Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes - Par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
 
Avant la nouvelle année
 

Une goutte d'eau

Un univers de métal
et de tuyaux fermés
depuis l'école jusqu'à l'Université,
dans les philosophies et les partis politiques
et les religions qui s'injurient.

Il y a ceux qui les fabriquent sans en vivre avant de mourir
et leurs patrons qui s'estiment les civilisateurs et en jouissent.
Du monde, ils sont la syphilis.

Mais
une goutte d'eau s'échappe, silencieuse.
Elle est belle, elle est parfaite, et cela suffit
pour que l'univers retrouve le lien essentiel au Créateur

Ici ou là, un peintre, un amant, un éducateur, une maman, une soeur
une main qui aide, quelqu'un vivant du coeur

sont douce goutte, toute valeur.
A cette heure, elle est fatalement seule.
Comme l'est le Créateur.
Mais, désormais tout sera différent.

En cet instant
un nouveau monde est créé,
il est parfait d'amour
comme ton coeur, comme mon coeur.
Je n'en doute jamais, même si tu es ailleurs.

La nouvelle année est cet instant.
Chaque respiration, chaque regard, chaque émotion
seront cette goutte
qui recrée
tout le monde
en perfection.

Ensemble.

Eclairage:

Chacun sait que de nombreux capitaux européens et occidentaux sont investis pour fabriquer des produits dans les pays où les travailleurs ne sont pratiquement pas payés, n'ont aucune couverture sociale. Et, bien souvent ensuite, ces capitalistes immoraux se présentent en magnifiques bénévoles ouvrant des activités caritatives qui, en fait, ne sont pas réalisées par la privation et le don mais par l'exploitation inhumaine des pauvres.

Ainsi, fin septembre, aux Indes, l'histoire vient de virer. L'exploitation de ces pauvres a conduit à une révolte: les ouvriers ainsi inhumainement exploités ont lynché Lalit Kishore Chaudhary, directeur d'une filiale indienne de l'équipementier automobile italien Graziano Transmissioni, à Noida, une banlieue ouvrière de l'est de Delhi. Bien plus,c'est tout ce système qui a été pour la première fois mis en cause par les autorités indiennes elles-mêmes car le ministre indien du travail, Oscar Fernandes, a déclaré sans pudeur: selon l'agence officielle PTI (Press Trust of India) que "ce fait tragique doit servir d'avertissement pour les cadres dirigeants et les travailleurs doivent être traités avec compassion. Ils ne doivent pas être poussés à bout, au point qu'ils fassent ce qui s'est passé à Noida". Un grand débat moral est ouvert aux Indes depuis ce double évenement: le fait et la déclaration du ministre.

Lien ici: http://timesofindia.indiatimes.com

 

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