
Rencontrer un Sage de la Torah, comme le Rav Chalom
Messas (prononcé Méchache en Israël),
c'est se trouver soudainement "devant", comme
sur cette photo exacte, se trouver soudainement dans "son
espace"
plein de la pureté de la Torah,
plein de 90 ans de vie laborieuse et constante jour et nuit
pour la connaissance véritable de la Torah, en qui la
Torah divine est devenue sa propre Torah (torato), connaissant
toutes les dimensions de toute la Torah
capable de vous aimer comme le Créateur en cet instant
vous aime, vous protège, vous donne, exige aussi et attend
votre droiture en chaque mot, pensée ou projets,
ce n'est pas voler un galon pour être
honoré davantage et dire ensuite "il m'a reçu,
je l'ai rencontré, il m'a dit..." et être
encore plus mesquin en notre médiocrité vaniteuse,
c'est une expérience immédiate dont on
ressort modifié dans le meilleur de ce que l'on est,
dans la rencontre de ce qu'il est et partage. Je ne pourrai
mieux l'exprimer que dans les mots du poète, le Roi David.
Mais
si vous avez été, jusqu'à maintenant, insensible
à la lumière présente, et à votre
propre pureté d'intention, alors vous serez aidé
autrement. D'un geste et d'une mimique qui repoussent les démarches
tordues, il vous montrera que le chemin n'est pas celui-là.
Un instant d'arrêt, non pour vous condamner mais -par
affection- pour quitter les écorces qui veulent neutraliser
la Torah de vie.
Instant plus difficile, troublant, et humiliant pour nos tendances
inexactes. Mais aide combien paternelle et affectueuse.
En hébreu, on dit "arrêtez vos chtouyotes",
de vous occuper de choses insignifiantes et stupides et erronées.
Elles vous détournent de la véritable vie.
Pour expliquer cela dans le face à face au Rav, le Grand
Rabbin d'Israël Chlomo Moché Amar raconte cette
histoire:
Un Juif demande un jour à un rabbin de la qualité
de Ribbi Chalom: "que faites-vous de votre barbe la nuit?"
Il lui répond: "mais je ne comprends pas, ce n'est
pas une barbe de Pourim que je pourrais enlever!"
L'autre continue pour apprendre apparemment et le Rav lui accorde
toute son attention pour découvrir la vraie question:
"non, je voudrais savoir, est-ce que vous la mettez sous
la couverture ou sur la couverture".
Le Rav est stupéfait, jamais on ne lui a posé
ce genre de question. Il est sincère et il lui répond
tout simplement :"je n'en sais rien" et l'entretien
en reste là. La nuit suivante, chaque fois qu'il va s'endormir,
la question lui revient et il se réveille pour percevoir
si la barbe est sur la couverture ou en dessous, et ainsi toute
la nuit son sommeil fut brisé! Le lendemain, épuisé,
il rencontre le personnage et lui dit : "j'ai la réponse
à ta question, apprends à poser des questions
qui ont une importance pour la vie et dans la Torah, et pas
des questions sans aucun sens, tu as réussi à
m'empêcher de dormir et c'est le seul bénéfice
d'une telle question".
Nous revenons dans la zone de lumière, extérieure,
et intérieure cette fois également.
Nous pourrons nous parler, écouter, recevoir, échanger,
questionner, regarder le passé et nous interroger sur
l'avenir.
Nous avons atteint la simplicité car nous sommes plus
proches de l'unité.
Et, donc, nous sommes plus proches l'un de l'autre. Et nous
sommes plus proches de la bonté de bénédiction
qui mène le monde.
La différence, c'est la réalité de nos
deux êtres:
- l'un commence en ce chemin, hésite, confond les axes,
- l'autre connait la tradition de la lumière du Sinaï
en réalité, il a acquis la stabilité dans
sa localisation en ce lieu, il a réalisé les dizaines
d'années d'étude systématique de chaque
pan de la Torah, il ne confond plus les réalités
différentes, ni la vérité vraie et les
jongleries verbales qui veulent tromper, il garde le regard
et le geste conformes à l'intention lumineuse pour lesquelles
nous sommes créés. Et comme le Ciel en ce que
l'on appelle la Providence ou la achga'ha, il veille
constamment sur notre bien.
Quittons cette zone des explications en nos mots habituels.
Seules les fleurs blanches sont à ce niveau du Sage face
à qui nous sommes.
Mais nous n'entendons pas leurs mots si nous ne connaissons
pas le Péréq Chira.
Seuls les mots du poète David, se plaçant
ainsi face à la lumière essentielle, peuvent exprimer
véritablement cet instant.

Le psaume 32, versets 10 et 11, dit
Rabbim makhovim la rachâ, nombreux sont les maux
qui s'exercent sur le méchant
(dans la lecture en fonction de notre venue vers le Rav, c'est
notre état obscur à cause de nos fautes et simplement
de notre imperfection ou des difficultés de l'existence
ou des problèmes de connaissance à parfaire. Sous
la lumière, déjà la prise de conscience
est en grande partie faite, car notre scène est éclairée,
même si nous n'avons encore rien dit).
véhabotéa'h ba Hachém, héssed
yéssovévénnou, mais celui qui a confiance
en Hachém, la bonté de 'héssed
l'a entouré.
(Notre venue était sincère, la question que nous
posions était vers la droiture et pour trouver l'axe
de Hachém, et nous avions confiance en Sa réalité
présente sur notre passé, le présent et
l'avenir. Ipso facto alors, auprès de celui qui est cela
et est devenu véhicule de cette lumière pour le
peuple en besoin, nous sommes en cet état qui est la
bonté de Hachém, 'héssed.
Et elle va fonctionner, elle fonctionne. C'est cette bonté
dont tous témoignent de ces instants de rencontre, et
qui apporte, mais surtout qui nous conforte dans la bonté
qui gouverne le monde. C'est ce que Avraham avait compris: le
monde est fondé sur la bonté, et non pas sur la
politique, ni sur les puissances, ni sur l'argent, ni sur la
compétition, ni sur..., ni sur..., mais sur La bonté
suprême qui est l'ADN du monde. En ce lieu se trouve le
Sage et nous y sommes avec lui dans cette rencontre.
Ainsi, le Rav voyait que, effectivement, les difficultés
cernent le peuple juif et tous ceux qui veulent vivre dans la
Torah ou aider le peuple en diffusant cette Torah de vie, c'est
pour cela qu'il accordait tant de soin aux encouragements et
recommandations et titres qu'il pouvait donner chaque fois que
la personne en fonction le méritait, après examen
rigoureux, car il représentait alors la bonté
divine qui protège et assure et conforte face aux Chaoul
qui poursuivent les David. Il était conscient aussi,
en ce sens, et il le disait, du fait que le psaume et la âmida
demandent de prier pour les guérim, les convertis,
car leur choix d'un axe aussi essentiel que celui qu'avait pris
Avraham les place en ce lieu de la qédoucha mais
aussi au lieu de l'agitation des forces négatives autour
d'eux comme pour Avraham, comme pour les Juifs dans le monde.
Car plus il y a de qédoucha, plus les forces négatives
se rebellent.
Autre preuve de sa bonté: deux semaines avant son départ,
malgré ses 90 ans, il était allé prêter
son coucours à une bar mitsva géante au Kotel
de 1000 enfants organisé par Habad pour des nécessiteux,
et y distribuait les téfilines.
Alors, situés dans cette bonté, nous ressentions
le verset suivant du psaume 32 et pouvons le dire à la
suite, comme David.
Sim'hou va Hachém vé ghilou tsaddiqim,
réjouissez-vous en Hachém, et soyez
dans l'allégresse, justes,
véharninou kol-yichré-lév, et entonnez
des chants de triomphe, vous tous qui êtes droits
en vos coeurs.
(Nous sommes devenus droits, profondément, intérieurement
et extérieurement, et réciproquement.
On comprend que l'échange peut alors aller vite et loin
en quelques mots simples, et qu'il n'y a pas de défense
envers la qédoucha dans notre relation).
Un instant d'élargissement du zoom.
Le Rav Chalom Messas ne quittait pas cette localisation
dans tout ce que nous venons de dire. Ainsi, j'ai vu diverses
manifestations collectives où des personnalités
arrivaient dans l'agitation et l'émotion qui s'emparent
alors de la foule et, qui s'empare aussi de la vedette qui arrive
et qui est grisée par cette vague de popularité.
Quand le Rav Messas entrait, je voyais et je pense en avoir
des photos, qu'il avait un instant d'arrêt et qu'il se
réajustait et prenait sa position effective et s'y concentrait
pour ne pas la perdre. Cela se manifestait en ce qu'il baissait
légèrement la tête, ce qui n'est pas son
attitude habituelle, et alors il avançait, et ne quittait
plus ce lieu intérieur pendant toute la manifestation.
J'ai vu ainsi des cérémonies où, par le
bavardage d'autres ou l'incorrection, on oubliait de lui donner
la parole, mais il restait ainsi dans "son lieu interne".
Stable, celui dont nous parlons. Et ceux qui le voyaient alors,
depuis le public, et qui comprenaient où il était,
et partageaient avec lui ce lieu interne, autant que s'il avait
parlé. C'est ce que dit l'expression: voir les Sages
illumine le regard.
On comprend de là cette même présence,
rapportée par tous, dans sa lecture calme de la prière.
Il prenait son temps et terminait le Birkate ha mazone
(bénédiction après le repas) bien après
les autres car il allait ainsi de ce pas régulier sur
chaque mot comme face à Celui à qui il parlait
et sans sortir de cette ligne. Ce n'était pas abusif
envers le public (toréa'h qui serait interdit),
simplement nous autres, nous allions trop vite, pas assez respectueux
en cette prière qui contient tout.
Cette localisation stable en ce lieu explique aussi qu'il a
pu vraiment aimer chaque juif de tous courants, car il était
fixé dans le lieu où Celui qui est le lieu de
toute chose, est toute bonté envers tous. Tout
ceux qui ont travaillé dans son entourage, et à
ces niveaux élevés il y a des controverses fortes
car les enjeux sont importants, témoignent qu'il n'a
jamais une controverse injuste envers personne ni dans la forme
ni sur le fond, qu'il était hors de tous les conflits,
rivalités, luttes politiques. Et nos textes et les Sages
disent que cela est encore plus difficile en Israël, et
encore plus difficile à Jérusalem, car les klipotes
(forces négatives qui pièges et bloquent comme
des écorces) se renforcent plus la sainteté (qédoucha)
est présente. Il permettait donc à ce risque de
ne pas tourner en échec. Et il l'a réussi pendant
toutes ses années de carrière, pas un seul ne
peut dire qu'il a subi un préjudice de sa part. Et s'il
s'apercevait, ou si on lui faisait percevoir qu'il s'était
trompé, il rectifiait et en donnait la publicité
car il était très important que cette sainteté
continue à rester intégrale dans le monde. Et
que personne ne souffre car cela n'est pas conforme à
ce lieu. Voilà ce qui se passe dans cette relation au
Rav.

Nous trouvons les mots dans le psaume 34,1 pour
exprimer ce qui se passe:
Lé David. Pour David.
(Nous sommes en un niveau de tentative de rectitude face
à Hachém que David manifeste en chaque
parole qu'il adresse dans les psaumes. Ne nous étonnons
pas des poèmes que, comme David, le Rav écrivait
en hébreu en chacun de ses livres).
Béchannoto éte-tâmo lifné Avimélékh
va yégha réchéhou vayélékh.
La traduction donnée habituellement est : "alors
qu'ayant simulé la folie devant Avimélékh,
il fut chassé par lui et se retira".
Certes, il s'agit bien d'un événement réel
(I Samuel 21, 13-16) où David n'a dû sa survie
qu'en utilisant ce procédé de simuler la folie
devant un roi méchant. Mais cela n'est raconté
que pour le message. J'ai situé notre rencontre dans
cette confusion intérieure en nous de ce qui est bien
et mal, et autour de nous. Comme David.
Les commentaires nous disent que David a su se mettre devant
Avi mélekh (mon père, roi) qui est le Créateur
du monde. Et alors il a changé sa façon de se
situer et de voir le réel (mouvement que d'autres appellent
folie, car on ne juge plus selon leurs critères ni selon
les apparences admises). C'était ce que faisait le Rav,
comme nous l'avons décrit et comme chacun le voyait ,
comme sur la photo ci-dessus, décaler la relation apparente
pour se mettre ailleurs dans la vraie réalité.
"Et il fut chassé par lui et alla", cela veut
dire que David réussit ce changement, c'est celui de
la téchouva, de revenir à l'essentiel,
à la présence de la source de toute lumière;
et ce sont les difficultés qui s'en allèrent et
la démarche de vie continua. On "change notre taâm",
notre raisonnement et notre goût des choses. Le Rav le
disait toujours: "je suis fatigué et malade quand
je n'étudie pas la Torah; quand je l'étudie, j'oublie
les fatigues et je suis en bonne santé". L'axe de
vision et de vie est changé. Il a vécu ainsi,
actif et se rectifiant jusqu'à 90 ans, jusqu'à
ce que le Ciel l'ait repris en quelques minutes, lucide et complet,
chalem, intellectuellement en plénitude jusqu'au
dernier jour.
Le psaume poursuit et traduit parfaitement l'expérience
de notre rencontre en cette dynamique, en chaque mot:
"J'ai cherché Hachém et Il m'a exaucé,
il m'a délivré de toutes mes terreurs.
Ceux qui tournent leurs regards vers Lui sont rassérénés;
leur visage ne rougit pas de honte.
Voici un malheureux qui implore, et Hachém l'entend.
Un ange de Hachém est posté près
de ceux qui le craignent, et les fait échapper au danger.
Sentez et voyez combien Hachém est bon, heureux
qui s'abrite en Lui".
Tous ces mots étaient expérimentés exactement
dans la relation avec le Rav, par la pédagogie directe
dans laquelle il se plaçait, dans laquelle il nous plaçait
ainsi, par laquelle il nous enseignait, et cela réglait
immédiatement de nombreuses questions qu'on aurait pu
poser. Le contact en était donc simplifié de beaucoup.
Nous sentons que le contact avec un Rav et sa relation sont
une forme d'enseignement sur toutes les dimensions essentielles
que j'ai présentées, et c'est bien ce que dit
David et que pouvait dire le Rav:
Lékhou-vanim chimeou-li, yiréate Hachém
alammédékhém,
Allez, fils, écoutez-moi, la crainte de Hachém
je vous enseignerai.
Nous revenons souvent sur cette phrase du Chémâ
Yisrael: il faut penser et parler dans les mots de la Torah.
Le psaume de David trouve et nous donne les mots exacts pour
traduire cette relation. Car David vivait dans cette relation.
Et le Rav nous a ainsi appris à nous tenir devant Hachém.
On comprenait alors parfaitement ce qu'il disait toujours: "qui
je suis moi, pour que les gens viennent me voir, et me demandent
des bénédictions, et ceci et cela? mais cela leur
fait du bien".

Il enseignait encore en cela. C'est vrai que nous ne sommes
pas grand chose mais si nous savons nous placer dans le lieu
de cette rencontre avec la source de la vie, du bonheur, de
la pureté droite, alors nous participons de quelque chose
de très grand.
Mais cela ne s'acquiert pas facilement, et peut se perdre à
chaque seconde. Le Rav nous montrait combien il faut travailler
sans cesse pour cela, et être d'une vigilance constante
jours et nuits pour le maintenir. Rien ne pouvait le faire dévier
de cette tâche. Et il ressentait que cette capacité
était si importante pour le peuple et pour aider chacun
car les pressions sont puissantes dans le monde ambiant pour
faire perdre cela au peuple juif, en tout lieu.
Il s'ensuit qu'on ne peut pas se dispenser
d'agir en ce service. La tâche d'enseignant et de
rabbin n'était pas pour lui un honneur qu'il fallait
viser, ni une tâche de fonctionnaire qui suffit au titulaire
qui a trouvé ainsi une place tranquille et considérée
pendant que le peuple crève. Il regardait avec réalisme
les difficultés et souffrait lui-même de l'indécence
et la violence avec laquelle certains Juifs veulent détruire
la Torah dans le peuple. On sentait qu'il comprenait la situation
de l'interlocuteur lui exposant la difficulté de sa situation
entre lumière idéale et difficultés pressantes.
Et il injectait alors, si je puis dire, par quelques mots de
Torah et une bénédiction brève et surtout
ce regard doux et ferme de cette photo que nous avons la
certitude des bontés dites dans la Torah.
C'est par lui, en cela, sans commentaires, que j'ai compris
l'intensité des sentiments dans ce que dit HaQadoche
Baroukh Hou: "quand vous viendrez sur cette terre que
je vous donne...". Qui a déjà donné
un cadeau ou un sentiment préparé avec coeur et
mis de côté sans attention par celui qui le reçoit,
peut agrandir à l'échelle de milliards l'attente
affective de Hachém envers nous et la déception.
Le Rav avait cette conscience et ne la quittait pas. Quand il
disait dans sa préface: j'ai écrit des livres
ailleurs mais celui-ci est la Torah d'Israël, on sent à
quelle rencontre il est parvenu et qu'il ne quitte plus.
Nous avons cette expérience par la relation qu'il nous
donne.
Il voulait que sa porte soit ouverte pour que tous retrouvent
cet axe de vie. Et son entourage a coopéré pleinement.
Que cela leur reviennent en bénédictions et en
réalisation de leurs bonnes aspirations. En cela aussi
il a eu confiance et il a été exaucé.
Avant de continuer, resituons nous dans la relation.
Ne croyez pas que je ramène cette expérience à
une "bonne relation" très éducative.
Il est clair que nous sommes là dans une relation exceptionnelle
avec un géant unique. Mais ce serait prétentieux
et ridicule si "moi je" le disais. Mais, je peux le
dire quand tous les grands Sages de la génération
qui savent de quoi ils parlent, à partir de ce qu'ils
sont et de ceux qu'ils fréquentent, le disent et ont
la comparaison.
Pour l'exprimer, je prendrai encore les mots des psaumes, ceux
de Chélomo (le roi Salomon) dans le psaume 72.
Ce n'est pas par hasard que ces mots sont bien adaptés
à notre propos. Chélomo (Messas) est son
nom, c'est celui qui est en relation constante avec Le Roi qui
seul est complet et paix, avec la complétude qui est
la signification de ce nom. Et cette complétude est divine
car elle est signifiée par la lettre hé
ajoutée au mot chalom pour constituer le mot Chélomo.
Lisez ce texte dans l'axe de notre rencontre. Au verset 72,3
il est dit:
Yissou harim chalom laâm, oughvaôte bitsédaqa
La traduction habituelle est :
"que les montagnes soient fécondes en paix pour
le peuple, ainsi que les collines par l'action de la justice".
La traduction rend bien l'apparence littérale.
Mais, dans la relation au Rav, j'ai ressenti ce verset dans
une autre dimension.
En effet, les commentaires sur le psaume 121 que nous disons
à la fin de la prière du soir, Ârvite,
nous font découvrir que le verset ("Je lève
mes yeux vers les montagnes, pour voir d'où me viendra
le secours") fait référence aux Patriarches
vus en géants, montagnes, et dont l'exemple et l'aide
nous protègent.
A partir de là, dans cette relation que le Rav donnait,
j'ai entendu notre verset
"que les montagnes soient fécondes en paix pour
le peuple, ainsi que les collines par l'action de la justice"
comme un souhait ou une demande que notre Rav (montagne géante
en qédoucha et bonté-héssed)
soit vraiment son nom chalom, complétude pour notre peuple,
qui a justement besoin avec précision de ce qu'il
apporte, cette Torah présente dans la vie réelle.
Cette Torah "laâm, vers le peuple", comme
il l'est pour chacun. Et regardez tous les téâmim
spéciaux qu'il y a sur ce verset, ils me disaient bien
la vibration si intense qu'il y mettait.
Et nous, oughvaôte petites collines, souhaitons
que nous recevions les fruits d'une justice qui n'est pas tsédéq
mais tsédaqa, imprégnée des bontés
de la Chékhina. Amen.
Ce n'est pas indécent de vous dévoiler ce que
l'on éprouve dans la relation à un grand Rav,
car ce n'est pas "mon intimité", c'est ce qu'il
rayonne et donne, à moi comme à tous les autres,
exactement.
Et, à ce niveau, il se fait en nous cet éveil
de la Torah jusque dans les mots de la Torah ou des psaumes
qui s'éveillent et expriment dedans l'exactitude du vécu
car seul ces mots y sont si bien reliés. J'ai épouvé
cela auparavant avec mon maître Rabbi Moché Yossef
Zénou: avec lui, et avec lui seul, notre échange
s'exprimait spontanément entre nous sur toutes choses
dans les phrases de la Torah car il me donnait cette présence
réelle au lieu qui est tout Torah.Et alors, les mots
viennent aux lèvres, même vers l'inculte que nous
sommes.
Continuez le psaume: au verset 4, le roi assure ce qu'il leur
faut aux pauvres du peuple (c'est le rôle que le Rav a
rempli, nous n'étions pas plus que cela). Et le roi accable
celui qui est violent (le Rav, en premier de tous les juges
rabbiniques de la ville la plus importante de tout le peuple
d'Israël, Jérusalem, savait être intraitable
sans aucune compromission pour rendre des jugements selon la
vérité de la Torah; sa Torah était une
Torah de vérité, et le fourbe ne pouvait pas espérer
trouver des manoeuvres pour jouer avec la vérité.
Le Rav l'écoutait comme il se doit mais ne se détournait
pas de la vérité).
Le verset 1 avait dit que le roi (le grand Rav) reçoit
de D.ieu toutes ses qualités. Aussi, le verset 5 présente
même le nom de Messas (Chéméche,
dans l'écriture de l'hébreu) et on y dit à
D.ieu: "puisse-t-on Te vénérer tant que brillera
le soleil (chéméche). L'existence de telles
lumières est aussi vitale pour le peuple que la présence
du soleil et qu'on ne peut en manquer.
Quand ce soleil s'éteint, le vide est ressenti: qui pourra
être un tel soleil? que se passera-t-il alors pour nous
sans soleil? Certes, ce qu'il faisait, nul ne le fera. Mais
j'ai entendu de nombreux côtés que son exemple
a été perçu très profondément
et, donc, cette ligne continuera. Et tous ceux qui l'ont exprimé
manifestaient ainsi que sa capacité avait été
éveillée en eux. Je ne dirai pas de noms mais
cela est clair pour plusieurs de nos bergers que chacun connaît.
Le verset 11 décrit bien l'hommage que tous lui rendent.
Les versets 12-14 témoignent qu'il délivre les
indigents qui implorent, et qu'il prend en charge le pauvre
qui ne peut attendre de secours de personne. Les témoignages
sont innombrables sur le souci qu'il avait pour les femmes et
enfants en position délicate par le fait de maris violents
face à la justice.
Le verset 15 témoigne que, en retour, tous ceux qu'il
a aidés priaient pour lui et le soutenaient de cette
prière. J'ajouterai que cela était vrai également
envers sa famille qui contribuait tellement à ce qu'il
puisse jouer ce rôle. Et cela parce qu'ils ont la même
attitude. Que ces bénédictions continuent à
les accompagner chaque jour et qu'il les aide encore davantage
maintenant qu'il est plus près de trône de la gloire.
Continuons le psaume 72, versets 16 et 17:
"Qu'il y ait profusion de blé sur
notre terre" (c'est cela nous ressentions par le labeur
et l'efficacité de sa Torah),
"à la cîme des montagnes" (il vitalisait
tous les autres grands Sages, ainsi qu'ils en témoignent
et il était leur unique recours pour bien exercer leur
tâche dans les cas trop difficiles).
"que ses fruits frémissent comme le Liban"
(il est sûr qu'il fructifiait à travers chacun
de ses élèves innombrables qui, eux, le voyaient
tout le temps alors que le public des médias n'avait
rien à dire de lui). Ce terme bizarre de "frémissement"
est placé bien à point, car, comme nous l'avons
vu, le Sage qui est aussi un juste, tsaddiq, et un 'hassid,
un aimant, est quelqu'un qui frémit sans cesse dans la
Présence pour assurer la descente de la bénédiction.
C'était sa caractéristique de rabbin: très
organisé et rationnel rigoureux mais frémissant
dans son amour. Le "Liban" est l'image de la bénédiction
dans les textes. C'est la couleur blanche qui le caractérisait
totalement comme vous le voyez sur les photos.
Par de tels êtres, dit le verset, "les villes augmentent";
amen: qu'Israël se peuple de tous ceux qui sont
encore hors de leur terre donnée par Hachém et
qui n'ont pas encore signé l'accusé de réception;
que les villes d'étude de la Torah se multiplient comme
ce beth middrache qu'est Modia et qu'il suivait avec
attention et en me soutenant de sa proximité, de sa sémikha,
continuité certifiée de sa propre chaîne
de transmission.
Le verset suivant est étonnant:
"que son nom vive pour toujours, que son nom fructifie
devant le soleil (chéméche)". C'est
l'exemple qu'il a donné: être présent
devant Le soleil assurant la vie qu'est le Créateur et
Sa Torah.
Je vous souhaite maintenant le dernier verset ci-dessus: que
l'on soit béni par son intermédiaire, et que les
peuples soient heureux par lui. Cela veut dire par Sa Torah
et par sa ligne quand elle sera comprise.
Le verset suivant loue D.ieu pour ses merveilles qui emplissent
toute la terre.
Le chimouche
N'oublions pas, en chaque point que nous avons abordé,
le contrat que nous avons passé au début de cette
étude:
"ce texte est une pédagogie
pour vous adresser à votre rabbin dans l'axe juste
et lui permettre de tenir effectivement son rôle dans
la Torah. Et dans le respect".
En conclusion, on voit que notre tradition a de justes motifs
en nous disant que nous devons "pratiquer" les Sages,
nos rabbins; c'est ce que l'on appelle le chimouche,
terme qui veut dire exactement "utilisation". Car
ils sont une Torah vécue, agissante. Il n'y a en cela
aucun culte personnel, aucune dépendance. Mais c'est
la condition pour avoir une Torah réelle et non pas intellectuelle.
Car elle a été apprise dans la relation et dans
le concret, et dans les sentiments.Pas seulement dans les textes.
Que cette page vous donne cet axe lors de l'étude de
la Torah, que cela vous incite à être en relation
directe avec vos rabbins comme personnes étudiant continuellement
la Torah, eux-mêmes dans les textes et avec leur Rav,
et ainsi depuis Moché Rabénou.
Enfin, je vous propose de relire les psaumes cités (32
et 34 et 72) et de les dire après l'approfondissement
de cette étude, spécialement pour l'élévation
de son âme (lé îlouï nichmato)
et pour ses proches sans qui rien de cela n'aurait existé
et qui participent donc de ces mêmes valeurs. Eux aussi
sont porteurs exemplaires de cette Torah dont il était
devenu le Patriarche.
Si D.ieu veut, je vous introduirai sur le site à sa méthode
dans la halakha, telle qu'elle est présente dans ses
livres publiés.