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Aujourd'hui 12 octobre 2000 : après
avoir détruit le tombeau de Joseph
et
après le lynchage public de soldats israéliens par la police
palestinienne,
après
avoir battu à mort le rabbin Hillel Lieberman en châle de
prières,
les Palestiniens viennent d'incendier jusqu'au sol
cette magnifique synagogue symbolique.
Comprenons maintenant le sens
de cet enjeu.
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
La ménora de Jéricho
l'une des plus anciennes représentations de
la ménora du Temple.
Aaujourd'hui 12 octobre 2000 : les Palestiniens viennent
d'incendier jusqu'au sol cette magnifique synagogue symbolique.
"Sous la ménora, le loulav et le chofar, il est
écrit : chalom âl yisrael,
paix de plénitude sur Israël.
(Pavement en mosaïque de la synagogue Narane dite
Chalom âl Israël, à Jéricho, 6e siècle,
dans la zone archéologique de Tell Es-Sultan)."
Désormais en zone remise aux Palestiens. Aujourd'hui
détruite par eux. Grâce au concours direct de la politique
de NOS gouvernants.
I - Qu'est Jéricho ?
II - La ménora
- son importance dans
la vie du peuple et dans l'éducation
- ses références
dans la Torah
I - Qu'est Jéricho ?
Jéricho (Yéri'ho) n'est pas une
simple surface, c'est un territoire hautement symbolique dans le dispositif
même de la Torah liée au peuple et à la terre d'Israël
nommée "terre du Saint" (éréts haqqodéche)
et, également, dans la conscience des autres peuples de la région.
Quel est ce symbole et cet enjeu compris dans Jéricho?
a) Qui est à Jéricho est dans la ville
la plus vieille du monde, dit-on : c'est avoir un passé, qui pourra
légitimer le présent et l'avenir que l'on veut se construire
car les peuples se construisent leur histoire et leur passé toujours
présenté comme "éternel", comme disait Renan.
b) Ensuite, qui possède Jéricho possède
le portail d'entrée du chateau. Qui demande le chateau en disant
qu'il a des droits dessus, et reçoit ce portail avant tout achèvement
des négociations, sait ce qu'il a demandé et comprend ce
qu'il a reçu. Le Midrache ha Néêlam (Béréchite
b) l'exprime en disant que "Jéricho est équivalente à
toute la terre d'Israël" : chéqoula hayéta Yéri'ho
kénéguéd kol Eréts Yisrael.
c) En effet, Jéricho c'est le lieu de la confrontation
de base entre le peuple d'Israël et les autres peuples, en ce passage
qui était la porte d'entrée en terre d'Israël et,
surtout, la direction vers Jérusalem. C'est ne rien comprendre
aux peuples de la mémoire qui habitent la région que de balayer
ces imaginaires d'un coup de balai, comme si c'était de la mystique
et que la politique serait rationnelle (alors que toute politique est également
une mystique). On a la politique de sa géographie, et cette géographie
est celle de la mémoire de tous les partenaires présents
sur la scène actuelle.
Dans la conscience juive et des peuples qui ont lu la
Bible, directement ou indirectement, Jéricho, c'est ceci :
- le chapitre 6 du Livre de Yéhoshua (Josué),
la chute des murailles de Jéricho par la puissance de la prière.
- le chapitre 10 du 2e livre de Samuel
- le chapitre 2 du 2e Livre des Rois qui indique que
les prophètes Elie et Elisée y habitaient.
- II Chroniques 28, 15 Divré hayamim où
elle est nommée la ville des palmiers. Il faut lire ces textes.
La même question se pose donc dans sa clarté
sous ses deux faces :
- pourquoi la génération de Yehoshua parvint-elle
à acquérir et garder Jéricho qui était cette
clef de Jérusalem,
- pourquoi notre génération a t-elle donné
Jéricho ?
Pour comprendre la première partie, il faut
lire le chapitre 24 du Livre de Josué (Yehoshua). Il y est dit :
- vos pères servaient des dieux étrangers,
- vous ne pourrez pas facilement servir Hachém
car c'est un Dieu saint, jaloux qui ne supporterait pas vos offenses et
vos péchés,
- répudiez les dieux de l'étranger qui
sont au milieu de vous.
- le peuple s'y engagea,
- et le plus extraordinaire : Israël resta attaché
à Hachém tout le temps que vécut Yehoshua.
Israël est une terre spéciale, il nous est
répété sans cesse que sa propriété est
conditionnelle : si on y vit selon la Torah (et pas seulement si on a une
armée puissante, des accords avec les voisins et une approbation
des nations parce qu'on vit selon leurs critères).
Ces critères peuvent sembler, à tort, "religieux"
et relever de la croyance individuelle et donc à ne pas être
pris en considération dans une politique rationnelle. Erreur, car
nos partenaires accordent, eux, une extrême importance à la
symbolique et à l'anthropologie et mènent leurs combats selon
ces aspirations de "leur nation".
Il y a donc 2 dimensions à la nature de Jéricho
:
c'est un critère du niveau moral du peuple qui assurera ou non sa
présence sur cette terre d'Israël, et c'est une règle
dans la relation aux autres peuples de la région. Cela étant
compris, revenons à l'insertion de ces dynamiques dans l'histoire.
Puis Jéricho fut détruite par les Romains
pendant la guerre de 66-70 et des pélerins venus de Bordaux en 333
disent qu'ils l'occupaient à cette date.
La présence juive y continue puisqu'il y a encore,
aux 6e et 7e siècles, cette splendide synagogue Narane orientée
vers Jérusalem dont il nous reste le beau sol en mosaïque.
L'élément principal en est cette ménora en mosaïques.
Il est important, à la vue de toutes ces grandioses et somptueuses
synagogues des différents siècles jusqu'à l'invasion
arabe, spécialement dans le Golane en ces époques, de réaliser
que le mythe de la terre désolée après le chiffre
artificiel et parfait de l'année 70 est un mensonge historique de
la chrétienté pour tenter de faire avaliser le "nouveau"
message surgissant sur des ruines.
L'histoire vira à nouveau quand les arabes occupèrent
Jéricho lors de l'invasion islamique et y construisirent un palais
en 724 dont il y a des restes.
Les Egyptiens rasèrent la ville en 1840. Elle
fut à nouveau détruite en 1871 par un tremblement de terre.
En 1918, l'Anglais Allenby l'a prise aux Turcs.
Elle fut occupée par l'invasion des Jordaniens
en 1948 puis reprise par les Israéliens le 6 juin 1967 lors de la
Guerre des 6 jours. Elle est alors devenue une riche oasis vivant aussi
du tourisme.
Maintenant, dans la conscience des deux parties en
négociation, il est objectivement significatif (concernant les deux
parties)
que ce
soit justement ce territoire dont l'importance symbolique est essentielle
dans l'histoire juive (comme voie et chemin vers la plénitude de
Jérusalem, but de la Torah), qui ait été choisi pour
être abandonné et remis en premier par le gouvernement israélien
à l'Autorité palestinienne.
De leur côté, pour ces mêmes motifs
historiques, les Palestiniens y voient la porte et la clef de leur montée
à Jérusalem comme capitale, ils sont conscients d'avoir revendiqué
cette porte symbolique et cette clef, et de les avoir recues. On peut
être pour ou contre cette politique que les uns appellent "paix"
et d'autres "avancée vers la catastrophe".
Personnellement, je pense que, en tous cas, on ne pas
pas ignorer le contenu des dossiers, ni la signification pour les deux
parties de ce que l'on fait et qu'il faut s'interroger et entendre les
propositions de notre Torah. Chacun est alors à même de réfléchir,
en ne falsifiant pas l'ensemble des données par un tri qui fait
plaisir.
Il est bien vrai : "vous ne pourrez pas facilement servir
Hachém". On pourrait préciser aussi : "vous ne pourrez
pas facilement servir Hachém ensemble !". Que le Ciel nous aide.
La réalité à gérer n'est certainement pas celle
de journalistes ou militants politiques locaux ou étrangers ignorants
des dimensions anthropologiques et culturelles et qui ne pensent qu'en
termes de sécurité militaire la plus technique sans prendre
en considération stratégique globale que notre siècle
est aussi le siècle des recherches d'identités et de leurs
luttes. Derrière cela, la difficulté des juifs d'assumer
leur identité, leur pays, contrairement à toutes les autres
nations. Y a t'il un autre pays où pus de la moitié du peuple
vit à l'étranger ? On ne se relève pas vite de 2000
de persécution culturelle et du besoin de plaire au persécuteur
et de le valoriser pour survivre, ce que l'on appelle le Syndrome de Stockholm.
De plus, on n'en finit pas de voir d'autres peuples se
construire leur histoire en prenant le scénario de l'histoire juive
et de sa conscience, pour se l'attribuer et s'y substituer. Il faut bien
vivre avec ce problème et rechercher la paix.
Mais l'humour juif est terrible quand il est écrit
sous cette ménora qui est désormée isolée dans
cette nouvelle entitée : "chalom âl yisrael, paix de
plénitude sur Israël" !
Allah Akbar, Dieu Lui est grand ! disent les arabes.
Et comme disent les juifs : yiyé tov, ce sera bien à
l'avenir... Et un des mots les plus israéliens : savlanoute,
patience ! Et, pour tout oublier, les israéliens ajoutent encore
: ha îqar habbrioute, l'essentiel, c'est la santé.
Et l'humour.
Ce que nous avons fait de Jéricho vient de
nous sauter au visage aujourd'hui 12 octobre 2000 : les Palestiniens viennent
d'incendier jusqu'au sol cette magnifique synagogue symbolique. Nous n'avons
pas voulu la garder avec foi en respectant la terre qui l'entoure. Elle
s'effondre comme le Temple brûlé, sous les flammes : honte
à cette génération qui avait reçu tous les
avertissements, tous les dons miraculeux et les a piétinés.
Retour à la géographie culturelle : cette
ville est et reste dans le territoire de la tribu de Binyamine avec
Jérusalem (Livre de Yehoshua 18, 21-27). C'était l'héritage
(na'hala) transmis (Livre de Yehoshua 19, 8).
(Cartes Jerusalem Graphic Studio)
Vivre en Israël, ce n'est pas voir la réalité
à travers la plume de journalistes politiques qui vivent à
3000 ou 10000 kms, selon les intérêts nationaux autres, c'est
vivre dans la réalité chargée de sens pour les différents
partenaires
locaux qui ont une mémoire et des aspirations. Une politique coupée
de l'anthopologie est une fiction irréelle. Cette anthropologie
est celle de toutes les créatures qui sont insérées
dans le plan de la création et qui ont à la réussir
ensemble. Dans la vérité.
Jéricho Yéri'hoest ainsi nommée
en raison de la racine réa'h, senteur. Car c'est une ville,
encore aujourd'hui qui embaume par ses parfums de vergers. C'est la porte
du Jardin d'Eden. Que cela soit de bonne augure pour TOUS. Que nous sachions
vivre dans la prudence, la responsabilité, la sagesse, et y vivre
selon la Torah qui garantit le bonheur de TOUS, SI les juifs viennent vivre
sur leur terre et selon la morale de la Torah entre eux et avec les autres
habitants.
Photos archéologiques
sur Jéricho (lien).
La géographie
de Jéricho (lien).
Passer un chabbate
à Jéricho (lien). non testé.
La conquête de Jéricho (composition
musicale, lien).
- ses références
dans la Torah.
Il semblerait, d'après ma modeste recherche, que le mot
"ménora" sous les diférentes formes apparaisse 42 fois dans le
Tanakh. Quand on a découvert l'importance des 42 étapes dans la
marche vers la terre d'Israël, dans la
paracha Nasso, cela semblerait "éclairant" car la ménora nous
permet chaque matin de reprendre la marche vers la lumière. Mais je n'ai
pas encore trouvé de commentaires sur ce fait, donc prudence. Je continue
à les chercher. Mais, en ce sens, dans cette phase, nous l'avons vu,
la prière du Ômér en 42 lettres et 42 mots est toujours
écrite en forme de... ménora, comme le montre l'image ci-dessous.
Voici ces 42 références :
- 21 en Chémote : 25, 31 (2) - 25, 32 (2) - 25,
33 - 25, 35 - 25, 34 - 25, 35 - 26, 35 - 30, 27 - 31, 8 - 35, 14 - 37,
17 (2)- 37, 18 (2) - 37, 19 - 37, 20 - 39, 37 - 40, 4 - 40, 24.
- 1 en Vayiqra 24, 4.
- 6 en Bamidbar 3, 31 - 4, 9 - 8, 2 - 8, 3 - 8,
4 (2).
- 1 en Mélakhim (I Rois 7, 49).
- 1 en Mélakhim (II Rois 4, 10).
- 1 en Jérémie 52, 19.
- 1 en Zacharie 4, 2 - 4, 11.
- 7 en Divré hayamim (I Chroniques) 28, 15.
- 3 en Divré hayamim (II Chroniques) 4, 7 - 4,
20 - 13,11.
Se reporter à la paracha Béhaâlotékha
pour le rôle de la ménora.
Voir les 42 avancées dans
la façon de compter chaque soir lors de la période du Ômér.
Pour les étudiants avancés, la signification profonde
de fonction de la ménora est décrite dans le Chaâr
haCavanotes, Dérouché qabalate chabatte 1, ignane qabalate
chabbate, et dans Ets 'Hayim ch.34, 5. Sans entrer dans la technicité
décrite par le Ari zal qui n'a pas sa place ici, elle réfère
à la réception de l'influx divin dans les 7 dimensions de
notre monde concret et, surtout, dans une unité. C'est une unité
visible qui se relie à l'unité invisible par la lumière
; la part de l'homme qui allume est présentée comme primordiale
pour la réussite de ce projet et son intervention doit être
laborieuse et constante.
On pourra se reporter sur le commentaire de Rabbénou Bé'hayé
sur le premier verset de Béhaâlotékha
qui décrit ces fonctions de façon claire et accessible :
de même que D.ieu a voulu éclairer l'homme de façon
gratuite, de même il attend de lui qu'il se tourner vers Lui dans
une attitude de lumière ; c'est ainsi que le Juif doit être
orienté vers le Haut et ne jamais se voir vivant simplement dans
le concret, il doit percevoir la dimension verticale et la vie lumineuse
d'En-hauit, à travers la Torah, et il doit aussi être sans
cesse une lumière dans le monde en rayonnant la lumière de
la Torah. Le premier rôle des Juifs n'est pas le commerce ni l'intelligence,
ni les relations mais la diffusion de la lumière dans le monde qui
en a bien besoin. Mais cette lumière n'est pas celle des droits
de l'homme ou de la démocratie ou de la culture décrits par
toutes les nations, c'est la lumière de la Torah. Cela n'exclut
pas le reste mais l'informe autrement. La source en est la Torah.
Notre effort de formulation sur Modia entre dans ce programme : connaître
les cultures, les langues, l'anthropologie, la psychologie, le conseil,
la psychothérapie, mais parvenir à les relier à la
Torah de vie qui comporte les mêmes dimensions, mais en plus des
dimensions d'une autre lumière qui en est la source, et qui est
la source qui crée notre être et le répare et l'améliore.
La ménora représente aussi l'unité de toutes nos
composantes juives différentes, comme nous avons essayé de
le rendre présent par la
page des communautés et par la
page des maîtres différents.
L'essentiel pour avoir une représentation concrète de
la ménora est de lire la description de la ménora en Chémote
chapitre 25 et 27, 21 et 37, 17-24 et les commentaires de Rachi.
Elle est nommée aussi :
- Ner Elokim , le chandelier de D.ieu, en I Samuel 3, 3,
- Ner hamaâravi, le chandelier de l'Ouest (voir
Rachi dans le Traité Chabbate 22b).
La ménora portée par les Romains dans le triomphe qui décore l'arc de Titus à Rome ne semble pas être la véritable ménora

mais la base était un trépied comme vous pouvez le lire
avec précision dans la description de Rachi en Chémote 25,
31.
De nombreux exemples de cette forme en trépied peuvent être
vus dans le Département des Antiquités du Musée d'Israël
à Jérusalem sur de multiples pierres ou gravures de l'époque.
Il était interdit d'utiliser la ménora en dehors du Temple
(voir le Traité Ména'hote 28b).
Prière ana vékhoa'h en 42 mots
|
Psaume 67 récité le matin, en forme de ménora dans les livres de prière |
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Quelques utilisations de ce thème qui est constant dans la vie juive
actuelle
La ménora sculptée face à la Knesset:

Voici quelques scènes de l'histoire juive sculptées sur la droite
de la ménora:
et à gauche:
Un parterre de fleurs de la ville de Jérusalem reprend ce thème:

Et quand le regard aime, il la voit encore dans la nature (photo de l'auteur
dans le Galil):
Mais voici le document le plus émouvant.
Sur ces fragments de pierre, un témoin visuel de la ménorah a
gravé son souvenir
et l'autel des parfums et la table des pains dans le Temple. On y voit clairement
la forme triangulaire du pied.
Je la mets en grande dimension pour bien la contempler, avec émotion.
Cette pierre peut être vue dans le musée souterrain du quartier
juif de la Vieille ville à Jérusalem.
et le thème a été repris sans fin par les dessinateurs
(ici miniature dans la Bible de Lisbonne).
La menora est partout dans la vie israélienne, sur tous les objets de
commerce, à commencer par les timbres:
