partie des
journalistes a décidé immédiatement de
ne laisser aucun répît à celui qui ne fait pas partie
de leur orientation ni de leur action. Ils
avaient déjà agi ainsi envers l'ancien premier ministre et sa famille, auront-ils
plus de décence cette
fois. Mais, dans l'ensemble l'accueil est chargé de sympathie.
L'espoir
C'est un grand espoir pour Israël si le nouveau Président parvient
à remplir son programme de respect envers tous et d'unité sans entrer dans
les débats qui divisent.
Et, hélas, si une partie des médias semble bien décidée à
ne pas lui laisser un jour de grâce et à
créer la suspicion sur ce qui l'entoure et sur ce qu'il représente,
il faudra faire avec ce travers de notre société que nous
aimons.
Ses pouvoirs et devoirs
Ils sont définis dans une loi essentielle de 1964. Ils consistent
en :
- représentation officielle dans le pays et à l'extérieur,
- réception des lettres de créances des diplomates étrangers,
- l'ouverture de la première séance d'une nouvelle Knesset,
- les grâces et remises de peine envers les prisonniers,
- être consulté par le chef du gouvernement s'il décide
de
dissoudre la Knesset.
Hormis cela, il se déplace beaucoup dans le pays pour représenter
les sentiments collectifs lors de cérémonies, auprès
d'oeuvres, après des catastrophes.
Il prend la parole pour redonner une image collective positive et rappeler
des valeurs.
Il y a un consensus sur le fait qu'il ne doit pas entrer dans les conflits politiques
mais symboliser l'unité.
Il représente donc l'Etat et le peuple moralement.
Qu'il respecte ce rôle est de la plus grande importance pour
le fonctionnement même de la démocratie.
Aujourd'hui, nous
trouvons avec facilité sa présence dans
les archives de nombreux sites.
C'est très précieux pour mieux le conaître. Voici
quelques uns de ces liens :
Pour ceux qui
voudront étudier les devoirs du Roi d'Israël
dans notre tradition,
et nos devoirs face à lui : Dévarim
17, 15-18
Michna Sanhédrin 2,4 et Guemara Sanhédrine 18 à 22
Rambam : Hilkhote mélakhim
La bénédiction à prononcer en présence
d'un roi :
Guémara Bérakhote 58a
Rambam. Hilkhote Berakhote 10,11
Choul'hane Aroukh, Ora'h 'Hayim 224, 8-9.
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Souhaitons ce
qui est écrit sur cette mosaïque de l'antique
synagogue de Jéricho :
CHALOM AL YISRAEL, PAIX SUR ISRAEL
Paix à nos frontières et paix entre nous
Yehoshua Ra'hamim Dufour |