Devant nous, à l'horizon, la crête de la
colline semble s'imbiber de cette lumière céleste.
Nous sommes à deux kilomètres peut-être, mais dans
la pureté de ce matin en prière
nous voyons jusqu'au dessin des branches d'arbres infiltrées
de lumière. Tout est respect et soumission secrète.
Je vois la file des lumières qui tracent le chemin que nous prenons
pour aller sur les tombes de ceux que j'aime.
Le ciel est brossé comme un tableau à l'aquarelle. Quel
est le peintre d'un spectacle pareil?
Il ajoute du rose au bleu qui l'accepte. La terre se manifeste
portant ces milliers de tombes des Sages nos ancêtres.
Ces autres religions qui nous traitent d'occupants depuis Hertzl ont
la preuve millénaire de leurs mensonges
par la fidélité constante de notre présence dans
la terre de lumière. Aujourd'hui encore, ils mentiront de même.
Le blanc lumière prend presque entièrement
la place du bleu pastel.
Et la terre garde la dernière présence des rêves
des ténèbres.
Comme deux mains ensemble, le noir et le clair, une douceur éternelle.
La lumière qui étincellait comme d'un four
embrasé laisse monter maintenant le rouge des brasiers violents.
Les ténèbres se renforcent un instant. En ce jour, il
y aura peut-etre de la violence et du sang.
Il faudra que tout se pénètre de lumière certaine.
On entend notre prière. Le rouge devient plus clair
et compose avec le bleu pastel. Une harmonie d'entente se discerne.
Au loin, la plaine devient un grand lac avec des côtes lointaines.
Jérusalem, tu es merveilleuse pour ceux qui rêvent, pour
ceux qui t'aiment.
En bas, à droite, le Kotel éteint ses lumières
et retient son souffle pour recevoir la vraie lumière.
Ne désespère pas, Kotel, sous tes siècles de misère;
voici le vrai soleil qui annonce sa lumière et disperse lentement
cette écharpe de sang.
Il arrive ton prince, il éclaire.
C'est une avance qui est lente et demande la confiance.
Ne pas brusquer, ne pas détruire mais être présent
comme une grande signature plus claire. La gentillesse est finalement
la reine.
Du jaune maintenant, nous revenons sur terre, déjà
quelques toits apparaissent, autorisés par la joie.
Pourquoi les humains ne veulent-ils pas voir l'évidence de la
beauté certaine, des amours souveraines?
Pourquoi détestent-ils la prière et préfèrent-ils
la critique et la haine?
Tes couleurs sont comme des baisers, couleurs de lèvres.
Sous ton amour, le monde est une dentelle, je connais chacun de ces
arbres sous ta lumière.
Comme Toi tu connais chaque humain, chaque maison, comme un père
et une mère.
Le plus petit, le plus fin, lui aussi à l'horizon tu le préfères.
Aucun ne t'indiffère.
Le soleil semble faire varier son intensité et
jouer avec les luminosités, il prend son temps avant de se révéler.
L'important, c'est de comprendre qu'il y a un peintre qui sait composer,
qui sait aimer.
L'important, c'est d'apprendre à regarder, à écouter,
Chémâ Yisrael, apprends à aimer.
SUITE
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