Jérusalem que j'aime (page 6)
Les maisons de Jérusalem
Ma yadidote michkénotéikha,
Quelles sont aimables Tes demeures!

Scénario et photos d'amour, par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
© Copyright Dufour
Cette page comporte des lettres saintes, ne la déposer que dans un lieu respectable.

C'est vrai, j'ai un côté un peu forteresse, mais je le fais en rondeurs comme une princesse
qui s'incline en douceur au passage de Son altesse sérénissime.
Il y a toujours une présence ici à Jérusalem, et une jubilation aussi.

"D.ieu dit: Je l'ai appelée Yiré chalém, il la prévoit parfaite" Béréchite Rabba 56,15.

Si vous savez regarder, partout des musiques, des chants d'oiseaux,
des colombes gentilles


C'est le Ciel qui nous dit merci d'être venu chez Lui, ici.

Chir ha Chirim.

et nos chers amandiers n'ont pas souffert de la neige, ils jubilent.
"Ki méahavate Hachém étkhem, car c'est d'amour que Hachém est avec vous" Dévarim 7,8.

Si vous voulez ne pas perdre votre vie, venez la vivre ici!
C'est écrit!

"Lékh lékha, quitte ton pays et va vers toi-même, là". Béréchite 12,1.

Tout cela, c'est comme à Pourim, ceux qui le ne voient pas disent "Il n'y a pas de D.ieu", ou "jamais aucune prière n'a rien arrangé dans le monde" comme disait un journaliste méprisant envers les Juifs religieux, et se croyant intelligent, dans l'émission Pop-politica avant de monter en grade socialement.
Dans le texte d'Esther, ceux qui ne savent pas lire ne voient aucun des noms de D.ieu,
les autres y voient plus de quarante écrits et voient Qui agit avec nous, et mieux que nous, dans le monde magnifique qu'Il a créé.
Sa Présence n'est invisible que si l'on ne sait pas se relier à la beauté qu'Il a mise en nous-même et dans les autres, néchama inaltérée et inaltérable. La beauté qu'Il a mise en chaque partie la plus petite du monde, cela ne s'invente pas, cela n'est pas le fruit d'un hasard, c'est la marque et la présence constante de La source.
Découvrir cette beauté, la repérer, la ressentir et vivre avec en permanence, cela s'apprend, c'est le rôle des parents. Combien j'en remercie les miens de m'avoir appris cela. Je voyais souvent mon père, quand nous nous promenions avec notre petit troupeau de famille nombreuse, s'arrêter et nous devions attendre. Ma mère disait : "alors tu viens, on avance" et il répondait calmement comme ayant quelque chose de très important et évident à faire: "je regarde"; et je le vois souvent encore, béchant la terre et se reposant, debout, les coudes appuyés sur le manche et contemplant en silence ce monde. Ses silences étaient pleins de présence (voir mes 12 poèmes d'enfance, ici).
Et pourvu que beaucoup de parents montrent ces images de ces maisons à leurs enfants, et leur apprennent ainsi à devenir sensible à la beauté et présence divine.

Mais il est aussi des déclarations ouvertes et claires de cette présence divine dans notre monde dont Il fait Sa maison et dans Son sanctuaire, la terre d'Israël, et spécialement Jérusalem. Des mots le disent.
Où? Par exemple, dans le texte du prophète Zacharie, Zékharia, chapitre 1. Voici:
"Ainsi parle Hachém Tsévaote" (c'est le nom qui indique qu'Il est présent dans toutes les structures existantes, ce que l'on traduit mal par "Hachém des armées").
"Je suis rempli d'un zèle ardent en faveur de Jérusalem et de Sion. Mais j'éprouve une violente colère contre ces peuples qui vivent si paisibles, car alors que je n'étais qu'un peu irrité, ils ont coopéré à la ruine"
Nous connaissons ces horreurs des nations dans notre génération et qui continuent encore contre Israël, et leur toupet de dire que c'est punition divine, ou abandon de Sa part, ou silence de D.ieu quand, eux seuls, commettent ces abominations.
Le texte continue:

"Lakhén, ko-amar Hachém, C'est pourquoi, ainsi parle Hachém.
Chavti lirouchalayim béra'hamim, Je suis revenu à Jérusalem avec amour,
Béiti yibané ba néoum Hachém Tsévaote, Ma maison y sera rebâtie là, parole de Hachém Tsévaote.
Véqav yinaté âl-Yérouchalayim. Et le fil à plomb (de la bénédiction et des bâtisseurs) sera tendu sur Jérusalem.

Ôd qéra lémor, De plus, proclame encore ce message:
Ko amar Hachém Tsévaote: Ainsi parle Hachém des structures:
Ôd téfoutséna âré mittov, A nouveau déborderont, mes villes, de bien-être.


Véni'hém Hachém ôd éte-Tsiyone, Et Il consolera Hachém, à nouveau, Sion.
Ouvé'har ôd birouchalayim, et il choisira encore Jérusalem.



Sens de la maison

Comprenons donc quel est le sens juif de cette réalité que l'on appelle "bayite" et qui est un conjonction de multiples sens chaque fois qu'on l'emploie, par exemple l'hébreu y nomme aussi bien la maison, que la femme, ou que le sanctuaire divin! Voyons-le seulement dans quelques citations à méditer, pas besoin de les expliquer, il vaut mieux "ressentir".Car tout cela est lié et un. (Note: quand le mot est employé seule, on dit bayite; quand il est composé, on dit béite; au pluriel batim).

- résidence solide, pas une tente ni une soucca.
- épouse: béito zo ichto, sa "maison" c'est sa femme (Guittine 52b).
- renouveau: ki tivné bayite 'hadache, quand tu bâtiras une maison nouvelle (Dévarim 22,8).On en compte les développements: béite richone, chéni, chélichi.
- famille: iche ou véito baou, lui et sa maison vinrent (Chémote 1,1). Béné véito, les membres de sa famille.
- souci pour la famille: lé veiti (Béréchite 30,30).
- famille spirituelle et yeshiva: béite Hillel, la yéchiva de Hillél. Béite Yisrael, le peuple d'Israël.
- clan et descendance: béite Aharone halelou, maison d'Aharone, louez (Psaume 135,19).
- le Temple (héikhal) ou "maison" de la sainteté: 'horbane béite chéni, la destruction désastreuse du second Temple. Béite habé'hira, la maison choisie (par D;ieu, le Temple). Kol dor ché éino nivné béite ha miqdache bé yamav, méâline âlav kéilou hou hé'hrivo, toute génération dans laquelle le Temple n'a pas été reconstruit, c'est comme si c'était elle qui l'avait détruit (Yérouchalayim Yoma 1,1).
- matrice qui va développer la vie (comme ré'hem).
- endroit qui reçoit (nartiq): batim la béri'him, creux pour y placer les barres (Chémote 26,29). Les batim qu'il y a dans le boitier des téfillines pour y recevoir le texte de la Torah.
- un endroit caractérisé par: béit dine, maison de la justice, Palais de justice. Béite séfér, maison du livre, école.
- l'endroit le plus précieux : béite qodéche qodachim, l'endroit le plus central du Temple. Beit ché yéche bo séfer Torah o téfilin assour léchaméche bo éte ha mita, une chambre dans laquelle il y a un livre de la Torah ou des téfilines, il est interdit d'y avoir le lit (dans lequel on a des rapports).
- béite miqdache méâte: Temple en réduction, terme pour valoriser un endroit de choix, synagogue, maison familiale. Un ex-prisonnier qui avait été en psychothérapie avec moi pendant sa peine en prison, venu me faire part quelques années plus tard de sa bonne réhabilitation stabilisée et de sa réintégration dans la vie normale, a téléphoné à sa grand'mère (dont il avait tué le fils, son propre père) depuis chez moi sur son téléphone portable et lui a dit avec émotion: "je te téléphone depuis le béite miqdache méâte de...". Il faut connaître l'hébreu pour entendre qu'il parlait ainsi de tout son retour à la qualité intérieure et extérieure et non seulement à un merci, à un transfert non liquidé, ou à une flatterie.
En raison de tout cela qui est dans le mot, on comprend que le mot composé soit chargé de sens: béite Untel. C'est très fréquemment utilisé dans le Tanakh.

En raison de cette importance de la maison (pensez à toutes les cérémonies juives dans la maison, le Chabbate, le qidouche, les mézouzotes, la cacheroute etc.),
- ce mot chargé de sainteté est très fréquent dans le Tanakh, 2036 fois sans compter les appellations composées.
- on dit "matsa bayite", il a trouvé femme. Car la qualité de la vie représentée par la maison sera celle de la qualité de la femme. Car la femme a une affinité sur tous les plans indiqués, plus que l'homme. Cela ne veut pas parler de la seule responsabilité, ni de la seule direction des affaires concrètes. C'est bien pour cela que le soir du Chabbate, on y lit le dernier chapitre du livre des Proverbes, Michlé: Echéte 'hayil, qui est une louange de la Chékhina et de la femme.
Tout le monde entier est maison pour la présence divine qui veut partager avec les humains. Chékhina veut dire habiter. Mais il y a une condensation de plus en plus forte de cela dans le monde: ensuite la terre d'Israël, ensuite Jérusalem, ensuite le Mont du Temple où la Chékhina s'est repliée vers le Kotel, ensuite le Sanctuaire (qu'il soit vite rebâti), ensuite le saint des Saints. C'est vers cela que l'on fait les pas en avant quand on va prier. Et c'est vers cela que l'on se tourne de tous les côté dans le monde entier pour les Juifs depuis toujours. Les Musulmans ne se tournent pas vers Jérusalem mais vers La Mecque, ce qui s'implifie tout le problème de Jérusalem. Les autres religions ont Rome, ou Constantinople, ou, ou.... Ainsi la paix devrait régner. Et la maison est aussi le microcosme du Temple, et dedans l'union du couple. Un optimal, une intention, un essai, et on le souhaite: une réalité pour chacun. Amen.



Faisons un instant le lien entre la maison de Torah et le Temple:


Le Temple, le bien du monde et l'étude de la Torah


Rabbi 'Hayim de Volozhyne écrit que serait un non-sens d'être dans une étude abstraite et coupée de son action sur le monde et qui ne serait pas accompagnée de sa pratique. 

En effet, il n'y a aucune différence entre la sainteté tournée vers l'homme et la sainteté tournée vers Dieu à ces niveaux. C'est ainsi qu'il est écrit :
guédola Torah ché hi noténéte 'hayim léôsséya elle est grande la Torah qui donne la vie à ceux qui la réalisent (ch. VI des Pirqé avote, Principes des Pères), 

et il n'est pas écrit, dit-il, "à ceux qui l'étudient". 

Et il va plus loin encore en citant deux passages qui marquent avec force égale l'importance de l'étude et de la pratique : 

- un passage du traité Avoda Zara 17 b :
kol haôsséq ba Torah bilvad domé kémi ché éïn lo éloha
tout celui qui s'occupe uniquement de Torah est semblable à celui qui n'a pas de Dieu ; 

- un passage du Middrache Tan'houma sur Bé'houqotaï :
af im hou tsadik vé eino ôsséq ba Torah éïn béyado kloum
même s'il est un juste, s'il ne fait pas de la Torah sa tâche, il n'a absolument rien en main. 

Nous voyons toujours, dans les rubriques Torah et Prière du site, comment cet ensemble structurel des forces qui agissent dans le monde est constamment recréé et vivifié par la Torah dans la prière et l'étude.

L'accès aux richesses de la Torah par la connaissance des méthodes de l'étude permet de développer cette dynamique d'ensemble. L'étudiant de la Torah construit le monde

Dans ce contexte de l'enseignement de nos maîtres, nous comprenons mieux toutes ces phrases des Sages du talmud : 

afilou kol haôlam koulo éino chavé afilou lédavar é'had mine hatTorah
même l'ensemble de tout l'univers n'égale pas un seul mot de la Torah. Péa Yérouchalmi 1

afilou kol mitsvotéya chél Torah éinane chavote lédavar é'had mine hatTorah
même l'ensemble de toutes les mitsvotes n'égale pas un seul mot de la Torah. Péa Yérouchalmi 1 

ilmalé Torah lo nitqayémou chamayim va arets
sans la Torah ne pourraient subsister les cieux et la terre. Pessa'him 69 

gadol talmoud Torah yotér méatsalate néfachote
l'étude est plus grande que de sauver des humains. Meguila 16 

kol hahôsséq batTorah lichma... méssaméa'h éte hammaqom méssaméa'h éte habbériote
chacun de ceux qui étudient la Torah réjouit Celui qui est le lieu du monde et réjouit les créatures. Pirqéï Avote VI, 1 

kévane ché loméd éte hatTorah haréi mévi tova laôlam
c'est dans la mesure où il étudie la Torah qu'il apporte le bien au monde.
Tana devéi Éliyahou Raba 18 

Cette volonté de construction du monde en s'adonnant pleinement à l'étude de la Torah est parfaitement rendue par cette illustration représentant le Temple de Jérusalem ; c'est une belle gravure placée en fin de l'édition justinienne de Venise, an 1551, des cinq livres de la Torah en hébreu avec traduction en latin. Il est d'autant plus remarquable que des non-juifs aient ainsi été sensibles à ces dimensions exprimées par les versets qu'ils ont placé dans les oriflammes qui entourent le Temple : 

à l'image de ce que nous venons de dire, le Temple y est l'image du plan du monde à venir et sa centrale fondatrice, par son harmonie, par la présence divine, par les mitsvotes et par l'unité du peuple et des nations ; c'est l'étude de la Torah qui en révèle l'essence et en assurera l'avènement et le fonctionnement dans la création rénovée. 

Voici la traduction des versets inscrits autour du bâtiment du Temple : 

à droite : "la vérité germera de la terre et la justice brillera depuis les cieux", Psaume 85, 12 ; 

en haut : "la Torah de ta bouche est meilleure pour moi que des monceaux d'or et d'argent", Psaume 119, 72 ; 

à gauche : "c'est pourquoi j'ai aimé tes mitsvotes plus que l'or et le métal fin", Psaume 119, 127. 

La représentation du bâtiment actuel placé sur l'esplanade du Temple sous cette guirlande et les mots écrits sur ce bâtiment ("Béit hammiqdache") nous en disent long sur la volonté de ces étudiants de la Torah en l'an 1551 ! 

Dans la guirlande, l'affirmation est encore plus explicite : "plus grande sera la splendeur de ce Temple à venir que celle du premier, dit Hachém tsévaote, et en ce lieu je donnerai la paix..." (Haggaï 2, 9).

Voici une boite ancienne de tsédaqa (des Juifs de Damas) en forme de représentation du bâtiment qui est sur le Mont du Temple et leur laissant imaginer ce Temple à venir, maison de Hachém et de Son peuple (Amen!):



Hachém ôz lé âmo yiténe, Hachém yévarékh éte âmo va chalom!
Hachém, la force puissante, à Son peuple Il la donnera; Hachém bénira son peuple dans la paix!

 


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