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Pour analyser et comprendre les conflits, et pour rechercher lentement la paix, essayons de comprendre l'Iran en prenant en compte quelques dimensions souvent négligées et pourtant capitales dans la relation Iran-Israël.

par le Rav Professeur Yehoshua Ra'hamim Dipour
Site Modia http://www.modia.org


Ouvrez ces pages, elles se complètent:

L'ESSENTIEL: l'alliance multimillénaire de base
à l'époque de Qoréche et Esther
L'union unique entre l'Iran et Israël va t'elle refleurir?
Esther et le Roi. Le tombeau d'Esther vénéré en Iran.
Le Roi Cyrus d'Iran, le seul ayant ordonné de reconstruire le Temple
et a autorisé les Juifs à revenir à Jérusalem.
Ce lien unique, antithèse de la rupture de la sortie d'Egypte,
et tiqqoune de la Création par le dévoilement d'Esther (Israël) attend son épanouissement.
Nous en suivons les péripéties anthropologiques
et non politiques. Et les suivrons au jour le jour.
Nous sommes sortis d'Egypte, avançons vers le don de la Torah.


Le livre d'Esther et la fête de Pourim
Indispensable pour comprendre cette relation

--

 


La connaissance du pays Iran :

L'histoire, la géographie, la culture sous toutes forme


L'orientation actuelle de l'Iran: tout sur Khomeini
Connaître les principaux leaders actuels
Les principales données statistiques actuelles

Un résumé, tellement similaire à l'histoire juive pour la conscience de l'identité identique et plurimillénaire, avec les mêmes conquérants et occupants jusqu'à maintenant, est écrit à la fin de cette page-ci.
Ainsi que la résistance et la fidélité à la langue antique dans les deux peuples.


Qui est l'auteur de ce dossier et son orientation humaine et scientifique:

Secrétaire général de l'Association internationale d'échanges scientifique sur la violence et la coexistence.


Calligraphies de l'auteur
- en arabe et persan sur la Création
- en persan sur le livre d'Esther

Calligraphies de l'auteur
- en hindi sur la le chant Insaf,
chant de la libération de l'Inde
expliquant aux enfants que c'est seulement en marchant que la lumière se dévoile.

Calligraphie de l'auteur
en persan sur un poème de Rumi
affirmant la victoire de la vie sur les pensées de mort

L'attention à toutes les cultures dans les épisodes de la vie quotidienne


CRISES

Dans l'histoire ancienne:
Les Juifs pris en étau entre les empires conquérants de la région

Dans l'histoir
e contemporaine:

Une crise violente et temporaire qui s'acheva pacifiquement :
l'emprisonnement de leaders juifs
Page 1 - page 2 - page 3 - page 4


La beauté des Juifs et de Jérusalem dans le plan de

D.ieu, reconnues par le Qoran et les textes islamiques



La beauté du Roi Qoréch
dans les textes juifs
de la Bible



Suivre en direct l'actualité vue d'Iran
:

Irna, l'Agence de presse de la République islamique
Irib, la position officielle de la République islamique sur les questions internationales
Les TV d'Iran
Les radios d'Iran

Le lien du Hamas à l'Iran
ce qu'est le Hamas
La place privilégiée d'Ispahan dans l'espace cosmique

 

 

Cette étude suivante est dédiée à Guilad Chalit, à ses parents et à tous les prisonniers et à tous ceux qui travaillent à leur libération.

La libération des prisonniers au nom même de l'Islam:
Il est important de revendiquer partout pour la libération des prisonniers, non seulement au nom des valeurs humanitaires générales, mais aussi au nom même des valeurs de l'Islam et de l'Iran, sans aucune ambiguïté ni agressivité. Car, mettre en péril la vie de prisonniers, serait porter également atteinte aux valeurs morales et humanitaires de l'Islam.
J'apporte sur cela des preuves précises :

1. Sourates
La Sourate 4 du Coran, Les Femmes, 58 dit : Dieu vous a prescrit de restituer les dépôts aux ayants droits, de juger en toute équité, si vous êtes appelés à juger.
La Sourate 15, L'Abeille, 90 dit : D.ieu prescrit l'équité, la charité, l'assistance bienveillante aux proches.
La Sourate 46, Al-Ahgaf, 13 dit : En vérité, ceux qui disent : Notre Souverain Maître est D.ieu, puis se comportent avec droiture n'éprouveront aucune craine, ni affliction aucune. Ceux-là seront à tout jamais les hôtes du Paradis, en récompensede leurs oeuvres.
La Sourate 49, Les Appartements, 9 dit : Soyez impartiaux dans vos témoignages.
Et Moslim commente : Les justes seront auprès de D.ieu sur des trônes de lumière : ce sont les personnes équitablesdans les jugements qu'ils rendent...

2. Haddith
El -Khatib, d'après Ibnou Messaoud a écrit : "le Prophète-S.B. sur lui- dit : quiconque porte atteinte à un protégé, c'est moi-même qui serai son adversaire le Jour de la Résurrection".
Un haddith dit au nom du Prophète : "Sept catégories de personnes seront abritées à l'ombre du Seigneur le jour où il n'y aura d'ombre que la sienne : D'abord un gouverneur juste"...
Il est aussi écrit : "Un juge possède le savoir mais il est partial, il va en enfer" (Abou Daoud, Ibnou Maja, Tirmidi et Hakim).

3. Histoire
Le jour de la conquête de la Mecque, le Prophète (S.B.sur lui) a dit à Om-Hani, fille d'Abou Taleb : "Om-Hani, nous prenons sous notre protection celui que tu as protégé et assurons celui que tu as assuré."

Conclusion
En toute vérité et droiture, il importe de mettre ces arguments en avant envers les autorités iraniennes et du Hesbollah, mais également envers tous ceux qui agissent en ce moment pour sauver la vie de ces prisonniers. Il faut diffuser ces éléments.

Et, ici, lire l'étude sur le devoir de libérer les prisonniers dans les textes juifs.

 



Et, pour bien situer, sans aucun problème, notre question de coexistence, plaçons-la au niveau de la Création.
Voici les 7 premiers mots de la Torah, transcrits à partir de l'hébreu, puis de l'iranien, le persan ou farsi signifiant
"Au commencement de... créa Eloqim les cieux et la terre"...

"Béréchite bara Eloqim éte hachamayim vééte haaréts".
"Dar ebtédo ofarid khodâ asmone va zamine râ".

Voici le texte imprimé dans les deux langues:



C'est à ces niveaux qu'il faut se re-trouver, se rencontrer entre cultures.
Je l'ai repris dans cette calligraphie qui chante aussi en arabe la lumière essentielle et créatrice:

Et, dans la confiance au retour à la vie entre l'Iran et nous dans la commune lumière reconnue,
je nous dédie ensemble, ce poème de Roumi, leur poète officiel et séculaire (Mowlavi D
jalal ouddin Roumi, 1207-1273; Rachi est décédé en 1105) nous disant ce message sur le rapport de la vie et de la mort dans la relation.
Je l'ai respectueusement bien saisi, au point que j'ai pu l'écrire dans une calligraphie classique:

1. Dar échgh, ké djoz méi-é baghâ, kordane nist
2. djoz djâne dâdane, dalil-e djâne bordane nist.
3. Goftam ké : "to râ chénâssam, ânega miram".
4. Goftâ ké : chénâssâyé ma râ, mordane nist".


Traduction:
1. En amour, rien ne vaut si ce n'est boire le vin vital
2. et si l'âme ne donne pas la vie, il n'est plus rien qui reste.
3. Je dis: "toi, je t'ai connu et de ce temps-là je vais en mourir (d'amour).
4. Il me dit en ses profondeurs antiques: "me connaître ne fait jamais mourir".

Amen !

Et ainsi, de Jérusalem, Al Qouds, la Sainte, pour TOUS, vers tous et en tous la bénédiction diffuse.

Aucun autre missile n'est dans nos coeurs entre nous.

Nous connaître les uns les autres ne fait jamais mourir.

Nous ne renoncerons jamais à cela.

Après la seconde semaine de la guerre du Liban, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré (je cite exactement mais en ne retenant que la partie des phrases liées à notre propos): "A mon avis, le Liban est la scène d'une épreuve historique qui déterminera l'avenir de l'humanité. Tout le monde doit être mis à l'épreuve. Tout le monde... Vous verrez... Ceci est un miroir qui révélera l'essence véritable de chacun. Ce n'est pas là une épreuve ordinaire. Pas du tout. Elle révélera tout au grand jour"...

C'est exact, mais pour l'instant, comme le dit Rumi, les partenaires en présence risquent de voir le jeu de la mort au lieu de voir les dynamiques de la vie car ils oublient les données anthropologiques, historiques, religieuses qui les réunissent.
C'est notre orientation, fidèle à ce que dit Rumi comme notre texte de la Torah ("Choisis la vie")
de rappeler à chacun le meilleur de leur réalité et de leur commune réalité.
Nous continuerons dans cette voie. C'est notre rôle humain de Juifs.

Il faut réapprendre à nous tourner vers l'autre avec la délicatesse d'une main qui respecte toute la délicatesse de l'autre.
Il faut réapprendre à voir simultanément les deux délicatesses.
Ce chat n'est peut-être pas persan, je ne sais, mais cette main est juive, et son enfance fut en Iran, avant le retour de tant de générations à Jérusalem, c'est pour cela que je l'ai placée ici,
en présage de réconciliation perpétuelle entre les leaders iraniens et israéliens.
Et, ce jour là, je vous fais une promesse, nous célébrerons à Jérusalem les Iraniens d'Iran comme les descendants du plus grand "juste des nations" de tous les temps que nous n'avons pas encore remercié comme il se doit: le roi Cyrus, Qoréche. Bientôt.
Car il est célébré à Pourim et dans nos livres d'histoires mais il faudra célébrer cela ensemble, en présence humaine de ses héritiers et continuateurs, commes nous sommes les héritiers et continuateurs d'Esther et Mordékhaï.


(photo de l'auteur)

Nous les accueillerons avec délicatesse, nous bénirons sur cette coupe de Juifs iraniens qui célèbre le salut que Hachem nous donne,

Nous dirons ici les bénédictions inscrites sur ce dessin de Juifs iraniens en persan écrit en caractères hébraïques
qui vous montre que nos destins sont bien unis en une seule langue, de même que nous avons choisi de nous unir
à la langue araméenne en adoptant son écriture sans perdre pour autant notre langue hébraïque, c'est possible;
voici le début du texte dans un mélange de persan et d'hébreu, mais écrit en lettres hébraïques,
coutume courante chez les Juifs iraniens:
déa kardan Yaakov âlav ha salam, mar Gad râ,
bénédiction qu'a faite Yaâqov, que la paix soit sur lui, envers Gad.

Leur colère vient peut-être de notre manque de reconnaissance,
et ils ont raison en cela car, eux, rendent hommage à nos saints personnages.
Vous ne le saviez pas? Regardez:

  • Cette tombe est à Hamadan. C'est un batiment en briques majoritairement et des pierres, bâti au 13e siècle dans le style islamique sur le bâtiment précédent qui remonte à notre reine. L'intérieur est en boiseries et il y a d'anciens rouleaux de la Torah. Esther y est dite épouse de Khashayarch, nom persan du roi cité dans la méguila.

    La ville de Hamadan se trouve à 330 km à l'Ouest de l'Iran, côté Iraq, au-dessus de Borujerd, des villes qui avaient des communautés juives depuis toujours, et dont la plupart sont revenu depuis peu sur la terre d'où ils avaient été expulsés, sans rien perdre de leurs droits.
    et voici la carte d'Iran pour situer Hamadan. Je l'ai symbolisée en colombe de la paix, qui viendra, par le mérite d'Esther et Mordékhaï:

  • Voici des photos de l'approche de la tombe, sa forme typique, etc.


  • Cette tombe est un des seuls endroits en Iran où un monument porte des caractères hébraïques.
  • Voici aussi quelques photos de la tombe du prophète Daniel à Soussa (Suze). Cela vous fera comprendre l'importance de la relation entre le judaïsme et la Perse puis l'Iran moderne. C'est Cyrus qui autorisa les Juifs à revenir à Jérusalem et à y reconstruire le Temple. C'est dire à quel point ce lien est particulier. Et, après 1948, l'Iran n'a pas rompu avec Israël, l'a reconnu de facto et est entré en grande coopération, ce qui lui a valu de grands ennuis avec le monde arabe. Le Shah prétendait réaffirmer la splendeur antique de l'identité nationale bien avant l'islam, et en revalorisant les religions nationales antérieures. Il a échoué pour d'autres raisons, dictatoriales. Et qui ne touchent pas à notre problème réciproque.
    Un jour, la lune de miel reviendra. Il y a sens à cela.

  • image free sur Wikipedia.

 

Est-ce clair ? Est-ce grandiose ? Sinon, vous êtes insensibles! ;-))
Alors, pourquoi les Juifs de la diaspora et d'Israël, et les diplomates professionnels d'Israël surtout ignorent-ils ces points communs qui sont le b-a ba de notre relation et de notre avenir? Ils devraient former nos politiciens sur ces dossiers de base. Sans cela, il n'y a pas respect mais incompréhension. Et on dérape bêtement vers les guerres.


Documentation

La présentation historique de l'Iran

Ce pays s'appela la Perse jusqu'au 21 mars 1935 où elle devint l'Iran. L'archéologie a montré qu'il y avait la présence humaine il y a environ 100.000 ans, et que des cultures y existaient il y a environ 15000 ans et il y a 6000 ans, il présentait une agriculture sophistiquée et développée et de grands centres urbains.
Bien que la Perse fut envahie par les Mongols, les Arabes et les Turcs, la Perse a toujours maintenue son identité propre. Et elle a défendu sa langue jusqu'aujourd'hui même si les Arabes lui ont imposé les caractères de l'écriture arabe; et nombreux sont en Iran qui dans le choix de divers signes graphiques préfèrent encore les signes iraniens non arabes.
Le persan a rayonné sur toute la région et le persan ou farsi fut à certaines époques la langue administrative et diplomatique jusqu'en Extrême-orient. La langue hindi de l'Inde, l'indonésien, le malais, le thaï, par exemple, et bien d'autres, comportent aujourd'hui de nombreux mots de farsi.
Les quelques grandes dynasties furent celle des Achemenids (-559-330) fondée par Cyrus qui décrêta le retour des Juifs à Jérusalem et la reconstruction du Temple. C'est dire l'importance!
Ensuite, une période grecque (-300-250) puis les Parthes (jusqu'en 226) puis les dynasties Sassanid (jusqu'en 651).
Seulement après ce passé glorieux toujours présent au présent dans la mémoire iranienne, déferla l'invasion de l'Islam jusqu'aux tensions violentes et incessantes et actuelles entre Sunnites et Chiites.
Le statut des Juifs y fut variable suivant les époques, puis vint le statut protégé mais humilié du Juif dhimmi sous l'Islam jusqu'aux phases intermitentes de persécutions, les périodes de conversions forcées, les périodes de calme, de statuts de fonctionnaires, de marchands, de conseillers. Tout cela, c'est la relation de l'Iran aux Juifs.

La langue de l'Iran
1. C'est celle d'un peuple qui, comme les Juifs, parle sa même langue depuis des millénaires, et peut lire ses textes antiques de mille dans la langue d'aujourd'hui. Cela est rarissime parmi les peuples, et rapproche des Juifs qui, certes, lisent et parlent exactement le même hébreu qu'il y a plus de 3800 ans, paroles d'Avraham.
2. C'est une langue qui, comme l'hébreu, traduit le génie séculaire de ce peuple. Il faut en saisir les nuances pour comprendre cette psychologie. D'abord, l'extrême politesse dans les mille nuances des formules délicates et louangeuses considérées comme normales, cela n'est pas étranger à la culture classique de ceux qui vivent dans l'hébreu biblique et dans le langage de Avram à Saraï. Mais la rudesse directe de l'Israélien déffricheur qui s'imagine renouveler son identité en lachant la courtoisie pour la franchise sans formes posera des problèmes relationnels immédiats. Une langue qui ne connaît pas la différence entre les genres masculins et féminins dans les conjugaisons, ne spécifie pas les articles, mais par contre a une structure de phrases bien différente de la structure hébraïque. Une langue, comme l'hébreu, dont la lecture suppose que l'on connaisse d'abord la langue parlée. Une langue où on interroge de façon coutumière les écrits des poèmes du divane de Hafiz (14e siècle) en les ouvrant au hasard pour recevoir les réponses sur la conduite à tenir (pratique dénommée fâl). Depuis quelques années, après la mort du Rabbi, des groupes actifs parmi les Loubavitch ont lancé cette coutume iranienne en proposant de la réaliser sur les écrits du Rabbi pour recevoir des réponses aux questions pratiques. Il va de soi qu'il est bien utile de connaître les origines étrangères de telles coutumes pour se comprendre et pour nuancer ce qui vient de la Torah ou des usages qu'on ramène d'autres univers.
Tout cela pour dire, que pour se comprendre, il ne suffit pas de parler d'idées ou de frontières ou de politique, mais il faut comprendre les modes de pensée, les codes et subtilités, les points communs et les différences, et les susceptibilités.

3. Le persan (farsi) est une langue (zabâne), comme la situation des Juifs de Judée écrasés par les occupants cruels occidentaux (les Romains) qui ont changé le nom de Judée en celui de Palestine pour les injurier par le nom de leurs pires ennemis séculaires, c'est une langue qui fut contrainte de s'incliner par l'occupation arabe de l'islam avançant à la pointe de l'épée, qui a imposé l'abandon de l'écriture persane pour faire adopter l'écriture arabe. Or, cette écriture des occupants ne répond nullement aux précisions et nuances et orthographe de la langue persane. Cette résistance pour préserver le particularisme est une des diverses composantes entrant dans le rapport toujours tendu et souvent violent dans les coexistences à La Mecque entre les anciens envahisseurs et les convertis de force, même si la foi est devenue très majoritairement unique et identique. Pourtant, les courants bien plus antiques, zoroastristes ou manichéistes, perdurent, et sont infiltrés dans la poésie cultivée par tous, comme un résistance au changement d'identité nationale.
4. Depuis lors, depuis 14 siècles, comme chez les Juifs, une résistance entêtée agit pour préserver l'identité du peuple: chez certains, c'est la résistance au vocabulaire arabe dominateur qui constitue maintenant environ 60% de la langue persane. Depuis la conquête de l'islam, de multiples grands poètes ont aimé utiliser le maximum de mots arabes. Mais, l'auteur exemplaire de cette résistance à l'occupant arabe à travers le refus de sa langue exterminant l'identité nationale originale, c'est Ferdouci (au 10e siècle) qui écrivit le célèbre Livre des Rois. En plus de 50000 distiques, il raconte comme une épopée toute l'histoire antique de l'Iran avant la conquête islamique dans une langue dont il élimine tout mot venant de l'arabe conquérant; et chaque iranien lit cet ouvrage, et il est est un des bases de la conscience commune nationale depuis lors et aujourd'hui encore. Un courant a tenté de reprendre sa ligne intégriste (comme Eliezer ben Yéhouda le fit et réussit pour l'hébreu moderne) mais ce courant resta minoritaire, malgré les efforts du Shah qui voulu remettre en valeur la spécificité antique de l'Iran mais échoua pour sa direction politique et les déficiences sociales et persécutives.
Un point commun avec l'hébreu, c'est que la langue ne comporte pas -contrairement au français- de nombreuses adjonctions de mots pour faire comprendre qu'on parle en style interrogatif, ou que l'on place ici ou là une virgule. En farsi, l'intonation suffit à rendre tout cela et ls syntaxe est simple, comme en hébreu. Cela se joue dans le relationnel plus que dans le formel grammatical: cela ouvre des univers de mentalités différentes, indispensables à prendre en compte pour les comprendre et pour communiquer.
5. Le peuple iranien a cultivé sa résistance avec une détermination très agressive en maintenant les divergences, en ne se pliant nullement à la prononciation de l'arabe qui devait s'imposer puisqu'on avait décrêté l'adoption de l'écriture des lettres arabes; l'iranien ou persan ignore de multiples prononciations différentes de nombreuses lettres comme le S ou le T ou le Z arabes; même s'ils ont dû écrire ces différences dans l'orthographe, ils n'en tiennent pas compte dans la prononciation; ils doivent écrire ainsi 4 sortes de Z et les prononcent identiquement; sans compter que les lettres gutturales typiques de l'arabe comme le ayin sont refusées en cette prononciation, ou le refus de nuancer les différents h aspirés. Et cela avec un entêtement très semblable au caractère entêté du Juif. On trouve d'ailleurs cette même résistance chez beaucoup d'Israéliens actuels qui s'opposent à la prononciation de ces sons sémitiques et les annulent, s'imaginant qu'ainsi ils ne se soumettent pas à l'arabe ou la prononciation des Juifs venant des pays arabes. Ils se trompent car c'est simplement la prononciation authentique de l'hébreu qui est une langue sémitique, et ils ne font alors qu'adopter la prononciation de la langue de l'exil polono-russe, ce qui est encore plus absurde, surtout quand on l'impose dans l'enseignement.

6. Mais il faut ajouter un point important: la présence de mots d'origine persane dans l'hébreu: comme le plus beau, le mot pardés, paradis venant du farsi ancien pairi-daeza.

7. Il faudrait continuer à explorer ces multiples domaines anthropologiques, culturels inscrits dans l'identité profonde de tout le peuple.
Ceci est simplement dit pour souligner les dynamiques intérieures analogues qui permettent une compréhension profonde. Par exemple le fait que les règles de grammaire n'ont pas la rigueur cartésienne du français aux multiples subdivisions; ici, c'est fluctuant, et tout est possible dans le jeu pour exprimer avec virtuosité la particularité de la pensée. Comment voulez-vous comprendre les discours de leurs hommes politiques en ignorant les règles internes et structurales de cette pensée? Ce n'est pas la langue de bois des diplomates du Quai d'Orsay, mais des jonglages multiples qui permettent une résistance machiavélique à l'adversaire. Ainsi, il n'y a pas de mot précis pour dire "trop" (car il n'y a pas de "trop" mais des adjonctions multiples!). Ignorer ce flou subtil dans la linguistique, c'est ne pas pouvoir gérer le dialogue politique, c'est bien le cas actuellement. Ainsi, ne vous laisser pas tromper par l'extrêmisme religieux: le comique populaire aux multiples histoires, un innocent stupide qui existe comme dans l'humour juif ou de nombreux peuples, se nomme Nasreddine; et son nom signifie "victoire de la religion", c'est tout dire dans l'auto-critique.

8. Et cet essai de compréhension réciproque entre l'univers juif et l'univers persan n'est pas dit pour mettre à distance l'arabe ou les Arabes car de grands poètes comme Hafez utilisèrent abondamment l'arabe dans leur vocabulaire de même que le Rambam a écrit certains de ses ouvrages majeurs en arabe.
Et, dans le judaïsme, il y a un sens positif, au niveau de l'optique que j'ai soulignée, dans la rencontre réciproque de toutes langues. De l'arabe également et éminemment. En ce sens, les Sages du Sanhédrine, le Tribunal suprême à Jérusalem, parlaient et comprenaient directement les 70 langues principales, dans l'orientation que nous soulignons.
Donc, "Ecoute, Israël", il faut ouvrir tes yeux et tes oreilles, et regarder l'autre et l'écouter profondément pour vraiment le connaître.

(photo de l'auteur)

Il reste cependant une particularité unique parmi tous les peuples: l'Iran, comme Israël, a résisté; elle n'a pas cédé et elle a gagné et gardé sa langue. Ce sont des expériences uniques et communes. L'Italie, elle, n'a plus la langue romaine, la Grèce non plus, ni la France, quant aux USA ils n'ont pas d'antiquité en ces domaines, etc.

Enfin, pour qu'il soit bien clair que cet essai de compréhension n'est pas contre une autre civilisation que l'Iran, je vous place ci-dessous, un passage d'une étude que j'ai réalisée sur la conception du rêve dans les sources culturelles arabes dans la langue originale (comme je l'ai fait pour le latin, le grec, l'espagnol), cela fait partie de ma thèse de doctorat d'Etat sur la psychothérapie en 1982), et j'utilise cette approche qui allie la compréhension de l'individu avec le génie propre de la culture qui le structure intérieurement, dans la formation de psychothérapeutes juifs ou arabes à partir de leurs sources puisqu'ils s'occupent de patients vivant dans ces différentes structures intérieures. Je ne fais pas de la théorie gratuite, je pratique l'ethnopsychologie (préférant ce mot non pathologique à ethnopsychiatrie, qui psychiatrise l'autre) seulement avec des langues que je comprends de l'intérieur.



Donc, cela est clair: pas de problème de rivalité avec d'autres civilisations.


Conclusion

Ayons la même espérance envers tous les peuples, la même volonté de rencontre et de parcours commun.
Du temps du Temple, tous les peuples venaient à Jérusalem apporter des sacrifices et présents. Beaucoup de dirigeants du monde rêvaient de posséder une maison à Jérusalem.
Nous sommes tous de la même Création, venant d'Adam unique à l'image de D.ieu.
Et chacun avec une spécificité complémentaire. Le Talmud donne une longue liste de qualités dont seulement un peuple la possède presque en exclusivité, à 90% exactement. Ne l'oublions pas. Apprenons à découvrir et respecter.


(photo de l'auteur)

C'est la base pour arriver à la paix. Arrêtons d'imposer nos concepts et philosophies politiques.
L'intoxication de la politique comme droit tyrannique et totalitaire sur le monde (y compris la conception dite des droits de l'homme, typiquement occidentale et aveugle sur son ignorance du reste) ne mène qu'aux guerres. C'est une conception duelle qui divise (les "partis") en deux pôles évidemment inconciliables.
Une approche plus complexe, anthropologique et respecteuse et non dominatrice, est nécessaire. Tu aimeras l'autre avec respect comme tu t'aimes toi-même. L'autre (choni) n'est pas "anti", il est différent (choné): l'hébreu le dit en jouant sur les mêmes sonorités.
Il n'y a pas de marchands d'armes en anthropologie de découverte de l'autre pour vivre avec en respectant son intégrité. C'est un autre "commerce", celui de la relation et de l'intériorité. Pourquoi cela n'entre-t'il pas dans la formation des diplomates et des politiciens et des journalistes.
Combien de fois, j'en ai rencontré de tels débarquant au Proche Orient et ignorant tout de ces dimensions.. Leur article était déjà rédigé depuis Paris ou une autre capitale et ils prétendaient m'expliquer ce qui se passe ici, même psychanalytiquement, ayant pondu leur thèse en dégustant au Café de Flore à Saint Germain. Véridique.
On peut faire la même chose ici, au Nord Tel Aviv ou à Césarée, ou dans une petite école politique qui, toujours n'aura sa source et ses admirateurs qu'ailleurs, à l'Occident, pour ressembler aux puissants d'ailleurs. Et les gens en crèveront dans la région par ce système absurde, irréel et irresponsable.
On s'est comporté ainsi pendant des siècles envers la femme, et on continue en politique, chacun envers les autres peuples.


Je termine avec ce texte en persan.
Ce texte nous prouve que nous avons tout pour réussir et que nous vivions TOUS (pas seulement en égoïstes) et c'est dans nos mains si nous appliquons ce texte. Je l'ai écrit tel qu'il est dans le Tanakh en farsi, en persan, pour ressentir et réfléchir:

Encadrez ce texte dans votre maison pour ne pas l'oublier.
Et que soient bénis ceux qui suivent, en tous pays, l'invitation lancée par Koréche-Cyrus, et ceux qui bien des siècles après comme nous, entendront enfin.
Voici la traduction exacte que vous pouvez vérifier dans votre Bible, à la dernière page:
" Dans la première année de Koréche, Cyrus, roi de Perse, à l'époque où devait s'accomplir la parole de Hachém, annoncée par le prophète Jérémie, Hachém éveilla le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse; et celui-ci fit proclamer, dans tout son royaume, par la voix et aussi par des missives écrites, ce qui suit:
Ainsi parle Cyrus, roi de Perse, Hachém, D.ieu du ciel, m'a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c'est Lui qui m'a donné mission de lui bâtir un temple à JERUSALEM QUI EST EN Judée. S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à Son peuple, que Hachém son D.ieu, soit avec lui, pour qu'il monte."




 
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