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Cours de Modia

Comment étudier le Talmud
11e Cours

Le passage de la michna à la guémara 
(étude du début du Traité Baba Qama)

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour 
Site Modia http://www.modia.org 

"Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur le Web".
Les références les plus précises concernent les étudiants avancés.
Les débutants et autres ne doivent pas s'en inquiéter !



 
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    Plan
    Exercice de localisation des passages de cette michna  dans tout le Traité de la guémara
    Exercice de localisation des phases de l'analyse. Première analyse
    Précaution dans l'étude
    Buts de la guémara
    Vocabulaire de la guémara et ses règles
    Règles de la composition du texte de la guémara
    Présentons différentes caractéristiques de ce texte de la guémara
     

    Il y a un lien entre la michna que nous avons étudiée au 3e cours et tout le Traité de Baba Qama qui ne fait que la développer et l'étudier.

    Prenons donc à nouveau le traité Baba Qama au péréq richone (premier chapitre), à la première page. 

    La guémara va reprendre, fragment par fragment, le texte de la michna pour l'analyser. Cela commence à la 9e ligne de la première page par l'abréviation du mot guémara, écrite en caractères gras.
    Relisons le texte :

    1. "Arbaâ avote néziqim
     quatre principes de fauteurs de dommages ; 

    ha chor, ha bor, ha mavêh vé ha hévêr
    le chor ou taureau, le bor ou puits, le  mav'éh à définir plus tard comme dent ou autre concept, le hévêr
     à définir plus tard comme incendiaire ou autre concept ; 
    lo haré ha chor kaharé ha  mav'éh 
    pas semblable aux caractéristiques du chor ce qui est semblable aux caractéristiques du mav'éh (concepts 1 * 3) 
     2. 
    vé lo haré mav'éh kaharé ha chor 
    et pas semblable aux caractéristiques du mav'éh ce qui est semblable aux caractéristiques du chor (concepts 3 * 1) 
     3. 
    vélo zé vazé, ché yéche bahén roua'h 'hayim, kaharé haéche chééïne ba roua'h 'hayim ;
    et pas l'un et l'autre qui ont en eux le souffle de vie (et) ce qui est semblable au feu qui n'a pas en soi le souffle de vie  (concepts 1-3 * 4) 
     4. 
    vélo zé vazé,  chédarkane lélékh ouléhaziq, 
    et pas ceux-là dont la voie est d'aller et de causer des dommages 
    kaharé ha bor chééïne darko lélékh ouléhaziq
    (et) ce qui est semblable aux caractéristiques du bor dont la voie n'est pas d'aller et de nuire (concepts 1-3-4 * 2) 
     5. 
    Hatsad hachavé chébahén ché darko léhaziq
    le côté semblable qui est en eux est que leur voie est de créer des dommages (concepts 1=2=3=4) 
     6. 
    ouchémiratane âlékha,
    et s'en garder est un devoir (concepts 1-2-3-4) 
     7. 
    oukhéchéhiziq 'hav hamaziq léchalém tachloumé nézéq
    et quand il y a dommage a l'obligation celui qui nuit de payer les prix du dommage (concepts 1-2-3-4) 
     8. 
    bémétav haaréts
    du meilleur de la terre. 


    Exercice de localisation des passages de cette michna  dans tout le Traité de la guémara

    Nous allons découvrir visuellement cette reprise de la michna par la guémara en allant trouver dans le texte de la guémara là où sont ces fragments de michna, en nous y reportant avec précision à chaque fois pour voir la différence entre le texte de la guémara et celui de la michna :

    Le premier fragment de cette michna se trouve à la page 2 a, à la 9e ligne du texte, après l'abréviation du mot guémara, en caractères gras, avec la reprise du mot avote ;
    le second fragment de cette michna (derniers mots de la ligne 1 de la page 2 a) qui sera analysé se trouve en page 3 b à la ligne 31 : ha mavêh vé ha hévêr ;
    le troisième fragment (ligne 6 de la première page) est analysé en page 4 a, ligne 31 : Hatsad hachavé chébahén ché darko léhaziq ;
    le quatrième fragment (ligne 7 de la première page) est analysé en page 4 a, ligne 35 : ouchémiratane âlékha,;
    le cinquième fragment revient en arrière dans la michna, à la ligne 2 de la première page, et cela est analysé en page 5 a, ligne 37 : lo haré ha chor kaharé ha  mav'éh .
    le sixième fragment concerne la ligne 3 de la première page et il est analysé en page 5 a, ligne 41 : vélo zé vazé, ché yéche bahén roua'h 'hayim.
    le septième fragment concerne la ligne 6 de la première page et il est analysé en page 6 a, 1 : Hatsad hachavé chébahén.
    le huitième fragment prend la suite de ce qui a été analysé dans le quatrième fragment, c'est la ligne 7 de la première page et il est analysé en page 6 b, 15 : oukhéchéhiziq 'hav hamaziq.
    le neuvième fragment prend la suite du fragment précédent et concerne la fin de la michna ; c'est la ligne 8 de la première page et il est analysé en page 6 b, 18 : léchalém tachloumé nézéq.
    Ensuite, en page 9 b, lignes 7-14, on arrive à la seconde michna qui sera commentée par la guémara.

    Nous voyons une fois de plus, par là, qu'il est indispensable d'étudier sur une édition qui respecte la présentation graphique traditionnelle
    - pour la mémorisation de cette structure,
    - pour pouvoir échanger avec les autres étudiants,
    - pour lire les références dans les livres portant sur la guémara.


    Exercice de localisation des phases de l'analyse

    Revenons au premier commentaire.
    La michna avait formulé quatre catégories de dommages et Rachi avait indiqué que ces avote, ou principes, venaient explicitement de la Torah. 
    La guémara va tirer la conclusion que, puisqu'il y a des principes (avote), il y a des dérivées (toladote), et se demander si ces toladote seront semblables ou non aux avote.
    Elle prendra successivement trois exemples qui permettent de bien poser le problème : le cas des avote et toladote de Chabbate, le cas halakhique d'impureté (touma) et les distinctions précisées par Rav Papa.

    Ensuite la guémara analyse successivement et longuement ce que sont ces prototypes de dommages que sont le chor, le bor, etc. Découvrons la structure de cette analyse dans la guémara en nous reportant à nouveau à la scansion des marches de l'analyse :
    - en page 2 a,  ligne 9 :  les toladote sont-elles ou non égales aux avote des dommages ?
    - en page 2 a,  ligne 11 :  examen de ce problème dans le cas du Chabbate.
    - en page 2 b,  ligne 5 :  examen des 4 prototypes du chor.
    - en page 2 b,  ligne 6 :  de quel passage de la Torah tire-t-on le cas des dommages causés par le prototype de "la corne" ?
    - en page 2 b,  ligne 17 :  de quel passage de la Torah tire-t-on le cas des dommages causés par la dérivée (tolada) de "la corne" ?
    - en page 2 b,  ligne 28 :  le cas de néchikha ou morsure est-il une dérivée de "la dent" ?
    - en page 2 b,  ligne 29 :  les cas de révitsa ou chute, et de béîla ou coup de pied, sont-ils des dérivées du "pied" ?
    - en page 2 b,  ligne 36 :  de quel verset tire-t-on les cas de "dent" et de "pied" ?
    - en page 3 a,  ligne 30 :  quelle est la tolada de la "dent" ?
    - en page 3 a,  ligne 35 :  quelle est la tolada du "pied" ?
    - en page 3 a,  ligne 42:  quelle est la tolada du "puits" ?
    - en page 3 b,  ligne 16 :  quelle est la tolada de "feu" ?


    Première analyse

    Examinons la première ligne de notre guémara, dont voici le texte. Il est écrit :
    mi dé qatané avote mikélal dé ika toladote.
    Traduisons littéralement toute la phrase : "de ce qu’il est enseigné, avote, il ressort qu'il y a des dérivées". 
    Traduisons-la maintenant mot à mot :
    mi dé qatané, de ce qu’il est enseigné
    avote,  avote (principe)
    mikélal,  il ressort
    dé ika,  qu'il y a
    toladote,  des dérivées.

    Cette première phrase situe exactement toute la guémara :
    - un enseignement reçu, mi dé qatané,
    - un essai de compréhension mikélal,
    - une réflexion logique qui tire les déductions de cet enseignement dé ika toladote.
    Ajoutons que ces étapes ne sont pas des éléments autonomes et séparés, car l'expression qatané .../... mikélal  (de ce que nous avons appris de l'enseignement… il ressort) forme un tout qui se retrouve souvent dans le talmud. La guémara procède fréquemment de cette manière par des formules qui comprennent plusieurs termes espacés dans la phrase ou dans un texte et qui sont des étapes du raisonnement, du type :
    si dans le cas A... on peut dire que X.... alors...
    dans le cas B...on peut dire aussi que Y...


    Précaution dans l'étude

    Avant de poursuivre cette analyse, nous devons établir quelques précisions sur le fonctionnement de la guémara, ses buts, son vocabulaire, ses méthodes.
     

    Buts de la guémara :

    - Développer et éclaircir le sens des prescriptions de la michna.
    - Déterminer le sens des prescriptions de la michna tel qu'il apparaissait à chaque génération des premiers maîtres.
    - Déterminer les modes de jugement et de raisonnement (non pas seulement les opinions) qu'ils employaient pour eux-mêmes ou pour autrui afin de parvenir à éliminer les réponses erronées.
    - Parvenir, par extension, à déterminer les prescriptions valables pour les générations qui ont suivi.
    - Présenter autour de cela les coutumes qui en découlaient pour les communautés.
    - Présenter aussi les niveaux les plus profonds et les plus essentiels de cet ensemble, le nistar, le caché, qui est l'un des quatre niveaux indissociables du sens hébraïque ; le premier est le niveau apparent, le pchate ; le second est le réméz, niveau de l'allusion symbolique ; le troisième est le drache, niveau de l'interprétation logique créative ; le quatrième est le niveau du secret, sod, caché ; l'ensemble des initiales de ces quatre niveaux forme le mot  p-r-d-s ou pardés en hébreu : c'est le "paradis", mot français qui en découle directement. Le commentaire de Rabbénou Bé'hayé fournit systématiquement ces quatre niveaux du sens pour la majorité des versets de la Torah.
     

    Vocabulaire de la guémara et ses règles

    - La guémara utilise un vocabulaire spécifique, qui a des fonctions propres à chaque fois, mais on risque de ne pas le percevoir car ces mots-codes ne sont pas particuliers (comme dans les sciences chimiques : H2O) : ce sont les mots d'un discours ordinaire (comme dans les sciences psychologiques où les concepts sont des mots de tous les jours : pulsion). 

    - Le même mot peut avoir plusieurs significations différentes, ainsi le mot moutar (permis) peut indiquer que la chose est autorisée ; mais, d'autres fois, cela indique qu'elle est autorisée dans le contexte de telle interdiction éventuelle précise et circonscrite mais non comme règle générale, d'où la prudence nécessaire dans l'analyse et dans la pratique qui en découle, et la nécessité de se faire confirmer l'analyse par une personne compétente.

    - Les mots indiquant l'obligation n'ont pas tous la même force contraignante : ainsi 'hayav (il doit) indique que, souvent, cette prescription (halakha) s'impose directement de par la Torah et que quiconque ne la respecte pas est coupable, tandis que le mot tsarikh (il doit) indique que cette prescription est tranchée par les autorités rabbiniques compétentes, qu'elle s'impose et qu'il est obligatoire de la respecter. Souvent la différence entre les deux termes correspond à la différence entre "contraignant" et "indispensable de".

    - Quand la michna commence par le mot kol (tout), cela ne veut pas dire que la phrase ainsi ouverte s'applique dans tous les cas : c'est le principe éïn lamédine mine hakklaloute (on n'apprend pas de la généralité, traité Êrouvine 27) ; et il ne faut pas penser que les seules exceptions sont celles qui seraient immédiatement ouvertes par la phrase consécutive 'houts mizé vézé, qui signifie "sauf".
     

    Règles de la composition du texte de la guémara

    Le texte de la guémara n'est pas homogène dans sa composition et les particularités diverses du texte doivent inciter le débutant à la prudence avant qu'il ne tire avec certitude des conclusions ; pour y parvenir, il faut donc défricher soi-même comme on peut le faire par cette méthode-ci ; mais il faut aussi apprendre directement en compagnie de personnes connaissant les différentes modalités du texte du talmud dans son étendue. On ne peut pas apprendre le talmud seul mais avec un enseignant et réviser avec un autre compagnon d'étude.

    Présentons différentes caractéristiques de ce texte de la guémara
    Certaines sont communes avec ce que nous avons déjà dit à propos de la michna :

    - Nous avons vu que le texte recueilli par Rabbi, Ribbi Yéhouda Hannassi, est nommé michna et que le texte "ajouté" de son vivant par son disciple Ribbi 'Hiya est nommé Tossefta. 

    - Le texte ajouté "à l'extérieur" des précédents vers l'an 200 par Ribbi 'Hiya ou Rav, Ribbi Hochaya et Ribbi Qapara, est nommé béraïta,selon le sens du mot "extérieur", comme il est indiqué par Rachi sur le traité Houline 141 a. On parle au pluriel de béraïtotes. Ce sont donc des récits ou commentaires qui ne sont pas de la tradition de Ribbi Yéhouda mais sont surtout de la tradition de Rav, en commentaire sur les textes de la Torah écrite, comme l'indique Rabbi Chmouel Hannaguide ; les noms de ces commentaires sont Torate Cohanim ou Sifra devéi Rav  sur Vayiqra (Lévitique), et le commentaire Séar Sifré devéi Rav sur Bémidbbar (Nombres) et Dévarim (Deutéronome) ; ce dernier commentaire est souvent nommé en abrégé le Sifré.

    - Une michna anonyme doit être attribuée à Ribbi Méïr, une Tossefta anonyme à Ribbi Né'hémia, une sifra anonyme à Ribbi Yéhouda, un sifré anonyme à Ribbi Chimeône, et ils sont tous reçus de leur maître Ribbi Âqiva (Sanhédrine 86 a). 

    - Le texte du Talmoud Yérouchalmi (talmud de Jérusalem) a été rédigé par Ribbi Yo'hanane, élève de Ribbi Yéhouda Hannassi.

    - Le texte du Talmoud Bavel (talmud de Babylone) a été rédigé par Ravina et Rav Achi, et complété par Meremar vers l'an 505.

    - Le texte de la michna n'est donné qu'en abrégé car le rédacteur se basait sur la compréhension évidente du lecteur. La guémara peut apporter la précision non pour compléter mais pour faciliter la compréhension abrégée, ce que l'on nomme 'hassoréi mi'hasséra ("il manque des lettres")  comme dans Berakhote 13 b. Il est souvent écrit également 'hassouré mi'hasséra. Voir aussi le Rachi en BQ 98 a sur le dibbour ha mat'hil :'hassouré mi'hasséra.

    - Le texte de la michna est donné le plus en abrégé quand il vient directement des premiers maîtres, les tannaïm ; par contre, les maîtres des générations suivantes explicitent plus leurs discussions, preuves, explications, et l'attribuent eux-mêmes à leur déficience intellectuelle par rapport à l'excellence de leurs prédécesseurs. C'est aussi le motif pour lequel ils ne se permettent pas de discuter leurs décisions.

    - Le texte actuel n'est pas l'ensemble de la tradition véhiculée à chaque génération depuis Moshé Rabbénou. La guémara indique à propos de nombreuses questions que des milliers d'enseignements ont été oubliés et non transmis.

    - De plus, Ribbi Yéhouda Hannassi n'a conservé qu'une minorité d'enseignements dans le vaste océan de ce qui était véhiculé : ceux qui semblaient relever de la tradition la plus sûre.

    - Parfois, la présentation d'un texte est suivie d'une seconde présentation encore plus complète, et on met en garde de ne pas se contenter du premier texte par la règle lo zo af zo qatané (non seulement cela mais tient compte de cela aussi) comme en Erouvine 75a. Parfois c'est l'inverse et la règle devient alors zo vé eïn tsarikh lomar zo (prends en compte la seconde donnée et il n'est pas nécessaire de tenir compte de la première). Cela vient du souci du rédacteur de présenter toutes les versions transmises.

    - Il n'est pas rare que plusieurs versions soient différentes ou opposées et non seulement complémentaires ; cela tient au fait que le rédacteur a eu connaissance successivement de ces deux versions et n'a pas voulu supprimer la première.

    - La question qui ouvre une guémara qui discute de la michna n'est pas forcément une question de halakha mais ce peut être une question relevant d'une opinion qui n'a aucun caractère de prescription et on l’utilise pour mettre en question (Chéérite Yossef page 12 b).

    - La guémara qui suit une michna ne traite pas strictement le texte de la michna mais elle peut le raccourcir, le rallonger dans les thèmes ou même dans ses citations précises. 
    * Ainsi, la guémara ajoute des thèmes par association ; par exemple, parce qu'elle a cité un amora, elle profite de l'occasion pour citer d'autres enseignements de ce même amora pour la facilité mnémotechnique de l'étudiant, avant de retourner à la suite du texte discuté.
    *  Si une liste d'opinions sans références suit une opinion donnée avec un nom d'amora, de fortes chances existent pour que l'ensemble de ces opinions ait été formulé par cet amora dans des contextes différents (par exemple, Keritoute, 5). 
    * Ainsi peut-elle apporter des questions qui ne surgissent pas directement de la michna ou de la béraïta mais des circonstances de la maâsséi yom yom (la vie quotidienne) ; cependant, il est un principe : on ne peut tirer la halakha des actes exemplaires de la vie quotidienne : éïn lamédine halakha mimaâssé (Baba Batra 130). Un exemple célèbre de maâssé est la scène du début du traité Berakhote 2, citée dans la Haggada de Pessa'h, quand les fils des Sages viennent leur dire qu'ils reviennent de la salle des fêtes des mariages et qu'ils n'ont pas dit le Chemâ.
    * Ainsi la guémara peut apporter des questions différentes du problème halakhique posé dans la michna ou en contradiction avec elle. En raison de cela, la guémara prend le besoin de préciser hakha bémaï âsqinane, (ici on parle précisément de telle question).

    - Quand plusieurs décisions (guézérote) sont indiquées l'une après l'autre, cela ne veut pas dire forcément qu'elles sont placées là pour les comparer, mais elles sont citées pour l'importance individuelle qu'a chacune.

    - Quand un amora discute une opinion d'un tanna, ce n'est pas forcément pour la mettre en cause, mais c'est parfois pour mettre en évidence un autre aspect qui n'a pas été mis en valeur. La seconde opinion n'invalide pas la première. 

    - De même, quand deux Écoles de Sages présentent deux opinions différentes : c'est le principe éllou vééllou divréi éloqim 'hayim hém, (celles-ci et celles-là sont des paroles du D-ieu de vie), comme on le voit dans le passage de Êrouvine 13 b entre les Écoles de Hillel et de Chammaï sur des questions audacieuses. Mais ce principe concerne la mise en valeur du sens et non pas les décisions halakhiques.

    - La guémara, parfois, n'accorde pas de valeur à certaines béraïtotes qui ont été véhiculées dans la tradition sans en avoir les garanties (Guittine 72 b et Yevamote 12 b) ; elle rapporte cette béraïta mais l'élimine comme étant erronée méchabachta (voir, par exemple le Rachi en Chabbate 86a sur mane déla), au contraire d'une autre qui sera reconnue comme exacte ou métaratsta (voir le Rachi, par exemple, en Yébamote 58a sur amar Rabba) et donc valable et contraignante. Parfois, cependant, une béraïta minoritaire et peu connue est présentée comme valable et elle est alors citée sous le nom d'un célèbre amora pour éviter tout doute.

    Tout ces codes et règles étaient indispensables pour comprendre la guémara quand elle discute de la michna, qui elle-même veut écaicir la Torah jusqu'à aller trouver les applications dans la vie pratique (la halakha).
     
     

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