Présentation abrégée
de la chaîne de la transmission de la Torah.
voir aussi le tableau graphique
de résumé
par Yehoshua Ra'hamim
Dufour
http://www.modia.org
Aux derniers prophètes (Haggaï, Zakhari et Malakhi) succédèrent
les Sanhédrines de chaque génération et
les Sages dits de la Grande Assemblée (Anechéï
knésséte hagguédola).
Puis, sans interruption dans la transmission d'une génération
à l'autre, voici les 14 générations de tannaïm
puis les 7 générations d'amoraïm, selon Halikhote Ôlam
:
... les tannaïm... ou Maîtres de la michna,
les 'hakhméï hammichna
La 1e génération des tannaïm
Chimeône Hattsaddiq, fin de la Grande Assemblée
dans la lignée d'Êzra
La 2e génération des tannaïm
Antigonos iche Sokho et ceux de sa génération
Cinq générations successives de ...zougote qui sont
:
La 3e génération des tannaïm
a. Yossé ben Yoêzér et Yossé
ben Yo'hanane
La 4e génération des tannaïm
b. Yehoshua ben Péra'hiya et Nitaï Haarbéli
La 5e génération des tannaïm
c. Yéhouda ben Tabaï et Chimeône ben Chata'h
et 'Honi Haméâguél
La 6e génération des tannaïm
d. Chemâya et Avtalione
La 7e génération des tannaïm
e. La dernière génération des zougotes s'étend
de l'an 10 (3770) à la chute du Temple en 70 (3830) : Hillel Hazzaqén
et Chammaï Hazzaqén.
Une autre forme de classification chez d'autres auteurs fait commencer
la génération des tannaïm ici et répartit la
suite en 6 générations. Les Sages précédents
sont alors nommés uniquement les "zougotes".
La 8e génération des tannaïm
Rabbane Gamliel Hazzaqén
La 9e génération des tannaïm
Ribbi Chimeône ben Gamliel, Ribbi Yichmâel ben Élichâ
Cohén gadol
La 10e génération des tannaïm, de l'an 70
(3830) à l'an 110 (3870)
Ribbi Yo'hanane ben Zakaï, disciple de Hillel et Ribbi Chimeône
ben Hillel
La 11e génération des tannaïm
Les 5 grandissimes disciples de Rabbane Yo'hanane ben Zakaï
:
Ribbi Éliêzér Haggadol à Lydda
Ribbi Yehoshua, à Pékiîne
Ribbi Yossi Haccohén, à Yavné
Ribbi Chimeône ben Natanael
Ribbi Elâzar ben Arakh
La 12e génération des tannaïm, de l'an 110
à la chute de Bar Korba à Bétar en 135
- Ribbi Âqiva ben Yossef à Bné Braq
- Onqélos, etc.
La 13e génération des tannaïm, de 135 (3895)
à l'an 170 (3930)
- le grand Ribbi Méïr
- Ribbi Yéhouda
- Ribbi Yossi
- Ribbi Chimeône
- Ribbi Chimeône bar Yohaï
- Ribbi Né'hémia, etc.
La 14e et dernière génération des tannaïm,
de 170 (3930), sous Marc-Aurèle
- Ribbi Yéhouda Hannassi , Ribbi Yichmâel ben Ribbi
Yossé Haggalili
Viennent ensuite
... les amoraïm... ou les Maîtres de la
guémara, les 'hakhméï hagguémara, selon
Halikhote
Ôlam
La 1e génération des amoraïm
- Ribbi 'Hiya, Ribbi Ochaya...
- Rav, en Babylonie, 219-247 (4007)
- Chmouel, en Babylonie, vers 220-254 (4014)
La 2e génération des amoraïm
- Ribbi Yo'hanane, à Tibériade, 230-290 (4050) et Réche
Laqiche
La 3e génération des amoraïm
- Ribbi Zéira et Abbahou en Éréts Yisrael
- Ribbi Na'hmane, Rav Yéhouda, Rav Assi, Oula, Rav Ada ben A'hva
et Rav Houna, à Soura, Rav Chéchate à Mé'hoza
La 4e génération des amoraïm
- Rabba bar Na'hmani, Rav Na'hmane ben Yaâqov, Rav Yossef ben
'Hama, Rav Yossef ben 'Hiya, à Poumbédita en Babylonie, vers
300-320 (4060-4080)
La 5e génération des amoraïm
- Ribbi Yossé en Éréts Yisrael
- Abbayé, à Poumbédita en Babylonie, 330-340 (4090-4100)
- Rava le fils de Ribbi Yossef bar 'Hama et Rav Houna ben Yehoshua,
à Mé'hoza en Babylonie, vers 340-350 (4100-4110)
La 6e génération des amoraïm
- Rav Zévid, à Poumbédita en Babylonie
- Rav Papaï, Rav Houna ben Yehoshua, à Mé'hoza en
Babylonie
- Rav Papa à Naréch et Soura, vers 350-370 (4110-4130)
La 7e génération des amoraïm
- Rav Kahana, Rafram bar Papa, à Poumbédita en Babylonie
- Améimar à Soura
- Ravina et Rav Achi, à Massa en Babylonie, vers 370-425 (4130-4185)
C'est (sof hahoraa, la fin de l'enseignement).
L'autre type de classification des tannaïm que nous avons évoqué
plus haut les répartit ainsi :
La 1e génération des tannaïm
- La dernière génération des zougotes : Hillel
Hazzaqén et Chammaï Hazzaqén
- Rabbane Gamliel Hazzaqén
- Ribbi Chimeône ben Gamliel, Ribbi Yichmâel ben Élichâ
Cohén Gadol
La 2e génération des tannaïm
- Ribbi Yo'hanane ben Zakaï
- Ribbi Éliêzér Haggadol
- Ribbi Yehoshua
- Ribbi Yossi Haccohén
- Ribbi Chimeône ben Natanael
- Ribbi Elâzar ben Arakh
La 3e génération des tannaïm
- Ribbi Âqiva ben Yossef
- Onqélos, etc.
La 4e génération des tannaïm
- le grand Ribbi Méïr
- Ribbi Yéhouda
- Ribbi Yossi
- Ribbi Chimeône
- Ribbi Chimeône bar Yohaï
- Ribbi Né'hémia, etc.
La 5e et dernière génération des tannaïm,
vers 170 (3930)
Présentation détaillée de la chaîne
de la transmission
Sur chaque point, nous avons placé, dans le Lév Gompers,
les références du Talmud où apparaissent ces Sages
; ces références ne figurent pas ici.
La 1e génération des tannaïm
Chimeône hattsaddiq termine la génération de la
Grande Assemblée.
- Ribbi Yéhouda Hannassi
L'enseignement des Sages (horaa) se termina, selon les
auteurs, à la fin de la 5e, 6e ou 8e génération des
amoraïm, celle de Améimar, Ravina et Rav Achi (vers 475, ou
4235 du compte juif), à laquelle succédèrent les savoraïm.
Avec eux, disent-ils, est alors clos et contresigné le talmud :
ouméhém
oubahém nistam ouné'htam hagguémara.
La rédaction des grands traités du talmud de Babylone
se termina vers l'an 500 (4260).
La rédaction des petits traités du talmud de Babylone
se termina vers l'an 600 (4260).
Tout cela, c'est ce que l'on appelle (chalchéléte haqqabbala,
la chaîne de la transmission).
Reprenons cette liste en découvrant davantage chaque maître
et en indiquant à quelle page du premier chapitre de notre guémara
il apparaît. Pour la force de la démonstration, nous choisirons
surtout les premières apparitions de ces Sages lors du premier chapitre
et nous découvrirons ainsi que, même sur quelques pages, notre
texte utilise les apports de la majorité des Sages des diverses
époques, d'Éréts Yisrael aussi bien que de Bavel.
Nous comprendrons alors combien il est indispensable de connaître
la typologie de chacun de ces Sages pour situer et comprendre le recours
qui est fait à leur argument spécifique plutôt qu'à
celui d'un autre, et le poids particulier qu'on lui accorde. Donnons un
exemple extérieur qui fera saisir cette approche : dire simplement
"le suicide est le seul et unique problème philosophique" ou dire
: "Albert Camus a dit : le suicide est le seul et unique problème
philosophique" change totalement le sens de la phrase ; dans le premier
cas, c'est un avis parmi d'autres auquel on peut n'accorder aucune importance
; par contre, la connaissance de l'auteur fournit une situation, une orientation
très particulière et un poids. De même avec l'expression
: "nous avons perdu une bataille mais nous n'avons pas perdu la guerre"
peut sembler un dicton banal mais celui qui sait "quand et par qui" cette
phrase a été dite, perçoit les connotations, la force
particulière du message et l'intention qui la meut envers les interlocuteurs.
Antigonos iche Sokho
Un événement considérable pour l'avenir de toute
l'humanité se produisit alors : le gouverneur de Macédoine
Ptolémée qui régnait sur l'Egypte (-283-245) fit traduire
la Bible en grec (ce fut le targoum chivîm, ou version dite des Septante,
ou 70 Sages). Ce fut le début d'une diffusion universelle de l'héritage
juif mais aussi le début d'une volonté d'appropriation de
la Torah et de la terre d'Israël par d'autres cultures ou religions
: celles-ci commencèrent à la revendiquer en prétendant
que la Torah aurait été révélée exclusivement
pour elles (les Juifs n’étant, selon l’artifice de cette conception,
qu’une étape de transmission), ou comme un message universel dont
telle religion revendique d'être le nouveau messager. De nombreuses
persécutions et guerres s'en sont suivies jusqu'à ce jour.
C'est la période de la persécution culturelle grecque,
la révolte des Maccabées, la fête de 'Hanouka, l'alliance
des Hasmonéens avec Rome qui les aide à conquérir
la Grèce ; puis les Juifs tombèrent sous la dictature romaine.
Vient ensuite la période des cinq générations
successives de zougote, les générations 3 à 7
:
a. Yossé ben Yoêzér et
Yossé ben Yo'hanane : c'est la dernière époque des
grands maîtres qui étaient à l'égal de la science
de Moshé Rabbénou ; après eux commencèrent
les premières incertitudes et discussions, spécialement sur
la validité ou la non validité de la sémikha
ou imposition des mains pour l'habilitation du maître.
b. Yehoshua ben Péra'hiya et Nitaï
Haarbéli . Les Sadducéens commencèrent alors à
contester vigoureusement la validité et la valeur de la Torah. Le
courant de résistance rabbinique et populaire des Pharisiens réagit.
c. Yéhouda ben Tabaï : on le trouve
dans 'Haguiga 16 a et Makkote 5 b ; Chimeône ben Chata'h dans Sanhédrine
19 a ; il était le frère de la reine d'heureuse mémoire
Chlome Tsione hammalka. Et 'Honi Haméâguél qui savait
demander la pluie.
d. Chemâya, issus d'une longue lignée
de convertis au judaïsme et Âkavya ben Mahalalel.
Nous arrivons à ce que l'on appelle la 7e génération
des tannaïm qui s'étend de l'an 10 (3770) jusqu'à la
chute du Temple en 70 (3830) (nous savons déjà qu'une autre
classification en fait la première génération des
tannaïm).
Note importante : les références de Baba Qama sont indiquées
ici pour s'y reporter.
Hillel Hazzaqén et Chammaï Hazzaqén
(BQ 65 b, 66 a). A cette époque, Hérode prend le pouvoir
et fait alliance avec Rome après avoir assassiné les derniers
membres de la descendance des Hasmonéens ('hachmonaïm),
puis les autres Juifs qui ne reconnaissaient pas son identité juive
ou son autorité ; pour amadouer le peuple, il devient un grand constructeur
et rebâtit le Temple, ouvrant une dynastie de 103 ans qui s'achèvera
par la destruction du Temple sous le règne de son arrière
petit-fils Agrippas II.
Hillel et Chammaï, qui ne s'opposaient que sur trois ou quatre
points, fondèrent deux grandes yéchivote nommées Béit
Hillel (BQ 65 b ; 66 a) et Béit Chammaï (BQ 65 b) qui, elles,
entrèrent dans de multiples querelles sur plus de 300 cas pour lesquels
l’École de Chammaï opta pour l’option la moins sévère
dans 55 cas seulement. La halakha a été fixée selon
Hillel sauf sur 6 points, ou sauf sur 3 points selon d'autres auteurs.
L'opinion de Béit Chammaï n'a pas force de préemption
sur les autres opinions.
Hillel était venu de Bavel. En plus de ses connaissances brillantes,
il a précisé sept règles d'interprétation de
la Torah, les Chivâ middote chél Hillel. De plus, il possédait
toutes les qualités du 'hassid, le pieux.
Hillel a ouvert une longue dynastie de 14 générations
de présidents du béit dine (tribunal rabbinique),
jusqu'en l'an 360. La majorité des décisions halakhiques
débattues entre les deux Écoles adoptèrent son opinion.
Considérer que Hillel était laxiste, contrairement à
Chammaï, est une erreur ; au contraire, par exemple, sa souplesse
pour les admissions dans le judaïsme allait de pair avec des exigences
souvent plus sévères ensuite. De plus, malgré leurs
désaccords dans l’interprétation (par exemple sur la validité
des mariages), ils manifestaient une grande tolérance et les mariages
continuèrent toujours entre les familles de leurs disciples.
C'est aussi l'époque de Ribbi Né'hounia ben Haqana.
Arrivons à la 10e génération des tannaïm
qui
s'étend de l'an 70 (3830) à l'an 110 (3870).
A partir d'ici, il y a quelques différences entre le Rambam
et le Séfér Hakkéritoute.
- Rabbane ou Ribbi Yo'hanane ben Zakaï
(BQ 79 b) partit à Yavné après la destruction du Temple
en 68-70 ; c'est lui qui obtint de Vespasien l'autorisation d'assurer la
continuité de la transmission et de l'étude pendant cette
période de l'anéantissement du second Temple, 'horbane.
Sa louange est faite dans le chapitre 14 des Avote de Ribbi Natane
(s'y reporter). Il est nommé "Père des générations",
av
létoladote. Il est l'élève direct de Hillel, le
maître de Ribbi Éliêzér ben Hyrcanous et de Ribbi
Yehoshua ben 'Hanania.
- Ribbi Chimeône ben Hillel .
A la 11e génération viennent les grandissimes disciples
de Rabbane Yo'hanane ben Zakaï qu'il qualifia chacun selon sa caractéristique
:
- Ribbi Éliêzér Haggadol, à Lydda (BQ
3 a, 20), est l'un des deux grands disciples de Rabbane Yo'hanane ben Zakaï,
avec Ribbi Yehoshua ; il est donc de la tradition de Hillel mais fut également
disciple de Chammaï, cumulant les deux traditions. Son maître
le qualifia de "citerne fermée qui ne perd aucune goutte", ou de
"gourde enduite de poix qui garde son vin". Il commença à
étudier à 28 ans. Les Pirqéï Avote 2, 8 disent
que, si tous les Sages d'Israël se tenaient sur un plateau d'une balance
et Ribbi Éliêzér seul sur l'autre plateau, la balance
pencherait en sa faveur. Il s'agit de lui quand le nom du père n'est
pas indiqué après Éliêzér. La halakha
n'est jamais fixée selon l'avis de Ribbi Éliêzér
car il était chamouti c'est-à-dire qu'il était
de l'École de Chammaï ou, selon la lecture de Rachi en Baba
Métsiâ 59 b, parce qu'un type de 'hérem aurait
été mis sur lui.
Ses échanges avec sa femme Imma Chalom sont rapportés
dans Êrouvine 63 a.
Ses autres collègues principaux cités étaient
: Ribbi Tarfone, maître de Ribbi Âqiva, Ribbi Yossi Haggalili,
Ribbi Chimeône ben Elâzar, Ribbi Yo'hanane ben Nori.
- Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, à Pékiîne. Il fut,
avec Ribbi Éliêzér et Rabbane Gamliel II de Yavné,
l'un des grands Sages de cette génération particulière,
celle qui a suivi la destruction du Temple ; il avait été
un des lévites assurant le service des chants. Il est dit de lui
: "une corde tressée de trois fils ne se rompra pas facilement".
Il fut un collègue d'étude des plus grands Sages. Chaque
fois que le nom de Yehoshua apparaît sans nom du père, c'est
de lui qu'il s'agit.
- Ribbi Yossi Haccohén, à Yavné : le 'hassid
ou le pieux et zélé de sa génération".
- Ribbi Chimeône ben Natanael : une oasis dans le désert".
- Ribbi Elâzar ben Arakh : une source débordante".
Son maître l'autorisa à parler des mystères du Trône
de D-ieu (maâsséi hammerkava) et le qualifia de parfait
fils d'Avraham qui connait la beauté de la Torah et l'applique.
Nous arrivons à la 12e génération des tannaïm
qui s'étend de l'an 110 (3870) sous Trajan à la chute de
Bar Korba à Bétar en 135 (3895) sous Hadrien.
On trouve les grands disciples de Ribbi Éliêzér
Haggadol :
- Ribbi Âqiva ben Yossef à Bné Braq (BQ 5 a, BQ
6), parfois nommé Qor'ha.
Il est le disciple de Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, de Na'houm
iche Gamzou et de Ribbi Éliêzér.
Il a formé les plus grands de sa génération
dont Ribbi Yichmâel et Ribbi Méïr (SAK).
Ses collègues d'étude étaient particulièrement
Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, Ribbi Yichmâel ben Élicha, Ribbi
Chimeône ben Azzaï, Ribbi Tarfone.
Il a vécu la destruction du Temple et y a survécu
68 ans. Bien qu'il commençât à s’adonner totalement
à l’étude à l’âge de 40 ans seulement (et grâce
à son épouse Ra'hel), il parvint à être l'un
des sages du Grand béit dine de Jérusalem. Il développa
la yéshiva de Bnéï Braq et commença à
recueillir l'ensemble des traditions et les ordonna très bien, "en
anneaux comme dans un collier". Il soutint la révolte de Bar Korba
et périt dans de grandes souffrances avec les 10 martyrs nommés
âsséra
arouguéï malkhoute. C'est de lui qu'il est dit : "il faut
attribuer une michna anonyme à Ribbi Méïr, une tossefta
anonyme à Ribbi Né'hémia, un Sifra anonyme à
Ribbi Yéhouda, un Sifré anonyme à Ribbi Chimeône
et tous ces enseignements viennent de Ribbi Âqiva", leur maître.
- Ribbi Yossé Haggalili dont on ne sait qui fut son maître
mais qui est considéré comme l'un des plus grands (BQ 12
b, 11).
- Ribbi Yichmâel ben Élicha (BQ 6 b, 34), de Kfar Aziz
près du Jourdain, renommé pour sa grande richesse, il établit
sa grande yéchiva nommée Yéchiva devéi Ribbi
Yichmâel et des middrachim portant ce nom ont été rédigés
; il y inscrivit les 13 middotes qui servent à interpréter
la Torah, liste qui est lue chaque matin dans la prière après
la partie des sacrifices (qorbanote). Il est également l'un
des 10 martyrs.
- Ribbi Tarfone, de Lydda (BQ 14 a, 38), était le talmid
'havér de Ribbi Âqiva ; parfois cité également
comme l'un de ses maîtres, il est nommé "le père de
tout Yisrael".
- Onqélos, le converti ou prosélyte ou guér
tsédéq, a réalisé le Targoum Onqélos,
une traduction de la Torah en araméen qui éclaircit de nombreux
sens du texte original et qui est lue chaque matin avec les versets de
la section hebdomadaire de la Torah (rappel de méthode : on lit
deux fois chaque verset de la Torah et une fois sa traduction par Onqélos).
D'autres guérim, convertis, sont nommés Ben
Hé Hé ou Ben Bag Bag, faisant allusion aux deux ‰ du nom
divin et de leurs "parents" en judaïsme : Abraham et Sara.
- Ribbi Chimeône ben Azzaï (BQ 13 a, 5), qui était
également versé en nistar, ce qui est caché, etc.
Dans le traité Roche Hacchana 31 a, 5, on trouve la description
des 10 déplacements du Grand Sanhédrine qui eurent lieu à
cette époque.
Nous arrivons à la 13e génération des tannaïm
qui s'étend de la chute de Bar Korba à Bétar en 135
(3895) à l'an 170 (3930).
On y trouve les élèves de Ribbi Âqiva et ses
collègues d'étude :
- le grand Ribbi Méïr (BQ 16 a, 46 ; 23 b...). Son
nom d'origine était Ribbi Miacha ; ce nom de Méïr, venant
de la racine signifiant "lumière", lui fut donné parce qu'il
illumine les yeux des Sages. Beaucoup d'enseignements rapportés
par lui sont mis sous le nom de (a'hérim omerim, d'autres
disent ; BQ 11 a ; 33 a ; CC 35 ; cette expression indique qu'il tient
cet enseignement de son maître Élichâ ben Abouya surnommé,
l'autre, en 'Haguiga 15 a. Cette expression concerne parfois Ribbi Natane).
Il s'agit de Ribbi Méïr quand il est dit : , un élève
rapporte une tradition de Ribbi Yichmâel devant Ribbi Âqiva
car il reçut son enseignement de Ribbi Âqiva et de Ribbi Yichmâel,
élève lui-même de Ribbi Âqiva.
Ses collègues d'étude cités par diverses
sources étaient : Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossé ben 'Halafta
dont il s'agit quand on trouve seulement le nom Yossé (BQ 20 b ;
21 b), Ribbi Chimeône, Ribbi Elâzar ben Chamouâ, Ribbi
Yo'hanane Hassanedélar, Ribbi Né'hémia.
La halakha ne fut pas retenue selon la démonstration qu'en
donna Ribbi Méïr, non pas parce qu'il se trompait mais parce
que son niveau de compréhension était beaucoup trop au-delà
de la mesure de sa génération. Le talmud insiste sur la grandeur
de son épouse Brouria, reconnue pour ses compétences halakhiques
par les grands de son temps, qui était capable d'étudier
en un seul jour 300 traditions de 300 Sages, apprenait aux étudiants
les méthodes de l'étude et les corrigeait à ce sujet
et donnait à son mari l'interprétation exacte de versets
concernant la prière.
- Ribbi Chimeône bar Yohaï (BQ 17 a, 17 ; 20 a ; 84
a) est connu comme le rédacteur de la tradition qui allait devenir
le livre du Zohar. Il exprima sa vive opposition à Rome et dut,
pour son intransigeance, passer 13 ans en cachette, avec son fils Ribbi
Elâzar, dans une grotte.
Il est un des élèves de Ribbi Âqiva en même
temps que Ribbi Méïr, Ribbi Yehoshua Haggarsi, Ribbi Yossé
ben 'Halafta, etc.
Il est le maître de Ribbi Yéhouda Hannassi et de
Ribbi Chimeône ben Yéhouda.
- Ribbi Yéhouda ben Ilaï ; on le trouve nommé derrière
l'appellation "un 'hassid, un pieux" : ('hassid é'had,
BQ 50 b). La guémara lui donne toujours la préséance
dans la liste des intervenants sous l'appellation de Ribbi Yéhouda
sans indiquer son père (Ribbi Yéhouda seul peut aussi désigner
Ribbi Yéhouda bar Yé'hézqel, que l'on ne peut confondre
avec le tanna précédent car il est, lui, de Poumbédita
à la fin du 3e siècle ; voir BQ 3 b, 44).
- Ribbi Né'hémia (BQ 17 a, 4) : la halakha va selon son
opinion contre celle de Ribbi Yéhouda dans leurs disputes (mais
le Rambam n'accepte pas cette règle).
- Abba Chaoul (BQ 11 a, 1), etc.
à suivre, si D.ieu veut...
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