Matin après la nuit épreuve.
Nuit, tu nous as mis au niveau de nos forces ;
tu as bien ri, nous étions tous inertes et morts ;
finis les grands, les superbes, les riches, les méchants, les
forts.
Ce matin, ils vont se brosser le visage
devant la glace pour préparer un anti-pourim de farce :
voici le superman, le pauvre, le canon qui tire des pétards.
Ce matin, les juifs ont traversé leur première nuit,
ils garderont lumière et la peau de Pourim,
leurs vêtements sont beaux comme les souvenirs
du jardin des fontaines et des lumières d'avenir,
et leur reine règne sur les 127 misères à réduire.
Ils connaissent maintenant Celui qui tire les ficelles.
Foin des sondages, des manipulateurs de poubelles,
foin des gloires et des réussites de Polichinelle,
ils se lèvent maintenant et restent les voyants de Tes lumières.
Ils ont vu la clef du monde : la beauté de rencontre,
la beauté du don et la guerre contre nos propres démons.
Oui, nous vivons en prison, oui il y a des méchants,
dehors, ici, et moi dedans. Et il y a, à chaque instant,
une reine cachée, pure et menacée que le Ciel veut délivrer
:
la femme, chacune d'elle Torah, Israël et Chabbate toutes les
journées.
Il est un peuple femme que le Ciel veut fiancer.
Les Amane, dehors et dedans, voudraient la défigurer.
Un homme pur, fort et stable, Mordékhaï hayéhoudi,
nous est proposé.
Il connaît la Torah, sagesse, force, lumière, sainteté.
Il voit la présence droitement dans les chemins compliqués.
Il garde sans cesse le niveau de sa dignité.
Il aime et aide, loin des impuretés.
Il marche, ferme ; devant ses yeux, le respect.
Il a confiance dans le temps : il a raison, il a gagné.
Ce matin, le juif, roi et reine, ne perdra plus jamais
sa main de lumière, son regard étoilé par les
bontés,
son vêtement pailleté des joies de Ton Ciel ici sur terre,
et l'assurance d'être accompagné.
Il connaît Celui qui est la présence,
Celui qui a promis et qui lui a donné.
L'invisible est amour. L'amour est seule vérité.
Ani modé, je reconnais.

(peinture de Yémima Nicole Dufour-Gompers)