Il est des gens, sous les tempêtes,
qui savent garder haute la tête.
Ils marchent purs et droits comme Bitia
et voient en chaque être menacé un Moché peut-être.
J'ai rencontré des êtres d'une telle pureté,
malgré leur caractère et leurs infirmités,
que de l'Être suprême ils portaient la beauté.
Comme Myriam, ils éveillent les vies fatiguées ;
Amram et Yokhébed, par elle, recommencent à enfanter.
J'ai vu des femmes enfants, battues et menacées,
qui restaient fleur pure sous la colère et blessées.
Pour elles, le Ciel sort du sommeil et invente Moché,
le buisson ardent et la révolte insensée.
J'ai connu, dès enfant, des maîtres modestes
qui ont un seul message : la lumière.
C'étaient mon père
et ma mère, insensibles à l'impureté,
à la montrance, au plaisir de tromper.
Je me réveille, parfois fatigué, apeuré,
et je repense à ces lumières et ma vie renaît.
J'ai vu, j'ai entendu, j'ai embrassé des mains pures.
J'ai gardé le grain de la main de ma grand'mère,
la douceur lumineuse des cheveux de mon père,
le brouillard de tes yeux embués de misères.
Qu'ils soient près de moi, cachés ou au-delà
des frontières,
ils éveillent en moi la joie, la vie et jusqu'à la fidélité
éternelle.
Quand j'ai rêvé d'eux commence une journée très
belle,
quand je les vois encore près de moi, je bois la saveur de
la Torah.
Ils s'appellent chir él et sont chants du Ciel.
Même les fleurs voudraient leur ressembler et ne le peuvent
guère.
Rien ne peut vaincre Israël tant que nous goûtons Ta beauté,
tant que nos coeurs vibrent dans la même musique.
Ecoute Israël.