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Cours de Modia

Comment étudier le Talmud
10e Cours

Les différentes middotes selon Hillel
et selon Ribbi Yichmâél

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour 
Site Modia http://www.modia.org 

"Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur le Web".
Les références les plus précises concernent les étudiants avancés.
Les débutants et autres ne doivent pas s'en inquiéter !



 
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    La 3e règle est le biniane av.

    La 4e règle est le biniane av mi chnéï khétouvim: cas particulier de biniane av, et qui se base sur deux écrits.

    La 5e règle est le klal oufrate (lien ici dans la paracha Béhar) : le verset de la Torah cite d'abord ce qui est commun aux différents cas, le klal, avant de nommer ce qui est spécifique, le prate. En ce cas, les détails nommés en dernier constitueront la seule règle et ne sont pas considérés comme une illustration de la règle générale.
    Exemple :
    en Vayiqra, Lévitique 1, 2, il est dit : 
    adame ki yakriv... mine habbéhéma, mine habbaqar ou mine hattsone
    si quelqu'un d'entre vous veut offrir une offrande de bétail (le klal, général), c'est une offrande de gros ou petit bétail (le prate, spécifique : seuls le gros et le petit bétail seront la prescription de la Torah).

    Exercices
    1.  Analyser le klal oufrate de Dévarim, Deutéronome 22, 12.
    2.  Dans Baba Qama 54 a, les lignes 3 et 4 donnent et l'exemple et la règle :
     éima vénafal klal... chor vé'hamor prate... klal ou prate éïn bikhlal élla ma ché bifrate ;
     peut-on dire que "et tombe", c'est la régle générale du klal, que "taureau et âne" c'est le spécifique du prate, et que dans la règle du klal et du prate il n'y a rien de plus à retenir du général que ce qui est dit dans le spécifique ?
    3.  Analyser les pages 54 b et 62 b de notre traité Baba Qama ou la page 85 a, où les deux termes sont plus éloignés : jamais on n'applique la règle si les deux termes ne sont pas dans le même verset.

    La 6e règle est le kayotsé bo miméqom a'hér,  ce qui signifie "qui est similaire dans un autre contexte" ; le biniane av est une application de cette règle.
     

    La 7e règle est le davar hallaméd mé îniano ( la chose enseigne à partir de son thème).

    Exercice
    Analyser cette règle dans le commentaire de Rachi sur Deutéronome 23, 25.


    Les règles de Ribbi Yichmâel

    Elles reprennent ces règles de Hillel mais dans une organisation plus précise, plus détaillée sur le plan de la logique, et qui a obtenu le plus large accord, motif pour lequel elles sont même insérées dans le texte de la prière du matin (cha’harite).

    Un premier groupe des règles de Ribbi Yichmâel se compose de trois règles majeures :

    La 1e règle est le qal va'homér.
    La 2e règle est la guézéra chava.
    La 3e règle est le biniane av. Rappelons que Hillel ajoutait une 4e règle, qui n'est qu'un cas particulier de celle-ci ; "le biniane av qui se base sur deux écrits" : biniane av mi chéné kétouvim.

    Un second groupe (règles 4 à 6) comprend le rapport du général et du spécifique :
    c'est l'extension de la 5e règle de Hillel (klal oufrate, général et spécifique). Ribbi Yichmâel subdivise cette 5e règle de Hillel en trois règles :

    La 4e règle est le klal oufrate  (le général précède le spécifique dans le texte).

    La 5e règle est le prate oukhlal (le spécifique précède le général dans le texte). C'est donc l'inverse du cas précédent et, cette fois, c'est le général qui est la règle, le spécifique n'étant là que comme illustration, sans modifier la règle.
    Exercice : analyser le prate oukhlal de Chémote, Exode 22, 9-10 : "âne et taureau puis bétail". En tirer la règle qui en découle.

    La 6e règle est le klal oufrate oukhlal  (le général précède et ensuite vient le spécifique dans le texte) et, alors, parmi les cas inclus dans la règle générale, la règle ne concerne que ceux qui sont semblables aux cas spécifiques du prate ; on exprime cela par l'expression : kéêïn happrate, comme le spécifique.

    Un exemple, analysé par Rachi, se trouve dans Deutéronome 14, 26 :
    "tu échangeras l'argent contre tout ce que tu désireras (klal), 
    gros ou petit bétail, vin et liqueur (prate),
    tout ce dont tu auras envie (retour au klal)".
    Exemple de la page 54 a, lignes 5 à 8 de Baba Qama :
    il pourrait être dit que le verset "le propriétaire du puits paiera..." revient à la règle de la généralisation (klal) ; ici, c'est la règle de généralisation suivi de spécifique suivi de généralisation (klal oufrate oukhlal). 

    Exercices
    1.  Analyser les klal oufrate oukhlal  de Chémote, Exode 22, 8 :
     "Quel que soit l'objet du délit (réponse :  est -ce un klal ou un prate ?) 
     bœuf, âne, menue bête, vêtement (réponse : (réponse :  est -ce un klal ou un prate ?) 
     toute chose perdue qu'on affirme être sienne (réponse :(réponse :  est -ce un klal ou un prate ?) 
     celui que les juges condamneront paiera le double à l'autre". 
     Tirer la conclusion d'application de la règle et aller vérifier dans Baba Qama, page 62 b, 10 lignes avant la fin de la page, qui donne l'analyse et la réponse.
    2. Analyser aussi  dans Baba Qama les pages 54 a, 54 b, 62 a, 63 a et 63 b et surtout le haut de 64 a, 106 b et 112 b.
     

    Un troisième groupe (règles 7 à 11 de Ribbi Yichmâel) ne fait que décrire des limitations à la 5e règle de Hillel,  (klal oufrate, général et spécifique). 
     

    Un quatrième groupe (règles 12 et 13 de Ribbi Yichmâel) comprend deux règles différentes :

    La 12e règle correspond à la 7e règle de Hillel :
    davar hallaméd méîniano védavar hallaméd méssofo

    c'est-à-dire :
    une chose qui trouve son sens  méîniano (de son thème ou contexte),
    et une chose qui trouve son sens  méssofo (de son aboutissement).

    Exercice
    Pour méssofo, analyser les commentaires sur Lévitique 16, 2341 :
    on se demande quand Aharone peut réaliser ce qui est prescrit : est-ce à un certain moment spécifique ou chaque fois qu'il le souhaite ? la solution est donnée plus loin, à la fin, en Lévitique 16, 29-34.

    La 13e règle est celle de la dialectique :
    chnéï khétouvim hammakh'hichim zé éte zé 
    indique qu'il y a deux textes en contradiction jusqu'à ce qu'un troisième vienne résoudre cette contradiction apparente.

    Exercice
    Analyser cette règle dans Exode 12, 5 et Deutéronome 16, 2 pour les deux thèses opposées et en ce qui concerne le troisième texte : Exode 12, 21.
     
     

    Exercice récapitulatif et de mémorisation quotidienne
    Ce que nous venons d'étudier est si important que les Sages ont demandé à tout Juif de lire chaque jour dans le siddour (livre de prières du Juif) la liste de ces middotes (ce texte se trouve à la fin de la première partie de cha'harite ou prière du matin, après les sacrifices et juste avant le premier qaddiche collectif qui va introduire les cantiques.
    Pour parvenir à bien intégrer l'étude faite ci-dessus, nous proposons de lire en plusieurs étapes ce texte du siddour :
    a. lire très lentement la première règle en se souvenant de sa signification ;
    b. lire plusieurs règles de cette manière en continuité (1+2 puis 1+2+3 puis 1+2+3+4, etc.) et le faire à chaque fois, jusqu'à ce que l'on arrive à une lecture fluide ;
    c. lire l'ensemble en veillant, dans le rythme et dans les pauses, à ce que les distinctions entre les 4 sous-groupes soient claires. Faire une légère pause entre la lecture des groupes 1 et 2 et 3 et 4 ;
    d. reprendre régulièrement cet exercice pour mémoriser l'ensemble des règles et se souvenir de leurs nuances ;
    e. s'interroger sur le sens personnel que peut avoir l'insertion de la lecture de ces règles dans la prière, et spécialement dans celle du matin.
     

    Réponse à une question angoissée
    Un large doute peut légitimement s'emparer de ceux qui étudient : 
    - pour connaître la Torah est-il vraiment nécessaire de comprendre et d'apprendre tant de notions ? 
    - n'est-ce pas décourager les débutants que de leur infliger tant de détails ? 
    - ne risque-t-on pas de confondre l'essentiel et l'accessoire ? 
    - la religion n'est-elle pas plus simple, affaire d'un peu de cœur et de morale ?
    Ce doute repose en grande partie sur une conception de la religion qui serait encore infantile, magique et crédule, et qui serait conditionnée en grande partie par l'influence d'autres religions connues en milieu non juif. 
    Le judaïsme, lui, est une science qui demande beaucoup, aussi bien sur le plan de l'amour que sur tous les plans de l'être : "tu aimeras Hachém ton D-ieu de tous tes cœurs, de toute ta personnalité et de chacune de tes forces..." (Deutéronome 6).
    A un niveau plus élevé, le Rav Qanepanetone nous répond en citant la connaissance qu'avait Job (Job 28, 20-27) : il cherchait l'origine de la sagesse en la comparant à la raison et il découvrit comment D-ieu procède avec la Torah pour la connaître, pour créer et agir. 
    Cette réponse nous importe car l'homme-étudiant de la Torah est fait à l'image de D-ieu et ils étudient la même Torah. Lisons tout ce passage et le verset 28, 27 qui dit : az raa vayéssapéra hékhina végam 'haqara, alors Il l'a vue et Il l'a appréciée en la comptant, Il l'a située en marquant sa place et Il l'a pénétrée jusqu'au fond par Sa recherche. 
    Nous voyons là à quel point la Torah mérite une étude approfondie qui, d'ailleurs, est la clef pour l'apprécier. 
    Et Rachi, maître en rigueur et simplicité dans l'étude, n'hésite pas sur ce point à commenter ce verset pour nous découvrir ces larges horizons sur lesquels il est généralement très pudique : 
    "Il l'a vue, Il s'est regardé dedans et par son conseil Il fera tout ; Il en a compté toutes les lettres, doubles ou simples, celles du début et de la fin des mots, ou celles du milieu et en tout cela elle est éméte (vérité), sceau de Haqqadoche baroukh Hou, et par ces ordonnancements Il a créé toutes choses...".
    L'exemple d'En-Haut nous est donné pour cette étude complexe et approfondie, et les maîtres comme Rachi nous guident, marche après marche, pour aller lentement mais sûrement vers un nouveau palier de connaissance. Et la chékhina, présence divine, réside avec celui qui étudie et elle l'aide dans cette étude.
     

    Vérification des connaissances
    1. Nombre des middotes.
    2. Citer quelques unes de ces règles dans la Torah.
    3. Citer quelques unes de ces règles  Baba Qama.
    4. Les définir.
    5. Donner l'analyse de Pessa'him 66 a concernant le sacrifice de Pessa'h selon la guézéra  chava.
    6. Compléter :
    - Hillel a établi... middotes ;
    - Ribbi Éliêzér a dressé une liste de ... règles ;
    - le biniane av est la ... règle de la liste de Hillel ou de Ribbi Yichmâel après le ... ;
    - le qal va 'homér repose sur quelles règles ?
    - le biniane av consiste en 6 points... ;
    - le nidone est introduit par... et le dine par... ;
    - dans la michna, le nidone est introduit par... et le dine par... ;
    - dans la guémara, le nidone est introduit par... et le dine par...
     
     
     

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