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Extrait du recueil de Poèmes
L'ami des aurores
par Yehoshua Ra'hamim  Dufour


Il lui dit
Juin 2001. Poèmes pour celles qui désespèrent pendant la guerre
 
Il lui dit dans sa vieillesse :
"je t'ai aimée sans cesse
avec tellement tellement
de tendresse"...
...une lumière envahit la pièce
et leur redonna 30 ans de leur jeunesse.

Un mot fidèle,
une pensée tenue sans cesse
depuis le premier émoi
du toucher des doigts,
depuis le premier baiser des lèvres,
traverse les froids et les averses,
et quand revient la même voix,
le même regard de tendresse,
l'univers accouche enfin
de toutes les promesses.

Je n'ai pas été loin de toi
ni de jours ni de rêves.
Je suis né une fois en ta lumière,
elle était éternelle.
Il ne s'est pas arrêté
le baiser du Ciel et de la terre,
il suffisait que tu reviennes
me dire combien tu m'aimes
et tous les soucis et les haines
soudainement disparaissent.
Simplement parce que tu m'as dit :
"je t'aime".
J'attendais que tu reviennes
depuis des ans et des siècles.
Tu es le même.
Il suffisait pour ne plus rêver
de nous dire : je t'aime.
 


Faut-il encore désespérer ?

Faut-il encore désespérer
de trahisons en démissions
quand nous avons 
un si belle terre ;
notre peuple autrefois
était fort et fidèle.

Nous n'aimons pas nos frères,
nous les laissons dans la misère,
sans travail, sans Torah,
livrés aux jeux et au cola.
Ya la'hma aniya,
où sont nos prophètes ?
Nous errons sur notre terre.
Nous sommes une génération
de destruction et fiers
de renier la terre des promesses ;
elle attendait en vain nos frères,
pour la garder nous étions solitaires
et nos enfants se perdaient
sans éducation, livrés à eux-mêmes.

Un million d'Israéliens, dit-on,
ont demandé pardon
aujourd'hui en prières
pour leur obstination
à chercher le salut
dans les seules élections.
Nous nous réveillons
d'une longue hybernation
hors de notre vie,
hors de notre gloire,
hors de notre seule orientation.
Nous avions la Torah,
la terre et nos frères
et nous avons failli tout perdre
d'illusions et d'inanition.
Il est temps de poser nos pieds
sur notre terre, sous notre Ciel
et de tenir les mains de nos frères.
Erets Israel, si nous la jettons,
elle ne se laissera pas faire
et nous paierons bien plus
que tout ce que nous avons
déjà souffert.

C'est l'heure du réveil,
pas celle des élections.



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Dufour