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Dufour
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à un "Bar mitsva,
et à ses parents.
Site Modia : http://www.modia.org
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
THÈMES DE CETTE PAGE
(La Bat mitsva, célébration de l'accès aux mitsvotes
pour une fille sera également traitée, par ailleurs).
Quel est le sens du mot Bar mitsva ?
Le mot bar a le même sens que bén
qui veut dire fils.
Mais quand il est joint à un autre nom, il veut dire "qui possède
la qualité de", "qui relève de", "membre de",
par exemple
bar-mazal, qui a de la chance,
bar-toqéf, qui est valide.
Donc, Bar mitsva signifie : qui relève de l'obligation
de réaliser les mitsvotes. Et non pas "qui arrive à la fête
des 13 ans".
Quel seuil franchit le jeune de 13 ans qui
devient Bar mitsva ?
Quand un garçon arrive à l'âge de 13 ans et un
jour, il est alors capable de réaliser les mitsvotes que Haqqadoche
Baroukh Hou demande aux hommes de Son peuple d'accomplir, comme un
"ordre", ce qui est le sens du mot mitsva. Et il en a l'obligation au même
titre que tous les autres adultes plus âgés que lui.
Les Principes des Pères (Pirqé Avote) disent : "chéloche
êssré la mitsvote, 13 (ans) pour les mitsvotes".
Il bénéficie également des mêmes avantages
qu'eux, à égalité. Par exemple, certaines prières
demandent la présence de 10 hommes adultes ( un "minyane"),
et celui qui franchit le seuil de 13 ans compte désormais dans le
myniane
au même titre qu'un homme de 20 ans ou de 60 ans, ni plus ni moins.
"Etre Bar mitsva" indique donc précisément que l'on est
entré dans une étape qui durera jusqu'à la fin de
sa vie, c'est ce que l'on appelle : être adulte.
Un changement de l'être
"Etre Bar mitsva" est donc un changement d'être qui entraîne
un changement d'attitude de la part des autres. Ce jeune ne fait plus partie
des "enfants".
On peut, certes, dire qu'il est un jeune, ou un écolier, etc.
mais, pour le judaïsme, il est un adulte, pas un gamin. Il "est devenu
bar mitsva" et il le restera toute sa vie.
Un changement de statut. C'est un stade que l'on garde toute la vie.
Il a des responsabilités, il a des droits, et la Torah s'adresse
à lui : elle est une lettre et un message qu'il doit recevoir, connaître,
apprendre, comprendre et appliquer.
Le jour de la bar mitsva
Tout homme juif qui a atteint ce seuil où il relève de
la réalisation des mitsvotes de la Torah est désormais "bar
mitsva". Et il le restera toute sa vie. Ce n'est donc pas un jour ni la
cérémonie d'un jour. Tout jeune juif et tout adulte juifs
"sont bar mitsva".
Le "jour de la bar mitsva" est la reconnaissance de ce statut et non
pas la fête des 13 ans.
Une erreur
Parfois, on voit des familles qui n'ont pas compris que leur enfant
a atteint ce statut et elles n'y voient qu'une fête de passage vers
l'état d'homme. Alors elles déguisent le jeune en costume
d'homme, elles pensent que désormais il veulent l'aider à
se comporter selon les caractéristiques les plus extérieures
des hommes et parfois les plus vulgaires et elles l'initient à cela
: elles le mettent en situation avec une jeune fille dans les bras et le
font danser et il y a des spectacles de filles en grande partie dénudées
qui dansent, ainsi ils pensent qu'il ressentira l'excitation sexuelle et
sera initié. Il va de soi qu'on est là hors de tout judaïsme,
que c'est la pire des initiations contraire à la découverte
de l'amour qui intègrerait en soi une sexualité responsable,
intime et délicate. On ne sera pas surpris ensuite des désastres
qui arriveront dans la relation amoureuse et conjugale.
De plus, le sens essentiel est absent : l'entrée d'un
nouvel homme dans la Torah.
La véritable attitude éducative
des parents
Nos Sages disent qu'à ce stade des 13 ans, le yetser ha râ
(instinct du mal) du jeune ne domine plus sur son yetser ha tov
(instinct du bien) et que ses parents ont réussi à
atteindre ce stade par leur éducation. Le judaïsme est caractérisé
par le conscience de ces exigences éducatives familiales. L'école
n'est qu'une aide et ne peut pas remplacer ce devoir essentiel des parents
qui est une obligation de la Torah. Elle ne peut pas être déléguée
à l'école, même à l'école juive la meilleure
qui ne devra être considérée seulement comme une adjointe
qui aide les parents.
Le sens de la fête
Nous fêtons un individu parce qu'il est reconnu assez développé,
assez noble, assez responsable et assez intelligent pour prendre la responsabilité
de la Torah et cela se fête. C'est une grande date dans la vie de
quelqu'un. C'est une grande date dans la vie de la communauté.
On fête aussi la joie des parents qui ont réussi à
amener un enfant à cette étape grandiose. C'est aussi une
fête pour eux car l'enfant devient responsable de soi et, à
cause de cela, le père dira la bénédiction citée
plus bas.
On fête les grands parents qui ont l'émotion de voir les
générations d'une famille juive se poursuivre et la Torah
être assumée à nouveau par un maillon supplémentaire
dans la chaîne des générations. C'est aussi leur réussite
de Juif et d'êtres humains.
On fête parce que c'est une nouvelle réussite du judaïsme
et du projet de la Torah.
Donc, quand on dit : "quand est-ce le jour de ta bar mitsva ?", l'expression
est une erreur, il faudrait dire : "quel jour deviendras-tu Bar mitsva"
? C'est important,pour ne pas dire des choses inexactes.
Ce qui se passe le premier jour du
statut de Bar mitsva
Nous comprenons maintenant ce qui va de dérouler :
- il va réaliser la mitsva de mettre les téfillines chaque
matin avant une certaine heure,
- il va se joindre chaque jour à un minyane d'au moins 10 hommes
pour la prière du matin,
- il va dire les trois prières chaque jour,
- il va accomplir le Chabbate dans toutes ses règles,
- il va étudier la Torah chaque jour, afin de la connaître
et d'apprendre toutes les mitsvotes qu'il va accomplir.
- si c'est un jour où on lit la Torah en public (lundi, jeudi,
chabbate), il montera à la Torah et lira sa paracha. Si, malgré
ses efforts sérieux il n'y parvient pas à la lire toute entière,
il en lira une portion. En tous cas, il montera à la Torah et dira
les bénédiction au Chabbate de sa paracha.
Comment compter le premier jour
Puisque le jour juif comment au coucher du soleil, on atteint l'étape
de Bar mitsva à la tombée de la nuit qui commence ce jour
du 13e anniversaire de la naissance. Evidemment selon le calendrier juif
et non pas selon le calendrier chrétien (ayons un peu de bon sens
et de dignité personnelle !).
Un petit calcul pour des années spéciales. Il y a ces
cas :
- si l'enfant est né au premier mois de Adar d'une année
ordinaire, et que l'année où il atteint ses 13 ans est une
année avec deux mois de Adar, il devient Bar mitsva pendant le mois
de Adar chéni. Une telle année est nommée année
embolismique (chana méoubététe).
- si l'enfant est né au premier mois de Adar I d'une année
embolismique (chana méoubététe), il deviendra
Bar mitsva au jour correspondant du mois de Adar ordinaire, Adar I.
- si l'enfant est né dans une année embolismique (chana
méoubététe), et que l'année où il
atteint l'âge de 13 ans est également une année embolismique,
en ce cas, il deviendra Bar mitsva au jour correspondant du mois de sa
naissance, Adar I ou Adar II.
- si l'enfant est né au mois de Adar chéni (Adar
II) d'une année embolismique (chana méoubététe),
il peut se faire que ce mois supplémentaire n'existe pas l'année
où l'enfant atteint l'âge de 13 ans. En ce cas, il deviendra
Bar mitsva au jour correspondant du mois de Adar ordinaire, Adar I.
Cliquez pour trouver :
- la date
hébraïque du jour actuel,
- le jour hébraïque
de votre naissance, le jour de votre bar mitsva et le nom de votre paracha,
- tout ce qu'il faut connaître sur le
calendrier juif.
- le logiciel Maven non gratuit de calcul
des dates juives.
L'organisation de la fête
Elle a une importance quasiment aussi grande que celle du mariage.
Voici les usages qui mettent en valeur tout ce que nous avons dit.
On invite la famille et les amis à la synagogue.
Souvent la famille offre un qiddouche à la synagogue.
Le jeune adulte est habillé de vêtements neufs. Il mange
souvent un fruit nouveau. Il dit la bénédiction de Chéhé'héyanou
sur eux pour remercier d'avoir atteint ce jour.
Le père dit Baroukh ché pétarni méônecho
chel zé, Béni Celui qui m'a dispensé de la punition
de celui-ci. Ne soyez pas effrayé par cette bénédiction.
Elle est dite par un père qui remercie de ne pas être coupable
d'avoir refusé à son fils une éducation juive. Cela
montre la gravité de la mission que le père juif avait à
remplir et qu'il a bien assumée. En effet, dans le texte du Chémâ
Yisrael, il est dit que le père doit enseigner la Torah à
ses enfants jusqu'à être capable de leur parler pour tout
dans les mots de la Torah.
Cela veut dire qu'il a recouru aussi à un enseignement juif
de l'hébreu, de la Torah, des bénédictions, qu'il
a pris les dispositions pour que son fils soit capable de lire la paracha
de cette fête, directement dans le livre de la Torah en la chantant
avec les signes musicaux de chaque mot, etc. Un père qui a rempli
cette o-bli-ga-tion de celui qui met au monde un enfant juif pousse un
grand soupir de soulagement et de satisfaction d'avoir réussi une
tâche si importante et tout le monde s'associa à sa joie et
le félicite.
Les cadeaux viennent aussi traduire la participation à la joie.
Au repas (la séouda), il y aura des divré Torah,
plusieurs qui en sont capables parleront de la Torah ou de la paracha pour
rendre présente la joie de Torah qui caractérise ce jour.
On invite des rabbins si possible. On met en valeur la joie de la Torah,
de l'étude qui permet d'y atteindre, et de la vie vécue selon
les middotes de bien de la Torah à l'image des middotes du
Créateur.
On chante des chants de Torah qui traduisent la joie. Ce n'est pas
une soirée disco ni l'initiation à l'ambiance de "boîte".
Le jeune qui devient Bar mitsva, lui-même, montrera qu'il a étudié
la Torah et sa paracha en faisant un dévar Torah (ou dracha),
pendant lequel il remerciera aussi ses parents et ses grands parents avec
des mots qui traduiront ses sentiments personnels. Il manifestera ainsi
qu'il est conscient, adulte, responsable et capable.
Ce repas est, pour tout cela, nommé séoudate mitsva,
repas
festif de la mitsva.
Celui qui n'a pas eu le bonheur d'avoir des fils juifs et de les voir
réaliser leur accès à la Bar mitsva, ne doit pas s'attrister.
En effet, nos Sages disent que s'il l'a souhaité et a tout fait
pour y parvenir, cela lui est compté comme s'il l'avait fait. Dans
ce cas, ils disent aussi qu'il a probablement rempli cette mitsva dans
un autre guilgoul. Enfin, celui qui aide les pauvres à réaliser
ces mitsvotes par l'aide financière et par l'éducation juive
qu'il donne, c'est si l'on peut dire comme si lui-même les avait
mis au monde et éduqués. D.ieu, Lui sait ce qu'il en est.
Et il faut être confiant et calme face à la volonté
du Créateur qui n'est que bonté.
Deux points très importants et
qu'il est nécessaire de souligner.
1.
L'ESSENTIEL de l'acte de la
semaine de la bar-mitsvah
est le fait et l'obligation
de mettre les téfilines
et de continuer ensuite tous
les jours de la vie ;
ce n'est pas la lecture de
la Torah le jour du Chabbat.
C'EST CET ACTE DES TEFILINES QU'IL FAUT VALORISER AU MAXIMUM.
POUR CELA IL FAUT ENSEIGNER LE SENS DE CET ACTE.
Il faut aussi bien placer ces téfilines. L'erreur la plus
répandue est de les poser sur le haut du front alors qu'il faut
les poser comme sur la photo de ce jeune, juste sur les cheveux au début
de l'implantation après le front. Le motif de l'erreur
vient souvent de ceci : le noeud arrière des téfilines
placé sous la nuque est trop éloigné et il faut bien
le régler par une personne qui connait la science de ce noeud. Cela
est sûr et il faut veiller à le faire exactement chaque jour.
Vérifier dans un miroir, au début, et avec la main, et demander
à quelqu'un si c'est exact. Garder la même précision
chaque jour de toute la vie.
(ces trois belles photos nous ont été fournies
grâce à Annie Messas,
on peut les retrouver sur le site de OterIsrael www.oter-israel.co.il
qui assure la fabrication de téfilines de première
qualité. On y voit parfaitement la lettre chine à
4 branches et les taggim au dessus de la première des branches
de ce chine). |
2. Deuxième point important : pureté éducative
de la fête.
Nous avons vu plus haut ce qu'est le sens et ce qu'est le style de cette
fête. Elle ne doit pas sortir de cet axe de la Torah. Cela veut dire
concrètement que ce n'est pas le jour pour tout mélanger
et remercier les relations d'affaires et transformer cette étape
de la vie de Torah d'un Juif en journée d'intérêts
d'argents, ni en compétition de "m'as-tu vu" et en ostentation de
richesses. Il est interdit de se ruiner pour "rendre des invitations",
pour faire comme les plus riches de la communauté, pour éblouir.
Ce n'est pas un festival de richesses, ni un étalage d'argent, c'est
une fête de la Torah. Les prophètes fustigent au nom de D.ieu
ceux qui transgressent ces règles et utilisent le meilleur de la
Torah pour en faire le pire.
De plus, il est interdit d'humilier les autres par l'orgueil et les
dépenses inutiles alors que les pauvres existent et que le surplus
devrait aller vers eux ; par exemple il est souhaitable d'apprendre
au jeune que ses parents vont donner ce jour-là de la tsédaqa
pour les oeuvres d'éducation (Modia, par exemple) ou pour les pauvres
qui ne peuvent pas se payer une éducation juive, pour les préparer
aux cours de Bar mitsva, etc. La tsédaqa devra être
à la hauteur de la fête que l'on donnera et non pas être
une aumone, mais faire partie conséquente du budget.
C'est la Torah qui doit être fêtée et non l'orgueil
personnel.
Tous les Sages de la Torah de chaque génération le répètent
depuis les prophètes parlant au nom du Créateur.
Le jour où on fête l'arrivée de l'enfant au
jugement droit et basé sur la Torah allant jusqu'aux actes moraux
(les middotes), il importe que les parents ne fassent pas eux-mêmes
une erreur et une faute de vulgarité morale, même avec les
meilleures itentions.
Au contraire, les parents auront le souci de faire de ce belle fête
un excellent souvenir et une grande joie qui soient aussi un enseignement
de Torah par la démonstration de la façon de savoir se comporter
en Juif intelligent, digne et moral.
Comme il y a de fréquentes erreurs sur ces points, il ne faut
pas hésiter à en discuter en groupes d'études, préalablement.
On aura le bonheur d'aider les pauvres à pouvoir s'offrir également
une belle cérémonie de ce type et ils seront aussi des invités
appréciées pendant la fête.
Comment se préparer à bien lire
la paracha
1) Sur Modia, il y a des pages
qui permettent d'éviter les erreurs flagrantes et les plus fréquentes
dans la lecture de la Torah. Le papa et celui qui aidera le jeune à
se préparer pourront s'y reporter avec lui.
2) Il est nécessaire de bien comprendre le sens de la paracha
de ce jour de la Bar mitsva, la page du site
Modia qui rassemble les liens à tous les parachiyotes vous donne
accès à la paracha de votre fils. Vous pourrez ainsi préparer
avec lui. Vous y trouverez aussi de nombreux thèmes pour la dracha.
Comment continuer l'étude après
la Bar mitsva
Il faut soutenir et organiser l'étude après le jour de
la fête pour avancer dans la réalisation des mitsvotes. Cela
veut dire qu'il faut s'organiser un programme d'étude :
- étude du chabbate,
- étude de la prière,
- étude des fêtes,
- étude quotidienne de la paracha.
On avancera peu à peu dans ce programme selon la méthode
qui est précisée dans la page des
"Conseils pour l'étude".
Une bonne solution : se grouper à plusieurs après la
Bar mitsva pour continuer cette étude, avec l'aide d'un adulte plus
expérimenté dans l'étude.
La cérémonie du jour de la fête est donc l'entrée
dans la vie d'étude de la Torah, l'entrée dans la compréhension
de l'intelligence de la Torah, et l'entréé dans la conscience
du bonheur de la Torah... pour atteindre le couronnement dans la cérémonie
de la 'houpa, du mariage dans quelques années
Si vous vous posez des questions, écrivez-moi.
Chalom !
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Yérouchalayim
Les téfilines
(Description, sens, commentaires, pratique)
Ils sont par excellence ce que
le père doit enseigner à ses fils, comme il est dit
dans le texte placé dans les téfilines : Et lorsque ton fils,
un jour, te questionnera en disant :
qu'est-ce que cela ? tu lui répondras...
(Chémote 13, 14).
Voilà pourquoi je place
ici toutes ces données afin que les pères puissent les apprendre
avec précision et les étudier avec leurs fils pour les
leur enseigner : il faut avoir réalisé cette expérience
que nous demande la Torah dans nos vies. |
Le mot vient de la racine téfila ou prière.
Une lourde traduction française et anglaise les nomme phylactères
à partir de la nomination péjorative du Nouveau Testament
selon le grec qui veut dire amulettes. C'est l'une des bases de l'antisémitisme
chrétien séculaire contre les Pharisiens et rabbins ridiculisés
et méprisés par eux (Matthieu 23, 5). Pourtant c'est une
obligation de la Torah ou mitsva comme il est dit en Dévarim 6,
8 :
oudéchartam et tu les attacheras
lé ot âl-yadékha en signe sur ta main
vé hayou lé totafote et ils seront en fronton
béïn êinékha entre tes yeux.
Les téfilines sont
- deux boites cubiques ou batim
(Ména'hote 35a) de peau peinte en noir. Une boite, au singulier,
se dit bayit, maison. Le socle se nomme titoura. La partie
arrière dans laquelle coulisse la lanière se nomme maavarta.
- Dedans il y a les parchemins écrits.
- Ces boites sont rangées dans des boitiers qui les protègent.
- Cet ensemble avec les lanières est rangé dans un sac.
Le Traité Sanhédrine 88b-89a décrit la composition
de ces deux cubes : quatre compartiments pour celui de la tête
renfermant un texte chacun, et un seul compartiment pour celui du bras
qui comporte les 4 textes sur une même surface. Comme on ne trouve
pas d'autre trace écrite dans la Torah, ceci est un magnifique exemple
de la transmission intégrale et fidèle de la Torah depuis
Moché par la voie orale. On en trouve une preuve en Sanhédrine
92b : "Ribbi Eliézér fils de Ribbi Yossi le Galiléen
a dit : les morts que le prophète Ye'hezkiel a fait revivre sont
montés en Erets Yisrael, ils se sont mariés et ont eu des
fils et des filles. Ribbi Yéhouda fils de Bétéra s'est
levé et a dit : je suis un de leurs descendants, et voici une paire
de leurs téfilines que je tiens de mon grand-père."
Que l'on me permette de dire ceci : chaque fois qu'un Juif prie avec
les téfilines, qu'il pense avec émotion qu'il est la souche
vivante d'une mort qui s'est produite un jour par l'exil et qu'il en ressente
le respect pour cette fidélité et la reconnaissance d'être
celui qui vit vers la Terre d'Israel ou sur la Terre d'Israel pour y vivre
ce qui est dit dans les textes inscrits.
Voici, de gauche à droite), les phases de la fabrication
de ces boites cubiques avec leurs compartiments (atelier Otser Israel)
La peau est tannée, épurée, déformée
pour constituer les compartiments qui recevront la Torah et, pour la finition
parfaites de ces cases, on fait subir au cuir une pression de plusieurs
tonnes avec des protections. En conséquence, des peaux simples et
fines (péchoutotes ou dakotes) ne sont pas une bonne qualité
; il faut qu'elles soient épaisses ou gassotes.
Durée de préparation. Alors, les batim sont
prêts s'ils n'ont aucune anomalie. Comme notre croissance humaine,
cela prend des mois et des mois. Puis on forme le chine de chaque
côté, processus très délicat et long. Pour fermer,
on coud avec du nerf. Et on peint en noir l'ensemble externe,
selon des précautions halakhiques qui font durer le travail pendant
plusieurs semaines. L'ensemble de la fabrication, si elle est sérieuse,
prend environ un an. Tout cet ensemble est symbolique de notre mise en
forme dans la vie de la Torah. On comprend aisément que l'on accorde
du "prix" dans tous les sens du terme à la qualité des téfilines
que l'on va porter, et sur tous les critères dont nous venons de
parler ; on ne cherche pas les téfilines les moins chers et de qualité
médiocre. Au contraire, on recherchera un sofer religieux, d'honneteté
sûre et pieux, vivant lichma, on demandera à voir des exemples
de l'écriture et, si on n'est pas compétent soi-même
pour apprécier, on s'adressera à un atelier de qualité
reconnue ; on demandera la garantie de remboursement s'il y a une erreur
lors de l'examen ultérieur.
Entretien. On les protègera, les rangera bien en les plaçant
à l'abri de l'humidité et des chocs... mais en les mettant
chaque jour sur soi toute la vie.
Contenu.
Les téfilines contiennent les textes de la Torah suivants
: Chémote 13, 1-10 et 13, 11-16 ainsi que Dévarim 6, 4-6
et 11, 13-21 ; il faut lire ces textes et leurs commentaires
car ils nous indiquent le sens de cette pratique qui résume tout
le judaïsme et l'engagement de tout notre être (tête logique
et intellectuelle, coeur, bras de l'action) et la manifestation de cela
face à autrui.
Voici un extrait ces textes indiqués par Ména'hote
34b. Se reporter à la version complète dans la Torah.
Chémote 13, 1-10. Hachém parla à
Moché pour transmettre : Consacre-Moi (qaddéche li)tout
premier-né, toutes prémices des entrailles parmi les enfants
d'Israël, soit homme, soit animal : c'est mon bien. Et Moché
dit au peuple : Qu'on se souvienne de ce jour où vous êtes
sortis d'Egypte, de la maison d'esclavage, alors que, par la puissance
de Son bras, Hachém vous a faits sortir d'ici...
Chémote 3, 11-16. Et lorsque
ton fils, un jour, te questionnera en disant :
qu'est-ce que cela ? tu lui répondras...
(Chémote 13, 14).
Dévarim 6, 4-6. Chémâ Yisrael, Hachém
Eloqénou, Hachém é'had. Ecoute Israel, Hachém
notre D.ieu, Hachém est Un. Tu aimeras Hachém
ton D.ieu de tout ton coeur, de tout, de toutes tes ressources. Ces
devoirs que je t'impose aujourd'hui seront gravés dans ton coeur.
Tu les inculqueras à tes enfants et tu t'en entretiendras avec eux
dans ta maison, en voyage, en te couchant aussi bien qu'en te levant. Tu
les attacheras comme signe sur ton bras et tu les porteras en fronteau
entre tes yeux. Tu les inscriras sur les poteaux de ta maison et sur tes
portes...
Ecriture
Ces textes sont écrits sur un parchemin dont la meilleure
qualité est le klaf chélil. Le parchemin peut être
"enduit" d'une couche qui facilitera l'écriture, il est dit alors
klaf
machoua'h ; mais c'est un procédé de moindre qualité
car il peut s'écailler et il sépare l'acte et l'encre du
parchemin ; il est préférable de s'en dispenser. L'écriture
se fait sur une ligne non apparente nommée sirtoute.
Le parchemin est écrit en une seule surface placée
dans les téfilines du bras et sur quatre surfaces séparées
placées dans les téfilines de la tête. La différence
entre les téfilines de Rachi et ceux de Rabbénou Tam vient
de ceci : Rachi place les textes dans l'ordre indiqué ci-dessus
tandis que Rabbénou Tam inverse l'ordre des deux derniers. Cela
a sens et les deux formes se complètent mais il n'est digne de porter
les deux sortes de téfilines chaque jour que si l'on a atteint le
niveau de connaissance et de pratique que cela manifeste. On trouve ces
différences même sur les téfilines trouvés dans
des fouilles remontant à près de 2000 ans. La majorité
des Juifs portent les téfilines de Rachi. Quelques uns mettent aussi
les téfilines de Rabbénou Tam à la fin de la prière
du matin (cha'harite) mais sans redire la bénédiction
qu'ils ont déjà dite en enfilant auparavant les téfilines
de Rachi.
Ils sont écrits sur du klaf (Rambam, Tefiline 1, 6-8),
peau de l'animal, du côté le plus proche de la chair de l'animal.
Tout a sens. Cela doit venir de la peau d'un animal cachér (hormis
le poisson) et la préparation de ce support doit avoir été
faite avec intention (Chabbate 8b et Sanhédrine 48b) sinon les téfilines
sont passoul (non cachères) et interdits d'usage.
Le sofer (écrivain) ne doit pas écrire de
mémoire ni automatiquement par habitude mais lichma :avec
conscience de chaque acte, crainte de D. et humilité, amour
et intention pure (cavana), corps propre, et il prononce chaque
mot avant de l'écrire. S'il écrivait un Séfér
Torah, il devrait également avoir devant lui le texte
qu'il écrit.
Il écrit chaque lettre avec un espace blanc autour et avec une
clarté telle qu'un enfant puisse bien le lire.
Sur 7 lettres de l'alphabet, on ajoute toujours 3 traits montants
ou couronnes (tagguins), et sur 6 autres on ajoute toujours une
couronne. Neuf lettres restantes n'ont pas de tag ou couronne, ce
sont les lettres qui composent les mots mélékhete sofer
(travail du scribe). Ces tagguins réfèrent au sens
des 12 pierres que Yehoshua a placées dans le Jourdain en entrant
dans la terre promise.
On qualifie l'écriture ou un mot ou une lettre de méhoudar
quand elle est belle, exacte selon les règles halakhiques et graphiques.
On parle de qualité acceptable lé hat'hila quand
l'écriture est moyenne tout en n'étant pas inexacte. On parle
de qualité acceptable après-coup bédiavad
quand l'écriture est moyenne, soulevant des problèmes tout
en n'étant pas inexacte après le verdict d'une personne qualifiée.L'amour
de la Torah et du projet divin sur l'homme et sur le Juif incite à
choisir une qualité méhoudar. C'est à ces niveaux
que les questions se les téfilines ; c'est pour cela qu'il
est dit que D.ieu lui-même met les téfilines (Bérakhote
6a).
On doit choisir aussi l'écriture de ses téfilines selon
la communauté à laquelle on appartient. Cela est facile
à reconnaître : le chine askénaze est pointu
en dessous
tandis que le chine sépharade est formé d'un trait
presque horizontal vers le bas,
et il y a d'autres
différences par exemple pour le alef :
alef askénaze; alef
sépharade ; alef
'hassidique dit du Ari.
Le 'hét 'hassidique ou du Ari comporte une particularité car
il est composé d'un zayine et d'un vav alors que les
autres communautés l'écrivent avec deux zayines.
Chacune de ces particularités d'écriture est une tradition
de Torah et met en valeur des sens profonds. Cela s'applique également
à vos mézouzotes et rouleaux de la Torah ou d'Esther.
Pour tous ces motifs, on ne peut pas acheter des téfilines
à la va-vite dans n'importe quelle boutique, d'autant qu'il y a
des ateliers de fabrication qui emploient des écrivains non Juifs,
non cachers et à bon marché. Il faut examiner les mézourotes
une ou deux fois tous les 7 ans si les téfilines car l'humidité
externe risque de détériorer les lettres, mais les téfilines
n'ont pas cette exigence s'ils ont été écrits parfaitement
par un expert sûr et n'ont pas été abîmés.
Sinon, il faut les examiner périodiquement.
Sur le boitier de la tête est inscrite la lettre chine
des deux côtés, à droite selon l'écriture habituelle,
mais à gauche selon une écriture inhabituelle puisque le
chinea
4 jambages. Cela réfère a une dimension plus élevée,
plus proche de la source et de l'avenir. Les deux bandelettes entourent
la tête comme sur la photo et se rejoignent en un noeud qui a la
forme de la lettre dalète. Cela réfère au nom
divin de Chaddaï composé des lettres chine-dalète
et
youd,
nom de la bénédiction fructifiante. Mais alors, où
se trouve la lettre youd ? Elle est dessinée par les spires
de la courroie sur les doigts.
(à droite, on distingue bien le noeud en forme de la lettre
dalète.
Regardez
aussi le chine à 4 branches sur le boitier de la tête,
à droite, ainsi que les 4 compartiments. Par contre, le boitier
du bras, à gauche, n'a qu'un compartiment)
Ils sont portés avec l'aide de courroies l'un sur le bras
gauche du côté du coeur (voyez le verset 8, 6 du Cantique
des Cantiques : "porte-moi comme un sceau sur ton coeur...") et l'autre
sur la tête.
Quand ? Le matin avant le quart du jour délimité
par le soleil apparent, pour dire le Chéma Yisrael et pendant toute
la prière du matin (cha'harite) et aussi quand on le veut
dans l'étude. De même, certaines communautés les portent
à Min'ha. On ne les porte pas le Chabbate (car il est déjà
un signe), ni les jours de fêtes, ni la nuit. Pendant les
jours intermédiaires des grandes fêtes, l'usage est différent
suivant les communautés ; en Israël, on ne les porte pas alors.
A diverses époques, on le portait aussi pendant la journée
ou toute la journée. Le Talmud cite souvent ces exemples.
Quelques femmes très savantes en Torah ont porté aussi
les téfilines bien que ce ne soit pas une obligation. La règle
générale (aussi bien pour les hommes que pour les femmes)
dans le judaïsme est que l'on ne doit pas s'imposer des obligations
facultatives quand on n'est même pas capable de bien assurer avec
connaissance, intention et fidélité l'ensemble des obligations
que l'on doit assumer. C'est la grande sagesse du judaïsme. Cela dit,
il n'y a pas d'interdiction de principe.
C'est un signe d'amour et de fidélité et de grand
effort que de porter chaque jour les téfilines. Celui qui était
ignorant et revient de son ignorance, de ses erreurs ou de ses révoltes
prend souvent le retour au téfilines comme le signe qu'il
se replace à l'intérieur de la Torah et de la mission
de son peuple.
Les téfilines ont à manifester la gloire de D.ieu en
Son peuple comme le dit Bérakhote 6a commentant le verset de Dévarim
"et tous les peuples de la terre verront que le nom de D. est placé
sur vous". Effectivement, les diverses religions qui se sont inspirées
de la Torah partiellement n'ont pas gardé ce sceau de la fidélité.
Les Nazis aimaient humilier ou croyaient humilier le Juif porteur de son
insigne comme on le voit sur cette photo où ils ont détruits
les tefilines.
Commentaires sur les téfilines
: le Chla et Réchite 'Hokhma
Le Chla (voir ici
qui est le Chla et son enseignement)
Il nous donne la conscience des dimensions principales qui sont mises
en oeuvre par notre action de porter les téfilines.
Il faut se remémorer ces significations avant de faire
la mitsva de les placer.
Les 4 passages de la Torah inscrits dans les téfilines (4 parachiyotes)
nous montrent :
- ce que le Créateur a voulu réaliser : une unification
entre Lui et le monde et Son peuple, sous l'image de l'union de l'époux
et de l'épouse.
- les 4 textes nous montrent que pour cela, il a réalisé
miracles (nissim)et faits prodigieux (niflaotes).
-les téfilines utilisent Ses procédés de
force qui descendent de Lui.
A partir de là, notre intention et notre connaissance et notre
acte de mettre les téfilines :
- réalisent la volonté de Hachém,
- réalisent l'union indiquée à l'image de l'époux
et de l'épouse, et les lanières sont les liens et la proximié
et la bague de l'amour,
- font descendre la bénédiction dans le monde,
- font contrôler par ces liens les forces négatives qui
agissent dans le monde, qui veulent nous illusioner, nous tromper, éveiller
en nous le yetser ha râ,
- soumettent ces forces négatives, et tous ceux qui nous veulent
du mal, au bien qui gouverne vraiment le monde,
- soumettent au service de D. notre tendance aux fautes des pensées
de la tête, des sentiments du coeur, des forces des sens et des actes,
- remet tout cela dans les liens (lanières) de l'amour.
Comme nous ne sommes pas capables d'intention pure et parfaite, nous
demandons que notre acte soit comme si nous le faisions avec la perfection
de la connaissance, de l'intention jusque dans les détails.
Le Réchite 'hokhma de Rabbi Eliahou Moché
Vidas
Nous allons consacrer une longue étude à Réchite
'hokhma, "le commencement de la Sagesse", qui est un ouvrage du Gaone
(grand) et 'Hassid (pieux) Rabbi Eliahou Moché Vidas (16e
siècle). Ce livre, vénéré dans tout le judaïsme,
est considéré comme l'un des piliers de base de la littérature
du moussar (morale de vie) et de la 'hassidoute.
Il a la particularité d'avoir été écrit,
à la suite de l'expulsion d'Espagne, par l'un des sages de Safed
au 16° siècle, élève de R. Moché Cordovéro
et du Ari zal. Il y fut terminé l'année de la mort
de Rabbi Yossef Caro.
Il est basé sur les enseignements de l'Ecole de Safed
et des expulsés d'Espagne.
Il fait le lien et la synthèse entre l'étude,
la vie intérieure, la prière, l'action et l'éducation.
Comment procède-t-il ?
- il se base avec précision sur les sources essentielles
: la Torah, la guémara, le middrache, les premiers écrits
et le Zohar ;
- en 5 grands chapitres (crainte, amour, téchouva
ou retour, qéddoucha ou sainteté, ânava
ou humilité) il éclaire sur ce thème: "comment
vivre le programme de la Torah dans l'action avec le coeur, la pensée
et toutes les forces pour connaître Hachem dans toutes nos
voies". Ce qui concerne les téfilines est dans le 6e livre consacré
à la qédoucha, sainteté.
Comme la plupart des livres de moussar, il est écrit
dans un style limpide.
Les éditions actuelles sont remarquables parce qu'elles
donnent toutes les références et sources et la traduction
des passages d'araméen en hébreu simple. Ce livre est à
placer dans la même catégorie que 'Hovote hallévavote.
Pour les biographies de tous les maitres, voir
ici. Commençons.
Les téfilines ont pour but de nous rappeler que nous sommes
des réchaïm (méchants) et avons besoous remettre
dans le droit chemin de l'union de sainteté, et de ne plus
redescendre de ce niveau. Ils sont donc un remède qui nous aide
à être fidèle et à ne plus nous éloigner
de notre être véritable et à ne plus pécher.
Nous faisons alors une unité du haut, de la tête, du coeur,
de l'action mais, plus encore, cette unité est à l'image
de Unité de D.ieu. Comme le dit le Zohar en Qidouchine 81a, c'est
cela le sens du verset "il a fait l'homme à Son image et à
Sa ressemblance. Il est Un et Israël est comme Lui, peuple Un,
Yisrael goï é'had. Seulement alors le Juif est Un, seulement
alors le peuple est Un.
Alors, ce que nous attendons peut se réaliser : l'aide de D.ieu
car Il ne vient que vers ce qui est adapté à Lui qui est
Un. En cela se réalise le verset d'Isaïe 49, 3 : Israël
en qui en toi Je m'embellis, Yisrael acher békha etpaer.
Nos Sages disent aussi de cela que c'est l'heure où l'homme
se rend saint (mitqaddeche).
Les batim, compartiments comportant les parchemins écrits,
sont comme un sanctuaire de la présence divine, michkane ha Chékhina.
Ils témoignent que, depuis le Haut, dans Sa lumière, D.ieu
adhère à nous ; mais sous une forme cachée et protégée
face aux forces négatives menaçantes. Par les 7 parachiyotes
ils montrent le nom divin de 4 lettres. Il manifeste la lumière
(or)
en
la protégeant sous l' apparence de la boîte en peau
(ôr).
Pour ces motifs, les Sages des périodes lointaines ne faisaient
pas 4 pas sans porter leurs tsitsite et les téfilines. Cela répare
les failles de monde (métaqén ha kissé), est
comme si on avait accompli toutes les mitsvotes et ces téfinines
gardent du péché comme le fait la mézouza. Aussi,
disent-ils, heureux l'homme qui met les téfilines et connait leur
sens et leurs secrets.
Comme c'est un signe d'affirmation de tout cela, celui qui dit le Chémâ
Yisrael le matin sans porter les téfilines apporte un témoignage
mensonger (édoute chéqér).
Les téfilines de la tête
On comprend maintenant, devant cette grandeur que l'on puisse dire
que D.ieu met chaque jour les téfilines et qu'il sont la manifestation
de Sa présence, de la Chékhina d'En-haut. C'est pour cela
que nous mettons les téfilines de la tête en étant
debout (Zohar Térouma 133, 1) comme l'époux qui vient vers
la fiancée. Le livre des Tiqounim (pages 55a et 144a) met
cela en relation avec le Nom par lequel D.ieu s'est révélé
à Moché : Ehié.
Quant aux deux lettres chine placées sur ces téfilines
de la tête, elles symbolisent la descente de la bénédiction
qui se fait en 7 étapes qui sont symbolisées par les 7 filles
qui servent le Roi dans le Livre d'Esther 2, 9.
Les téfilines du bras
Ils manifestent à leur tout l'adhésion de D.ieu à
Son peuple (Chékhina d'en-bas) comme il est dit en Béréchite
44, 30 : sa vie attachée à la sienne, nafcho qéchoura
vé nafcho. L'unité faite alors en Israël est
manifestée par le rapprochement de la main droite qui place
la courroie sur le bras gauche. Et, quand l'union est descendue depuis
la tête jusqu'au coeur et arrive au bras de l'action, après
cette complétude, la note finale est la lettre youd qui est
dessinée sur la main par la lanière comme la bague du mariage.
C'est le 'hatane qui vient vers sa kala, fiancée qu'il
épouse.
Il n'est pas possible de comprendre et retenir tout cela rapidement.
Mais, au moins, cette étude avec les Sages nous montre l'importance
des téfilines. On comprend maintenant pourquoi c'est ce signe qui
a été choisi comme marque de l'entrée dans la vie
adulte où le Juif assume et affirme son identité. Inversement,
celui qui ne les met pas est comme un époux qui délaisserait
son épouse ; c'est un état de rébellion contre notre
appartenance. Et celui qui, au contraire, vient ré-assumer la fidélité
à l'alliance et fait téchouva, choisit d'abord de
remettre les téfilines tous les jours.
Nombreux sont ceux qui ignorent encore toute cette richesse. C'est le
cadeau de bar- mitsva que leur fait notre site Modia.
Ceux, très nombreux, qui dépensent beaucoup de temps
et d'argent (à juste titre) en psychologie pour découvrir
leur identité et l'améliorer chaque jour apprécieront
de découvrir aussi tous les instruments de développement
personnel que le judaïsme nous offre.
Dans ces parcours, nous tenons compte de ces deux dimensions simultanément.
Référence d'étude pour les étudiants
avancés
Fabrication des téfilines
Michnah, Ména'hote 3, 7. Méguila 1, 8.
Guémara, Ména'hote 28-38. Chabbate 23a, 28b, 108a. Méguila
8b. Sotah 20a.
Rambam, Hilkhote téfiline.
Sémag, Pos 21 et 22.
Choulkhane Aroukh, Ora'h 'Hayim 27 et 32-33.
Voir aussi, pour le sens et la pratique :
Bérakhote 6a, 7a, 9b, 11a, 14b, 15a, 17b, 18a, 23a, 24a,
30b, 47b, 57a, 62a. Chabbate 49a, 118b, 130a. Kiddouchine 33b-34a et
35a, Roche Ha Chana 17a, Erouvine 95a-96a.
Comment faire pour mettre les téfilines
D'abord, penser aux intentions et sens vus ci-dessus, et ne pas
interrompre par aucune autre parole ou action.
1. On met d'abord le tallite. Comment ?
- on le saisit de la main droite puis également de la main gauche
et, bras tendus, on le tend devant soi comme un grand carré,
son haut placé en bas.
- on dit la bénédiction.
- on passe les mains derrière la tête qui est ainsi
recouverte par le tallite.
- on fait passer sur l'épaule gauche devant la tête
le tallite que l'on tient par la main droite.
- on fait passer dessus le tallite que l'on tenait de la main gauche
et on attend le temps de faire 4 pas virtuels.
- on fait glisser le tallite qui repose alors sur les épaules.
2. On met alors les téfilines du bras
- sur le biceps gauche, la boîte placée contre le coeur.
- on dit la bénédiction des téfilines et on serre
et ajuste bien sur le biceps.
- on fait 7 spires sur le bras avec la lanière (vers l'intérieur
pour les askénazes, et vers l'extérieur pour les sépharades).
- on garde le reste de la lanière dans la main.
3. On met alors les téfilines de la tête
- la boîte après la lisière des cheveux sur la
frontanelle, exactement dans l'axe du nez.
- le noeud arrière bien ajusté sur le petit os de l'arrière
du crane.
- les deux lanières descendent devant le buste bien droit.
4. On termine par la main
- on dessine sur les doigts avec la lanière une lettre chine
(dessin différent suivant les communautés) en disant un verset.
Pour enlever les téfilines on fait en sens inverse. Il
va de qu'il faut apprendre auprès d'un Juif qui pratique.
Selon nos conditions générales
du copyright, ce texte peut être imprimé ou photocopié
pour l'enseignement direct à condition de ne pas supprimer les mentions
d'origine).
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