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Extrait du recueil de Poèmes
L'ami des aurores
par Yehoshua Ra'hamim Dufour

La simplicité du bonheur

(Sur la paracha Béréchite)

- Pourquoi fais-tu cela ? Pourquoi agis-tu ainsi, mon ami ?
- Cela finit par te sembler suspect, tu es surpris.
Je travaille, tout simplement, naïf et simpliste,
pour que le Gane Eden soit un peu plus : ici, pas ailleurs, ici.

Beaucoup ne sont pas contre, mais là-dessus ils n'ont pas d'avis ; ils n'y pensent pas.
Ils appellent "réussir" faire de l'argent, pas l'amour, pas un sourire,
montrer par l'humour cynique qu'il sont plus forts que toi en détruisant leur ami ;
à certaines heures, je me dis bien que je ne suis vraiment pas fait pour ce monde-ci.

Je n'ai jamais compris pourquoi les gens ont besoin de travailler tant d'heures,
ne pas être avec ceux qu'ils aiment pendant tant de jours ni d'heures
simplement pour avoir une très belle voiture, un second appartement
et des millions en conserve, et le fin du fin la vie ce serait d'avoir une belle retraite
où l'on pourrait jouer, tous en silence, au bridge.

J'ai trouvé un livre où il est dit : je vous propose de vous aimer l'un l'autre,
je ne suis pas tout seul dans cette façon de voir le monde et la vie.
Et je trouve d'autres livres qui n'en finissent pas de dire que tout cela vaut aussi,
et qui font chanter les fleurs, la lune, l'amitié, les lettres, sans aucune retenue,
l'infini des doigts posés ensemble et qui se disent lentement,
être branchés ensemble sur le trésor et la lumière du sanctuaire.

Quand j'étais petit, nous avons été pris, beaucoup de mes proches,
dans une épouvantable catastrophe ; tout le monde hurlait,
les gens se sont mis à prier à un débit insensé.
Tout cela m'a semblé encore plus catastrophique et délirant
que ce qui allait probablement nous arriver dans un instant.

J'ai tenu entre mes mains un bouquet imaginaire de belles fleurs simples
et j'ai dit : je ne lâcherai jamais les fleurs de mes deux petites mains.
C'est tout, depuis je n'ai jamais lâché les fleurs. Je ne les ai pas trahies.

Heureusement qu'il y a les fleurs dans la vie.
Heureusement qu'il y a des gens qui donnent des fleurs.
Heureusement qu'il y a des gens qui sont des fleurs dans la vie.
Il faut vivre avec Celui qui crée les fleurs
et, comme Lui, dans Son bonheur.

J'ai fait mon métier de travailler avec les gens, parfois des années,
simplement pour qu'ils parviennent à ne plus se détester,
à ne plus fuir le bonheur souvent au prix des pires choses compliquées,
et dans la trahison de ceux qu'ils aiment et qui seraient prêts
à vivre avec eux pour toujours en un seul être de bonheur.

C'est étrange, comment la simplicité du bonheur paraît si compliquée.
C'est étrange comment la vanité des choses, la peur et l'obscurité
sont toujours là à notre portée. Mon ami, es-tu un ami des aurores ?


Voir la paracha Êqév et la paracha Nitsavim


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© Copyright Dufour