Vie quotidienne: comment parvenir à parler aux enfants dans la Torah:
Quoi de neuf et d'important aujourd'hui à Jérusalem ?

présenté par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour

Je dédie cette page à chaque lecteur de Modia qui a des enfants à éduquer.
Et chacun a aussi en soi son enfant à qui apprendre à parler dans la Torah.

Mars 2003
Le Kotel sort de l'hiver et les Juifs et les oiseaux s'empressent. Voir tout le reportage en photos.


Nous devons accomplir ce que nous disons dans le début du Chémâ Yisrael:
"vé dibarta bam, et quand tu parleras à tes enfants, parle-leur dans les paroles de la Torah".
Avec mon maître vénéré, Ribbi Moché Yossef Zenou, zal, c'était ainsi et ce fut ainsi avec lui seul,
spontanément entre nous, pour parler de tout, les paroles venaient continuellement
dans les versets du Tanakh et nous n'y faisions pas attention tant cela était simple, exact et naturel.
Il m'y a autorisé dans notre relation en me racontant ceci:
Son grand-père, encore enfant, était avec son papa quand celui-ci voyant pour la première fois un train dans la campagne et la locomotive secouant le sol et crachant fumée et étincelles avec beaucoup de bruit, il dit spontanément les versets du Psaume 18. 8-9:


"Va tigâche vatirâche haaréts, oumosdé harim yirgazou,
vayitgaâchou, ki 'hara lo.

Et voici que oscille et tremble la terre, et les fondations des montagnes sont ébranlées,
elles vascillent quand surgit la colère du Ciel.
âla âchane béapo vééche-mipiv tokhél
ga'halim baârou mimménou.

Monte de la fumée par Sa colère, et un feu de Sa bouche dévore tout,
des étincelles viennent de Lui et brûlent tout".
On ne peut pas oublier un tel enseignement concret de la mitsva.
Il marque des générations, jusqu'à nous.
Donc, nous apprendrons à parler ainsi, selon la mitsva.


Aujourd'hui, comme le verset du Cantique des Cantiques que l'on dit avant de le chanter en entier:
"Ha nitsanim nirou va arets êt ha zamir higuiya, vé qol ha tor nichma bé artsénou.
Les bourgeons se voient sur la terre d'Israël et le temps des chants est arrivé,
et la voix de la (Torah) tourterelle se fait entendre sur notre terre".
C'est aujourd'hui.
Le temps des seules fleurs d'amandier est dépassé, voici l'éclosion de tous les bourgeons
et des premières fleurs: même le premier déroulement des pétales est grâce
car on est toujours en présence de Celui qui crée la beauté.


 

et voici, la nappe est presque déployée, très beau jeté:

La guerre partout, mais nous, nous sommes occupés à créer la beauté et la louange et la joie.
Les fleurs de Jérusalem sont comme cela dans le petit bois, la 'hourcha,
elles nous enseignent en chaque millimètre de leurs ailes.
Je connais des êtres qui sont de cette sève.

Je marche; sur les arbres, l'enfance des couleurs est merveilleuse,
alors que nous, nous peinons tant pour apprendre la moindre chose:


Comment voulez-vous ne pas chanter, quand les formes, et les lumières, et les couleurs
et la senteur légère et sucrée sont plus beaux et plus belles que tous les magasins de mode et de parfumeurs.
Approchons encore. Je ne t'embrasserai pas, tu ne m'en donnes pas le droit. Pas encore.


Ecoutez bien ces fleurs d'arbres, et vous entendrez les chants de louange de ces fleurs,
comme le dit le Pérék chira à la fin du chapitre trois:
"Yéhi khévod Hachém léôlam, yisma'h Hachém bémaâssav"
La Gloire de Hachém qu'elle soit éternelle, Il se réjouira Hachém dans Ses oeuvres"
(Psaume 104, 31).



Plaçons notre oreille plus près:


 

Quel concert! Entre le rose, le blanc et le vert. Aucun orchestre n'atteint cette harmonie d'ensemble
qui va directement en prière avec tous les éléments.
Et, par terre, c'est la louange des fibres d'herbe et les couleurs oranges d'un couple d'echolzia égarés là.
On est différents, même joie, même délicatesse. Nous apporterons chacun un peu plus à Jérusalem.
Ainsi de chaque nouvel immigrant qui ramène toute l'histoire de ses générations,
avancée importante, délicate, fragile, modeste mais très belle.


 

Je dédie cette image aux couples qui viennent ainsi à Jérusalem dans le programme d'aliya Bate Sione.
Si les fleurs, fragiles mais sublimes, chantent à Jérusalem, ils réussiront également leur devenir.
Le pérék richone (pardon, le chapitre premier) du Pérék Chira récite:
Le Jardin d'Eden dit:
"Ouri Tsafone ouvoi Témane, hafi'hi gani, yizélou béssamav,
yavo Dodi légano, viyokhal péri méghadav.

Eveille-toi Nord, et viens Sud, souflez sur mon jardin
et que s'épandent ses parfums. Mon bien-aimé viendra dans Son jardin (Israël)
et Il en mangera les fruits délicieux". (Chir ha Chirim, Cantique des Cantiques 4,16).

Je reviens chez moi. Sur le chemin, un chien me regarde.


Le Pérek Chira m'a appris qu'il dit le verset 95,6 des Téhilim:
"Boou nichta'havé vénivraâ, nivrakha lifné Hachém ôssénou.
Venez, nous voulons nous prosterner, nous incliner et ployer les genoux devant Hachém qui nous a faits".

Sur une table se prélasse un des si nombreux chats libres de Yérouchalayim.
"Ne me dérangez pas, je prie", dit-il. Ne vous fiez pas à ma mine, le Pérek Chira vous le dit,
sous mon velours, mon assurance est infinie (Psaume 18,38):
"Erdof oyévaï véassiguém, vé lo achouv âd kalotam,
Je poursuis mes ennemis, je les atteins, pas de relâche jusqu'à ce que je les ai détruits".



Tout n'est pas rose, pas nécessairement, il y a aussi les écorces des pins qui peinent et pèsent.
Et qui éclatent et finissent par terre.
Mais l'essentiel est que chacune soit belle. Car il faut se tenir, plus loin il y a le bleu du Ciel.



Et les arbres disent dans le Pérek Chira:
"Az yérannénou, âtsé ha yaâr, milifné Hachém, ki va liqhpote éte haaréts.
Alors, qu'ils se réjouissent, les arbres de la forêt, à l'approche de Hachém, car il vient juger la terre".
(Divré ha yamim, I Chroniques 16,33).

Voilà ce que j'aurais dit si je m'étais promené avec un enfant,
comme le prescrit la Torah. Voilà ce que j'ai vu et dit depuis l'intérieur.
Le regard contemplatif et réflexif de mon père, zal, me l'a appris.
Ses mots étaient comptés mais ils pesaient de réalité et de vérité.
Les parents doivent apprendre ce regard de Torah aux enfants,
et les mots de Torah et du coeur pour le dire spontanément.

Ils doivent les entendre de nous "en situation".

Voilà ce qui s'est passé de très important aujourd'hui à Jérusalem,
cette capture ordinaire de la louange incessante de la création vivante;
cela n'a duré qu'une petite heure sur le chemin d'une visite pour Roche 'Hodéche,
mais c'était une jonction de la terre et du Ciel, et la création réussie.
Ils me font rire avec leurs gros mots d'écologie,
voilà des millénaires que nous connaissons les règles de la vie.

Les politiciens s'imaginent qu'ils prennent le pouvoir et dirigent
;
ils n'ont rien dirigé de cet orchestre dont on n'a pas parlé dans les radios.
Sur Modia, oui. Et c'est bien plus grand que leurs petits mots, c'est bien plus beau,
c'est bien plus efficace pour vivre.
C'est bien plus large que l'Amérique,
que la France, que l'Iraq et l'Arabie Saoudite.

Le maître de tous et rédacteur de la Michna, Rabbi a dit
:
"celui qui est occupé (comme nous l'avons fait)
dans le Pérék Chira (qui est cette louange de celui qui voit celle de la Création)
mérite d'apprendre et recevoir la Torah et de l'enseigner, de la garder (lichmor),
de la réaliser (laâssote) et de la faire tenir (léquayem), et son étude est stable entre ses mains,
et il est sauvé de la puissance du yetser ha ra, de l'instinct destructeur, et de plein d'autres mots nommés,
et sa vie sera longue, et il méritera de voir la venue du Machia'h et la vie du monde à venir".
Nous avons participé ensemble un peu à tout cela. Une étude en chemin.
Merci à vous d'être venu avec moi étudier et vivre quelques instants à Yérouchalayim.

Vous voyez qu'on peut vivre, en dépit des conflits et des guerres fratricides,
et voir autre chose que les écrans de TV et toutes les choses stupides qui s'y disent.
Ensuite, on a bien plus de forces pour travailler sur le nécessaire et l'utile.
Tout cela ne nous a pas pris plus de deux heures. On sait vivre ici.C'est Yérouchalayim!
Ces fleurs, ces arbres, et ce chat aussi, m'ont appris à vivre. Et je réfléchis à tout ce qu'ils nous ont dit.


La mitsva de parler à ses enfants
dans les mots de la Torah
"en situation de vie".

présenté par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour

Je dédie cette page à chaque lecteur de Modia qui a des enfants à éduquer.
Et chacun a aussi en soi son enfant à qui apprendre à parler dans la Torah.

Cette mitsva se trouve dans le 5e livre de la Torah, Dévarim, au chapitre 6.
Elle est si grande qu'elle est dans les mêmes versets qui nous donnent le Chémâ Yisrael
et nous la disons chaque fois que nous disons ce Chémâ Yisrael.
C'est la 419e mitsva de Maïmonique, le Rambam, il l'expose dans le chapitre madâ, talmoud Torah, 1, 1-4.
Elle est aussi exposée dans le Tour et dans le Choul'hane Âroukh
de Marane Rabbénou Yossef Qaro dans le Chapitre 245-246 de Yoré Déâ.


Voici le texte
(attention, il comprend des lettres saintes et, donc, ne le placer que dans un lieu respectable).



La phrase est celle du verset 7


Véchinnanetam lévanékha vé dibarta bam
Tu les inculqueras à tes enfants et tu parleras dans (ces paroles de la Torah)

bé chivtékha bévéitékha ouvélékhtékha
que ce soit en étant assis dans ta maison ou dans tes déplacements



va dérekh ouvéchorbékha ouvéqoumékha
sur la route ou en te couchant ou en te levant.

La prescription pédagogique est donc très claire.
Il ne s'agit pas seulement d'apprendre aux enfants les prescriptions rituelles (comment mettre les téfillines, etc.)
mais de les entrainer à mettre des mots de Torah sur les actes quotidiens que nous vivons.
Jusqu'à ce que cette parole dans les mots de la Torah y soit spontanée progressivement.
Cela suppose d'étudier la Torah, de travailler à en mémoriser les phrases et le vocabulaire.

Un travail important. C'est pour cela qu'il est dit: Véchinanetam, Tu les inculqueras.
Cela signifie: tu leur rabacheras, tu aiguiseras leurs dents là-dessus (chén, c'est la dent).
Ce travail que nous leur demandons, nous devons d'abord le faire sur nous même,
sans cela nous ne parviendrons pas à le faire avec eux, ni à ce qu'ils y parviennent.
Le programme est simple.



Retour ICI ( à la page des autres études en photo