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Cours de Modia
Comment étudier le Talmud
12e Cours
Le passage de la michna à
la guémara
(étude du début
du Traité Baba Qama)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia http://www.modia.org
"Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur
le Web".
Nous avons vu la michna qui ouvre la page et qui va être commentée
par la uémara.
Rappelons la michna.
1. "Arbaâ avote néziqim
quatre principes de fauteurs de dommages ;
ha chor, ha bor, ha mavêh vé ha hévêr
le chor ou taureau, le bor ou puits, le mav'éh
à définir plus tard comme dent ou autre concept, le hévêr
à définir plus tard comme incendiaire ou autre
concept ;
lo haré ha chor kaharé ha mav'éh
pas semblable aux caractéristiques du chor ce qui est
semblable aux caractéristiques du mav'éh (concepts
1 * 3)
2.
vé lo haré mav'éh kaharé ha chor
et pas semblable aux caractéristiques du mav'éh
ce qui est semblable aux caractéristiques du chor (concepts
3 * 1)
3.
vélo zé vazé, ché yéche bahén
roua'h 'hayim, kaharé haéche chééïne ba
roua'h 'hayim ;
et pas l'un et l'autre qui ont en eux le souffle de vie (et) ce qui
est semblable au feu qui n'a pas en soi le souffle de vie (concepts
1-3 * 4)
4.
vélo zé vazé, chédarkane lélékh
ouléhaziq,
et pas ceux-là dont la voie est d'aller et de causer des dommages
kaharé ha bor chééïne darko lélékh
ouléhaziq
(et) ce qui est semblable aux caractéristiques du bor
dont la voie n'est pas d'aller et de nuire (concepts 1-3-4 * 2)
5.
Hatsad hachavé chébahén ché darko léhaziq
le côté semblable qui est en eux est que leur voie est
de créer des dommages (concepts 1=2=3=4)
6.
ouchémiratane âlékha,
et s'en garder est un devoir (concepts 1-2-3-4)
7.
oukhéchéhiziq 'hav hamaziq léchalém
tachloumé nézéq
et quand il y a dommage a l'obligation celui qui nuit de payer les
prix du dommage (concepts 1-2-3-4)
8.
bémétav haaréts
du meilleur de la terre.
La guémara va reprendre, fragment par fragment, le texte de la michna
pour l'analyser. Cela commence à la 9e ligne de la première
page par l'abréviation du mot guémara, écrite en caractères
gras.
Voici le texte de notre guémara:

Examinons la première ligne de notre guémara, dont voici
le texte. Il est écrit :
mi dé qatané avote mikélal dé ika toladote.
Traduisons littéralement toute la phrase :
"de ce qu’il est enseigné, avote, il ressort qu'il y a des dérivées".
Traduisons-la maintenant mot à mot :
mi dé qatané, de ce qu’il est enseigné
avote, avote (principe)
mikélal, il ressort
dé ika, qu'il y a
toladote, des dérivées.
Cette première phrase situe exactement toute la guémara
:
1. un enseignement reçu: mi dé qatané, de
ce qu’il est enseigné (cela nous rappelle que nous étudions
la Torah à travers ce que nous en a transmis la chaîne de
la transmission).
2. un essai de compréhension: mikélal, il ressort
(pour passer des principes de la Torah à leur application dans
la vie précise dans les circonstances diverses et changeantes).
3. une réflexion qui agit par des processus logiques qui tirent
les déductions de cet enseignement de la Torah et des Sages:
avote, avote (principe)... dé ika toladote, de
cela on déduit qu'il y a des dérivées (principes
ou applications).
Ajoutons que ces 3 étapes ne sont pas des éléments
particuliers à ce texte-ci, car l'expression double qatané
.../... mikélal (de ce que nous avons appris de l'enseignement…
il ressort) forme un tout qui se retrouve souvent dans le talmud. La guémara
procède fréquemment de cette manière par des formules
qui comprennent plusieurs termes espacés dans la phrase ou dans
un texte et qui sont des étapes du raisonnement, du type :
si dans le cas A... on peut dire que X.... alors...
dans le cas B...on peut dire aussi que Y...
Nous allons faire un grand pas (un peu difficile) dans notre compétence
en talmud.
En effet, le verbe tena, enseigner, est l'un des mots les plus
fréquents dans le talmud sous des formes multiples. Les connaître
est indispensable, comme posséder le trousseau de clefs de tout
un immeuble.
Suivant les formes ou les contextes, il signifie aussi bien "apprendre,
répéter,établir la valeur d'un enseignement, enseigner".
Il est donc indispensable d'organiser un minimum si l'on ne veut pas faire
de confusions entre ces sens différents, et entre le verbe et les
noms qui en découlent. Ssans cela nous ne pourrons pas comprendre
du tout un texte de guémara, nous ne pourrions qu'écouter
quelqu'un faire son cours devant nous mais nous retrouver totalement démunis
une fois seuls, ou même en équipe de révision, la
'hévrouta.
C'est, évidemment, entrer dans la grammaire mais ne soyons pas
impressionnés car toute langue parlée possède une
grammaire implicite que nous avons intégrée. Il faut franchir
ce stade. Beaucoup n'ont pas eu cette base et piétinent pour cela,
font des contresens constants. Létude de cette base est si importante
que Rabbi Yossef ben Méïr (1727-1792), auteur de Péri
Mégadim dit dans les conseils qu'il donne aux enseignants: "
la connaissance de la grammaire est la pierre d'angle de la torah et,
quand on étudie la guémara, il faut également avoir
ses livres de grammaire devant soi" (Ce livre est un commentaire
sur la partie Ora'h Hayim du Choulkhane Aroukh, intro. 16). Rach, Maïmonide
ou le Chla insiste dans les mêmes termes, cela suffit pour nous
donner l'assurance que c'est la bone méthode et celle qui est indispensable.
Plongeons donc dans cette piscine agréable et nécessaire
en comprenant le mot "midéqétané"
avote
Décomposons-le midéqétané: mi (de)
déqé (ce que) tané (a été
enseigné).
Cela étant bien posé, entrons dans toutes les formes
courantes de ce mot tané que le talmud utilise
et nous aurons acquis une large base. Ne nous effrayons pas, lisons et
cela entrera peu à peu.
Au lieu de ténou rabanane comme il est écrit, on
peut dire aussi tanou rabanane.
Si vous apprenerz bien ces formules, vous serez stupéfaits des
repères clairs que vous avez acquis tout-à-coup lorsque
vous entendrez un cours. Il faut absolument mémoriser ces termes.
Nous allons attendre de faire cette acquisition avant de continuer.
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