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Le Lév Gompers
Comment utiliser la méthode de ce cours
sur le Web ?

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour


L'étude sur Internet peut se réaliser individuellement.
Mais, contrairement à de nombreux sites qui sont d'abord des lieux de promenade, ce site est véritablement un lieu d'étude, comme un livre.
L'usage normal et le plus fructueux de cette étude individuelle est de :

  1. participer parallèlement à un groupe d'étude ou d'étudier avec quelqu'un de compétent.
  2. voir un collègue d'étude avec qui on prépare et révise, individuellement puis en duo ('hévrouta) ;

En agissant de cette manière, l'étudiant sera surpris de la rapidité du développement de ses connaissances, sa capacité de lecture et d’analyse d'une page de guémara.

Conseils traditionnels
pour que l'étude de ce cours soit efficace

Nous proposons à l'étudiant de ne pas lire seulement le texte des pages mais de suivre aussi les principes traditionnels suivants qui assureront la juste compréhension et la mémorisation :

  • fixer un temps pour l'étude et un lieu, prévus à l'avance et fixes ;
  • protéger à tout prix ce temps précis réservé à l'étude ;
  • dire la "bénédiction avant l'étude" car on étudie Sa Torah et non pas la nôtre ;
  • faire une première lecture globale de la session d’étude qui soit rapide et non approfondie, puis revenir au début de cette session et la reprendre jusqu'à quatre fois et sans précipitation ;
  • lire le texte à haute voix, avec une expression chantante qui rythme la ponctuation ;
  • accompagner la lecture de mouvements expressifs des mains et du corps ;
  • après lecture de passages bilingues, répéter l'hébreu et la traduction en français sans regarder le texte, jusqu'à parvenir à une prononciation fluide et sans bredouiller ;
  • vérifier les connaissances par le test d'évaluation personnelle qui suit chaque session et, en cas d'hésitation, se reporter au texte jusqu'à la mémorisation complète des réponses exactes ;
  • ne pas sauter une session, car la progression proposée comporte une logique. Qui voudrait faire une première lecture globale et rapide de la méthode n'y perdrait pas à l'usage mais cela ne pourrait le dispenser de l'apprentissage systématique, jusqu'à la mémorisation contrôlée de chaque session ;
  • réviser périodiquement, jusque dans le détail du vocabulaire avec sa traduction.

La lecture d'une session en deux temps (rapide puis approfondie) est basée sur l'expérience générale de l'étude dans la tradition ; elle est formulée ainsi par le Chla quand il indique dans Tora ché béâl pé comment étudier les tossafotes :
mité'hila tsarikh liqrote mité'hila véâd hassof léhavino béhavana qala ; a'har kakh la'hzor âlav ouléhaâmiq bo léhavino koulo bélév ouvésvara tova oumétouqa.
"dès le point de départ de l'étude, il faut lire depuis le début jusqu'à la fin du texte pour le comprendre d'une compréhension succincte et légère" ; et, ensuite, revenir sur le texte et l'approfondir jusqu’à une compréhension totale, avec intelligence, intériorité du cœur et dans une réflexion logique qui soit bonne et douce.

Une question importante : l'étude juive n'est-elle pas trop difficile ?

On parle, à juste titre, de l'immensité de "l'océan de la connaissance talmudique", mais nous allons voir que nous pouvons garder confiance en notre capacité personnelle d'apprendre.

Sur quoi peut-on baser cette confiance ?
Au moins sur l'exemple de toutes ces générations qui sont parvenues à cette connaissance.

Et comment ont-elles donc fait pour y parvenir ?
Par deux mesures : l'organisation systématique et la persévérance méthodique, ainsi qu'il est dit :
"cela peut être comparé à un pain qui a été suspendu en l'air. Le sot se dit : qui pourra l'attraper ? Et celui qui est avisé se dit : n'est-ce pas quelqu'un qui l'a mis là ? Et donc, il apporte une échelle ou un bâton et le fait tomber. De même, le sot se dit : quand pourrai-je parvenir à lire toute la Tora ? Et celui qui est avisé, que fait-il ? Il étudie un chapitre méthodiquement chaque jour jusqu'à ce qu'il termine la Tora complètement...".
{L’expression actuelle de ces arguments est la suivante : aujourd'hui, à l'heure du journalisme qui veut tout résumer superficiellement en une phrase ou en quelques images-choc et crée une véritable anorexie réflexive, on souhaite des introductions faciles, brèves, qui donnent l'illusion de savoir sans apprendre. Le souffle nous manque.}

Face à cela, la suite de ce texte nous indique d'où et de qui nous vient l'encouragement :
" Haqqadoche baroukh Hou dit : elle n'est pas trop éloignée de toi ; et si, cependant, elle est éloignée de toi et que cela te semble trop difficile, c'est que toi tu ne prends pas ton occupation en elle, alors que tu en as pourtant reçu le commandement."

Le résultat est donc assuré pour qui réalise cet investissement.
Le Talmud avec plaisir, oui ; le plaisir avec bonheur, oui.
Mais cette assurance dans la promesse de parvenir à comprendre les textes traditionnels n’est-elle pas abusive et fallacieuse?
Elle le serait certainement

  • pour celui qui prétendrait ne s’appuyer que sur lui-même,
  • pour celui qui se contenterait d’entendre des conférences en français,
  • pour le dépressif qui apprendrait à marcher avec ces béquilles que sont les traductions et ne voudrait pas les quitter.

Par contre, les grands Sages nous l’assurent : "ce pour quoi il faudrait un temps d’acquisition considérable, un épuisement dans la concentration et un travail éprouvant peut s’acquérir selon la méthode traditionnelle en peu de temps, sans peine excessive, dans la mesure où on suit le sentier balisé par la méthode qui organise les connaissances et procure une aide considérable". C'est la méthode que nous avons développée dans Le Lév Gompers.

Mise en garde

Il serait pourtant mensonger de nommer la méthode de l'étude : "Le talmud sans peine", car l'étude juive est synonyme de "labeur", âmal.
Par contre, toucher quelques éclats de lumière de la pensée juive pour faire des jeux allusifs de liaisons entre le judaïsme et d'autres sciences peut sembler facile et séduisant mais ce n'est qu'un jeu de ricochets superficiels.
Connaître vraiment l'originalité, l'étendue et l'intimité de la pensée toraïque par le Talmud demande patience, attention, fidélité, qui sont qualités de l'amour.
Le middrache Vayiqra Rabba (Lévitique Rabba) va plus loin encore dans cette voie :
"quand la Torah dit qu'elle est un arbre de vie, il n'est pas ajouté dans ce verset : 'un arbre de vie pour ceux qui peinent' mais un arbre de vie pour ceux qui s'en rendent maîtres, pour ceux qui la mettent en pratique, pour ceux qui s'y tiennent avec fermeté."
Et Rabbi Yits'haq, dans le traité Méguila, page 6 a, a clairement précisé les trois éventualités possibles :

  1. im yomar lékha adame : iagâti vé lo matsati, al taamine si quelqu'un te dit : j'ai peiné [dans l'étude] et je n'ai pas trouvé, ne [le] crois pas ;
  2. lo iagâti vé matsati, al taamine [si quelqu'un te dit] : je n'ai pas peiné et j'ai trouvé, ne le crois pas ;
  3. iagâti vé matsati, taamine[si quelqu'un te dit] : j'ai peiné et j'ai trouvé, crois-le.

Réponse à une question angoissée
Question :
En dépit de tous les encouragements, n’est-il pas impossible pour le commun des hommes d’avancer dans cet océan de la connaissance juive qui demande tant de temps, une disponibilité peu réaliste dans le monde actuel, qui est si complexe et difficile, et qui exigerait enfin une mémoire gigantesque pour laquelle notre génération n’a plus d’entraînement pédagogique ?

La réponse sera, encore une fois, affaire de cœur et d’amour. Moché Rabbénou lui-même, malgré son niveau, ses qualités intellectuelles et humaines qui l’ont placé à un niveau jamais égalé dans l’humanité, ne parvenait pas à intégrer toutes les connaissances de la Tora que Hachém lui enseignait et lui faisait répéter au Sinaï ; il lui fallait, pourtant, revenir vers le peuple et vers les tâches de la vie quotidienne. Alors Hachém, devant l’effort de Moché Rabbénou, devant son incapacité et devant la réalité contraignante, lui a tout simplement "donné" la Tora. C’est ce que nous répétons chaque fois, et au présent, dans la bénédiction de la Tora avant l’étude : Hachém "donne" la Tora à ceux qui l’aiment et qui luttent et investissent leur temps, leurs forces et leurs ressources en argent pour l’acquérir (conditions nécessaires).

Et Hachém le fait comme un amant qui, devant les preuves de l’amour de son aimée, ne peut faire autrement que lui "donner" tout : c’est ce que nous explique Rachi sur l’Exode 31, 18. Il y est dit : "et il donna à Moché, lorsqu’il eut achevé de parler avec lui sur le Mont Sinaï, les deux tables du témoignage, tables de pierre, burinées par le doigt de D-ieu". Comme le mot hébreu ÎÎÏ›·Â (kékhaloto) signifie certes "lorsqu’il eut achevé" mais également "comme son épouse", Rachi, avec tous les commentateurs, explique : "le mot peut être lu : comme sa nouvelle épouse. Car la Tora lui a été remise en don, telle l’épouse à l’époux. Il ne pouvait pas l’avoir étudiée toute entière dans un aussi court laps de temps. Autre interprétation : de même que l’épousée est ornée de 24 ornements qui sont énumérés en Isaïe 3, de même le disciple des Sages doit être expert dans les 24 livres de la Bible...; Moché écoutait de la bouche du Très-Haut et ils revenaient et répétaient la halakha tous les deux ensemble". Cela nous est dit pour notre éclairer précisément sur ce problème que nous rencontrons. Dans Massékhéte Chavouôte29, le Chla explique longuement pourquoi, en ce verset qui veut qualifier le rapport si précis et si élevé à la Tora de Moché Rabbénou, il est comparé à une femme ; cela nous indique aussi que le judaïsme a de la femme l’image la plus élevée qu’il soit possible de concevoir : cela se traduit dans le poème de Échéte 'haïl, chanté chaque soir de Chabbate.

Après cela, il est inutile de répondre davantage, il suffit de méditer, d’intérioriser et de... réaliser.

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du cours de Talmud


© Copyright Dufour