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Comment étudier le Talmud 6e Cours par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour "Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur
le Web".
Nous allons franchir ici une des étapes les plus importantes
de notre parcours et découvrir les règles traditionnelles
qui permettent d’analyser le texte de la Torah. Ces règles sont
également utilisées dans le Talmud.
Nous avons remarqué que notre michna examine différents
cas (chor, bor, mavêh, hévêr),
Méthode : apprendre par coeur ces termes techniques et leur définition.
La midda Il existe, dans la tradition, plus de 13 middotes ou règles d'interprétation basées - soit directement sur l'évidence et la nécessité de l'écrit (mittsad hakkatouv) : on parlera alors de la force de l'écrit (ghézérate hakkatouv) ; sur les évidences valables ou fausses, voir Zéva'him 14b. - soit sur le raisonnement logique (mittsad hassévara), quand l'allusion du texte ne semble pas évidente et doit s'éclairer par l'étude des liens ou des proximités d'expression, ou par l'étude approfondie des mots et des lettres. C'est ce manque d'évidence et d'assurance qui entraîne la confrontation et le débat talmudique "pour nous sortir du doute" (léssaléq âtsménou mine hassaféq) ; sur ce point, voir Pessa'him 18b ; ce manque d'assurance pour pondérer l'importance relative des arguments vient aussi de ce que la michna a abrégé des listes d'informations, elle a omis, ce qui se dit en hébreu chayar. - soit sur un stade intermédiaire qui concerne les analogies présentes dans l'écrit ; c'est le héiqéche qui associe la certitude de l'apparence de l'écrit et la nécessité du raisonnement. Nous devons étudier ces middotes pour acquérir les clefs du raisonnement de la tradition juive et comprendre avec aisance les règles que les commentateurs utilisent sur la Torah et les règles que les Maîtres du talmud utilisent constamment dans leurs débats. Nous pourrons alors suivre leurs analyses et connaître le pouvoir probant qui est spécifique à chaque midda. Après la phase analytique de cette étude, celui qui voudrait se perfectionner dans l'utilisation aisée des middotes à l'intérieur de la dynamique du débat talmudique doit se reporter au chapitre 3 du Rav Qanepanetone et lire toute la première partie de Torah ché béâl pé du Chla. Exercice
Généralités sur les middotes et leur usage par nos Sages Nous devons bien comprendre ce que sont les middotes avant d'utiliser
la première que nous rencontrons.
On parle aussi des darchanim (darchane au singulier).
La dracha, qui en est l'exercice, signifie l'enquête ou l'investigation
menées sur le verset pour le comprendre avec exigence selon la méthode
traditionnelle des 13 règles d'interprétation, dit le Maharal.
Il souligne qu'il ne faut pas la confondre avec la notion devenue courante,
dracha
: une homélie prononcée qui utilise très librement
des versets pour soutenir l'idée de l'orateur. Le Rav David Ibn
Kalifa consacre une longue étude très documentée
(Darkhéï
David, p. 226-228) à la différence entre les dorchéï
réchoumote, qui sont les plus anciens commentateurs, et les
dorchéï
'hamourote, dont le titre indique l'excellence de l'interprétation
donnée, comme l'indique Rachi sur Qiddouchine 22. Pour approfondir
ces notions, lire le 3e Puits dans Béer haggola, Le puits
de l'Exil, du Maharal de Prague, ou l'introduction du Âyine Aya
du Rav Kook.
Recherchons l'origine de ces règles d'interprétation ou middotes Dans Pessa'him 66 a, il est rapporté que Hillel l'ancien a éclairé
un problème difficile, celui de savoir si l'on pouvait offrir le
sacrifice de Pessa'h lorsque la fête tombe un Chabbate. Il apporte
son éclairage et le démontre en utilisant des règles
d'interprétation : il lit les versets de Nombres 9, 2 et 28, 2 grâce
à la règle d'interprétation de comparaison dite guézéra
chava, puis il rapporte qu'il a reçu cet enseignement de la
tradition par ses Maîtres Chemâya et Avtalione selon lesquels
cela est possible. Nous apprenons par là plusieurs choses importantes
:
En ce sens, Rachi indique explicitement sur Yébaùote 90b que ces 13 middotes viennent du Sinaï, et Na'hmanide (le Rambane) situe ces règles dans la ligne directe de la Torah orale ou Torah ché bé âl pé, qui est indivisible de la Torah écrite ou Torah chébikhtav. C'est pour cela que ces enseignements sont dits midéorayita ou mine hatTorah. Maïmonide (le Rambam) demande un examen critique de tout ce qui pourrait s'attribuer cette filiation ou participation au seul vu de l'usage des middotes. Sur cela, voir dans Michné Torah, Séfer hammitsvote, début du Choréche chéni.. Hillel a établi 7 middotes qui seront reprises, sauf une,
par Ribbi Yichmâel (qui en ajoute une autre) dans la liste de
ses 13 règles admises par tous et récitées dans la
prière de chaque matin. Ces middotes sont les
Ribbi Éliêzér a également dressé une liste de 27 règles, qui sera commentée et réorganisée par le Chla dans son chapitre Torah ché bé âl pé. Cette liste de Ribbi Éliêzér reprend les règles précédentes qui concernaient le middrache halakha, c'est-à-dire la détermination des mitsvotes. Les règles supplémentaires de Ribbi Éliêzér concernent une autre approche que nous n'examinons pas maintenant : c'est le middrache haggada, qui explore avec une grande créativité les sens multiples de ces mitsvotes. Avant de parvenir à l'étude du middrache haggada, il faut avoir acquis la base du middrache halakha, qui est l'essentiel de l'étude du talmud. Et c'est seulement sur ces fondations solides que l'on peut aborder ensuite l'étude des niveaux cachés (nistar) de la qabbala, sinon on est assuré de se tromper dans la compréhension, et en cette matière sainte le préjudice serait grand et souvent dangereux pour l'équilibre personnel et collectif. Pour faciliter la compréhension, on peut, en simplifiant, distinguer un texte explicitement centré sur la recherche et la définition des mitsvotes : ce sera la halakha ; puis un récit qui cherche à donner d'autres dimensions de la compréhension des mitsvotes : ce sera le middrache halakha ; ensuite, on trouve le middrache haggada et, plus largement encore, la haggada. Ces règles montrent les constantes structurelles de fonctionnement du texte de la Torah ; elles en véhiculent donc le sens. Pour recevoir le message de la tradition, il ne suffit donc pas de lire l'ensemble du texte, de réfléchir et penser (sévara, comme en BQ 46 b) ni même de comprendre ce que l'on lit : on ne peut exercer cette pensée que selon les règles de fonctionnement interne de ce texte particulier. Quand on applique dessus des règles structurales autres que les siennes ou des règles interprétatives étrangères à sa spécificité, même si on veut les qualifier ensuite de règles scientifiques, ce n'est qu'une projection abusive qui s'ignore. Maïmonide (Hilkhote Talmoud Torah 8, 4) indique la hiérarchie
de valeur qu'il faut accorder aux différents modes quand ils sont
en concurrence : "un exemple de vie quotidienne rapporté (maâssé)
l'emporte sur une absence d'exemple, la halakha sur le middrache,
le middrache sur la haggada, le qal va 'homér
sur la haggada...".
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