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La langue parlée des Tunes
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
Cette page est dédiée à mes nombreux
et chers amis tunes.
Qu'ils soient ainsi convaincus que j'aime les comprendre.
Et pour que leurs petits enfants connaissent leur
tradition.
©
Copyright Dufour.
Liens en bas de page
Le Tune sans peine en quelques leçons ?
Pour ceux qui ne le savent pas, les Tunes sont les juifs de Tunisie,
en français.
Ce sont des humains (eh, oui !) affables, gentils, mais qui peuvent
aussi employer des expressions excessives et définitives qui seront
ressenties comme blessantes pour ceux qui ne connaissent les codes méditerranéens.
Ainsi, ils n'hésitent pas revendiquer pour eux le summum de
la Torah : en effet, elle est composée de la Torah écrite
et de la Torah orale, et les deux sont..."tune". L'argument est indéniable.
Il faut dire que les sépharades d'Afrique du Nord sont coutumiers
de cette assurance, se revendiquant comme les témoins de la Torate
"émete" (la Torah de vérité), puisque le mot éméte
en hébreu est composé des initiales de aleph (Algérie),
mém
(Maroc), tav (Tunisie). Puisque c'est écrit dans l'hébreu,
il faut bien l'accepter. Vous le voyez, leur humour est direct, gai et
gentil.
Pour sourire, dans ce lexique du Tune parlé, j'ai glissé
quelques mots d'autres communautés. A vous de les dépister.
Je vous lance un appel : à vous de compléter,
corriger
cette liste ; et envoyez-moi les termes identiques utilisés dans
les différentes communautés.
Recueillir, écrire, lire et comprendre ce langage vivant, c'est
une façon d'aimer tout Israël : ce n'est qu'un début,
continuons...
(une bibliographie sera jointe).
Plan
Le langage parlé des juifs tunisiens
Quelques noms de famille des juifs tunisiens
Quelques grandes dates récentes du judaïsme
tunisien
Quelques synagogues de rite tunisien
La yeshiva du judaïsme tunisien
Tableau généalogique détaillé et expliqué
des rabbins
tunisiens.
Le langage parlé des juifs
tunisiens
(Merci aux amis qui m'ont fait partager la couleur
et les parfums de leur coeur).
Abil, le deuil. Pendant les sept premiers jours. C'est la prononciation
correspondant à l'hébreu avél.
'Adjalouq, aajlouk, salade d'aubergines citronnée.
Egalement avec des courgettes, potiron, etc.
Adma, oeuf ou déformé en adima (contre
le mauvais oeil).
Afs, noix de galle qui colore.
Ahl al-kitâb, les gens du Livre, les Juifs. En arabe.
Akoud, plat de tripes au cumin, avec harissa.
Alla Hiatek, sur votre vie, équivalent de Blabès
chez les Marocains,
pour dire que vous avez manqué quelque chose et qu'on aurait
aimé
vous avoir avec nous.
Al-Najma, l'Etoile, journal local en judéo-arabe.
Al qallaline, les potiers.
Amine, nom de l'expert dans un métier et qui enseigne
et forme des compagnons.
'Aoud, luth.
Aoud kronfel, clou de girofle.
'Ayine ha râ, le mauvais oeil.
'Aranje, salade pimentée de navets violets, assaisonnés
avec des oranges amères et cariouia (carvi).
Arissa el Louz, gâteau à la semoule fine, aux amandes
et à la fleur d'oranger.
Aroussa ghelbeta, la mariée a vaincu son époux,
c'est elle qui lui a marché sur le pied ; cris de joie poussés
durant la cérémonie nuptiale.
Arricha, c'est une dafina au boeuf et au blé.
Bab, la porte. A Tunis, Bab Menara, Bab el Bahr (la porte de
la mer), Bab Saadoun, Bab el Khadra (la porte verte), etc.
Baballes, semoule fine roulée en forme d'oeufs dits de
nikitouche.
Plus petit on dit caoua, café. Savez-vous comment les femmes
de Tunis faisaient le nikitouche ? Elles sortaient entre amies, un petit
cabas sous le bras et se rendaient au cinéma Le Palmarium qui avait
des séances de cinéma permanent, elles regardaient le film
tout en roulant leurs minuscules boules de pâtes. Lorsqu'elles en
avaient terminé, elles reprenaient le chemin de la maison et le
nikitouche était fait.
Baniyou, la baignoire.
Basla, confit d'oignons que l'on met au fond de la feuille de
brick.
Batata bél kamoune, c'est une tajine aux pommes de terre
et cumin.
Béchfa, voeu à quelqu'un qui est en train de boire.
Bchicha, un potage de semoule, aux pois chiches avec épices
et parfumé à l'orange.
Bel'Hout ââlik , "le poisson est sur toi", formule
contre le mauvais oeil.
Belgha, babouches pour les hommes et les femmes, le talon de
la babouche est replié pour la laisser ouverte à l'arrière
Besbes, fenouil en grain, dans la cuisine.
Bessissa, coutume de Djerba la veille du 1e Nissan en souvenir
de la fondation (bassis) du 1e Temple. Il est fait de blé
et d'orge moulus, épicés de cumin, et coriandre avec des
dattes, figues, sucre. Le père l'arrose d'huile d'olive, benit et
le distribue. En Tunisie, la bessissa était aussi, ce même
soir, la coutume de placer un instant, dans la lampe à huile, une
pièce d'or ou un bijou que l'on donne.
Bezoz eflouche, pour deux zouzes, dans le chant de 'Had Gadia
à Pessa'h.
Bighadilou, viande de boeuf hachée en gros morceaux,
avec les oignons, de l'ail et de l'huile d'olive. Sert aux farces.
Bilada, nuit précédant la circoncision.
Bissara, soupe-crème aux fèves sèches et
épluchées nommées févettes, ou aux pois cassés,
et à l'ail.
Bit al muna, zone ou pièce à rangement et à
provisions.
Bkaïla, ou épinards. C'est une dafina aux épinards,
haricots, avec ail, menthe, harissa... servie aux fêtes.
Borgel, ou Beit ha'haym Borgel, nouveau cimetière
de juif de Tunis où ont été déplacés
les tombes des grands Sages qui étaient situées dans l'ancien
cimetière Béit ha'hayim et Qdima, à partir
de 1956 environ. On y trouve à côté l'une de l'autre
les tombes de R. Natane Borgel, R. 'Haï Taïeb lo mét,
R. Yit'haq HaCohen, R. Yechouê Bessis.
Borma, marmite haute pour la soupe.
Boskoutou, gâteau, appelé aussi pain d'Espagne.
Bou nouaya, jeu d'enfant avec des noyaux d'abricots.
Boukara ou elkelbtou, "Boccara et son petit chien", expression
de mépris envers celui qui a un chien, ce que les juifs tunisiens
n'appréciaient pas chez eux, selon l'enseignement de tradition,
car le chien est un animal affecteux mais manquant de pudeur. Contrairement
au chat. Voir foum. Il y avait réellement un Monsieur Boccara
qui avait un chien qui le suivait partout.
Boukha, eau de vie de figues.
Boulou, gâteaux de raisins et coins parfumés au
girofle. Spécialement à Chavouôte. Nom aussi
d'un gâteau aux amandes, menus morceaux de chocolat, raisins secs
parfumé d'écorces d'oranges hâchées et de jus
d'orange.
Bourim, prononciation de Pourim.
Bournous, le burnou, long vêtement d'extérieur
en laine pour les hommes, avec une capuche.
Boutargue, oeufs de poissons séchés. Aussi, poutargue.
Dans la kémia.
Bqayla, plat d'épinards frits avec viande et haricots,
avant Chavouôte.
Brache bél aachél, pain perdu aux oeufs, miel
et à l'huile.
Braniya, plat de la sortie de Kippour dans lequel ont
mijoté poulet, potiron, aubergines, pois chiches.
Brick, pâte fine de dessert, pliée en triangle
(parfois en rouleaux, etc.) et doublée par prudence, frite. Elles
entrent dans la composition des pastelles et de la mhencha. Elles peuvent
être fourrées de pomme de terre, légumes, poulet, poisson,
viande, oeuf, basla, etc.
Bsall, oignon, ou psall. Les Juifs tunisiens prononcent plus
facilement le b (parfois, bourim pour Pourim).
Caïd, administrateur désigné par le Bey et
ayant autorité sur touts les questns communau, y comprisles nominations
de dayanes. Deux familles ont été les dynasties de
caïds : 10 fois les Nataf dont le premier R. David Nataf, décédé
en 1719 et les Cohen-Tanugi.
Camisa, une chemise légère.
Camoune, cumin, en cuisine.
Caponata, ratatouille au céleri.
Carouia, carvi, en cuisine.
Ch'ha, héros des histoires drôles, apparemment
simplet mais finalement pas si bête, et donneur de bonnes leçons.
Chachiya, calotte rouge avec un cordon noir pour les hommes,
dans le vêtement jusqu'au début du 20e siècle. Appelé
aussi chachiya istambouli.
Chakchouka, légumes de saison revenus dans l'huile d'olive.
Chaytl, perruque en yiddish.
Chefchari, immense foulard des femmes (jusque 5 mètres
sur deux) qui enveloppait tout le corps quand elles sortaient.
Chéimoute, amullete protectrice.
Chept ou béchbéche, aneth, dans la cuisine.
Ch'ha, héros des histoires drôles, naif mais
pas si bête que cela.
Chkenjbir, gingembre, dans la cuisine.
Chmala, large ceinture de trente cm et de cinq mètres
de long tenant le pantalon.
Chofar, l'entrée du chabbat était annoncée
à Djerba par deux sonneries de chofar, une pour avertir, une pour
indiquer la limite.
Cholent, plat typique juif dû à la nécessité
de laisser au chaud un plat pour les différents repas du chabbat
; il se retrouve avec des variantes dans les différentes communautés.
avec des appellations différentes (hamim. etc).
Chorba, soupe épaisse et très nourissante (pois
chiches, lentilles, riz, farine, viande, tomates, etc.). Les musulmans
la mangent à la sortie du jeûne du ramadan.
Chou, utilisé dans le court-bouillon asbane (sépharade),
et le géfilte maguéne (alsacien). le gansnäschereise
d'Europe centrale.
Chouquettes, choux fourrés.
Chouch ouard, rose séchée.
Cimetière. Voir Borgel.
Couscous kraa. C'est un plat aux fèves, potiron, oeufs,
poivrons, merguez qui se mange particulièrement entre le 17 tamouz
et le 9 av, période de tristesse.
Croustini, pain perdu.
Dabahia, mélange d'oeufs, pain et blanc de poulet, cuit
au bain-marie.
Dad, charbon que l'on fait brûler pour éloigner
le mauvais sort.
Dafina ou Tafina ou Adafina. ou Skhina.
Plat composé de viande, pommes de terre. pois chiches, riz, ail,
huile et paprika, spécialement chez les juifs marocains, qui mijote
longuement après cuisson, en étant maintenu à la chaleur
et mangé le chabbate, dans la majorité des communautés,
en raison de l'interdiction de cuire pendant le chabbat.
Dakourdou, OK, d'accord.
Daqqa, coup frappé à la porte ou à la fenêtre
de bonne heure pour réveiller ceux qui doivent venir à la
prière du matin, cha'harite. On crie alors "déqaqa!".
Dar nouafcha, lieu des accouchements ou, plus couramment, l'établissement
nommé maternité,au singulier, nefcha.
Dar tkya, cantine populaire de la coùmunauté.
Daydou, David.
Debla, gâteau formé d'une pâte fine frite
dans le miel.
Déffana, le charbon spécial qui est utilisé
pour veiller à la tafina.
Derbali, c'est un plat composé de boeuf, aubergines et
haricots, avec bien entendu, ail, paprika, huile, etc.
Dhimma, statut de "protection" des juifs et des non musulmans
en pays arabes. Cette dite "protection" concédée se traduisait
de fait par une autonomie communautaire et cultuelle mais aussi par de
nombreuses contraintes et vexations et surtout par des impôts prohibitifs
nommés "jiziya". Celui qui est ainsi protégé
est un dhimmi.
Djebah, large robe d'intérieur, pour les hommes.
Djou'ha, héros des histoires drôles.
Droo, poudre de sorgho, on en fait une soupe aux écorces
d'orange ou au gingembre, mais surtout au petit déjeuner en hiver
et en gâteaux comme du bouskoutou.
Dukkana, banquettes en maçonnerie dans les maisons, pour
s'asseoir ou dormir.
Douni, le mauvais.
Elli fat mat, le passé est fini, mort.
El-Hamma, lieu de pélerinage sur la tombe de Ribbi Yosséf
El-Maârabi.
El minhag irleb eddine, le minhag (la coutume transmise) est
plus que les règles de halakha.Cela exprime l'attachement des Juifs
tunisiens à leurs coutumes reçues.
Fadd, tajine au foie, coeur, poumon, à l'ail et au coulis
de tomates, de la fête de Pessa'h ; est quelques fois aussi servi
la veille de Yom Kippour.
Far'ha, joie.
Farka, gâteau de semoule, dattes et noix. Servi, en particulier,
le Roche 'Hoddéche Tévéte, à la fin de Hanoucca
- pour Roche Hodèche Le Banot. (tradition essentiellement
tunisienne, le pendant de la Seoudate
Yitro)
Fedjel, salade de radis salée et citronnée.
Fékane Cohén, piddiyone habbén,
don au Cohen pour la naissance du premier-né.
Felfel akhal, poivre.
Felfel geïna haar, piment fort.
Felfel geïna hlou, piment doux, ou paprika.
Felleye, peigne fin.
Fenjel, petite tasse pour le café turc.
Fermla, gilet que portent les femmes sous la jebba, avec
des manches courtes à dentelle et mousseline.
Fleichig. Voir parvé.
Fom el qatous cachir, fom el kelb trifa, la bouche du chat est
cachère, celle duchien est impure, téréfa. Le chat
n'est pas repoussé car il est pudique, contrairement au chien. Voir
Boukara.
Foul, fêves.
Fourma, pâtes agrémentées de poisson , poulet
ou viande.
Foutah, grand foulard que les femmes juives se mettaient sur
le bas du corps. Egalement, serviette de coton pour le bain.
Fraji, Raphaël.
Fritèches, boulettes de matsa frites au miel. A Pessa'h.
Ftayir, beignets.
Ftayri, marchand de beignets.
Ganaria, salade d'artichauts citronnée.
Garfou, la fourchette.
Gartel, ceinture noire que les 'hassidim polonais portent
autour de la taille quand ils prient pour séparer les zones du haut
et celles du bas. L'usage est cité dans le Talmud par Abbayé
(Traité Chabbate 10 a).
Gegilte fish, Plat typique des juifs d'Europe centrale, le chabbat,
à base de poisson, spécialement de carpe.
Ghassal, mot féminin indiquant celui qui fait la toilette
mortuaire.
Ghazza, sable ou poussière.
Ghorbel, tamis pour bien préparer la graine de couscous.
Ghribah, nom de la grande synagogue de Djerba en Tunisie.
Ghriyeba, sablés au beurre. chez les juifs marocains.
Gizata, ou gizada, gâteau fourré d'amandes.
Glatt cachér. Le mot glatt signifie lisse, doux et sans
problèm, en yiddish ; il concerne l'examen du foie qui est un point
très délicat et rigoureux dans l'examen de la viande. On
comprend donc que l'on ne peut pas dire qu'on choisit du pain glatt
cachér ; cependant. l'usage tend à utiliser ce mot pour
parler de toute cacheroute hyper-rigoureuse. On dit aussi cachér
lamméhadrine, cachér pour ceux qui veulent embellir la
mitsva.
Gourbata, une cravate.
Grana, en Tunisie, juifs exilés d'Espagne par le Portugal,
et venus par Livourne. Au singulier, un gerni.
Gréïba (ne pas confondre avec le nom Ghribah),
boulettes de farine de pois chiches grillés et moulus agrémentées
de sucre, amandes et vanille.
Guizada, gâteau de la période de Pessa'h, parfumé
aux amandes et à l'orange. On consomme cette délicieuse patisserie
toute l'année. Le meilleur compliment que l'on puisse faire à
une jeune fille : "Son teint est comme une guizada". C'est un gâteau
composé presqu'exclusivement de pâte d'amande et de semoule
fine.
'Habibi, mon chéri, mon ami.
Hachkava, nomination séfarade de la prière en
l'honneur d'un défunt pour le repos de leur âme. Les achkénazes
emploient davantage le terme de yizkor (se souvenir) ou Hazkarate
néchama (faire souvenir de l'âme). La hachkava
se dit dans diverses circonstances, après la montée à
la Torah, à la demande et dans le service de Yizkor qui se
déroule le dernier jour de Pessa'h, le second jour de Chavouôte,
à Yom Kippour et à Chémini Âtsérète.
Les ashkénazes utilisent l'expression El malé Ra'hamim.
Une
grande hachkava comprenant la liste de tous les rabbins célèbres
de Tunisie se dit la veille de Kippour (voir Kol Nidré).
Hachoua, soupe à la tomate, ail et semoule, avec paprika
ou harissa.
'Haï, nom ajouté souvent au nom officiel en signe
de bon présage pour l'existence.
Hakétiya, dialecte juif spécifique du Maroc et
qui est composé d'hébreu, arabe et espagnol et écrit
en caractères hébraïques.
'Halbiya, cruche à eau.
Halka, heurtoir à la porte de la maison.
Halk el aouad, La Goulette. Voir ci-dessous.
'Hallab, tasse en poterie à deux anses. Elle conserve
très bien l'eau fraîche, le plus souvent
aromatisée de quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger.
'Hamsa âlik, "la main sur toi", formule contre le mauvais
oeil. La prononciation du 'h est accentuée.
'Hamsa. cinq ; dessin de la main avec les cinq doigts, référant
à la 5e lettre de l'alphabet hébraïque qui est le signe
du nom de Dieu. Pendentif portant ce dessin et utilisé pour se rappeler
cette présence et protection.
'Hara, chez les juifs de Tunisie, quartier juif, ghetto. Avec
ses rues Es-Snadly et Sidi bou Hadid...
'Hara Kbira, chez les juifs à Djerba en Tunisie, nom
du plus grand quartier juif. Le second était 'Hara Sghira
et le plus petit 'Homt Souq.
Harira, soupe de légumes secs à la coriandre et
au citron, spécialement chez les juifs marocains.
Harissa, purée de piments rouges piquants.
'Hatane Torah. Dans toutes les communautés, à
Sim'hate
Torah deux 'hatanim montent à la Torah : le 'hatane
Torah qui termine la lecture du livre de la Torah et le 'hatane
Béréchite qui en recommence immédiatement la lecture.
A Tunis on ajoute un 'hatane méôna pour lire Dévarim
33, 27 "méôna Eloqé qédém...",
tu es un refuge.
Hatarate nédarim, au lieu d'être seulement prononcée
la veille de Roche Hachana comme dans toutes les autres communautés,
cette annulation des voeux irréfléchis et superflus se faisait
aussi le 20 av (40 jours avant Kippour, la veille de Roche 'Hoddéche
Eloul, et aussi la veille de Kippour après cha'harite.
Henna ou hénné. Cérémonie des communautés
séfarades et orientales, se déroulant surtout avant le mariage,
mais aussi parfois avant la bar mitsva dans laquelle on teint au
henné les mains, les pieds et les cheveux des femmes. La femme qui
décore au hénné est la hennana.
'Hilouq, taxe prélevée aux abattoirs pour les
juifs pauvres.
'Hlalém, plat-soupe de nouilles et pois chiche
sans viande que l'on mange à la sortie du jeûne de Ticheâ
bé Av, avec ail, fenouil.
Hlailém, semoule fine roulée en forme de petits
rouleaux ou boudins. On les met dans la soupe.
'Hobra, correspond à la 'hévra qaddicha,
société de personnes qui accomplissent le saint devoir de
s'occuper des derniers honneurs à rendre aux défunts.
'Homs bel-kamoun, sorte de pois-chiche à l'ail et aux
épices. Petit déjeuner traditionnel d'hiver dans les gargottes
juives et musulmanes.
Hougué, surnom de Yits'haq.
Imprimeries juives célèbres à Tunis. Nadjar
Maklouf 26 rue de France. Uzan père 40 rue des Maltais. Mardochée
Uzan et frères , 28 rue Sidi Mardoum. Sion Uzan.
Irani kappara, "que je sois sacrifiée pour toi" (en général
un enfant) ; se dit en tout temps car les Tunisiens ont le drame très
facile. Les hommes, qui ne sont pas si... généreux, n'emploient
pas ces mots.
Irani ma netechouah, "que D. fasse que je ne sois pas en deuil
de quelqu'un de très proche".
Irak tfouz, bénédiction après un éternuement,
que tu grandisses, dans tous les sens du terme.
Izourek el khir, "que le bien ou la richesse te rendent visite".
Très jolie bénédiction dite par le maître ou
la maîtresse de maison à l'issue d'une visite par des amis.
Jann, un démon. Pluriel : jnoune. Jenne,
se dit aussi de quelqu'un d'exceptionnel.
"Je vais vous tuer". Un tunisien ou une tunisienne vous diront
que cela ne veut rien dire, sinon que "vous n'écoutez pas ce que
je vous dis". - Mais... - Oh, je vais vous tuer.
Jama al-Graâna, synagogue des Livournais.
Jida ou Slata jida, salade de crudités coupées
en petits morceaux (concombres, poivrons, tomates, citron et persil) pour
accompagner les viandes et poissons grillés.
Jiziya, impôts spéciaux imposés aux juifs
dans les pays arabes en raison du statut de dhimmi. statut de "protection"
des juifs et des non musulmans en pays arabes. Cette dite "protection"
concédée se traduisait de fait par une autonomie communautaire
et cultuelle mais aussi par de nombreuses contraintes et vexations.
Joujet el seurk, noix muscade, en cuisine.
Juderia, quartier juif en Espagne.
Kabbar, câpres, en cuisine.
Kmarra âm akhor, "bonne année", voeux formulés
à l'issue de Kippour, ou Kmarra âm akjor kheyr mim
hada "bonne année meilleure que celle-ci". ou Kamarra âm
akhor kheyr min hada, "bonne année meilleure que celle-ci".
Kaki, gâteaux secs salés pour l'apéritif,
que l'on sert avec la kémia.
Kalla, alcôve latérale dans une pièce.
Kanawita, coffre à bijoux.
Kanoune, petit fourneau en poterie, aux pieds surélevés,
sur lequel on posait les casseroles.
Karfa, cannelle, en cuisine.
Kassa, gant de toilette en tissu épais.
Kassarola, la casserole.
Kbu, ou renfoncement, salon pour recevoir, trois des murs y
sont longés de banquettes.
Kefta, boulettes de viande et parfumées mises dans le
bouillon.
Kémia, amuse-gueule et petit apéritif, en raviers,
avant le repas. Il est très varié ; il y avait des petits
poissons frits (minuscules rougets, toutes sortes de salades et parfois
de l'akoud) ; la bkaila, bricks et minina étaient à
part dans le corps du repas ; quelquefois, dans les fêtes, on servait
après la kémia, ce qu'on appelait une assiette anglaise (pourquoi
donc?) composée d'une brick, d'une tranche de minina, de torchi
el khel, d'un petit pain et de quelques tranches de salami avec bien
sûr une olive ou deux, vertes - jamais de noires.
Kérén Ichouâ, synagogue de La Marsa, près
de Tunis.
Keskes, marmite trouée sur laquelle on fait étuver
le couscous ; aussi, plateaux ronds pour les patisseries.
Keswa ek kbira, magnifique robe brodée d'or des parures
des juives du Maroc.
Keimane séfarim, cérémonie de rentrée
des rouleaux de la Torah dans leur armoire, après Roche 'Hoddéche
'Hechvane, alors qu'on les en a sortis à Sim'hate Torah.
Khajem, le coiffeur qui vient préparer le nouveau bar
mitsva, le 'hatane.
Khalini nechk ya youdi, chant de Pessa'h, en judeo-arabe, chanté
après le 'Had gadya.
Khamsa, cinq, nombre ou geste de la main, symbolisant la lettre
hé correspondant au Nom de D.ieu et utilisé contre le mauvais
oeil. On l'accompagne de formules diverses : 'homsa (5), khmiss
(5e), âl âinék (sur ton oeil), khomsa fi âïnék
(5 dans ton oeil), etc ! Le mot Khamous, également, qui est
le nom célèbre du chant de la libération des nazis
à Tunis, écrit par Yacoub Cohen : Khamous jana,
le cinq est venu.
Kheffaf, un guérisseur. Egalement : (à Nabeul,
nom des petites boules de matza
moulue que l'on fait frire puis passer au miel, avec beaucoup
trop
d'oeufs).
Kim'ha dépis'ha, c'est la caisse des pauvres alimentéee
en particulier par la ponction obligatoire du demi-chéqél
en souvenir du Temple. Cela se fait la veille de Pourim alors que, dans
les autres communautés, le demi-chéqél est donné
ailleurs traditionnellement le jour de Pourim.
Kittél, grande blouse blanche. signe de pureté
que les askénazes revêtent le soir de Pessa'h, à Kippour
et parfois au mariage et dans lequel ils seront aussi enterrés.
Kmarra âm akhor, "bonne année", voeux formulés
à l'issue de Kippour, ou Kmarra âm akjor kheyr mim hada
"bonne année meilleure que celle-ci".
Knaidla : reste de pâte à frire que la maman donne
aux enfants.
Knèdles, dans la cuisine juive, boulettes composées
de pain, de pomme de terre et assaisonnées.
Kol Nidré, il est dit la veille de Kippour après
avoir sorti sous les rouleaux de la Torah. Ensuite on fait la louange d'une
longue liste de rabbins tunisiens.
Korkob, colorant sans goût dans la cuisine.
Koumidiniou, une commode, meuble. On sent la langue corse, sous
le mot.
Kouzina, la cuisine.
Koumita, comité de gestion de la communauté.
Kouttab, école rabbinique ou coranique élémentaire.
Kraâros. C'étaient, en Tunisie, les fiacres à
deux chevaux qui étaient conduits par des Juifs ou des Maltais.
Kraïmi, gros poisson (genre daurade ou cabillaud) au coulis
de poivrons, mariné, poché dans la sauce, accompagné
de riz klaya, pommes vapeur etc. C'est le plat de Roche Hachanna.
Kvittel, C'est un papier que l'on transmet à un tsaddiq
en yiddish et sur lequel on a écrit une demande qu'il transmettra
dans sa prière.
Lablabi, soupe aux pois chiches, cumin, citron, harissa, huile
d'olive, très digeste.
Ladino judéo-espagnol. Au sens strict, traduction des
textes hébraïques dans le judéo-espagnol. Au sens large,
langage parlé judéo-espagnol que l'on doit nommer plus exactement
judezmo,
spaniolish, romance. etc. suivant les régions de la dispersion
d'Espagne. Il comporte une littérature écrite et chantée.
La Goulette. Petit village jusqu'en 1920 quand les habitants
de Tunis commencèrent à quitter la grande ville pour les
villages avoisinants. Nostalgies entendues : la promenade du chabbate à
la Goulette : il n'y a qu'un seul boulevard qui longe la mer, la rue derrière
abritait toutes les gargottes (mechoui, briks, fricassés), la plupart
d'entre elles étaient tenues par des Juifs et la plus célèbre
était " chez Bichi". Tout le monde rencontrait tout le monde,
certains allaient au cinéma en matinée et payaient soit avant
soit après chabbate, même chose pour les petits cafés
tenus par des Italiens, Maltais ou Musulmans, les filles étaient
bien habillées. En déambulant indéfiniment sur le
boulevard, les jeunes gens et les jeunes filles en groupes s'observaient
et commentaient. A la Goulette Casino, où les gens louaient une
chambre à l'ancien casino, (voir oukala) les hommes juifs
se tenaient sur le pas de la porte en pyjama et tricot sans manches. (n).
La iouarina, "que D.ieu nous préserve d'une telle chose".
La Javanaise, célèbre patisserie très fréquentée.
Lesqa, Lasqa : cire pour les traitements, onguent pour
soigner en particulier les furoncles. Il y avait à Tunis, avenue
de Londres, une femme pieuse qui avait reçu la recette secrète
du Prophète Elie, elle ne prenait jamais d'argent et si les
gens insistaient, elle le donnait à une oeuvre de charité.
La veilleuse (Kandil) de Prophète y brûlait en permanence.
Lsaqi,
pommades de guérisseuses.
Lo met, pseudonyme de Ribbi 'Haï Taïeb né le
19 Kislév 5504 (1743), décédé le 19 Kislév
5598 (1837) et "pas mort" dans la vie essentielle et dans le souvenir de
ses compatriotes.
Loubia bél kamoun, ou camounia, c'est une dafina
aux haricots et au cumin. On l'appelle aregma quand elle ne comporte
pas de viande.
Louzata, chez les juifs de Tunisie, sirop d'orgeat.
Maabarotes. Camps d'accueil et de transit pour les immigrés
en Israël au début de la création de l'Etat. Les conditions
difficiles d'existence dans ces camps ont laissé de profondes blessures
familiales et entre les communautés.
Maadnouche, persil plat.
Ma beldou, "qu'il est lourd". (Ne se dit pas en présence
de l'intéressé).
Maghdoura, "misérable" en arabe, surnom donné
à des enfants nés dans des conditions terribles, comme R.
Yits'haq 'Hayim David Hacohen-Tanugi dit R. Yits'haq Hougué Maghdoura,
né vers 1770 juste après la mort de sa mère.
Mai'ha, prénom Sim'ha, joie.
Maïda, table basse.
Makola, fiole à khôl.
Maksoura, petite pièce.
Manicotti, pâte de la reuchta mais en forme de
rosaces très belles. Nommées également débla.
C'est frit et passé au miel, évidemment.
Maqoud, plat d'oeufs entiers crus et durs… se nomme minina,
car il comprend seulement poitrine de poulet ou cervelle, oeufs et
épices, c'est bien pourquoi on le sert aux fêtes ;
la minina revient très
cher.
Maqroud, gâteau en forme de cylindre découpé,
frit, au miel, fourré ou farci de couscous et dattes, noisettes,
amandes pillées, cannelle.
Mara al a'har, que l'année prochaine soit meilleure !
Marmouma (à Sousse) ou Makbouba (à Tunis)
composée de poivrons tomates et ail sautés dans l'huile d'olive
; désaltérant mangé froid. Se nomme frita quand
elle est aux poivrons rouges.
Martba, c'est une chaise recouverte d'un beau tissu sur quel
on pose des fleuret des livres de prièrespendant la circoncision.
Matbkha, cuisine.
Mazar, eau de fleur d'oranger.
Méchoui. Plat de viande grillée à l'huile
et aux épices, macéré et cuit lentement, spécialement
chez les juifs marocains. A Tunis ceux de "Beyza", et ceux de "Bichi" à
la Goulette, sur le grill, étaient appréciés.
Méchouya, salade épicée de tomates, poivrons
et ail grillés dans l'huile d'olive, mangée froid dans un
ravier. On peut y ajouter des capres et du thon.
Méddéd, enseignant des classes élémentaires
du kouttab.
Médersa, édifice coranique correspondant à
la yeshiva.
Mégorachim Ce sont les juifs expulsés d'Espagne
et du Portugal
Mellah, quartier juif au Maroc, en opposition à "la ville",
la medina.
Mélya, vêtement fermé par une agrafe.
Mhamar, aubergines farcies.
Mherqua, ruban de pâte fine frite et sucrée. spécialement
chez les juifs marocains.
Milchig. Voir parvé.
Mimouna (bonne augure. en arabe) ; à l'origine, fête
des juifs marocains à l'issue de Pessa'h pour le retour à
la nourriture faite avec du levain ; les voisins. juifs et musulmans. se
rendaient visite et on se rendait en pique-nique à la campagne.
Aujourd'hui cette fête a pris une extention en Israël comme
fête de promotion des juifs séfarades, et fête de l'unité
du peuple. Les divers leaders politiques tiennent à y faire acte
ostensible et utilitaire de présence.
Mlohia, feuilles de corette en poudre, en cuisine. C'est une
sorte de feuille d'épinard. On fait revenir dedans la viande de
boeuf ou de merghez. On appelle ce mets : "le plat qui ne finit jamais".
Il est servi très chaud dans sa sauce épaisse.
Moucharabiéh, sorte de balcon en bois, peint et fermé,
permettant de voir l'extérieur sans être vu.
Mosht, peigne.
Moubiliya, les meubles.
Mrato ghalbatho, chez les Juifs de Tunisie, "sa femme l'a vaincu",
expression dite lors de Qossane el 'houta, cérémonie
de la coupe de poisson qui clôture les festivités du mariage,
le chabbat suivant le mariage ; la mariée y revêt sa robe
de noces.
Mraya, miroir.
Mridék, Mordekhaï.
Msoqqi, plat principal de Pessa'h composé d'épinards,
de menthe, de légumes, de viande de mouton et de matsa. On l'appelle
aussi tbikha. Quand la verdure prend le dessus (épinards)
on l'appelle tabaa.
Mzaoura, ou mzora, salade de chou-fleur ou carottes cuites
et pimentées au carvi.
Nabeul. On s'y rendait en pélerinage sur la tombe de
Ribbi Yaâqoc Slamma?
Nahj, la rue. Nahj El Qallaine, la rue des potiers, Nahj Ennar,
la rue du feu.
Nanaa, menthe.
Nafa, tabac à priser que l'on se passe à la synagogue
pour éveiller la prière.
Nawba, petite pièce de musique.
Nédaba, don. Correspond à l'hébreu nédava.
Nikitouche, c'est un plat aux poulet et aux pâtes nikitouche
ou baballes. Lire à baballe.
Nomination chez un voisin arabe. Comprendre une nomination arabe
complète inclut 4 éléments : donc la paternité
(Abou Yasser), le prénom (Ali), la filiation (ibnou Mousni) et l'appartenance
(al Husseini) : Abou Yasser Ali Ibnoui Mousni Al 'Husseini.
Nuwwaha, pleureuse pour les enterrements.
Ojja, oeufs brouillés en sauce, accompagnés de
merguez éventuellement.
Ouarkét en nefcha, feuille imprimée et couverte
de formules de prière et de cabala, placée à la tête
du lit de l'accouchée pour l'aider.
Oukala, un groupe de chambres autour d'une cour centrale où
les locataires se partageaient la cuisine et les toilettes. Il n'en reste
presque plus en Tunisie. Le très joli film : Un été
à la Goulette, montre une oukala dans le quotidien ; également,
un groupe de maisons.
Ozné amane, oreilles d'Amane, patisserie typie de la
fête de Pourim.
'Osbane ou ôsbana, plat épicé de tripes,
abats et salades, à Pessa'h. C'est aussi la sorte de saucisse aux
herbes qui garnit le couscous.
Ouarqate al assél, (feuille de miel). Petite publication
distribuée pour donner les précisions sur toutes les fêtes
de l'année ; avant Roche Hachanna.
Oubbayta, fantôme effrayant de personnes qui ont eu une
mort violente.
Oulad el-bayyout, enfants du piyoute, enfants que l'on réunissait
chaque semaine, chez les juifs de Tunisie, pour leur apprendre les chants
de la synagogue.
Patisseries. Rue de Constantine, à Tunis, il y avait
de chaque côté de la rue deux excellentes patisseries juives
qui se faisaient concurrence, Gafsi et... Chaque jeudi et durant toute
la journée, les gens peu fortunés passaient aux magasins
et ils recevaient sans compter et de la monnaie par pleines poignées,
et des pâtisseries pour Chabbat
Polpetone, c'est un roti.
Poulet, on n'en mangeait pas à Djerba.
Psall, voir bsall.
Payétane, poète religieux, comme Ribbi Fragi Chaouate,
Aharone Peretz de Djerba, Ribbi Néhoraï Jarmon ou Eliahou Sitbon,
contemporain de R. 'Haï Taïeb.
Qabqab, chaussures de bois des femmes, socques, parfois garnies
d'argent repoussé ou incrustés de nacre ; chez les Musulmans,
qabqab ragabouz, sabots spéciaux offerts le jour du mariage
par le marié, et que son épouse portera pour se rendre au
Hammam..
Qandil, veilleuse à l'huile. Pluriel : qnadil.
Qossane el 'houta. Chez les juifs de Tunisie, cérémonie
de la coupe de poisson qui clôture la semaine du mariage. La mariée
revêtait sa robe de mariée, on mettait sur la table un gros
poisson
sur un beau plateau, et on lui indiquait où le poisson était
le plus tendre ; ainsi elle pouvait le couper car, enfoui ailleurs dans
le corps du poisson, il y avait un cadeau, habituellement un bijou, offert
par le jeune marié. Voir Mrato ghalbatho.
Qoufiya, coiffe en forme de cône ou de hénin, porté
par les femmes juives en Tunisie jusqu'au début du 20e siècle.
Pluriel : qouafi.
Qra, salade citronnée de courges.
Rabbi iachek, "D. te fait vivre". Se dit quand on demande quelque
chose à quelqu'un, ou en guise de remerciement.(C'est quand même
plus gentil qu'un simple s'il-te-plaît, non ?).
Rabbi mâk, "D. est avec toi". Se dit surtout le matin
lorsque le mari part travailler, ou quand les enfants vont à l'école,
et en toutes circonstances.
Rabbi yaïéchna, "que D.ieu nous prête vie
!"
Rabbi yéstor, "que D.ieu nous protège !"
Rébab, violon ne comportant que quelques cordes.
Rébayibiya, séance de guérison par les
méthodes traditionnelles de la musique, dance et transes.
Rebbétzine, la femme du rabbin, en yiddish.
Reuchta, pâte large, étalée et découpée
sous différentes formes et mise dans le bouillon.
Reunde, laurier, en cuisine.
Réourbél, tamis pour bien préparer la graine
de couscous.
Rghaif, crêpes chez les juifs du Yémén.
Riz klaya, revenu à la poèle dans l'huile d'olive
et le bouillon. Assaisonné.
Roche 'Hoddéche la banote : chez
les Juifs tunisiens, c'est un jour de fête consacré aux jeunes
filles célibataires pour leur souhaiter un mariage, le 1e du mois
de Tévéte pendant la fête de 'Hanouka, Roche
Hoddèche Tévéte. Ce jour-là, en Tunisie,
on célébrait les fiançailles et les pâtissiers
ne suffisaient pas à la demande de pièces montées.
Si les fiançailles avaient été célébrées,
c'était la même chose, sauf que le fiancé avait une
"amende" supplémentaire, il devait insérer dans la pièce
montée un bijou. La Maman faisait sa farka, la semoule fine était
cuite à la vapeur au dessus de la marmite à couscous dans
laquelle il y avait de l'eau, des écorces d'orange, du mazar, du
sucre. Lorsque le "couscous" était fait, elle le versait sur un
grand plat ovale, la kâssâ, et l'arrosait avec le bouillon,
puis elle le laissait reposer. Elle faisait ensuite cuire les dattes en
pâte, les amandes - ou noix -et faisait un sirop si épais
qu'on pouvait le manger à la fourchette. Elle déposait son
couscous sur une planche de marbre, huilée au point de devenir une
patinoire, et l'étalait en rectangle au centre duquel elle mettait
ses dattes etc... et enveloppait la farce dans la semoule qui maintenant
était presque solide, décorait avec encore du sirop et des
moitiés de noix. Environ 2000 calories par cuillerées à
soupe, mais quel délice, une fois l'an. Les enfants recevaient toutes
sortes de cadeaux du papa. On allait voir un film ou autre distraction
selon les disponibilités du jour. La tradition continue là
où vivent aujourd'hui les Juifs originaires de Tunisie.
Rozada, boisson à l'eau de rose.
Saba ou Cheba, nomination de la fille, sept jours après
la naissance.
Safsaf, le café très populaire et celui des Juifs
à La Marsa, station balnéaire, ancienne résidence
des Beys de Tunisie, La particularité de ce café était
le puits au centre et le chameau aux oeillères qui tourne la poulie
du puits sans arrêt pour faire remonter les gargoulettes d'eau délicieusement
rafraîchissante, servie dans des haleb. Le sol était
fait de sable marin et on sentait l'odeur des chameaux.
Saha !, (demandez-le à vos amis tunisiens. Un excellent
exercice)
Samsar (samsara), arrangeur de mariages, comme le nom chadrane
en hébreu. Ce qui est étrange c'est que ce nom vient du sanscrit
et signifie le cycle éternel qui mène vers l'harmonie. Pour
cela Jean-Paul Guerlain en a fait son parfum de 1989 qu'il définit
comme réincarnation du très féminin, composé
de jasmin, roses, santal, vanille. A Tunis, tout cela était comme
ça dans l'air ! (avec les mains).
Sandwich tunisien, fourré de slata jida avec quelques
olives, oeufs durs, thon, harissa, un peu d'huile d'olive et parfois des
pommes de terre.
Sarir, lit surélevé.
Sayyéd, "le maître", hassayyed.
Sba, ou déformé en swiba, le doigt, contre
le mauvais oeil. Egalement, "un petit doigt "lorsque l'on demande ou offre
quelque chose de petit.
Schnitzel, escalope panée, dans la cuisine ashkénaze.
Scoudilini, oeufs battus.
Secritou, secret.
Selq, épinards.
Séoudate bourim, le repas de fête de Pourim.
Serrajines, brodeurs sur cuir ou selliers.
Séoudate
Yitro, chez les juifs de Tunisie, festin le jeudi qui précède
la paracha de Yitro.
Sérara, en arabe. charge héréditaire de
rabbin.
Séroual, pantalon bouffant porté jusqu'au début
du 20e siècle par les juifs et rabbins de pays musulmans, spécialement
en Tunisie et Tunisie. Egalement par les femmes. Pluriel : sraouil.
Sfargel, coings parfumés de girofle pour le Jour de Kippour
; habituellement on les apporte la veille, mais parfois les enfants les
apportent à la synagogue.
Sfaxia, originaire de la ville de Sfax ; évidemment,
soupe de poissons.
Sfenge, beignets, chez les juifs marocains.
Sigourou, sûrement.
Sisi sidi Bar Yo'haï, ouadi séouda... "Seigneur,
Seigneur Bar Yo'haï, voici ce repas"..., chant en judéo arabe
lors du Lag ba Omér.
Sistou, plat du séder en osier en forme de corbeille
recouverte d'une petite nappe brodée.
Skifa, vestibule de la maison, entouré de dunnana.
Sla, salle d'étude, chez les juifs des pays arabes. Nom
donné également à la synagogue. Pluriel : slaoui.
Souk el Attarine, le marché des essences, senteurs et
parfums. Dans la Médina de Tunis, il y a également Souk El
Belgha (pantoufles, babouches, cuir en général), Souk
El Barka
(bijoutiers où on achetait l'or au poids et à la criée)
et d'autres souks…
Soussou, Yosséf.
Stambali, chez les juifs de Tunisie, danse extatique accompagnée
de musique pour chasser les mauvais esprits suscitant une maladie mentale.
Strimel, haut chapeau de fourrure porté le chabbate par
les juifs polonais et hongrois.
Taalil, louange chantée à l'occasion d'une fête
comme la bar mitsva, le mariage.
Tabel, coriandre en grains, moulue.
Taffala, récipient en cuivre qui contient du tfel,
argile pour les soins de beauté et toilette.
Tafina ou Dafina ou Adafina. ou Skhina.
Plat mijotant longuement en étant maintenu à la chaleur sans
bouillir et mangé le chabbat, dans la majorité des communautés,
en raison de l'interdiction de cuire pendant le chabbat.
Tahfifa, potiron revenant dans l'huile d'olive, les toates et
la coriandre (tébél).
Tâgine, marmite basse.
Taïche, formule prononcée quand quelqu'un a éternué
et signifiant "que tu vives". Ou "taïche outékbér
outfouz" (que tu vives et prospères).
Takah, batonnet servant à entrer la corde fermant le
pantalon sawal trantal.
Takrita, foulard des femmes.
Talil, chant populaire.
Taliyane, costume à l'européenne.
Taoula, une table.
Tarra'h, porteur de pain.
Tbark 'olla, Tbark Halla, chez les juifs de Tunisie,
"Dieu soit béni".
Tbikha, chez les juifs de Tunisie, plat principal de Pessa'h
composé de légumes, de viande de mouton et de matsa ; ou,
dans le langage courant, avoir perdu une partie de foot par exemple: kla
tbikha.
Tchabina, la charge très honorifique de tenir l'enfant
lors de la circoncision.
Testour. S'y trouve la tombe de Ribbi Fraji Chaouat où
l'on se rend en pélerinage. (Anecdote: pendant l'occupation
allemande, un tankiste allemand voulait démolir le cimetière
juif de Testour, lorsque le tank s'approcha de la tombe du Tzadik,
le tank s'embourba et il y resta de très nombreuses années,
le soldat s'étant enfui, terrifié, en abandonnant son
engin).
Thaléte lila, chez les juifs de Tunisie, de l'araméen,
repas ayant lieu la troisième nuit après la circoncision.
la coutume veut que l'on invite 3 musiciens : un aveugle, un sourd et un
muet, ils étaient de toutes les 3e nuits et arrivaient l'un derrière
l'autre se tenant par l'épaule. Ils savaient quand venir et très
souvent, personne ne les invitait. Tout se sait en Tunisie, ni fax, ni
web, ni tel, ni kloum, ils arrivaient les trois en file indienne, se tenant
par l'épaule, l'un guidant l'autre, s'installaient, mangeaient tout
leur soûl et jouaient des piyoutim, au violon... On adorait... Il
paraît que leur virtuosité était proportionnelle à
la générosité des hôtes.
Thamane, valeur d'un objet dans le commerce.
Thoum, ail.
T'Hour ou Tahour, la mila ou
circoncision.
Tiche, repas célébré avec ferveur et chants
dans lequel le rabbin 'hassidique est entouré de ses disciples et
prononce des commentaires sur la Torah, spécialement après
la fin du Chabbate.
Tikhel, foulard qui recouvre les cheveux, en yiddish. (Mais,
qu'est-ce que vous faites ici, vous ?).
Tita, Esther.
Tounis El Khadra, Tunis la verte.
Torchi ou Torchi el khel, légumes (carottes, poivrons,
navets), découpés et assaisonnés de citron, eau et
vinaigre et conservés en bocaux. Se sert avec les viandes ou en
kémia.
Touansa, chez les juifs de Tunisie, les juifs installés
depuis très longtemps, pour les différencier des livournais
ou portugais nommés grana.
Treino, le tramway. Il reliait La Goulette, El Karm, Carthage,
Gamart, La Marsa...
Yabrak, feuilles de salade romaine ou de chou vert farcies de
boulettes de viande garnies d'herbes, revenues avec des tomates et
du riz klaya. On le sert à Pessa'h.
Ya Baba, Papa !
Yaïchék, que D.ieu te fasse vivre !
Ya 'habibi, mon chéri, mon ami !
Yasmina, le jasmin, il embaumait, on appréciait d'en
mettre un brin sur l'oreille en restant assis à l'ombre avec des
amis taa'ht el yasmina, sous les jasmins. Taa'ht el yasmina fel
leil, chanson très célèbre de Abdel Awab.
Yazi bla kraka, ne fais pas le (la) lourdeau (ton tellement
mignon!)
Yéd, la main
Yéd el-méftou'ha, la main ouverte, dite aussi
la main de Fatma.
Yisma'h 'hatani, chant de mariage ("que mon époux se
réjouisse").
Yoyo, petits anneaux de pâte joints et frits dans l'huile
et le miel puis parfumés et sucrés.
Youki, Young Pérez ; le héros juif tunisien, champion
du monde de boxe en 1931 , exterminé à Auschwitz.
Zafrane, safran. Le safran de moindre qualité et moins
fort, se nomme spigol.
Zaouya, édifice qui abrite la tombe d'un Saint. Les noms
de rue commençant par Sidi indiquent qu'il y a une zaouya dans la
rue.
Zariya, soupe populaire aux pâtes, riz, tomate, légumes,
poissons, viande, etc.
Zélije, poterie ou céramique émaillée.
Ziyara, pélerinage sur la tombe d'un sage, en Tunisie.
En Turquie, visiter la tombe d'un parent s'appelle aussi Ziyara. Toute
visite au cimetière (en dehors des enterrements) s'y appelle Ziyara.
Zougdida, chez les juifs de Tunisie, mini séder de Pessa'h
pour les enfants.
Zrazy, émincés d'entrecôte de boeuf. chez
les juifs polonais.
Zrirate, en arabe, les youyous de joie des femmes lors des fêtes,
par exemple quand le jeune monte à la Torah pour la première
fois. Egalement zégharite.
Quelques noms de famille des juifs tunisiens
:
Abitbol, Abokara, Aboutboul, Accos, Allal, Allali, Alnadjar, Ankry,
Azoulay, Baranes, Bellaïche, Benattia, Benmoussa, Bensimon, Berribi,
Bessis, Bidoussa, Bismouth, Bismuth, Boccara, Bokobza (voyons, la
boukha!), Bonan, Borgel, Boujenah, Brami, Calvo, Castro, Chemla, Chiche, Chitroug
ou Sitruc, Cohen, Cohen-Hadria voir http://cohen-hadria.i-bch.com/?goto=/affdossiers.php3?ID_dossier=3, Cohen-Solal, Costaz, Dana, Danon, Darmon,
Darmoni, Fellous, Fitoussi, Galula, Germon, Giarmon, Giami, Giamii, Gozlan, Guez, Habib,
Haddad, Haddouk (de Djerba), Hadgege, Hagége, Hassid, Hattab, Hayat, Jarmon, Journo, Karila,
Kayate, Kazim, Khalfon, Khayat, Koskas, Koskasse, Krief, Labi, Lambroso,
Lévy, Liscia, Lellouche, Louzoun, Lumbroso, Maarek, Madar, Maklouf, Maimoun, Mamou
( Isaac Mamou ayant participé en tant que représentant au
Congrès de Théodore Hetzel en 1897), Marzouk, Mazouz, Meimoun,
Memmi, Métoudi, Msalat, Messika, Mimoun, Mizrahi, Nadjar, Naqqache,
Nataf, Nizard, Nunes, Osuna, Pariente, Parodi, Perez, Racah, Rossi, Sarfati,
Saada, Saadoun, Sadoune, Sahal, Saporta, Saraf, Sebag, Sfez, Setbon, Silva, Sitbon,
Sitruk, Scemama, Selama, Seroussi, Slama, Smaja, Smila, Suid, Sultan, Taïeb, Tammam,
Tanugi, Taourel, Tapia, Tartour, Temam, Tibi, Tmime, Toubiana, Tubiana,
Uzan, Valensi, Valenzi, Zarka, Zarrouk, Zeitoun, Zemmour, Zerbib...
On retrouve nombre de ces familles dans la liste des rabbins que l'on
dit après le Kol Nidré à Kippour.
(si vos expressions vitales et vos noms n'y sont pas, surtout s'ils
sont liés à des événements communautaires,
dites-le moi, nous compléterons). Voyez aussi la liste des noms sépharades.
Quelques grandes dates récentes du
judaïsme tunisien
:
- 1857, domination de la France sur le Bey et la Tunisie.
- 1878, première école de l'Alliance israélite
universelle à Tunis.
- 1881, perte formelle de l'indépendance de la Tunisie par la
France.
- 1921, constitution du Comité de la Communauté à
Tunis.
- 1931, 26 octobre, Young Perez, champion du monde de boxe à
New York.
- 1942: le 8 novembre, les Allemands occupent la Tunisie.
- 1942, arrestation des juifs pour le travail forcé, l'internement
et la déportation.
- 1943, 7 mai au soir, les alliés libèrent Tunis.
- 1946, 71000 juifs en Tunisie.
- 1949, 20 novembre, 27 enfants en partance pour la alyah meurent dans
une catastrophe aérienne.
- depuis 1950, dispersion de la communauté juive de Tunisie.
- 1955, dernières élections au Comité de la Communauté
à Tunis.
- 1956 (20 mars), Indépendance de la Tunisie.
- 1957 (27 septembre), dissolution du Tribunal rabbinique.
- 1958, 11 juillet, dissolution du Comité de la communauté
à Tunis.
- 1967, 5 juin, incendie de la Grande Synagogue à l'occasion
de la Guerre des six jours.
- 1971, assassinat du rabbin Matslia'h Mazouz.
Quelques synagogues de rite tunisien
(aidez-nous à compléter la liste).
Jérusalem
- 28 Rehov Ha Tséfira, quartier Mochava ha guermanite. (Rite et
architecture de Djerba).
- au Matnas, Rehov Zévoulone, quartier Baqa. (Rite de Tunis).
Nétanya, au moins 4 synagogues tunisiennes
- la Synagogue Zékhor lé Avraham, animée par le Rav, Hazane et Mohel, le Rav Eliahou Riahi. mail: Riahi @bezeqint.net Voir la cérémonie de la coupe des cheveux chez le garçon à trois ans qui a eu lieu dans cette synagogue.
-
une sur la place, dans les locaux de Amit,
- une en face de l'Hôtem Margoâ, rehov Makhnes
- une près du Chouq.
Paris
- Paris 75009, 44 rue de la Victoire. tel 01 46 07 04 24.
- Paris 75020, 49 rue Pali Kao. tel 01 46 36 30 20.
La yeshiva actuelle qui enseigne selon
la tradition et les méthodes d'étude du judaïsme tunisien
:
Yeshiva Kissé Ra'hamim
Adresse :
Rehov HaRav Ouziel 26
POB 2750 Bné Braq. Israel
Tel depuis Israël 03-6767163 ou 4
Tel depuis l'étranger : 972 3 6767163 ou 4
Un jour nous serons tous ensemble à Jérusalem
encore plus heureux que partout ailleurs.
Emus
Gutt Chabés, bendigamos, Toyre, rabbi mâk ! rkik
blid...
Juifs d'Iraq
Juifs d'Ethiopie
Juifs du Maroc
cette année encore à Los Angelès, Montréal
ou Paris.
Vous pouvez continuer votre exploration du monde des communautés,
dans une autre optique, dans la liste des excellents sites amis que je
recommande dans mon
annuaire, aux rubriques Communautés et Séfaradisme. |
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