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Cours de Modia

Comment étudier le Talmud
8e Cours

Les différentes middotes selon Hillel
Le qal va 'homére
 

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour 
Site Modia http://www.modia.org 

"Un véritable cours d'initiation progressive au Talmud sur le Web".
Les références les plus précises concernent les étudiants avancés.
Les débutants et autres ne doivent pas s'en inquiéter !



 
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    Les différentes middotes 

    Pour les comprendre, nous devons les organiser.
    Elles ne sont pas d'abord des outils externes d'analyse mais, par dessus tout, ce sont des règles qui nous indiquent le fonctionnement réel du texte de la Torah ou de la discussion.
    Elles sont basées sur le fait que le sens, dans la pensée juive, est avant tout relationnel : c'est par la comparaison des données que non seulement le sens apparaît mais qu'il se révèle par l'importance relative, par la force relative et par l'extension ou les limites qu'il faut accorder à chaque donnée ; cette pensée toute en nuances refuse les affirmations entières. 
    La force relative est ainsi exprimée dans des expressions comme ko'ho chel rabbi..., la force de l'argumentation de ce Rav.
    Les limites se voient dans la confrontation, comme dans la page 27b de Baba Qama entre les maîtres de Babrl et ceux d'Erets Yisrael.
    La vérité (éméte) est dans le rapport des choses : distance, lien, ressemblance et différence, importance plus ou moins forte. La logique des règles n'est que le moyen qui sert à apprécier ces dimensions.

    Prenons comme base les 7 règles de Hillel. 
    Un premier groupe de trois règles majeures arrive en tête :

    Le qal va 'homér

    La 1e règle est soumise en abréviation  par les lettres qouf et vav, c'est le  qal va 'homér ou principe de a fortiori (si on peut dire ceci de X, à plus forte raison de Y) ; ainsi les frères de Joseph disent :
    "puisque nous rapportons l'argent que nous avons trouvé,
    alors, a fortiori, nous ne pouvons pas être soupçonnés d'en voler".
    Voici comment il est construit. Il y a une comparaison de type égalitaire dans la force logique des arguments (dayo) : l'un est léger (qal) et l'autre est fort ('hamour).
    L'élément qui est la référence de base dans la comparaison (nous rapportons l'argent que nous avons trouvé) est désigné par le terme de nidone, et l'argument qui découle de la comparaison (a fortiori nous ne pouvons pas être soupçonnés d'en voler) est nommé : dine.
    Reprenons notre exemple :
    "puisque nous rapportons l'argent que nous avons trouvé : nidone,
    alors, a fortiori, nous ne pouvons pas être soupçonnés d'en voler" : dine. 

    En conséquence, dans la comparaison entre deux termes, une limitation qui s'applique au terme le moins important s'applique a fortiori au terme le plus important. Au contraire, une permission qui s'applique au terme le plus important s'applique a fortiori au terme le moins important.
    Dans la Torah,  le nidone est introduit par hén et le dine par éikh ou par af ki.
    Dans la michna,  le nidone est introduit par qal va 'homer et le dine par vélo dine hou ou par âl a'hate kama vé khama.
    Dans la guémara,  le nidone est introduit par hachata ouma ou  ouma im et le dine par eino dine ché... ou par lo kol chékhén.

    Le qal va 'homér peut être évident ou méforache, comme dans les versets de Jérémie 12, 5 et Esther 9, 12, et pour ce motif, Ribbi Yichmâel ne le signale pas ; ou bien le qal va 'homér peut être difficile à percevoir ou satoum, comme dans le Psaume 10, 4. Allez voir.

    Une démonstration qui détruirait la relation ou l'égalité apparente du qal va 'homér est dite pirkha, et elle produit une "brisure" ou  chévira.

    Le qal va 'homér repose sur quelques règles qui peuvent entraîner sa contestation après examen :

    - il ne peut s'appuyer sur les versets des prophètes (néviim) ni sur ceux des écrits (kétouvim) mais uniquement sur ceux de la Torah ;
    - basé sur le seul raisonnement, le qal va 'homér n'a donc pas besoin d'être reçu par la tradition du Sinaï ;
    - en conséquence, par mesure de prudence, il n'a pas le pouvoir de briser une halakha admise ;
    - pour le même motif, il n'a pas le pouvoir de s'appliquer dans les cas où on pourrait en déduire une punition grave ; cela est exprimé par la règle éïn ônechine mine haddine, on ne punit pas à partir d'un dine ; cela s'applique particulièrement aux sentences corporelles et de mort (ônéche malkhoute) mais non aux amendes pour les questions d'argent (mamone) et d'interdit (issour) ;
    - il ne peut aboutir à des conséquences plus graves que ce sur quoi il se base dans la comparaison, selon la règle dayo lava mine haddine lihiote kanidone.

    (on repèrera l'usage de ces règles de réfutation dans le débat talmudique ; on dit que "l'on répond au qal va 'homér, selon l'expression : méchivine âl qal va'homér.
    Toute la page 25 a de notre traité Baba Qamanalyse ce principe de dayo.
    Voir également un exemple très clair qui montre bien les quatre phases de ce type de raisonnement, page 63 b, 5 lignes avant le bas de la page : 
    - ganav âtsmo mina léi, que le voleur lui-même doive réparer en payant le double de la valeur, d'où le tire-t-on dans la Torah ?)
    - vékhi téima : létéi bé qal va'homér mitoêne taânate ganav, et si tu dis : on le tire par un qal va'homér de l'argumentation qui s'applique au cas de celui qui garde et qui est un voleur ; Exode 22, 3 et 22, 6-7 ...

    - dayo laba mine haddine lihiote kanidone, on t'objectera le principe qui dit qu'il suffit que ce que l'on tire d'une loi pour l'appliquer à un autre cas soit aussi punitif ou contraignant mais qu'il ne peut l'être davantage ...

    - ma léhalane bichvouâ af kane bichvouâ, alors comme là-bas c'est uniquement dans le cas de faux, ici ça doit l'être uniquement dans ce cas également).

    On le voit, il faut bien connaître le sens de ces formules qui permettent de structurer le sens d'une phrase si abrégée en araméen et de savoir immédiatement que la phrase va se dérouler selon ces quatre rythmes ; sans cela, l'assemblage si bref de ces quelques mots resterait incompréhensible.
    C'est l'un des instruments permettant de nuancer, souci majeur de la pensée juive.

    Exercices
    Exercice 1 :
    Etudier les 10 plus importants qal va 'homér du Tanakh donnés par Ribbi Yichmâel
    Genèse 44, 8 : Exode 6, 12; Nombres 12, 14 ; Deutéronome 31, 27 ; Jérémie 12, 5 ; I Samuel 23, 3 ; Proverbes 11, 31 ; Esther 9, 12 ; Ézéchiel 15, 5.
    - étudier le commentaire qu'en fait Rachi ; 
    - préciser à chaque fois quels y sont les mots d'introduction ( hiné, vé af ki, vééikh, hén...),
    - distinguer où est le nidone et où est le dine.
    Examinons l'exemple de Genèse 44, 8 : "Héne, Ô voici, l'argent que nous avons trouvé à l'entrée de nos sacs nous te l'avons rapporté, vé éikh  et comment aurions-nous dérobé de l'argent ou de l'or dans la maison de ton maître" ?

    Exercice 2 :
    Analyser les qal va 'homér qui sont clairement apparents aux pages suivantes de Baba Qama : 4 a lignes 2 et 3, les deux qal va 'homér de la page 6 b, le qal va 'homér de la page 13 a, 18 b, 24 b, 25 a, 32 b, 34 b, 37 b, 38 b, 42 a, 43 b, 44 a, 49 b, 50 b, 57 b, 64 b, 88 b, 91 b, et dans les tossafotes : page 4 b, fin du dibbour hammat'hil véêdim.
    Examinons l'exemple de la page 4 a lignes 2 et 3 de Baba Qama :
    "et ne peut-on pas comprendre cela par le ˜’’Â ? En effet, si la dent qui n'a pas l'intention de nuire doit réparer (niddone), a fortiori la corne dont l'intention est de nuire doit réparer (dine)".
     
     
     
     
     
     

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