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Page d'amour pour Ra'hel, notre mère
Sa hiloula est le 11 Mar'héchvane
Enterrée à Beth-lé'hem. Sa tombe est régulièrement mitraillée par les Arabes sans aucun respect.
Ce jour est aussi la hiloula de Binyamine, Benjamin, fils de Yaâqov et Ra'hel.

http://www.modia.org/
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour


Voir aussi : 


Pourquoi péleriner sur la tombe des tsaddiqim.
Quelles sont les sources de cette coutume ?
La hiloula des autres Sages.
Sites archéologiques en Israël
Le poème d'amour pour Ra'hel  Quelques photos de la tombe de Ra'hel (de 1877 à nos jours)
Autres tombes de nos patriarches (photos) saccagées par les Arabes.
Celle de Ribbi Yéhouda ben Baba.
Celle de Yossef ha tsaddiq.


(La tombe de Rahel depuis l'Empire ottoman jusqu'aux derniers changements récents)

Photo de 1877

 

Photo de 1904

 

Photode 1905

Photo de 1995

 

Photo an 2000
On en est là ! Devoir protéger par des murailles
la tombe et les pélerins parce que les ennemis depuis des siècles
tirent maintenant sur les lieux sacrés et les matriarches.

Ce poème a été écrit le jour de la hiloula de Ra'hel Imenou (11 'Hechvane, 9 nov. 2000)
où le gouvernement israélien a interdit aux Juifs de s'y rendre en pélerinage
après la décision de ne pas prendre les mesures nécessaires pour y assurer les conditions de sécurité
face aux menaces palestiniennes.

Il ne peut avoir que malheurs pour une famille
qui ne pleure pas d'abandonner un frère qui meurt,
qui n'exige pas des Juifs qui le gouvernent
de pouvoir aller sur la tombe de leur commune mère.

Hier, nous avons vendu Joseph une seconde fois,
nous savions que ces commerçants étaient cruels
et nous leur avons donné notre frère.
Jacob notre Père a pleuré devant leurs mains pleines de son sang.

L'émission de télé était belle et digne qu'on s'en souvienne,
nous avons pu voir en direct, quelle soirée exceptionnelle,
notre frère lynché, martelé, déchiré, notre frère Joseph.
Aujourd'hui, notre crime est envers notre mère.

Ra'hel depuis des siècles pleure aussi, elle,
elle attend ses enfants dispersés sur toute la planète,
elle dit : "au moins, venez prier sur la tombe de votre mère,
vous serez ainsi plus près de notre Jérusalem.

Vous le pouvez, maintenant le Ciel vous a donné
toute la terre d'Israël, le Ciel est fidèle,
Il vous a donné aussi Jérusalem et le Kotel
pour vous réunir, vous aussi fidèles.

Il vous a donné un Etat et un gouvernement qui vous protège.
Tout cela est don gratuit du Ciel et vous jettez ce don à la poubelle.
Ce ne sont pas les ennemis qui vous empêchent
de venir visiter votre mère
chaque mois avant le Roche 'Hoddéche,
ou demander des enfants pour les mères qui peinent.

Il suffirait que notre armée reçoive l'ordre de le faire,
de ne pas permettre les lanceurs de pierres sur mes enfants qui m'aiment.
Il suffirait. Ce n'est pas vrai qu'il y a péril et piqoua'h néfeche.
C'est vous qui laissez tout cela se faire.

J'étais là pour vous rassembler, dans l'infini amour du Ciel.
Mais vous méprisez l'amour de vos ancêtres,
et l'héritage vous ne souhaitez que vous en défaire.
Cela, le jour où vous devriez venir ensemble en prière".


(L'intérieur du bâtiment de la tombe de Ra'hel)

Ô mère,  ce n'est pas nous qui faisons
cet abandon, cette trahison
de ton amour de mère.
Ce sont seulement quelques uns de nos chefs ;
contre tes enfants ne sois pas en colère,
ne sois pas en peine ;
autant que toi nous sommes larmes amères,
notre coeur est brisé et toutes nos veines.
Au moins, sur cette page je te dis que je t'aime.
On me l'interdit mais je suis venu quand même.
Qu'ils partent s'ils ne veulent pas de ta terre
mais nous voulons y vivre sans cesse.
Ils sont cruels pour leurs propres frères
pour le soldat perdant son sang qu'ils délaissent.
Jamais il n'y a eu cette misère.

C'est l'heure d'aider tes enfants
impuissants.
Demande au Ciel
qu'Il accomplisse, Lui, Ses promesses
sans notre mérite.
Vous nous avez donné la Torah et la terre
malgré que nous soyons si méchants et si faibles.
Seul votre mérite et votre action
peuvent nous sauver de nos trahisons.
Vous nous aimez, à vous de le faire
pour la gloire de votre nom.
Amen

Yehoshua Ra'hamim Dufour


Comprendre qui est Ra'hel

Qu'il soit bien clair: la Torah n'est pas un livre historique, Rachi nous le redit maintes fois. C'est un expression réellement basée sur l'histoire mais qui n'en retient que ce qui est enseignement pour tout Juif et pour toutes les époques. Et le récit lui-même est codé pour exprimer de multiples sens à travers les symboles, le choix des mots, des lettres. Et ce texte ne peut pas être compris sans l'accompagnement de l'explication de la Torah orale transmise à Moché Rabbénou et explicitée de siècles en siècles.
C'est sous cet angle qu'il faut comprendre ce qu'est ce concept, si l'on peut dire, de Ra'hel. L'expression la plus claire en est que l'on fait le Tiqqoune Ra'hel à minuit. C'est donc un enseignement quotidien, au point d'en faire une prière de supplication au milieu de la nuit, lorsque commence à pointer l'espoir au milieu des difficultés et du noir. Cela caractérise Ra'hel.
Elle ne peut pas être comprise sans ses enfants qu'elle espère et pleure dans leur misère. Elle ne peut pas être comprise sans son mari Yaâqov dont elle recherche ardemment la plénitude d'union. Ni sans son complément Léa qui reçoit plus vite qu'elle cette complétude d'amour conjugal et de procréation.
Ces dimensions nous permettent de mieux situer ce qu'elle exprime.

Ra'hel exprime parfaitement la situation d'Israël, son union conjugale à Hachém, l'amour qu'Il exprime envers elle, et en même temps sa situation incomplète et insatisfaite est celle d'Israël dans ce monde cruel.
Israël-Ra'hel reçoit le don d'amour suprême qu'est la Torah et elle Lui est unique en miséricorde, ra'hamim. C'est pour cela que la nation d'IsraËl est tant jalousée et haïe dans le monde car elle a tant reçu, gratuitement du Créateur. Alors on l'accuse de posséder, de dominer, on veut se substituer à elle. Cet état est celui d'une reine face au Roi. Mais cela rend d'autant plus douloureux l'état de manque face à la plénitude connue, reçue et non encore réalisée parfaitement. C'est l'état d'Israël sur notre terre. Mais le destin final sera la gloire finale. Elle est symbolisée par Léa qui, déjà, dans le monde d'En-haut reçoit tout. Mais nous vivons en ce monde d'en-bas.
Ra'hel est notre espoir écrit et décrit. Jamais nous ne pourrons douter d'être aimés. Toujours nous serons assurés. Et Ra'hel est là, sur la route de Jérusalem, de siècles en siècles, pour y accueillir ses enfants qui doivent revenir vers Jérusalem.Et qui tardent tant, en disant que c'est le Ciel qui leur fait des misères.
Une confidence personnelle: la première fois que mon épouse (zal) et moi sommes venus en Israël, nous faisions un tour général du pays et arrivions sur la tombe de Patriarches et de Ra'hel dans le défilement accéléré de nombreux autres lieux importants. Et la foule y étant très nombreuse ce jour-là, nous furent happés chacun séparément et quand nous nous sommes retrouvés, nous étions en larmes chacun, profondément bouleversés car nous avions été pris au plus profond de dedans par l'émotion d'être ainsi, chacun, unis à ces ancêtres à travers des siècles dans ce qu'ils exprimaient de nous et de notre histoire. Nous fûmes, dès lors, ancrés en Israël.

Léa, Ra'hel, Yaâqov et Israël sont chacun une part intégrante les uns des autres, indissociables.
Sous cet angle, l'histoire de Léa, Ra'hel, Yaâqov et Israël, exprime nos combats, nos espoirs, nos assurances et le tout est une histoire d'amour conjugal entre D.ieu et Israël. Il ne ment pas le gardien d'Israël (Nétsa'h Israël lo yéchaqér) et nous verrons la belle fin de cette histoire, malgré les persécutions, malgré la haine constante des nations.
Nous pouvons maintenant revenir aux différentes parachotes du livre de Béréchite et nous comprendrons mieux ces histoires. Elles demandent de longues méditations sur le texte et sur nos propres vies individuelles, et sur celle d'Israël pour mieux comprendre ces épisodes qui sont extrêmement riches. Ce ne sont pas des simples histoires de mariage entre deux soeurs complices et rivales. Et ceux qui veulent étudier trouveront chez nos Sages de multiples commentaires qui les feront avancer dans la connaissance de la Torah sur ces points.


Pourquoi péleriner sur la tombe des tsaddiqim ?
Quelles sont les sources de cette coutume ?

La source dans la Torah se trouve en Bémidbar 13, 22  dans la paracha Chéla'h lekha. Il faut la lire.
Elle nous est expliquée dans le Traité Sota du Talmud, page 34b.
Moché Rabbénou envoya les 12 grands Sages d'Israël, qui représentaient les 12 tribus, pour aller inspecter à l'avance la terre promise et venir en apporter le témoignage.
On sait que 10 sur les 12 ont essayé de détourner le peuple de se rendre sur cette terre promise, terre bonne mais difficile.
C'est exactement la situation présente.

On les appelle les méraglim ou explorateurs ou espions.

Mais deux sur les 12 ont, au contraire, été fidèles et ont apporté un témoignage vrai, ont demandé au peuple de ne pas avoir peur et de faire confiance à Hachém qui aime et protège son peuple  : ce sont Yehoshua et Caleb.

Le Traité Sota 34b commente le verset 13, 22 de Bamidbar.
Le verset dit : 
va yaâlou va néghev va yavo âd 'Hévrone," ils montèrent du côté du midi et il alla jusqu'à 'Hévrone (Hébron)". 

On remarque la différence des verbes, l'un au pluriel et l'autre au singulier. Voici le commentaire qui nous explique cette anomalie.
Amar RabaSelon Rabba, 
chépiréche Caleb me âtsate méraglim, il faut comprendre par là que Caleb s'est séparé des espions et de leurs plans déplorables 
vé halakh vé nischtatéa'het il est allé se prosterner 
âl qivré avotesur la tombe des Patriarches. 
Amar lahénIl leur dit : 
Avotaï, biqéchou âlaï"mes Pères, demandez pour moi, 
ra'hamim, miséricorde efficace,
ché anatsél mé atsate méraglim,que je sois délivré des plans de ces espions !".

Nous voyons dons par là que
- la coutume existe depuis les débuts de la Torah,
- que la proximité de la tombe est un canal qui permet de se rapprocher de la néchama ou du néphéche de ces tsaddiqim,
- qu'on leur apporte une demande, 
- qu'on sollicite leur aide,
- qu'on a confiance en eux,
- que cette aide consiste à véhiculer nos prières,
- qu'ils intercèdent pour nous,
- qu'ils ne sont pas le destinataire des prières mais l'intermédiaire,
- qu'ils sont nécessaires pour améliorer notre prière et l'élever jusqu'à Ra'hamim la miséricorde qui seule peut sauver de la situation si dangereuse et si au-delà de nos propres forces,
- qu'ils sont sollicités aux heures du danger pour le peuple,
- que leur intervention est efficace.

C'est exactement le sens précis de la coutume.
Elle est donc fondée, bonne, positive. 
Elle n'a rien de superstitieux ni de macabre, ni de contraire à la tradition, ni de contraire à la Torah.
Elle est pour le bien de la collectivité.
On s'appuie toujours sur le mérite des  ancêtres pour surmonter les difficultés de l'existence ; c'est le sens du premier verset de la paracha Tolédote.

La phobie qu'ont certains de ces pratiques vient uniquement de l'assimilation au milieu de populations à la religion centrée sur la mort, et d'une contre-réaction à leurs pratiques. Mais Rachi sur 1, 26 nous enseigne qu'on ne doit jamais abandonner notre Torah sous le prétexte des erreurs des autres.

Cette pratique est nécessaire dans la période actuelle, qui est aussi dramatique que celle de Caleb et Yéhoshua,
quand nos gouvernants, comme les méraglim ont déjà abandonné Yericho la porte d'entrée symbolique de la terre d'Israël pour Yehoshua, ont abandonné la tombe de Joseph et voulaient abandonner 'Hévrone et plus de 90 % de la Judée et de la Samarie comme proposition de départ de négociations.
On invoque les ancêtres sur leur tombe, spécialement parce qu'ils ont reçu les promesses. A l'heure où ces promesses sont jetées par les descendants de notre générations, plus que jamais ce n'est plus sur notre mérite que nous pouvons nous appuyer mais bien sur leur mérite.
C'est le sens de l'appel des Grands Rabbins du peuple de nous rendre sur la tombe des Patriarches et Matriarches.

Maïmonide, souvent rationaliste dans ses arguments, souligne dans son traité Michné Torah, Taânite 4, 18 que cette coutume accompagne les jeûnes car elle nous rappelle aussi que nous ne sommes que de passage et devons donc faire une téchouva, pénitence sérieuse.
Nos textes relient tout l'ensemble en nous faisant comprendre que les tsaddiqim qui sont arrivés au-delà de l'expérience de la mort sont les véritables vivants, tandis que ceux qui vivent apparemment et ne respectent ni les valeurs ni la Torah sont des morts vivants, des cadavres.

C'est donc dans une attitude active, et de force que cette pratique existe dans le judaïsme.

Il est alors encore plus pénible de constater que nos gouvernants n'assurent même pas la sécurité minimale pour que les Juifs puissent aller prier en sécurité ni sur la tombe de Joseph, ni sur la tombe de Ra'hel, ni sur la tombe des Patriarches et Matriarches à Hévrone, ni sur les tombes des tsaddiqim à Jérusalem même. Combien souffrent de cette situation et, cependant, ne renoncent pas a ssurer la présence du peuple auprès de ces tombes car elles sont le canal de notre bénédiction pour la vie de notre peuple.

A l'instant même où je vous écris ces mots, les larmes montent car j'entends par ma fenêtre les tirs de nos ennemis et cela depuis des semaines. Mes amis qui habitent un peu plus loin dans le quartier de Guilo à Jérusalem sont encore maintenant sous le feu, alors que notre armée pourrait sans difficulté apporter ce calme si on l'y autorisait. (phrase écrite en 2000)
Que le Ciel nous aide. Que le mérite de nos Pères et Mères nous protège. Et le souvenir de Yehoshua et Caleb au milieu des méraglim qui voulaient détourner le peuple de la terre d'Israël.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 


 
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Dufour