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Comment étudier le Talmud 7e Cours Le mode de raisonnement sur
la Torah nommé
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour "Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur
le Web".
Le biniane av La règle que nous rencontrons ici, dès la première michna du traité Baba Qama, le biniane av, est la troisième règle de la liste de Hillel ou de Ribbi Yichmâel, après le qal va 'homér et la guézéra chava que nous étudierons ensuite. On trouve la liste de Ribbi Yichmâel dans tout siddour à la prière du matin et dans les Avote de Ribbi Natane (leur traduction se trouve dans Les leçons des pères du monde. Paris. Verdier, 1983,, 252-3, version A). Ce biniane av que l'on trouve par exemple dans Baba Qama 63b et son
Rachi) est un processus d'analyse se déroulant selon 6 étapes
d'analyse précises et qui consiste, à partir d'un ou de plusieurs
cas qui sont séparés dans le texte de la Torah, à
L'avantage de la procédure par étapes de cette règle, c'est qu'elle permet, à partir de données différentes, d'apporter des éclairages généraux qui n'étaient pas formulés explicitement par la Torah dans les cas spécifiques.
La règle de biniane av peut s'exercer à partir d'une ou de plusieurs données spécifiques. Examinons ces cas pour les repérer quand on les rencontrera : - Le biniane av à partir d'une seule donnée
écrite spécifique :
- Le biniane av à partir de deux données écrites spécifiques On parle alors de biniane av mi chnéï khétouvim.
On dira aussi hada mi tartéi (un depuis deux). Un exemple
qui se rapproche fortement du texte de notre michna se trouve dans Chémote
Exode 21, 26-27, où il est expliqué que si un employeur porte
préjudice à l'œil ou à la dent de son esclave, il
doit lui rendre sa liberté. Dans son commentaire du verset, Rachi
examine longuement la spécificité de chacune des deux parties
corporelles atteintes dans ces deux exemples et la guémara (Qiddouchine
24 a) a tiré du point commun de ces deux cas que tout (c'est la
généralisation qui devient règle) préjudice
d'un membre corporel ayant le point commun entre l'œil et la dent (être
un membre apparent et un membre qui ne peut être véritablement
remis en l'état d'origine) entraîne la remise en liberté
et la brisure du contrat.
- Le biniane av à partir de trois données écrites spécifiques La page de Sanhédrine 66 a en donne un exemple très clair
dans la comparaison entre le père, le chef et le juge. Elle analyse
les différences puis trouve le point commun donné par la
Torah entre le chef et le juge : l'expression "dans ton peuple" et l'interdiction
de les maudire. La règle étant bâtie, elle s'applique
également au père puisqu'il a également le point commun.
- Le biniane av à partir de quatre données écrites spécifiques C'est le cas de notre michna, à partir des quatre cas spécifiques
(chor, bor, mavêh, hévêr). On tire la règle
applicable selon laquelle chaque fois que des choses peuvent être
nuisibles, il y a l'obligation de s'en préserver en les surveillant
et, s'il y a eu dommage, on a l'obligation de réparer le préjudice
financier qui en découle. Ici le point commun est abstrait et non
dans la similitude linguistique.
- Le biniane av à partir d'une multiplicité de données écrites spécifiques On le voit dans le cas de la liste des oiseaux interdits à la consommation. Quand la Torah dresse une liste d'animaux interdits, elle donne également la règle qui les réunit et qui pourra s'appliquer à d'autres qui relèvent de la même règle, ce qu'elle ne fait pas en ce qui concerne la liste des oiseaux. Les Sages (traité 'Houline 61) ont tenté de résoudre le problème en sortant la règle, non pas du point commun à tous les cas cités (près de 20) mais en prenant ceux du premier cas, l'aigle (nécher) ; ses quatre caractéristiques deviennent alors le biniane av. Sachons que, même en ce qui concerne l'aspect le plus logique
et le plus réaliste de la pensée juive dans la Torah et à
partir de la Torah, ces mêmes règles concernent toujours simultanément
des dimensions saintes et complexes qui ne sont pas encore accessibles
en ce stade de l'étude où nous sommes : la note qui accompagne
le texte du Chla sur le biniane av nous le montre à propos
du choix du terme av, qui veut dire père ou principe, alors
qu'on réserve le terme de ém (mère) au texte
de la Torah : on parle alors de ém lamiqra ou de ém
la massoréte.
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