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Comment étudier le Talmud Les thèmes de Baba Qama 4e Cours par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour "Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur
le Web"
Ici, la recommandation rabbinique sur la qualité de cet enseignement du talmud.
Thèmes du Traité Baba Qama que nous étudions Après deux leçons très précises qui ont
demandé un grand effort d'analyse et de concentratin et de mémorisation,
Nous avons choisi le traité Baba Qama comme un exemple très typique de la méthode suivie par la pensée juive. On y rencontre la Torah, la michna, la guémara, les Maîtres, les Écoles, les techniques de débat et le tout sur un fond de problèmes que nous percevons comme très actuels : la relation de violence ou la recherche d'une coexistence paisible entre les hommes. La Torah a donné des règles morales de base pour réguler la propension de l'homme à nuire à autrui. La Torah lui donne aussi les moyens de développer son intelligence pour analyser finement les préjudices, les responsabilités, les réparations à apporter après avoir causé des dommages, la défense à accorder au coupable, etc. Il s'agit là de la morale de base qui permet la vie entre les hommes, entre le pouvoir des hommes et la nature, les animaux et les objets : la guémara nous dit qu'il s'agit de cela : dinéï adame, les prescriptions des hommes, et également de bien plus que cela : dinéï chamaïm, les prescriptions du Ciel, BQ 55 b-56 a. Ces questions de préjudices et dommages ne sont ni claires, ni
simples, ni évidentes et, même avec les indications de la
Torah ; aussi, les hommes ont besoin de mettre en commun leurs connaissances
et leur intelligence aiguisée pour éclaircir ces problèmes.
C'est ce que font les Maîtres de la guémara, les talmidéï
'hakhamim, les grands Sages de notre tradition, réunis en université
permanente depuis des siècles dans le talmud et sur le talmud :
nous avons les actes de leurs débats, leurs tentatives d'analyse
et de propositions.
Le talmud donne également les modèles de pensée de la famille juive. Si tout Juif français a intégré l'analyse spontanée et originale des occidentaux français jusque dans les expressions et sentences intraduisibles qui les résument (l'Hexagone, prendre la clef des champs, la raison d'Etat, une hirondelle ne fait pas le printemps, etc.), il est indispensable de s'assumer soi-même, de se penser soi-même en intégrant les modèles originaux de la pensée de son propre peuple. Par exemple, la règle qui régule toutes les questions de dédommagement après violence, dans le judaïsme, est très différente de celle qui régule les autres systèmes sociaux : dans le judaïsme, "l'auteur d'un dommage n'a à en assumer les conséquences que s'il a agi comme un délinquant, c'est-à-dire s'il devait avoir conscience que son comportement était susceptible de créer un préjudice et qu'il l'a réalisé. Mais s'il a bien agi, avec attention et prudence, et qu'un dommage a été causé, il n'a pas à en assumer les conséquences" ; en hébreu, cela se dit : "éïn adame mit'hayév banézéq élla im naag bépéchiâ. Kéché lo naag bépéchiâ haréhou anous vépatour. adame nohég bépéchiâ im haya lo lélaâlote âl daâto ché anagato taziq" : ce sont les conclusions de Chalom Albeck dans son étude d'ensemble sur cette question dans tout le talmud, publiées dans Péchér dinéï hannéziqine batalmoud, Analyse des règles des dédommagements dans le talmud, Devir, Tel Aviv, 1990. Cette règle, surprenante, est la synthèse de toute une conception de l'homme, de soi, des relations, des propositions morales et religieuses. On ne peut la connaître simplement par une participation sociologique au peuple juif, seule l'étude permet d'y accéder. Notre traité va aboutir à ces conclusions après
avoir analysé les versets de la Torah et toutes leurs applications
possibles dans des situations très diverses.
- Baba Qama, page 3 b : adame mouâd léôlam, littéralement : un homme témoigné pour toujours ; le terme de mouâd parle, par exemple, d'un animal qui est un récidiviste dangereux dont le propriétaire a été averti dans les règles au sujet de la gravité du cas et qui n'hésite pas, cependant, à transgresser ; mais, en ce qui concerne l’homme, l’expression veut nous indiquer que tout homme est considéré comme ayant été averti dès sa naissance, par son seul statut d’homme, et qu’il est pourtant susceptible de nuire. Ce concept traduit un système très particulier de relations sociales, d'entraide, de responsabilité morale réciproque, qui est typique du judaïsme. En conséquence, l’homme qui a causé un préjudice doit en dédommager la victime, que l’agresseur ait été en état de veille ou endormi, qu’il ait commis l’acte par inadvertance (béchoguég) ou délibérément (bémézid). L'analyse et l'application de ces principes sont complexes. - Baba Qama, page 10 a : ena véchiyér, il a établi et il a omis ; quand quelqu'un donne quelques exemples de la thèse qu'il soutient, les exemples apportés ne sont pas limitatifs ni contraignants et, à l'avenir, sur cette thèse, il faudra examiner chaque exemple pour lui-même. - Baba Qama, page 13 b : tena vahadar méfaréche, il a exposé globalement ce qu'il veut dire et ensuite il explique dans tous ses détails. C'est un principe de base de l'exposé dans la michna. - Baba Qama, page 17 a : hattalmoud mévi lidéi maâssé, l'étude conduit à l'action. Pour ce motif, l'étude de la Torah est importante : gadol limoud Torah ché hallimoud mévi lidéi maâssé. - Baba Qama, page 27 a : pata'h békhad véssiyém bé'havite, il a ouvert par le vase et fini par le tonneau ; cette expression, basée sur un passage de la michna qui discute d'un problème en prenant successivement ces deux exemples comme s'il s'agissait d'un seul, est appliquée à quelqu'un qui "passe du coq à l'âne". - Baba Qama, page 27 b : éïn holekhine bémamone a'har harov, on ne va pas dans l'argent selon la majorité ; cette expression indique que, lorsqu'un contrat de vente et d'achat avait des modalités particulières entre les deux partenaires de la transaction, le plaignant éventuel ne peut invoquer l'usage général pour contester ce qu'il a réalisé dans ce contrat particulier. - Baba Qama, page 28 b : onéss, ra'hamana patré, contraint, le Miséricordieux le dispense ; cette expression indique que, lorsque quelqu'un a été contraint de réaliser quelque chose sans pouvoir exercer son libre arbitre et sans le vouloir, D-ieu et la Torah le dispensent de toutes les conséquences qui découlent de cet acte et qu'il faudrait réparer. - Baba Qama, page 37 a : avihém chél yétomine, "leurs pères des orphelins" ; cette expression est employée pour parler des juges qui prennent soin des enfants orphelins par leurs décisions. - Baba Qama, page 51 a : éïn chalia'h lé davar âvéra, il n'y a pas d'envoyé pour les affaires de transgression ; cette expression indique que, lorsque quelqu'un a été envoyé pour faire quelque chose de mal ou d'interdit et qu'il est mis en jugement, il ne peut pas invoquer qu'il n'était que le représentant d'un autre qui l'a envoyé ; il reste responsable du mal qu'il a commis (sur ce point, on n'est pas en train de discuter de la responsabilité de celui qui donne l'ordre). - Baba Qama, page 79 b : éïn gozerin guézéra âl hattsibour élla im kén rov tsibour yékholine laâmod ba, on n'impose une interdiction au public que si la majorité du public est capable de l'assumer. - Baba Qama, page 83 b : ayine ta'hate ayine mamone, œil pour œil = argent. La guémara précise que l'expression de la Torah (Chémote 21, 24) ayine ta'hate ayine, œil pour œil, ne concerne aucunement la vengeance qui consisterait à crever l'œil de celui qui vous a endommagé la vue, comme l'a fait croire l'interprétation malveillante envers le judaïsme mais, au contraire, c'est une règle de très haute moralité qui précise qu'il faut atteindre à l'égalité dans le dédommagement financier par rapport aux préjudices de toutes sortes que représente la perte de l'œil. - Baba Qama, page 85 a : assia demaguéne bémagéne magéne chavé, médecin qui soigne pour rien, rien ne vaut ; cette expression conseille de refuser les soins d'un médecin qui dispenserait son art gratuitement. Sa compétence et son désintéressement en seraient suspects, ainsi que le motif pour lequel il agit en ce sens. - Baba Qama, page 91 b : éïn adame rachaï la'habol béâtsmo, l'homme n'a pas l'autorisation de porter atteinte à soi-même ; cette expression indique clairement que l'homme ne peut pas exercer un préjudice corporel envers soi-même ni se suicider, mais l'homme qui a porté atteinte à son corps ne recevra pas de sanction corporelle car il n'est pas le "propriétaire" de ce corps. - Baba Qama, page 91 b : bal tach'hite, ne pas détruire ; à partir de l'indication de la Torah qu'il est interdit de détruire les arbres fruitiers de l'ennemi lors de la guerre, cette règle est tirée qui interdit de détruire ou de porter préjudice à tout ce qui peut servir à autrui. - Baba Qama, page 96 b : panim 'hadachote baou lékhane, des visages nouveaux sont venus ici ; s'utilise pour parler d'un véritable changement de situation, plus grand encore que ce que l'on croyait possible. - Baba Qama, page 116 b : poêl yakhol la'hazor bo afilou vé'hatsi hayome, l'employé peut casser son contrat même au milieu de la journée, mais l'employeur devra cependant toujours lui verser le salaire correspondant au travail réalisé. Ces quelques exemples échelonnés sur l'ensemble du texte
nous montrent clairement que le judaïsme n'est pas ce que l'on appelle
une des grandes familles de "spiritualité" mais que la vie de la
Torah s'incarne dans la vie matérielle et relationnelle. C'est à
travers ces dimensions concrètes que se jouent et la conception
de l'homme et son épanouissement humain ou spirituel.
Par ces exemples, nous découvrons clairement la méthode
que nous allons apprendre à connaître : recueillir un enseignement
de la Torah et le confronter à la complexité des situations
pour :
Comme ces situations changent dans l'histoire et comme les hommes se succèdent et ont à refaire tout l'apprentissage de cet enseignement, le talmud nous fait le cadeau privilégié de nous servir l'ensemble du dossier des efforts réalisés par les Sages de toutes les générations pour comprendre la Torah et l'appliquer : la table est prête, Choul'hane Âroukh. Ouvrons ce dossier.
Il est nécessaire de connaître les noms des chapitres car, souvent dans la littérature juive, on fait référence à un débat qui a lieu dans tel ou tel chapitre de tout le talmud, sans même indiquer le nom du traité en question ni sa page. On parlera ainsi : "dans le péréq ha'hovél, on discute de...", il s'agit alors du chapitre 8 de Baba Qama. Voici donc les noms des chapitres de notre traité ; ce sont généralement
les premiers mots des 10 chapitres de la michna de Baba Qama que commentera
ensuite la guémara.
Exercice pour les étudiants avancés :
N° du chapitre, Nom du chapitre, Page 1e Chapitre, Richone : arbaâ avote néziqim.
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