Des enseignements essentiels
par les chélochim du Grand Rabbin Chalom Messas, zal

nichmato ner lanou
"sa néchama est lumière pour nous"

photos et scénario par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour (Dipour, en hébreu)
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C'est une page nouvelle de photos familières et intenses,
véridiques et qui enseignent la Torah en direct
.

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Nous arrivons à la fin des 30 jours du deuil, les chélochim, du Rav Chalom Messas, zal.
Cette date fut l'occasion de grands rassemblements. Le premier a eu lieu à Jérusalem jeudi 8 mai à la Yeshiva du Rav Mordékhaï Eliahou et le second a eu lieu dimanche 11 mai à 19 heures à la Yeshiva Porat Yossef.
Devant ce qui fut pour moi une expérience imprévue que je vivais en pensant à tous les nombreux lecteurs de Modia dont je connais bien la soif d'apprendre et de vivre et leurs difficultés pour avancer, j'ai décidé de continuer à participer à ces évenements qui s'élargissaient, afin de comprendre ce que cela révélait des besoins d'Israël, et pour découvrir ce phénomène imprévu qui montait. Je le partage avec vous.

La découverte d'un peuple large autour du Rav Chalom Messas et de Sa Torah spécifique.
Présence d'un public large et de nombreux rabbins, dayanim de tribunaux rabbiniques, étudiants de yéshivotes, amis, et la famille d'Israël et de France. Certains sont venus d'Amérique latine.
1. Depuis nos reportages précédents, nous découvrons l'ampleur de la tonalité
, identique à celle que j'ai présentée, dans tous les témoignages et louanges.

2. On a l'impression d'entendre parler la même voix admirative, filiale, quels que soient la dignité, la fonction ou l'âge des intervenants.

3. Chacun dit que le Rav lui a donné toute son attention, qu'il a apporté la Torah la plus sainte, dans les termes les plus simples, les plus insérés dans l'existence. Et que, pour cela, il donnait tout son temps jour et nuit à l'étude de la Torah et au soin du peuple, sans aucun arrêt depuis sa jeunesse jusqu'au dernier jour.
Tous disent le même mot: dans ce que l'on appelle le chimouche (la relation avec un grand Sage et Talmid 'Hakham où on apprend la cohérence de la Torah étudiée et de la Torah vécue), ils ont découvert la "Torate émete, la Torah de vérité" qui est à la fois divine et totalement pour nous dans notre vie.
Chacun le dit en son style, mais le message est le même.

4. Et tous ceux qu'il a aidés, conseillés, examinés dans leurs connaissances, confirmés par le titre de rabbin, se sont sentis entourés, en plus, par la beauté de sa Torah lumineuse.

5. Mais voici l'événement: le résultat en est que le Rav continue à réaliser un enseignement extraordinaire et une expérience peu banale dans le peuple à Jérusalem car toutes ces personnes qui se rencontrent et découvrent leur point commun, se sentent une proximité étonnante malgré leurs niveaux très différents dans la connaissance de la Torah.
Vous imaginez une telle expérience avec le nombre de Grands Rabbins, de juges rabbiniques, etc, et les débutants, les jeunes, tout le peuple simple. Jusqu'ici, chacun pensait avec reçu de façon exceptionnelle, aujourd'hui chacun réalise que toute une société recevait également cette même Torah. Les askénazim m'ont dit la même chose, et l'aimaient au point que la synagogue askénaze de Ohel Rivka, pourtant bien fournie en nombreux rabbins de qualité voulait absolument qu'il vienne chanter dans son minhag marocain le Cantique de la Mer Rouge (Az yachir Moché) ou le chant des Dix Commandements. Il faut réaliser ce que cela représente comme qualité exceptionnelle.

6. C'est ainsi que l'on bâtit l'approche des temps messianiques par cet amour et cette unité.


7. Autre découverte, la transmission de la présence divine paternelle envers chacun. En ces jours, il se fait une découverte collective : tous ceux-là se découvrent par lui une famille autour du même père.
Et, à travers cette présence de qualité pure, et de proximité, il a transmis à chacun un autre enseignement: l'expérience que nous avons tous également Un Père dont la Torah émerge et qui Saint, mais aussi bon, et aussi proche, et cela également envers chacun. Un enseignement inoubliable.

8. En plus de la part de quelqu'un qui était le top du top niveau des juges en halakha. Intraitable pour préciser ce que dit la Torah en vérité. (On comprend que tous se sentent en manque et se posent maintenant la question: qu'en est-il de la suite.
Nous y reviendrons).

Tout ces 8 points, c'est exactement ce que dit mon poème:


Père lumière


Ô mon père,
Ô ma lumière
peut dire tout Israël,
tu étais présence du Ciel,
conseil fraternel
et justice paternelle,
Rabbénou Chalom ben Ra'hel.

Même les fleurs merveilles
qui ne font jamais la guerre
et comme lui seulement aiment,
se sont inclinées et ont pleuré
quand tu as rejoint la terre.

Même quand nous pleurons,
jamais nous n'oublions
chacune de tes bénédictions
et le sourire de conviction
que bientôt nous allions
recevoir tout le bon.

En ton aura de lumière
et ton immense affection
sereine
où tu nous accueillais chacun de même,
il était clair que Là-haut dans le Ciel
l'Etre saint, éblouissant, éternel
est pour chacun son père.

Il était pureté céleste

et humain plus qu'humain
en chaque geste,
géant et modeste.
Il dominait en savant les plus grands
et près de sa douceur chacun perdait sa superbe.

Chaque mot était vrai, pesé, sincère
.
Il nous a montré le bonheur d'être.
Il était en ses fibres Jérusalem.

Gloire, bénédiction et santé ferme
à celle qui lui a donné de si belles ailes
.
Et gloire et merci à la couronne diverse
des soeurs et des frères
qui l'ont partagé avec tout Israël.


Une telle source,
jamais plus ne s'arrête,
comme la rosée elle sera discrète
,
en chaque jour elle restera douce caresse,
présence et science pour tout Israël,
Torah de bonté certaine.

Un autre enseignement ressort de toutes ces rencontres qui se sont succédées depuis un mois et atteignent leur sommet en ces deux grandes manifestations.
9. Tous disent qu'ils avaient besoin de sa présence qui apportait cette dimension normale mais rare de la Torah: vérité divine et vérité humaine, et aide directe envers chacun, et ils se demandent qui va reprendre ce rôle qu'il tenait de façon unique.

10. Ce qui est clair pour l'instant, c'est le besoin et l'expression aussi que cette qualité "familiale" du peuple juif n'est pas portée par ce seul qadoche mais qu'elle est une marque familiale d'une tradition savante sur des siècles, au Maroc et désormais aussi dans d'autres pays et en Israël.

11. Le Rav David Messas s'est trouvé en un instant devant porter (parce qu'il le représentait maintenant), ce rôle parce que le dispositif séculaire et familial et l'événement de ce décès le mettent en cette position aux eux des autres. Et, de la part de beaucoup, petits et grands, on attend du Rav David Messas qui semble à tous avoir ces mêmes qualités qu'il prenne le relais, le même flambeau.

Lui, inséré dans la perte individuelle et douloureuse du Papa, n'entend probablement pas cela que j'ai entendu et observé tout au long de ma présence où j'ai entendu ces expressions, témoignages et appels. Et la louange précise du père et de toutes les qualités très conscientes de sa Torah que nous venons de décrire, étaient un discours que les orateurs disaietn, non seulement en présence du Rav David Messas placé à la place d'honneur, mais s'adressait à lui aussi.
Aussi, je vais le développer pour le transmettre; je ne serai en cela que le scribe.

Dans la formulation spontanée et progressive, j'ai entendu se répéter ceci, sans aucune coordination entre les personnes:
- le fils David a un rôle à exercer qui dépasse sa fonction personnelle et régionale à Paris. C'est celui de la continuité de rayonnement de son père sur tous les plans nommés ci-dessus.
- cela était dit délicatement, pour ne pas troubler le processus de recueillement et de deuil affectif, mais l'expression en était claire et répétée.
- cela est dit d'abord comme un besoin certain du peuple qui existe dans la société juive en cette période et envers quoi la achga'ha (protection) divine avait mandaté Son serviteur Ribbi Chalom Messas, reconnu par tous, sans ma'khloqéte (opposition dans la discussion qui souvent tourne en conflit).
- ensuite, il est dit que, par ce que l'on entend, sait et voit, le fils David a les qualités de tenir le flambeau et le rôle.
- certes, un enfant ne peut prendre toute la dimension ni enseigner à la place du père. Mais quand le père a laissé la place, celui qui a été formé et qui a les qualités a à répondre aux mêmes besoins puisqu'ils existent, puisque les niveaux différents du peuple crient leur besoin, leur manque et leur appel.
- seulement à ce moment, la mutation se fait. Cela est classique dans le judaïsme. C'est ce que l'on appelle le Admor, initiales de Adonénou morénou vé rabbénou (notre seigneur, notre enseignant et notre rav). Ce n'est pas un titre, ni un héritage, c'est une continuité de fonction quand tout le demande et quand tout a été organisé comme tel par la Providence.
- Mais, surtout, nous entendons les plus grands Sages le dire ou en formuler, allusivement et délicatement, la demande.

12. Nous arrivons là devant ce qui s'est produit pour le Rav Chalom Messas lui-même; tous le disent: il n'est pas monté d'honneurs en honneurs, il est monté dans la Torah et, alors, ipso facto, le peuple lui a demandé plus pour répondre à ses besoins, et cela depuis la périphérie et la galoute jusqu'à devoir exercer ce rôle au lieu le plus nécessaire, le plus vital pour le peuple et dans le lieu du rayonnement central. De là, le Rav rayonnait aussi bien sur le Maroc que sur Montréal, Toronto, New York, Caracas, Bruxelles, etc.

13. Et il a su donner l'exemple suprême: que la cohérence de l'enseignement de la Torah fait que l'on suit la vague divine sans s'attacher à ce qui deviendrait alors l'esclavage d' Egypte. Et il montait, c'est bien l'expression. Tous ont l'expérience qu'il était lumineux, de véritable lumière autant que de la pureté de sa Torah et de la clarté de ce qu'il disait en tout mot pesé. Et il se passe alors le phénomène promis par la Torah: il reçut au centuple place, bien-être, honneurs qu'un plus petit aurait hésité à quitter puisqu'il les avait au Maroc. Le Rav connaissait la Torah et son choix de connaissance était évident.

14. Assumer la fonction reçue
Laissons faire le temps, il est possible que le Rav David n'entende pas tout cela, imbibé qu'il est dans sa douleur ou dans les années de second. Aussi j'ajouterait quelque chose que le Rav Chalom m'a confié.
Ce qui se passe pour le Rav David n'est pas ce qui se passe dans les cours 'hassidiques où un jeune enfant est nommé héritier.
Le Rav Chalom m'a montré la preuve qu'il intronisait son fils David au niveau de grandeur de décideur halakhique. Comment? Il m'a montré clairement que le fait de mettre dans son livre une réponse halakhique de son fils 'hamoudi indiquait qu'il le plaçait à égalité.
Bien plus, il lui accordait une autre reconnaissance: seul le Rav Chalom Messas était à même de se placer en ma'hloqéte (discussion et contestation publique) avec le Gaone incontesté en halakha qu'est le Rav Ôvadia Yossef, de s'apprêter à en recevoir la réplique précise et solide de contestation en retour, et de persévérer en apportant de nouveaux arguments. Ribbi Chalom a tenu ce rôle avec succès et nous avons publié les images de l'affection si grande qui unissait en conséquence ces deux géants.

Ribbi Chalom a intronisé son fils en cette place et en ce niveau, en mettant la téchouva rabbinique de son fils dans son livre qu'il rédige en tant que Premier Président des tribunaux rabbiniques de Jérusalem et Grand Rabbin de Jérusalem. Et en y répondant publiquement. Le fils n'a pas encore osé répondre au père mais il n'est pas de doute pour moi que, maintenant, son père l'autorise à formuler la réponse à ce que son père a écrit. Comme les Tossafotes écrivaient à la suite de Rachi. Cela est clair, le Rav Chalom a donné à Ribbi David cette téoudâ publique, page 87 et suivantes de son livre Chéméche oulmaghen. Et il m'a dit le plaisir qu'il avait eu de cela et m'a vanté alors les qualités de 'hakham brillant et 'harif que possède son fils. J'en témoigne. Sa modestie et sa simplicité sont égales à celles de son père.
Mais son père, en porteur du flambeau éclairant, savait qu'il fallait le placer là où le peuple a besoin.

Ribbi David se trouve maintenant devant le même problème: le flambeau pour éclairer est là devant lui, ainsi que les besoins et les demandes, et la lucidité de tous envers ces paramètres uniques qui sont réunis.
Que le Ciel l'aide a accepter avec la même assurance qu'avait son père à croire que si le Ciel donne et appelle, c'est qu'il donnera à chaque instant tout ce qu'il faut, non seulement sur le plan spirituel mais aussi sur le plan humain. Amen.
A nous de prier aussi pour cela. C'est très important pour notre peuple.
Nous assistons à la fin du période longue de préparation et à la transmission.
A nous de dire: 'hazaq vé émats comme il a été dit au début du livre de Yéhoshua et nos Sages font remarquer que le triplement du mot 'hazaq donne la guématria de Moché, preuve que le successeur sera égal au maître pour répondre aux besoins du peuple. Et que chacun de nous puisse aider comme le faisait l'ami Caleb, fidèlement. Amen.

15. Revenons à la cérémonie. L'unité. Le peuple en demande.
Nous entendons de Jérusalem que les Juifs français se sentent devenus orphelins également, ils sont venus rendre honneur au défunt et une osmose beaucoup plus grande (basée sur ces qualités précises communes, et sur ces acteurs précis communs), se brasse en ces jours.
Officiellement, le Rav Mordékhaï Eliahou recevait toute cette foule dans la Yéchiva dans le quartier de Qiriate Moché. Il a confirmé ces besoins exprimés par les différents orateurs, et son appel était lancé au Rav David Messas comme porteur du même flambeau pour que son rôle s'exerce non seulement à Paris mais aussi envers les besoins de son peuple de Jérusalem et de partout comme son père.

Il était étonnant de voir cette foule de Jérusalem, spontanément groupée alors dans la prière animée par le Rav David Messas, à la demande du Richone lé Tsione, le Rav Mordékhaï Eliahou. Je vous présente quelques photos de cette soirée pour vous y intégrer dans cette expérience commune.

Les Grands Rabbins arrivent et sont assis face au public. Ici, le Rav Mordékhaï Eliahou à gauche et le dayane le Rav Elmaliah. Il est important que vous sachiez et ressentiez cette proximité entre ces hauts personnages, qui vient de la même présence vraie à la Torah. Fraternité, bonté, expérience, hautes et lourdes responsabilités. Proches entre eux et proches du peuple.


Je ne présenterai pas toutes les interventions, centrons-nous sur celle du Rav Eliahou.
Il a ouvert un livre du Rav Messas, Tévouote chéméche, et y décrit son souci pour les besoins du peuple, sa passion
pour aider les étudiants dans leur difficulté à étudier la Torah.


Sa main, son visage essayent de nous transmettre la force chaleureuse de ces lignes.


Il y rejoint le coeur intérieur de ce que le Rav voulait transmettre par sa vie et ses relations.
On comprend que ces deux hommes aient eu une amitié très profonde car nous sentons
cette même vibration à la Torah et la même capacité d'expression dans la simplicité
sincère. Ceux qui n'ont pas le contact avec de grands Sages découvent ainsi qui ils sont.


Le Rav interpelle, dit qu'il a appris du Rav Messas à parler vraiment à quelqu'un individuellement
même lorsqu'il parle à de nombreux auditeurs, nous le voyons ici.


Et, voici, après l'éloge qu'il vient de faire aussi du Rav David, l'héritier de cette tradition,
comment il l'appelle avec bonté et bonheur pour qu'il s'adresse à son tour aux Juifs, ici maintenant,
depuis Jérusalem.
Les Juifs de France présents sentent que vraiment leur place existe ici, totalement.
Là où sera le Rav David, il aura à exercer maintenant ce rôle; sous quelle forme extérieure nous ne le savons pas, où nous ne le savons pas, mais nous savons désormais que ce rôle il ne peut plus l'éviter et qu'il y a été préparé et qu'il s'y est préparé sans le savoir.


Le Rav Messas demande l'indulgence parce que l'émotion risque de prendre le dessus
devant ce lien de toute une foule à son père.


C'est encore un moment de vérité familiale, ensemble tous.
Et le Rav commence à nous dire ce que les auditeurs attendent de lui:
la transmission de son expérience d'un tel père, comment il vivait dans la Torah et avec les autres.
Le Rav saisit sa connaissance intime.


et le Rav s'anime, nous emportant dans la vie heureuse avec un père qui chante, guide,
apprend à étudier.

Les gestes animés et l'ambiance vivante ne me permettent plus de prendre les photos.
Le Rav anime ensuite l'office de Min'ha et Arvite puis la foule se presse spécialement autour de ces deux Sages,
très familialement et gentiment


Je saisis un instant ces deux personnages où l'amitié entre la même génération est maintenant reportée sur le fils.
S'il sent l'intensité de la demande populaire envers lui, nul doute que la bonté de l'accueil le rendra heureux. Amen.
Qu'il puisse à son tour donner toute la mesure de sa tradition pour le peuple qui en a tant besoin: maintenant à la mesure du rôle paternel qui lui revient selon ses capacités.
Peut-être, nous l'espérons, a-t'il découvert, plus qu'il ne le pensait auparavant, combien il y a une attente large envers sa tradition de Torate éméte.
Bien au-delà d'une fonction locale précise.

Voici, dirai-je spontanément, la photo, de l'intronisation comme successeur admis.
Le Ciel a voulu qu'elle soit si probante.


Pendant que Ribbi David Messas est entouré, le Rav Eliahou est pressé de questions. Ici par le Rav Yéhiel Abou'hatséra de Ramlé, venu lui aussi.


et nombreux lui demandent la bénédiction. On le voit, cela se réalise intensément.

Nous sentons encore en cela que nous avons à entendu la voix de tout ce qu'a dit en allusions
le Rav Mordékhaï Eliahou pour le peuple qui a besoin.

La soirée s'est terminée par la bénédiction de la lune.
Elle symbolise l'union réussie, l'entrée de Yéhoshua, lune, dans la terre d'Israël, sans peur et avec confiance
dans la présence aidante de la Chékhina..


Heureusement que vous avez eu ce reportage:
vous avez vécu en famille un grand moment du peuple juif à Jérusalem.
C'est cela Jérusalem. La Torah vécue. Dans un peuple qui la vit, en famille.

Rendez-vous, maintenant pour la seconde rencontre (cliquez ici).
De très nombreux lecteurs et étudiants de Modia n'ont jamais eu l'occasion d'approcher des grands sages, encore moins de Jérusalem coeur de tout le judaïsme. Aussi ce parcours est une initiation et une expérience qui fait partie nécessaire du parcours de l'étude par la rencontre de la Torah vécue en quelqu'un de sûr.
On reviendra ensuite à ces deux études suivantes.


Etudier ici les rites du décès et du deuil dans le judaïsme


Commentaire éducatif dans la Torah sur l'héritage

Chacun est placé un jour dans cette position de perte du père
et chacun placera un jour ses enfants dans cette position.

La Torah nous enseigne sur ces moments:


1- Le père, avant son décès, autant que possible, doit avoir transmis à ses enfants ses consignes morales explicites à chacun, pour son bien. Ainsi que ses bénédictions, et Rachi dit alors: "si ce n'est pas maintenant, alors quand!",
comme nous le voyons de l'exemple de Yaâqov (Béréchite chapitre 49) et dans celui de Moché Rabénou (Dévarim chapitre 33).

2- La Torah nous enseigne que les enfants doivent se réunir à ce moment, et aussi faire téchouva, revenir de leurs défauts personnels et de leurs divergences entre eux, comme cela s'est produit lors de la mort du Patriarche Yits'haq quand ses fils Yaâqov et Essav l'ensevelirent ensemble en se réconciliant. (Voyez les commentaires sur Béréchite 35, 29).

3- Tout cela est pour que les enfants prennent conscience qu'ils ont maintenant une tâche à accomplir à leur tour et que le Patriarche ne les dispense plus par sa présence ni par son activité: le rôle de pilote du peuple leur revient. C'est leur tour. Et cela comprend plusieurs phases.

4. D'abord, les enfants doivent prendre tout le temps de rendre hommage au parent défunt, l'honorer en prenant soin des rites divers, dire le qaddiche pour l'élévation de l'âme du défunt, étudier pour lui, donner la tsédaqa. Le respect envers les parents est mis par la Torah au même niveau que le respect envers le donneur de vie qu'est D.ieu.

5. Il y a ensuite une nouvelle phase par rapport à l'héritage moral du père. Quand il vivait, il avait pris le rôle parmi les générations, de faire fleurir tout le potentiel de cet arbre de vie à son tour. Et les enfants disaient: Papa fait ceci, est capable de cela, écrit ces livres sur la Torah, etc. Ce qui sous-entend: pas moi. Et, effectivement, plus le père est doué et assume ses capacités qu'il a reçues, généralement moins les enfants se sentent capables d'assumer eux-mêmes ces qualités identiques. Ce phénomène est fréquent. Cela est d'autant plus frustrant pour les parents qui ont donné l'exemple du courage, du travail et ont souhaité en faire profiter les enfants, mais c'est la réalité psychologique normale, ou la plus fréquente. Voyons la solution que la tradition juive a donné à ce problème constant.

"D.ieu d'Avraham, D.ieu de Yits'haq, D.ieu de Yaâqov".
A ce niveau, comprenons pourquoi nous disons dans le début de la prière de la Amida récitée 3 fois par jour: "D.ieu d'Avraham, D.ieu de Yits'haq, D.ieu de Yaâqov".

Si on avait dit: "D.ieu d'Avraham, Yits'haq, et Yaâqov", cela aurait voulu dire que l'approche du père est celle qui oriente les deux générations suivantes dans sa ligne, et elles n'auraient eu vie qu'à l'intérieur de ce qu'il a réalisé personnellement avec D.ieu dans sa vie.

Mais la formulation retenue indique bien que chaque génération est reconnue dans sa plénitude spécifique de relation à D.ieu et dans sa mission différente: "D.ieu d'Avraham, D.ieu de Yits'haq, D.ieu de Yaâqov". L'expérience de chacun est différente, et elles sont considérées avec le même respect. On ajoute. Et l'ancêtre reconnait toute la valeur de la spécificité des successeurs.
Mais, il faut percevoir encore un autre point très important: inversement, la troisième génération reconnait la valeur des deux précédentes, et la seconde reconnait celle de l'ancêtre.Aucune n'est minimisée.

Tirons-en une conclusion qui va en sens contraire de l'individualisme qui caractérise notre époque: il ne s'agit pas de "répartir l'héritage" et de le "disperser" comme on dit en français; au contraire, il s'agit de le cumuler, de l'intégrer. Comment cela peut-il se faire?
Que l'on me permette un exemple personnel pour l'exprimer. Quand j'étais enfant, mon père est particulièrement doué pour réparer tout ce qui était nécessaire pour la vie quotidienne de toute la nombreuse famille, depuis les chaussures jusque tous les outils indispensables à créer pour faire face aux réparations de la maison en tout genre, dans les conditions modestes qui étaient les nôtres. Quant à moi, je n'étais nullement doué en ces matières, et je m'estimais nul, mais je l'ai vu faire chaque jour. Peu de temps avant mon alyah, mon père est décédé, et nous avions acquis en Israël un petit deux pièces charmant mais qui s'est révélé devoir être refait pour la tuyauterie et tous les problèmes d'eau. Et nous n'avions plus de ressources. Je n'avais jamais rien fait de ce genre et j'ai réalisé sans difficulté ces changements multiples de plomberie. Subitement, j'ai pris conscience de l'étrangeté du fait et j'ai compris que, par respect et par amour pour mon père, je ne m'étais jamais autorisé à me sentir capable de faire tout cela. Et maintenant, lui étant décédé, ma capacité (celle identite à la sienne) s'exerçait; bien plus, c'est comme si je lui rendais hommage affectif. D'ailleurs, lui n'avait jamais douté que nous en étions capables, il nous ordonnait de l'aider, on obéissait mais sans la conscience de notre capacité.
On connait l'exemple plus compliqué de Freud, ayant de nombreux problèmes avec son père, et ne découvrant sa créativité qu'après le décès de ce dernier, mais continuant à resté empêtré dans ses problèmes intérieurs envers lui, à commencer dans son lien au judaïsme. Il en a fait la psychalyse, déplacement de la science juive de l'être que connaissait la tradition de son père. Mais, examinons plutôt l'aspect non conflictuel.

La conclusion est importante pour tout ce qui concerne la Torah. Il ne s'agit pas de dire, à propos de "D.ieu d'Avraham, D.ieu de Yits'haq, D.ieu de Yaâqov": Papa était comme ceci, je le respecte et je suis autrement.
Non. Car Yits'haq intègre totalement l'apport qu'a eu Avraham. Il n'ajoute pas le sien, différent, en faisant du précédent un souvenir. Il devient le porteur de ce qu'a découvert son père, comme le père l'a découvert. Ce qu'il a transmis, il l'intègre et est capable de le transmettre comme le père le transmettait.
D'ailleurs, l'entourage ne s'y trompe pas qui regarde ainsi l'héritier, cela est très clair envers Ribbi David Messas concernant la demande sociale qu'il veuille bien re-présenter les qualités paternelles sans prendre de recul en disant "je ne suis pas lui". Il ne s'agit pas d'une erreur d'optique de la part du peuple, ni d'une fixation, mais, bien, de la spécificité de la tradition juive que nous ont enseigné les patriarches. Et, en plus, c'est ainsi que l'on assure au peuple ce dont il a besoin. C'est tout le judaïsme où le modéle des trois patriarches est si constitutif de tout.

Dans le cas juif fréquent, où le père était un patriarche qui a formé réellement ses enfants à toute la tradition et à ce qu'il y ajoutait, cela est clair et flagrant. Et comme je l'ai dit, par l'exemple modeste qui me concernait, après le décès du père nous devenons le re-présentant compétent et actif des capacités paternelles, et nous y ajoutons les nôtres différentes. C'est ce qui s'est passé entre Avraham, Yit'haq et Yaâqov, voilà pourquoi on les cite ainsi dans la prière. De même, dans l'énumération du suite de pères et fils à la fin de l'étude d'un Traité du Talmud.

6-
Enfin, même si nous faisons tout cela, nos textes disent que notre action personnelle restera sans fruits si nous ne respectons pas une condition supplémentaire. Laquelle? Le roi Salomon avait réalisé la plénitude de ce que le Ciel lui avait donné comme dons, et même la plénitude des souhaits de son père en construisant le Temple que son père avait préparé et il l'avait fait en respectant scrupuleusement ses plans, et, pourtant, les portes du Temple refusèrent de s'ouvrir lors de l'inauguration et, de même, après les supplications. Elles s'ouvrirent seulement lorsque Salomon formula explicitement et publiquement que tout cela avait été fait non par lui mais grâce au mérite de son père. Alors, les portes acceptèrent de s'ouvrir.

7- L'union des générations.

Nos trois Patriarches ont étudié ensemble 15 ans, construisant ce partage. Ils le faisaient 15 heures par jour pendant ces 15 ans, la tradition estimant que les 9 heures restantes suffisent pour le sommeil, le gagne-pain et les besoins divers normaux. Et ce 15 magnifique est encore exprimé par le dernier verset des psaumes: 'kol ha néchama téhallel y-a, toute l'âme te loue y-a". Ce dernier mot est composé des lettres youd et qui forment la somme de 15.
Nos Patriarches sont ainsi nommés "D.ieu d'Avraham, D.ieu de Yits'haq, D.ieu de Yaâqov" et au moment le plus important de la prière et le plus uni à D.ieu, parce qu'ils ont réussi cette coordination des générations. Exemple clair.
Les 15 psaumes des montées ou les 15 marches qui mermettaient d'entrer dans le Temple réfèrent encore à tout cela.

Tout cela demande à chacun une lente réflexion personnelle pour le comprendre à notre propre niveau.
Mais, surtout, pour l'appliquer à nos relations entre nos générations, et spécialement après la perte d'un père.
Quand ce père était un Sage de la Torah, on doit alors, en fonction de tout ce que l'on a vu plus haut, intégrer son héritage vu, entendu, mais aussi les écrits. Prendre tout cela à notre propre compte comme si nous l'avions écrit, comme si nous avions à continuer à en être le porteur dans le contenu et dans l'approche, spécialement dans son apport unique, car chacun a reçu quelque chose de spécifique pour répondre aux besoins du peuple à une époque.

Alors, les enfants doivent devenir à leur tour les phares de cette lumière qui a été créée, non pas comme un "héritage" mais comme une action continuée et doublée.

Voilà l'enseignement de la tradition que j'ai compris (personnellement et pour le peuple d'Israël) suite à l'appel "évident" présent dans les paroles des Sages de la Torah lors de ces jours de consolation et de hesped, et dans les rencontres.
C'est une étude de la Torah vivante, et cela se réalise spécialement quand il y a tant de Sages qui viennent parler.
Je remercie les acteurs et enseignants involontaires et généraux qui, une fois de plus, ont donné ainsi au peuple juif, comme leur père, avec tant d'amitié et d'affection.
En leur souhaitant de transformer leur douleur en éclosion, comme l'ont fait toutes les générations précédentes.
Baroukh Hachém léôlam amen vé amen.



Et, également à notre place de lecteurs membres du peuple à qui ce père, le Rav Chalom Messas, zal, transmettait pour tous sa connaissance de la Torah, nous assumerons aussi ce qui vient d'être dit. Si D.ieu veut, je placerai sur le site des études de halakha, de questions de halakha et les réponses telles qu'elles sont dans ses livres. J'en avais parlé avec le Rav et lui avais montré les exemples qui sont prêts avec mes notes rédigées.