Le dernier parcours du Grand Rabbin Chalom Messas, zal
ner nichmato
accompagné de ses nombreux enfants-élèves

par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour (Dipour, en hébreu)
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On pourra dire les psaumes 33,16,17,72,91,104,130 et 119
spécialement les chapitres de ce psaume 119 commençant par les lettres
de son nom: chine,lamed,vav,mem,mem,chine,aleph,chine




Dans la page précédente, je vous ai donné mon témoignage personnel. Ici, vous allez entendre le témoignage de nombreux autres et vous découvrirez combien ils se confirment.
Ce n'est pas un reportage, c'est un enseignement pour entendre comment vivre,
à l'exemple d'un Sage immense qui savait comment vivre dans la Torah totalement.
Nombreux sont ceux qui viennent à cet enseignement collectif pour découvrir comment quelqu'un
est parvenu à bien vivre de la Torah. On s'empresse lors de l'enterrement des grands tsaddiqim
ou des grands talmidé 'hakhamim.
Avraham a organisé cela lors du décès de Sarah où il a prononcé des paroles publiques et l'a pleurée (Béréchite 23,2) et voyez les références suivantes (Béréchite 50,10 et I Samuel 25,1 et II Samuel 1,12). Le Traité Sanhédrine 46b-47a traite longuement de ce rite. Les communautés ont des coutumes différentes pour célébrer cet événement.

Vous verrez que ce rite se produit (pour les Sages) avec une foule énorme, cela va vous surprendre; c'est que tous s'empressent de partager ce moment où il fait le passage à la Gloire, c'est la hiloula, même si les larmes sont présentes.C'est la Torah vivante que l'on honore, à l'heure où on peut dire tout le bien d'un homme, ce que l'on ne fait pas de son vivant. Voyons.

Les murs de Jérusalem se sont couverts subitement de ces affichettes et les radios ont annoncé l'enterrement (alvaya), et des voitures ont circulé avec des haut-parleurs pour en faire part également.





même dans le quartier de Méa Chéârim:


et sa photo a d'ailleurs sa place parmi celle des grands rabbins proposés à la vénération:


La foule est à l'heure du rendez-vous devant la Yeshiva Porat Yossef à Jérusalem.
Et la voiture apporte le corps enveloppé de son tallite, posé sur un brancard.
La pression de fa foule est puissante.

Dans le fourgon, il était entouré des hommes de sa famille.
Dès que la porte s'ouvre, les mains se précipitent pour porter le brancard
et lui rendre hommage et exprimer ainsi l'affection et la reconnaissance.

Admirable cohésion du peuple auprès du Maître.
L'enthousiasme est tellement fort qu'il est porté à bout de bras comme s'il volait.

On se sent enfants du même père.

Et il passe ainsi de mains en mains jusqu'à l'endroit d'honneur devant lequel va se faire
le témoignage (hespéd). La foule est dense.
Enormément de jeunes, sensibles à la personnalité exemplaire et rare
du Grand Rabbin Chalom Messas (Machache, comme on dit à Jérusalem).

Il y a des personnes à toutes les fenêtres, sur les toits, sur tous les balcons.

A gauche, l'ex Grand Rabbin sépharade, le Rav Mordékhaï Eliahou, et des membres de la famille
Il témoigne des cas difficiles qu'on venait soumettre au Rav le soir et qu'il réglait
pendant la nuit, par amour pour le peuple d'Israël. Spécialement les cas de agounotes,
où il voyait la souffrance de la Chékhina.
Et sa Torah très équilibrée qui devait toujours se traduire en hakakha concrète.
Combien Hachém doit être heureux d'accueillir un tel homme
Toutes ses pensées étaient lé chém chamayim, pour la Gloire de D.ieu, désintéressées.
Et pour aider autrui..


Puis, le témoignage est poignant, très intérieur. Celui du Rav Eliahou Aberjel.
L'écoute est tendue.
Chacun rend hommage à l'épouse de Rav qui a permis la réalisation d'un tel homme.

Le Rav Eliahou Aberjel dépeint le Rav Messas comme une muraille qui défendait la ville et qui est tombée,
et que ferons-nous sans lui.
Il a, comme Ribbi Âqiva, enseigné constamment le dérékh érets, une Torah qui passe
dans l'attitude à autrui.
C'est maintenant le Rav Lau, actuel Grand Rabbin achkénaze d'Israël qui termine 10 ans à ce poste.
Il témoigne que personne ne peut dire qu'il a subi un quelconque préjudice ou ennui de la part du Rav.
Il a été la parfaite réalisation de l'équilibre entre la rigueur et la miséricorde.
Il rappelle que la semaine dernière, il était avec 1000 jeunes enfants qui faisaient leur bar-mitsva
au Kotel, et à son âge, il distribuait les téfillines, était attentif avec chacun.
C'était un homme d'une telle grandeur, parfait dans la bonté et dans la simplicité, la témimoute.
Combien sont à plaindre les présidents de tribunaus rabbiniques soumis à des problèmes si
difficiles quand ils n'ont pas au dessus d'eux un tel Sage, capable d'être un savant, un homme de coeur
et de régler les problèmes les plus complexes.
Il ne comprenait pas pourquoi il aurait fallu s'enfermer entre religieux et pratiquants alors le coeur juif
est en chacun et qu'il suffit de parler et enseigner pour éveiller.

Il est suivi du Rav Aharone Abou'hatséra, de Nétivote, descendant de Baba Salé.
C'est le témoignage du judaïsme marocain. Il évoque encore combien le Rav va manquer
pour vraiment défendre chacun. Il était le père de chacun et de tous. Il allait en tout endroit où
on l'invitait. Il était chalom, paix, avant de parler.


Maintenant le Grand Rabbin sépharade actuel d'Israël, le Rav Backchi Dorone.
Il souligne le fait que le Rav Chalom Messas parvenait à redonner le statut normal
à combien de familles et d'enfants qui s'étaient placés dans des situations irrégulières.
Ce qui a prolongé tant sa vie, c'est qu'il n'entrait pas dans les querelles.

Et voici le tour du Grand Rabbin Ôvadia Yossef, qui demanda au Grand Rabbin Messas
de venir en Israël soutenir les communautés d'Afrique du Nord car tous les Juifs dits "orientaux"
ne sont pas de Bagdag ou d'Irak. Le Rav s'empressa, et le Roi du Maroc l'accompagna
à l'aéroport pour recevoir lui-même la dernière bénédiction que le Rav donnerait sur la terre du Maroc.
Certes, devant la grandeur du Rav Ôvadia en halakha, il y avait le risque que tous les Juifs orientaux
oublient la richesse de leur spécificité, et le Rav Messas n'hésita pas à écrire son désaccord
d'avec le Rav Ôvadia quand l'opinion de celui-ci mettait en péril l'héritage particulier.
Et il a ainsi revalorisé le judaïsme d'Afrique du Nord.
Le Rav Ôvadia souligne lui aussi combien de cas d'interdits le Rav Messas est parvenu à faire rentrer
dans la communauté, matir matir. Il a vécu la phrase que chaque memebre d'Israël est responsable des autres.

Puis a parlé le Rav Chlomo Amar qui était enfant à Casablanca quand il a connu le Rav.
Il était déjà au tribunal rabbinique et allait vers chacun et vers tous.
Il savait voir droit, sans compliquer et aller aux conclusions.
Il lui a dit qu'il a mérité cette longue vie par le mérite du mal qu'il se donnait
pour ses livres de Torah. Il se décrivait comme en bonne santé dès qu'il étudiait
la Torah et fatigué dès qu'il mangeait et dormait.
A Casablanca, tous lui rendaient hommage, Juifs, Chrétiens et Musulmans.
Il n'allait ni à droite ni à gauche mais restait toujours dans le éméte de verité.
Le Rav Tolédano, de la noble et antique famille de Meknés comme les Messas
a développé aussi ces témoignages.

Le Rav Tsarka, Président de la Yeshiva Porate Yossef, souligne le mérite que nous
avons d'avoir bénéficié d'un Sage en notre génération, et justement alors qu'elle
a tant besoin de ces qualités d'union. Tous ont parlé de l'excellence de ses middotes,
l'application concrète de la Torah dans le comportement quotidien.


Enfin, c'est le Grand Rabbin de Paris David Messas qui va parler au nom de la famille.
Ce sera un moment poignant d'émotion. Chacun s'identifie à ces enfants et la déchirure
est placée au coeur de chacun.Le Rav décrit l'éblouissement des enfants devant un tel père,
comme il leur transmettait la Torah, chantait si bien. Et il lui demande pardon pour ce qu'il
n'aurait pas fait de bien envers lui. Et il associe sa mère à l'hommage.
Sa clef en tout était d'agir lé chem chamayim, de façon désintéressée pour le Ciel.




Un témoignage qui est une exhortation à vivre un judaisme total.

Tous les témoignages ont été unanimes et dans la même voie pour nous apprendre
à suivre son enseignement vivant de Torah: sa grandeur, son travail incessant sur la Torah,
son approche de tout Juif sans exceptions, ses qualités de Torah vécue.

Et la foule se dirige ensuite à travers les rues de Jérusalem vers le cimetière de Guivate Chaoul.
Une foule qui s'étend à perte de vue et doit comprendre des dizaines de milliers de
personnes. Evidemment, cela ne prendra guère de place à la radio ou à la TV
tandis que si deux manifestants de gauche se placent devant un bureau ministériel
on leur fera une tribune pendant des minutes longues.
Cela, c'est Israël, un enseignement constant, dans la rue, pour tous.
Et les grands Sages proches de chacun.






Le parcours d'une vie s'achève ainsi, il est plus de cinq heures de l'après-midi,
la lune a eu la délicatesse d'être présente et les antennes captent les communications
entre la terre et le ciel.

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Indispensable: tirer les conclusions personnelles pour notre forme de vie concrète dans la Torah.

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Dufour