
Le mur (kotel) est massif, impressionant. Sur la droite, un escalier
vers une pièce à l'ombre.
Nous avonçons vers la gauche pour arriver à
l'entrée des hommes.
Nous embrassons du regard tout l'ensemble du mur. Arrêt, silence,
reconnaissance,
d'avoir pu être ici, malgré et avec tous les soucis de
chacun et de tout notre peuple.
Et tant de souffrances par ces guerres affreuses.
Nous approchons, ou plutôt le mur s'approche à notre rencontre.
Sommes-nous dans cette bonne relation comme nous le rappellent ces deux
pigeons?
Nous entrons, nous croissons celui-ci qui regarde encore le Ciel pour
ne pas l'oublier
afin de bien repartir vers sa vie de terre.
Qquittons l'apparence et rencontrons l'essence, la chaleur
essentielle, silence...

Nous voudrions graver nos noms et les souhaits de notre coeur,
pour que les pierres les portent sans cesse devant le Trône des
bénédictions.
Nous voudrions écrire les noms de ceux qu'on aime
et de nos amis en détresse.
Toutes ces pierres marquées par les années
sont bien à notre image, burinées mais belles
dans la lumières, tant de rides blessées, mais chaque
marque est un chant de beauté.
Et aucune à l'autre n'est pareille. Et les fleurs sont présentes
pour qui sait les remarquer.
Je n'oublierai pas tes baisers, tes caresses, tes mots de promesses.
Jamais je ne t'oublierai.
Jamais je ne te lâcherai. Notre rencontre est éternelle.
Et notre certitude de même.
Tu es silence, souffrances et lumières. Mais tellement solide
et ferme.
L'important, parmi toutes les pierres de l'existence,
c'est de savoir lire les lettres que tu envoies,
même dans le silence. Combien viennent ici et n'ont pas vu tes
appels. Voici là-bas des mots de lumière.
Ainsi, en lumière, a été probablement écrite
la Torah dans le désert. Tes mots d'amour
doivent rester éternels et aucun des coups, des pluies, des vents,
des tempêtes, ne peuvent
éteindre cette lumière. Tu as signé que tu m'aimes.
Yédid néphéche.
La vie n'est pas que pierre. Même là pousse la vie, le
vert, le jaune de soleil.
Même les pierres sont caresses. Tout est doux, simplicité
dans le mystère.
Les pigeons nous rappellent que tout cela est habitation d'amour.
Il est doux d'habiter dans ta maison. Qu'ai-je fait de perdre des années
dans les tentes de Kédar!
Alors que nous pouvions être ensemble si près.
Chacun de tes enfants trouve sa place, tu as fait une
maison à son image.
Il est des heures, c'est sûr, ou c'est l'abime pour beaucoup entre
le bonheur des couples
et la solitude. A voir, c'est dur. Mais la âqéda à
ses heures, et ta lumière de coeur est toujours.
Et si les dangers sont monstreux et vérité, je sais qu'ici
je peux me cacher et me reposer.
Tu as promis de toujours m'envelopper. Nous sommes en ton être
pour l'éternité.
J'espère le retour prochain de mes amis fidèles. En voici
qui reviennent et vont trouver
comme nous, de même, une place en ton nid. A chacun sa maison
en Israël.
Les voici, autour de nous, celui de peau blanche et d'habit noir,
et celui d'habit blanc et de peau noire.

Chacun semble unique, et seul avec toi, distant.
Mais toujours un autre, une autre est avec soi ici en son absence.
Une chaise marque sa présence.
Et le noir et le blan sont si proches en ta présence. Aucune
différence.
Qu'il en soit ainsi en tout couple, tu es l'union entre tout ce qui
sans toi serait étrange.
Même ceux qui de loin se ressemblent ici se révèlent
chacun un univers de dissemblances.
Et, pourtant, plus rien n'empêche de pourvoir vivre ensemble.
L'un est assis depuis des siècles dans tes téhilim, et
l'autre est jeune et veut te prouver
par tous ses attraits qu'il est revenu et t'a trouvé. Mais, l'un
de l'autre, ils sont tout près.
Même les âges différents, kippa ou
pas, on est là, également, ensemble.
Ils ne savent pas, ceux qui ne veulent pas nous comprendre, combien
nous sommes l'un pour l'autre
des univers éloignés et étranges. S'ils nous regardaient
bien, ils le verraient à l'évidence.
Mais ici, aucun ne peut de l'autre marquer sa différence. Chaque
unique est uni à l'autre présence.
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