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à un "Bar mitsva,
et à ses parents.
Site Modia : http://www.modia.org
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
THÈMES DE CETTE PAGE
(La Bat mitsva, célébration de l'accès aux mitsvotes
pour une fille sera également traitée, par ailleurs).
Quel est le sens du mot Bar mitsva ?
Le mot bar a le même sens que bén
qui veut dire fils.
Mais quand il est joint à un autre nom, il veut dire "qui possède
la qualité de", "qui relève de", "membre de",
par exemple
bar-mazal, qui a de la chance,
bar-toqéf, qui est valide.
Donc, Bar mitsva signifie : qui relève de l'obligation
de réaliser les mitsvotes. Et non pas "qui arrive à la fête
des 13 ans".
Quel seuil franchit le jeune de 13 ans qui
devient Bar mitsva ?
Quand un garçon arrive à l'âge de 13 ans, il est
alors capable de réaliser les mitsvotes que Haqqadoche Baroukh
Hou demande aux hommes de Son peuple d'accomplir, comme un "ordre",
ce qui est le sens du mot mitsva. Et il en a l'obligation au même
titre que tous les autres adultes plus âgés que lui.
Les Principes des Pères (Pirqé Avote) disent : "chéloche
êssré la mitsvote, 13 (ans) pour les mitsvotes".
Il bénéficie également des mêmes avantages
qu'eux, à égalité. Par exemple, certaines prières
demandent la présence de 10 hommes adultes ( un "minyane"),
et celui qui franchit le seuil de 13 ans compte désormais dans le
myniane
au même titre qu'un homme de 20 ans ou de 60 ans, ni plus ni moins.
"Etre Bar mitsva" indique donc précisément que l'on est
entré dans une étape qui durera jusqu'à la fin de
sa vie, c'est ce que l'on appelle : être adulte.
Un changement de l'être
"Etre Bar mitsva" est donc un changement d'être qui entraîne
un changement d'attitude de la part des autres. Ce jeune ne fait plus partie
des "enfants".
On peut, certes, dire qu'il est un jeune, ou un écolier, etc.
mais, pour le judaïsme, il est un adulte, pas un gamin. Il "est devenu
bar mitsva" et il le restera toute sa vie.
Un changement de statut. C'est un stade que l'on garde toute la vie.
Il a des responsabilités, il a des droits, et la Torah s'adresse
à lui : elle est une lettre et un message qu'il doit recevoir, connaître,
apprendre, comprendre et appliquer.
Le jour de la bar mitsva
Tout homme juif qui a atteint ce seuil où il relève de
la réalisation des mitsvotes de la Torah est désormais "bar
mitsva". Et il le restera toute sa vie. Ce n'est donc pas un jour ni la
cérémonie d'un jour. Tout jeune juif et tout adulte juifs
"sont bar mitsva".
Le "jour de la bar mitsva" est la reconnaissance de ce statut et non
pas la fête des 13 ans.
Une erreur
Parfois, on voit des familles qui n'ont pas compris que leur enfant
a atteint ce statut et elles n'y voient qu'une fête de passage vers
l'état d'homme. Alors elles déguisent le jeune en costume
d'homme, elles pensent que désormais il veulent l'aider à
se comporter selon les caractéristiques les plus extérieures
des hommes et parfois les plus vulgaires et elles l'initient à cela
: elles le mettent en situation avec une jeune fille dans les bras et le
font danser et il y a des spectacles de filles en grande partie dénudées
qui dansent, ainsi ils pensent qu'il ressentira l'excitation sexuelle et
sera initié. Il va de soi qu'on est là hors de tout judaïsme,
que c'est la pire des initiations contraire à la découverte
de l'amour qui intègrerait en soi une sexualité responsable,
intime et délicate. On ne sera pas surpris ensuite des désastres
qui arriveront dans la relation amoureuse et conjugale.
De plus, le sens essentiel est absent : l'entrée d'un
nouvel homme dans la Torah.
La véritable attitude éducative
des parents
Nos Sages disent qu'à ce stade des 13 ans, le yetser ha râ
(instinct du mal) du jeune ne domine plus sur son yetser ha tov
(instinct du bien) et que ses parents ont réussi à
atteindre ce stade par leur éducation. Le judaïsme est caractérisé
par le conscience de ces exigences éducatives familiales. L'école
n'est qu'une aide et ne peut pas remplacer ce devoir essentiel des parents
qui est une obligation de la Torah. Elle ne peut pas être déléguée
à l'école, même à l'école juive la meilleure
qui ne devra être considérée seulement comme une adjointe
qui aide les parents.
Le sens de la fête
Nous fêtons un individu parce qu'il est reconnu assez développé,
assez noble, assez responsable et assez intelligent pour prendre la responsabilité
de la Torah et cela se fête. C'est une grande date dans la vie de
quelqu'un. C'est une grande date dans la vie de la communauté.
On fête aussi la joie des parents qui ont réussi à
amener un enfant à cette étape grandiose. C'est aussi une
fête pour eux car l'enfant devient responsable de soi et, à
cause de cela, le père dira la bénédiction citée
plus bas.
On fête les grands parents qui ont l'émotion de voir les
générations d'une famille juive se poursuivre et la Torah
être assumée à nouveau par un maillon supplémentaire
dans la chaîne des générations. C'est aussi leur réussite
de Juif et d'êtres humains.
On fête parce que c'est une nouvelle réussite du judaïsme
et du projet de la Torah.
Donc, quand on dit : "quand est-ce le jour de ta bar mitsva ?", l'expression
est une erreur, il faudrait dire : "quel jour deviendras-tu Bar mitsva"
? C'est important,pour ne pas dire des choses inexactes.
Ce qui se passe le premier jour du
statut de Bar mitsva
Nous comprenons maintenant ce qui va de dérouler :
- il va réaliser la mitsva de mettre les téfillines chaque
matin avant une certaine heure,
- il va se joindre chaque jour à un minyane d'au moins 10 hommes
pour la prière du matin,
- il va dire les trois prières chaque jour,
- il va accomplir le Chabbate dans toutes ses règles,
- il va étudier la Torah chaque jour, afin de la connaître
et d'apprendre toutes les mitsvotes qu'il va accomplir.
- si c'est un jour où on lit la Torah en public (lundi, jeudi,
chabbate), il montera à la Torah et lira sa paracha. Si, malgré
ses efforts sérieux il n'y parvient pas à la lire toute entière,
il en lira une portion. En tous cas, il montera à la Torah et dira
les bénédiction au Chabbate de sa paracha.
Comment compter le premier jour
Puisque le jour juif comment au coucher du soleil, on atteint l'étape
de Bar mitsva à la tombée de la nuit qui commence ce jour
du 13e anniversaire de la naissance. Evidemment selon le calendrier juif
et non pas selon le calendrier chrétien (ayons un peu de bon sens
et de dignité personnelle !).
Un petit calcul pour des années spéciales. Il y a ces
cas :
- si l'enfant est né au premier mois de Adar d'une année
ordinaire, et que l'année où il atteint ses 13 ans est une
année avec deux mois de Adar, il devient Bar mitsva pendant le mois
de Adar chéni. Une telle année est nommée année
embolismique (chana méoubététe).
- si l'enfant est né au premier mois de Adar I d'une année
embolismique (chana méoubététe), il deviendra
Bar mitsva au jour correspondant du mois de Adar ordinaire, Adar I.
- si l'enfant est né dans une année embolismique (chana
méoubététe), et que l'année où il
atteint l'âge de 13 ans est également une année embolismique,
en ce cas, il deviendra Bar mitsva au jour correspondant du mois de sa
naissance, Adar I ou Adar II.
- si l'enfant est né au mois de Adar chéni (Adar
II) d'une année embolismique (chana méoubététe),
il peut se faire que ce mois supplémentaire n'existe pas l'année
où l'enfant atteint l'âge de 13 ans. En ce cas, il deviendra
Bar mitsva au jour correspondant du mois de Adar ordinaire, Adar I.
Cliquez pour trouver :
- la date
hébraïque du jour actuel,
- le jour hébraïque
de votre naissance, le jour de votre bar mitsva et le nom de votre paracha,
- tout ce qu'il faut connaître sur le
calendrier juif.
- le logiciel Maven non gratuit de calcul
des dates juives.
L'organisation de la fête
Elle a une importance quasiment aussi grande que celle du mariage.
Voici les usages qui mettent en valeur tout ce que nous avons dit.
On invite la famille et les amis à la synagogue.
Souvent la famille offre un qiddouche à la synagogue.
Le jeune adulte est habillé de vêtements neufs. Il mange
souvent un fruit nouveau. Il dit la bénédiction de Chéhé'héyanou
sur eux pour remercier d'avoir atteint ce jour.
Le père dit Baroukh ché pétarni méônecho
chel zé, Béni Celui qui m'a dispensé de la punition
de celui-ci. Ne soyez pas effrayé par cette bénédiction.
Elle est dite par un père qui remercie de ne pas être coupable
d'avoir refusé à son fils une éducation juive. Cela
montre la gravité de la mission que le père juif avait à
remplir et qu'il a bien assumée. En effet, dans le texte du Chémâ
Yisrael, il est dit que le père doit enseigner la Torah à
ses enfants jusqu'à être capable de leur parler pour tout
dans les mots de la Torah.
Cela veut dire qu'il a recouru aussi à un enseignement juif
de l'hébreu, de la Torah, des bénédictions, qu'il
a pris les dispositions pour que son fils soit capable de lire la paracha
de cette fête, directement dans le livre de la Torah en la chantant
avec les signes musicaux de chaque mot, etc. Un père qui a rempli
cette o-bli-ga-tion de celui qui met au monde un enfant juif pousse un
grand soupir de soulagement et de satisfaction d'avoir réussi une
tâche si importante et tout le monde s'associa à sa joie et
le félicite.
Les cadeaux viennent aussi traduire la participation à la joie.
Au repas (la séouda), il y aura des divré Torah,
plusieurs qui en sont capables parleront de la Torah ou de la paracha pour
rendre présente la joie de Torah qui caractérise ce jour.
On invite des rabbins si possible. On met en valeur la joie de la Torah,
de l'étude qui permet d'y atteindre, et de la vie vécue selon
les middotes de bien de la Torah à l'image des middotes du
Créateur.
On chante des chants de Torah qui traduisent la joie. Ce n'est pas
une soirée disco ni l'initiation à l'ambiance de "boîte".
Le jeune qui devient Bar mitsva, lui-même, montrera qu'il a étudié
la Torah et sa paracha en faisant un dévar Torah (ou dracha),
pendant lequel il remerciera aussi ses parents et ses grands parents avec
des mots qui traduiront ses sentiments personnels. Il manifestera ainsi
qu'il est conscient, adulte, responsable et capable.
Ce repas est, pour tout cela, nommé séoudate mitsva,
repas
festif de la mitsva.
Celui qui n'a pas eu le bonheur d'avoir des fils juifs et de les voir
réaliser leur accès à la Bar mitsva, ne doit pas s'attrister.
En effet, nos Sages disent que s'il l'a souhaité et a tout fait
pour y parvenir, cela lui est compté comme s'il l'avait fait. Dans
ce cas, ils disent aussi qu'il a probablement rempli cette mitsva dans
un autre guilgoul. Enfin, celui qui aide les pauvres à réaliser
ces mitsvotes par l'aide financière et par l'éducation juive
qu'il donne, c'est si l'on peut dire comme si lui-même les avait
mis au monde et éduqués. D.ieu, Lui sait ce qu'il en est.
Et il faut être confiant et calme face à la volonté
du Créateur qui n'est que bonté.
Un point très important et qu'il
est nécessaire de souligner.
Nous venons de voir ce qu'est le sens et ce qu'est le style de cette
fête. Elle ne doit pas veiller de cet axe de la Torah. Cela veut
dire concrètement que ce n'est pas le jour pour tout mélanger
et remercier les relations d'affaires et transformer cette étape
de la vie de Torah d'un Juif en journée d'intérêts
d'argents, ni en compétition de "m'as-tu vu" et en ostentation de
richesses. Il est interdit de se ruiner pour "rendre des invitations",
pour faire comme les riches de la communauté, pour éblouir.
Ce n'est pas un festival de richesses, ni un étalage d'argent, c'est
une fête de la Torah. Les prophètes fustigent au nom de D.ieu
ceux qui transgressent ces règles et utilisent le meilleur de la
Torah pour en faire le pire.
De plus, il est interdit d'humilier les autres par l'orgueil et les
dépenses inutiles alors que les pauvres existent et que le surplus
devrait aller vers eux ; par exemple il est souhaitable d'apprendre au
jeune que ses parents vont donner ce jour-là de la tsédaqa
pour les oeuvres d'éducation (Modia, par exemple) ou pour les pauvres
qui ne peuvent pas se payer une éducation juive, pour les préparer
aux cours de Bar mitsva, etc. La tsédaqa devra être
à la hauteur de la fête que l'on donnera et non pas être
une aumone, mais faire partie conséquente du budget.
C'est la Torah qui doit être fêtée et non l'orgueil
personnel.
Tous les Sages de la Torah de chaque génération le répètent
depuis les prophètes parlant au nom du Créateur.
Le jour où on fête l'arrivée de l'enfant au jugement
droit et basé sur la Torah allant jusqu'aux actes moraux (les middotes),
il importe que les parents ne fassent pas eux-mêmes une erreur et
une faute de vulgarité morale.
Au contraire, les parents auront le souci de faire de ce belle fête
un excellent souvenir et une grande joie qui soient aussi un enseignement
de Torah par la démonstration de la façon de savoir se comporter
en Juif intelligent, digne et moral.
Comme il y a de fréquentes erreurs sur ces points, il ne faut
pas hésiter à en discuter en groupes d'études, préalablement.
On aura le bonheur d'aider les pauvres à pouvoir s'offrir également
une belle cérémonie de ce type et ils seront aussi des invités
appréciées pendant la fête.
Comment se préparer à bien lire
la paracha
1) Sur Modia, il y a des pages
qui permettent d'éviter les erreurs flagrantes et les plus fréquentes
dans la lecture de la Torah. Le papa et celui qui aidera le jeune à
se préparer pourront s'y reporter avec lui.
2) Il est nécessaire de bien comprendre le sens de la paracha
de ce jour de la Bar mitsva, la page du site
Modia qui rassemble les liens à tous les parachiyotes vous donne
accès à la paracha de votre fils. Vous pourrez ainsi préparer
avec lui. Vous y trouverez aussi de nombreux thèmes pour la dracha.
Comment continuer l'étude après
la Bar mitsva
Il faut soutenir et organiser l'étude après le jour de
la fête pour avancer dans la réalisation des mitsvotes. Cela
veut dire qu'il faut s'organiser un programme d'étude :
- étude du chabbate,
- étude de la prière,
- étude des fêtes,
- étude quotidienne de la paracha.
On avancera peu à peu dans ce programme selon la méthode
qui est précisée dans la page des
"Conseils pour l'étude".
Une bonne solution : se grouper à plusieurs après la
Bar mitsva pour continuer cette étude, avec l'aide d'un adulte plus
expérimenté dans l'étude.
La cérémonie du jour de la fête est donc l'entrée
dans la vie d'étude de la Torah, l'entrée dans la compréhension
de l'intelligence de la Torah, et l'entréé dans la conscience
du bonheur de la Torah... pour atteindre le couronnement dans la cérémonie
de la 'houpa, du mariage dans quelques années
Si vous vous posez des questions, écrivez-moi.
Chalom !
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Yérouchalayim
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