Scénario et photos d'amour, par le Rav Yehoshua
Ra'hamim Dufour
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Dufour
Cette page comporte des lettres saintes, ne la déposer que dans
un lieu respectable.
A l'occasion de la paracha Chéla'h lékha où Moché
a envoyé des grands chefs du peuple et grands sages explorer
la terre pour voir si elle est bonne et viable, faisons encore un petit
tour dans Jérusalem. Nous savons qu'elle est bonne cette terre
que Hachém nous donne à nous comme il le dit dans
la paracha. Alors regardons-là avec bonheur.
Première photo, hier soir juste avant min'ha, sur les grands
arbres autour de chez moi, au sommet viennent se placer à cette
heure-là un oiseau à chaque sommet et ils regardent chacun
en silence le soleil décliner.
Je ne sais s'ils accompagnent à leur façon la prière
de min'ha mais je suis frappé de leur ponctualité, de
leur immobilité, de leur direction identique. Je sais alors qu'il
ne faut plus tarder car min'ha va se terminer.
Et si j'ai prié min'ha, je peux les voir ainsi jusqu'au moment
où le service du soleil est fini et ils s'envolent tous jusqu'à
demain! Quel pays spécial.
Certains n'aiment Jérusalem, tout y est si dense dans les deux
dimensions du monde.
J'aime. N'est-ce pas beau?
Ce matin, je termine l'étude et je téléphone pour
une question très importante et délicate qui me pose problème.
Mission accomplie. Un oiseau vient se poser juste en face de ma fenêtre
à je ne sais quelle distance, mais son chant est puissant, roucoulant,
strident, plus beau que le plus beau des rossignols. Un cadeau du Ciel.
Je vais l'écouter, il ne s'enfuit pas et continue. Je ne parviens
pas à le situer pourtant. Je le cherche, cherchez-le avec moi.
Le voici! L'ami ou l'amie.

à droite de l'image, à droite des fenêtres sur la
grande image! Merci l'oiseau.
Il me donne envie d'aller marcher quelques instants après la
longue étude.
Des oiseaux aux plumages bleu ou jaune ou vert, que je ne connais pas
tant ils sont superbes, pas les petits piaf piaf parisiens sympathiques
mais un peu banals
Ils aiment Jérusalem. Comme dit le Pérék Chira,
ce chant où tous les animaux louangent
et ont leur texte dans la Torah et le Tanakh, comme dit le psaume 84,4
que nous disons
avant min'ha: "même l'oiseau y a trouvé sa maison
et l'hirondelle son nid".
Que nous vivions aussi heureux qu'eux. Tous et toutes, et chacun, et
chacune.
A Jérusalem, tout devient lyrique, voici en haut du mur d'une
école près de la maison
du ministre, ex-maire de Jérusalem, un gymnaste qui lui aussi
a besoin de se sentir
tout près du ciel, c'est une épidémie d'envol céleste.
Ici, tout le monde se sent oiseau peut-être.
N'oublions pas que nos pieds sont sur terre. Et le symbole de Jérusalem,
c'est le lion de Yéhouda.
Ce ne sont pas des sculptures pour sculpter, c'est orienté, c'est
enseignement et symbole.
C'est la joie, non pas les lions européens guerriers.
Des dizaines sont ainsi dispersés dans la gaité.
Celui qui dira que le judaïsme est tristouillet, vit sous des cieux
embrumés loin d'ici, le pauvret.
Mais celui qui étudie nos textes sacrés et est toujours
étonné et émerveillé
n'est pas surpris du tout de la complexité de ces lions peinturlurés.
Ah! Voici le lion qui "modia", qui "fait savoir"
ce que l'on doit étudier
Il a la puissance des ancêtres mais aussi leur bienveillance,
et les fleurs sont comme les lettres,
on les aime, on les découvre, on les dispose, elles nous aiment.
Elles deviennent familières.
C'est bien nous cela: l'étude certes mais nous sommes écorce
tourmentée,
sentiments en tous sens, des bras pour la guerre ou pour embrasser
on ne peut rien cacher. La Torah ce n'est pas un musée
c'est dans nos tripes et dans nos rides et blessures que nous l'avons
déchiffrée.
N'aie pas peur, approche de l'étude, tu ne vas pas te brûler,
sa force est bonté
Tu deviendras fort, sensible mais droit, jusqu'au trône du Roi.
Il te reçoit.
Où que tu ailles, tu me retrouveras pour te présenter
la Torah.
Pas de fuite possible pour les fils de Yéhouda.
Jérusalem est spéciale et digne mais elle intègre
aussi les souvenirs
Voici un petit jardin qui rappelle les lointaines fontaines du Maroc.
Jérusalem je te dirai d'amour, pour toi, quelques uns de mes
poèmes:
Jérusalem
Femme qui a été créée
Femme qui a été créée avec moi
en un seul être, en une seule néchama ;
femme que La Bonté me découvre dâge en âge
en phases alternées de lumière,
de brisure et daurores renouvelées ;
accompagne-moi aujourdhui encore,
aide-moi à percevoir ta gloire et ta beauté.
Que chacune de mes pensées soit dans notre unité,
que mon regard ne quitte pas ta seule beauté
et ne ségare jamais en plaisirs mélangés.
Que chaque acte et chaque sentiment,
je ne les vive quen ta présence.
Que je garde la confiance
en ton invisible fidélité,
en notre silencieuse fécondité.
Que lunité de nos lumières
fasse advenir la femme en toute vérité
et lhomme hors de toute vulgarité.
Que sunisse en notre sanctuaire
Haqqaddoche baroukh Hou et Sa Chékhina
pour Sa joie et Sa florescence,
aujourdhui, en cet instant,
et pour tous les temps.
Amen Séla.
Jérusalem
Silence de tes lèvres
Une
plante belle
luxuriante
aux rondes
torsades
de vigne
s'élance
grappue
sur tes murailles
plaquées de soleil.
Oh, tes portes
Jérusalem,
les pouls de nos pas
palpite
au silence
de tes lèvres.
Jérusalem
Célestite rare
Jérusalem,
c'est l'éclat d'un regard
enveloppé de brumes,
tes formes toutes perles
de porcelaine chaude
habillée de douceur
modeste pour les charmes.
Une haleine en senteurs
de clématite rose
pour quelque larme bleue
de célestite rare.
Jérusalem
Turban
Les versets du Cantique des Cantiques
virevoltent dans tes cheveux,
Jérusalem,
et couronnent ta tête
d'un turban lumineux
Je l'avais déjà vu dedans tes yeux.
Jérusalem
L'immense couleur
|
Jérusalem, ton vent
s'engouffre dans mes failles
Tes lumières
s'infiltrent
dans mes ruelles
Tes anges passent
et dansent
l'immense
couleur
d'un baiser divin
au coeur.
Ne touchez pas à cet enfant.
|
Jérusalem
Ferveur des âges
Hommes et femmes
s'avancent ensemble,
Mur de glaives.
Les monts croisent les vallées,
nos pas découpent les rocs,
des frissons courent sur les champs,
une brise glacée secoue Jérusalem.
Homme et femmes
s'avancent ensemble,
ferveur des âges.
Les bouffées du passé remontent des gorges
et notre glèbe muraille celle
que notre coeur aime.
Nous, Jérusalem fidèle.
|
Jérusalem
Les colombes le savent
J'ai vu !
Un fleuve
jaillit
de Jérusalem.
Les colombes le savent,
elles !
Elles vont dire
aux quatre vents du monde :
si seulement
le bonheur
vous venait
de Yérouchalaïm,
les eaux des lèvres
dévaleraient
de rire dans
les coeurs,
des torrents bondiraient
comme les cerfs
dans les regards.
Si seulement...

A bientôt, ensemble, à Jérusalem.