A Jérusalem au mois de février, les premières fleurs sur les amandiers et les arbres fruitiers.
Déjà, les abeilles s'affairent.

photos personnelles et scénario du Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
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Dans le judaïsme, la nature, les paysages, les animaux chantent la louange du Créateur
et nous apprennent comment vivre dans la beauté donnée par le Créateur
sans nous murer dans nos maisons de pierres et nos télévisions.
Le Péreq Chira nous donne cet enseignement, voyez notre étude:
http://www.modia.org/galerie/chira.html

Février. Les amandiers en fleurs à Jérusalem: http://www.modia.org/galerie/next39.html

Et les oiseaux si beaux parmi ces amandiers qui préparent les chambres d'amour: http://www.modia.org/jerusalem/animaux/birds.html

Voici les premiers arbres fleuris, et l'éclatement est fulgurant
Il n'est pas difficile d'être en cette saison parmi les plus brillants peintres japonais.
Il suffit de bien cadrer le regard et d'aimer.
"Réveille-toi, rafale du Nord! Accours, brise du Midi!
Balayez de votre souffle mon jardin pour que ses parfums s'épandent.
Que mon Bien-aimé entre dans son jardin et en goûte les fruits exquis". Cantique des Cantiques 4,16.

Qui n'est pas amant regarde toutes les fleurs et n'en aime aucune.


Celui qui aime cherche et trouve où est celle qui mérite son regard.


Parmi tout l'univers la voici à sa tâche. Dès les premières heures des fleurs, elle travaille sans relâche.
"Il donne à manger à toute chair".


Elle est douce et velue, l'abeille courageuse, déjà elle enmagasine dans les sacoches de ses pattes
le pollen qu'elle aspire de sa trompe fine. Qu'Il soit loué, Celui qui répartit Son intelligence et Sa sagesse parmi ses créatures.


Quand elle a fini, en une demie seconde elle reprend son envol et bientôt se pose sur une autre fleur qu'elle explore.
Avec quelle délicatesse elle pose sa patte. Elle se nourrit mais jamais elle ne casse.
Qu'Il est bon Celui qui lui a appris de respecter l'autre comme soi-même. Et cela, dans le secret que personne ne saura jamais.

Elle cherche un autre angle pour ne rien briser. Oh la finesse de ses ailes. Baté'hou ba Hachem, ayez confiance
en Hachém (Isaïe 26,4).


Elle plonge plus encore au coeur de son ouvrage. Et quelle beauté dans ses couleurs. Pas de vêtements de travail sales.
Il faut à chaque heure être en présence du Créateur.
Sa sacoche de pollen est maintenant pleine. Elle s'incline même en travaillant, la modeste.
Elle enseigne à chacun, à chacune d'être purs et modestes.


Certes le travail exige des risques, mais pour qui sait voir l'acte créateur
en chaque endroit, tout est beauté, calme et volupté disait le poète.
Tout est harmonie des couleurs.
Je suis entré dans mon jardin, ô ma soeur, ma fiancée, j'ai récolté ma myrrhe et mon baume, j'ai mangé de mes rayons de miel..."
Cantique des Cantiques 5,1.

Et maintenant, une pause, car il faut aller dire merci avec le psaume 100 pour la suite magnifique -texte et commentaire sur ce lien.

Pendant que je prends ces photos pour vous, ce petit tsipor (oiseau) est venu prendre la pose pour se faire admirer.
Gam tsipor matsea bayit (même l'oiseau a trouvé une maison), dit le psaume 84. Elle est parmi les fleurs, la sienne, et aussi la mienne, à Jérusalem. Et la vôtre également de même si vous le voulez. Tout est seulement dans le vouloir. Pour tous ceux qui sont ici, nous et l'oiseau aussi ;-)
Continuons mais le silence suffit pour contempler ces dons incessants.

Retour à la paracha de la semaine. Après cela, nous pouvons aussi voir chaque lettre de la Torah dans la même beauté que ces fleurs.
Le monde n'a pas seulement la laideur de la haine et de la misère que certains répandent sans cesse.
Ne parlez plus du silence de D.ieu. C'est nous qui voulons imposer le silence aux dons merveilleux.
Sans y réussir.
Ne perdez pas votre temps à lire de longs livres sur ce soi-disant silence. Ouvrez-les yeux.

Un me dit: "facile pour vous d'oublier Auschwitz".
Impudence et imprudence de vos mots légers,car je sais trop bien ce que c'est,
de très près dans ma famille, par les manques qui furent des coups de poignards.
Ce sont les hommes qui l'ont fait, et qui continuent indéfiniment.

Petit, enfant, quand plus de 100 de mes parents et cousins et voisins mouraient autour de moi à quelques mètres sous le bombardement,
quand les gens hurlaient j'ai dit seulement, pourtant petit enfant: "je ne lâcherai pas les fleurs". Rien d'autre. Aucune prière alors, autre que celle-là.
Les bombes tombaient et tombaient dans le vacarme assourdissant.
Grâce à D.ieu je ne les ai pas lâchées. Je ne quittais pas ce baiser que rien ne peut briser.
Car l a bénédiction est constante. A nous de lire la Torah pour le comprendre.
A nous de chercher des gens innocents qui existent et qui me l'ont transmise à la demande.
Mais c'est autre chose... si on préfère le confort et l'argent, et la peur incessante, et le manque de reconnaissance.

Excusez, je vous ai parlé avec le coeur. Vraiment.

Je reçois à l'instant une lettre qui me dit: "Je suis allé visiter Auschwitz. Que faut-il faire? En témoigner? Mais pour quelle finalité" (lien)
Je n'ai pas de position pour les autres. Chacun s'interroge et évolue. Je dirai mon regard sur ce double monde:
- d'un côté la Choa passée, et les gouvernements majoritaires qui soutiennent ceux qui veulent exterminer Israël car ils refusent de prendre les mesures pour les contraindre à changer, les seules mesures financières, et la corruption qui nous pourrit sans fard quand le monde nous en accuse et que nous appelons cela antisémitisme, et les millions qui ne viennent pas rénover leur pays, et l'éducation juive qui n'est pas donnée comme base minimale à tout Juif, et la misère organisée, et les religieux qui se fonctionnarisent et ne portent pas aux autres ce qu'ils connaissent, et qui se divisent en courants qui s'ignorent ou se méprisent.
- d'un autre côté, des millions de personnes qui malgré tout cela risquent le tout dans leur vie pour bâtir, transmettre, être fraternels entre frères juifs ou entre frères humains.
Etre homme tout simplement, c'est changer de file quand l'heure est claire, quand on sait lire ce qui est écrit dans la Torah, c'est changer définitivement d'option.
J'ai dit qu'il y a eu un silence dans la Choa, celui des hommes. Ceux qui l'ont créé en détournant lentement les frères juifs de leur foi, de leur mission, de leur identité, de leur espace, faisant des majorités incapables de lucidité ni de s'insurger. Ceux qui se contentent encore de simplement témoigner.
Comment? N'est-ce pas la priorité?
Il ne s'agit pas seulement de lutter contre les négationistes et contre la perte de la mémoire. Cela n'est que "zakhor, souviens-toi". C'est essentiel. Mais il faut y joindre "chamor, maintiens". A quoi bon se souvenir si on n'applique pas dans la vie? Notre tradition nous enseigne d'abord chamor, ensuite zakhor: il faut maintenir l'affirmation de la vie vraie, de l'identité, de la force et ne pas seulement revisionner les films des horreurs passées. Les deux sont inséparables.
Et cette nature qui reprend vie si lumineusement en ce printemps nous enseigne, par ces 6 millions d'animaux et de plantes si splendides que la Création du Roi du monde est belle, splendide et vie bonne et rayonnante.
Arrêtons de marcher courbés en regardant les murs comme des coupables, et négligés et sales ou d'un vêtement minimal qui ne fait que prêter à tous les autres le corps au regard comme des prostituées aux clients de la rue. Je suis triste parfois, profondément, quand je vois des étudiantes arabes de la même beauté féminine que toute femme mais respectant leur corps et le regard et l'âme de ceux qui sont sur leur passage et qui ont un regard qui en dit long sur le groupe des étudiantes juives, le ventre à l'air jusqu'au maximum de l'indécence.
Pourquoi ne pas transmettre simultanément toutes nos beautés des différents niveaux de l'être? Le monde entier nous envie notre Torah, notre terre et veut l'acquérir au péril de leur vie.
Pourquoi, nous, nous la méprisons en n'en voulant pas, en n'y réalisant pas la justice, l'éducation, la fraternité?
Soyons dans le monde simplement comme ces arbres en fleurs, comme ces oiseaux de bonheur, ou comme ces abeilles si belles, comme cette joie lumineuse. C'est possible, chacun nous avons pour cela TOUS les cadeaux reçus immensément, transmis, pour nous en cette génération. Arrêtons le massacre que nous faisons, et ne rejettons sur personne nos justifications.
Et, réfléchissons aussi, qu'allons nous transmettre? Que répondrons-nous quand les enfants nous diront: le monde allait ainsi, qu'as-tu fait? Tu le sais pourtant.

Voilà tout ce que nous rappelle le Pérék Chira, cette Torah que je vois sans cesse autour de chez moi à Jérusalem et dont je vous donne les témoignages sans cesse, en photos quotidiennes: c'est la Torah vue, déployée, ouverte dans le paysage, immédiate et soudaine comme elle est écrite.
C'est ce que vous dit cette page. J'ai osé vous le dire. Et cela je l'ai ressenti encore plus en revenant d'un bref séjour à l'extérieur du pays.

Voyez l'étude sur le Pérék Chira http://www.modia.org/galerie/chira.html

Comme moi, vous êtes tenace pour ne rien faire, c'est si bon de se décourager pour éviter de plonger dans la mer. Je ne suis pas un héros, et je connais mes faiblesses, tout cela est bien beau pour les autres mais pas pour moi-même.
J'ai honte quand je me raconte de telles sornettes; j'ai regardé cette mouche qui n'est quand même pas la plus belle merveille: eh bien, elle quand elle va vers la beauté, elle est aussi très belle, et elle rend hommage au Créateur de l'univers. Alors, le moindre humain est capable de faire de même et de dire "oui" à la proposition qu'il a reçue de la vie.

J'ai appris de cette abeille comment me comporter dans la vie. Même si mon idéal n'a pas plus de solidité qu'un fragile pétale, c'est assez solide puisque le Créateur nous a ainsi proposé ces défis. Et mes mains minuscules peuvent y agripper le poids si lourd de mes soucis. Il suffit de plonger et de croire à la vérité de la beauté. Merci l'abeille qui nous enseigne. Elle vaut mieux que tous les prix Nobel.

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Ecouter et voir l'essentiel. Un poème: RESPECT