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Cours de Modia

Comment étudier le Talmud
7e Cours

Le mode de raisonnement sur la Torah nommé
"biniane av"
 

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour 
Site Modia http://www.modia.org 

"Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur le Web".
Les références les plus précises concernent les étudiants avancés.
Les débutants et autres ne doivent pas s'en inquiéter !



 
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    Le biniane av

    La règle que nous rencontrons ici, dès la première michna du traité Baba Qama, le biniane av, est la troisième règle de la liste de Hillel ou de Ribbi Yichmâel, après le qal va 'homér et la guézéra chava que nous étudierons ensuite. On trouve la liste de Ribbi Yichmâel dans tout siddour à la prière du matin et dans les Avote de Ribbi Natane (leur traduction se trouve dans Les leçons des pères du monde. Paris. Verdier, 1983,, 252-3, version A).

    Ce biniane av que l'on trouve par exemple dans Baba Qama 63b et son Rachi) est un processus d'analyse se déroulant selon 6 étapes d'analyse précises et qui consiste, à partir d'un ou de plusieurs cas qui sont séparés dans le texte de la Torah, à
    1. circonscrire avec précision leurs différences spécifiques (lo haréi zé, pas semblable cela),
    2. ne plus considérer ces différences,
    3. rechercher alors le point commun entre les cas (hattsad hacchavé ché bahém, le côté qui est identique chez eux),
    4.  tirer ou faire dériver (mélif ou yalif) de cette identité le dine prescriptif, la conclusion sûre et qui doit s'appliquer,
    5. opérer une généralisation (hakhlala) en faisant de ce dine une règle générale (klal) ou un prototype pour d'autres cas qui ont aussi la caractéristique commune,
    6. appliquer cette règle d'analogie aux cas que l'on trouvera (ma matsinou) comme le montre Rachi sur Chabbate 26b, où l'on pourra souvent trouver écrit dans le texte :
    (ma méyou'had ché... af kol, ce qu'il y a de spécifique c'est... de même le général c'est....) ou
    (ma... af kol, ce qu'il y a... mais le général c'est....).
    C'est Na'houm Iche Gamzou, le Sage qui a précisé ces deux dimensions avec leurs deux codes : la généralisation ou extension (par les particules kol, gam, éte, im), et le spécifique, la réduction, l'exception (avec les particules raq, mine, akh). Dès son époque, sans dénier l'intérêt de la méthode, elle n'a pas semblé assez précise pour être admise par tous. Concernant le talmud, le Rav Qanepanetone ajoute af âl pi, af âl gav, zé ha klal, hakol... pour la généralisation d'un dine ou d'un sujet et, pour la réduction au spécifique: ellou haddévarim, minaïne...

    L'avantage de la procédure par étapes de cette règle, c'est qu'elle permet, à partir de données différentes, d'apporter des éclairages généraux qui n'étaient pas formulés explicitement par la Torah dans les cas spécifiques.


    La règle de biniane av peut s'exercer à partir d'une ou de plusieurs données spécifiques. Examinons ces cas pour les repérer quand on les rencontrera :

    - Le biniane av à partir d'une seule donnée écrite spécifique :
    On parle alors de biniane av mi katouv é'had .
    On dira aussi hada mi 'hada (un depuis un) ou ma matsinou ou ma... af ; analyser BQ 6 b, 24 a, 25 a) : comme.... ainsi... Voir Baba Qama 77 b, lignes 29-30 sur le verset de Lévitique 22, 28 : "grosse ou menue bête, vous n'égorgerez pas l'animal avec son petit le même jour". 

    - Le biniane av à partir de deux données écrites spécifiques

    On parle alors de biniane av mi chnéï  khétouvim. On dira aussi hada mi tartéi (un depuis deux). Un exemple qui se rapproche fortement du texte de notre michna se trouve dans Chémote Exode 21, 26-27, où il est expliqué que si un employeur porte préjudice à l'œil ou à la dent de son esclave, il doit lui rendre sa liberté. Dans son commentaire du verset, Rachi examine longuement la spécificité de chacune des deux parties corporelles atteintes dans ces deux exemples et la guémara (Qiddouchine 24 a) a tiré du point commun de ces deux cas que tout (c'est la généralisation qui devient règle) préjudice d'un membre corporel ayant le point commun entre l'œil et la dent (être un membre apparent et un membre qui ne peut être véritablement remis en l'état d'origine) entraîne la remise en liberté et la brisure du contrat.
     

    - Le biniane av à partir de trois données écrites spécifiques

    La page de Sanhédrine 66 a en donne un exemple très clair dans la comparaison entre le père, le chef et le juge. Elle analyse les différences puis trouve le point commun donné par la Torah entre le chef et le juge : l'expression "dans ton peuple" et l'interdiction de les maudire. La règle étant bâtie, elle s'applique également au père puisqu'il a également le point commun.
     

    - Le biniane av à partir de quatre données écrites spécifiques

    C'est le cas de notre michna, à partir des quatre cas spécifiques (chor, bor, mavêh, hévêr). On tire la règle applicable selon laquelle chaque fois que des choses peuvent être nuisibles, il y a l'obligation de s'en préserver en les surveillant et, s'il y a eu dommage, on a l'obligation de réparer le préjudice financier qui en découle. Ici le point commun est abstrait et non dans la similitude linguistique.
     

    - Le biniane av à partir d'une multiplicité de données écrites spécifiques

    On le voit dans le cas de la liste des oiseaux interdits à la consommation. Quand la Torah dresse une liste d'animaux interdits, elle donne également la règle qui les réunit et qui pourra s'appliquer à d'autres qui relèvent de la même règle, ce qu'elle ne fait pas en ce qui concerne la liste des oiseaux. Les Sages (traité 'Houline 61) ont tenté de résoudre le problème en sortant la règle, non pas du point commun à tous les cas cités (près de 20) mais en prenant ceux du premier cas, l'aigle (nécher) ; ses quatre caractéristiques deviennent alors le biniane av.

    Sachons que, même en ce qui concerne l'aspect le plus logique et le plus réaliste de la pensée juive dans la Torah et à partir de la Torah, ces mêmes règles concernent toujours simultanément des dimensions saintes et complexes qui ne sont pas encore accessibles en ce stade de l'étude où nous sommes : la note qui accompagne le texte du Chla sur le biniane av nous le montre à propos du choix du terme av, qui veut dire père ou principe, alors qu'on réserve le terme de ém (mère) au texte de la Torah : on parle alors de ém lamiqra ou de ém la massoréte.
     
     
     

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