(Le combat de Yaâqov. Béréchite 32, 23-33)
Yaâqov crie :
"Ma'hanayim !
Toujours ces deux camps dans ma vie !"
Les oiseaux et le vent chantent vers lui :
"mais, Yérouchalayim ,
c'est toujours deux aussi !".
"Moi, le puits de Ra'hel me suffit,
mais Toi, Tu veux toujours doubler la vie :
L'unité ne T'a pas suffit,
Tu as besoin de créer aussi.
Le Ciel ne T'avait pas suffi,
Tu crées la terre et le ciel unis.
La lumière ne Te suffisait pas,
Tu inventes celle du jour et celle de la nuit.
Adam ne T'avait pas suffi,
Tu l'as fait éclater en deux morceaux inachevés.
Moi, Ra'hel me suffit.
Dans l'amour ahavah, pourquoi ces deux hé ?
Jérusalem n'est-elle pas unique ?"
Les oiseaux, qui savent voyager très haut, lui disent
:
"Jérusalem n'existe pas ;
mais d'où te vient ce rêve insipide ?
Elle est toujours deux femmes en une : Yérouchalayim.
L'une du Ciel, et l'autre de la terre ;
tu n'es pas Yaâqov, tu es Yaâqov-Yisraël."
"Ne profitez pas que je n'ai pas d'ailes.
Qui peut discuter avec ceux qui voient depuis le Ciel ?
Qui connaît toute la Torah hormis ceux qui la lisent de là-bas ?
Que dire ? Toi seul est grand, je ne dirige pas le soleil.
Moi, je suis si petit et n'ai que le silence.
...
Mais, dites-moi, alors, vous qui parlez des doubles
infinis,
vous qui m'enseignez les deux visages de Yérouchalayim :
il faut que moi aussi je vous explique,
car vous ne marchez pas sur la terre du Gan Eden, ici ;
et je connais mieux que vous la souffrance du sanctuaire détruit.
Voici : où est cette Yérouchalayim d'en-bas promise ?
Pourquoi, Léa, Tu la prends dans Ta gloire pour Toi seulement ?
Et nous, en bas, sans Ra'hel, et le sanctuaire absent ?
Pourquoi le bonheur au Ciel si Ta chékhina souffre, ici, incomplète
?"
Laisse-moi loin de tes questions partir.
Non, je te tiens, tu ne partiras pas.
Je ne te laisserai pas que tu n'aies rétabli
Yérouchalayim, et Léa-Ra'hel également, ici.
Toi, tu es vraiment Yaâqov-Yisraël,
car tu luttes dans le Ciel et sur la terre en même temps.
Tu l'emportes et tu complètes. Tu restes fort, Yisraël.
Parle si tu veux, il y a trop de mots dans
les bons livres.
Mais je ne te lâcherai pas que tu n'aies rétabli
ce que Tu as créé dans Tes rêves infinis :
Yérouchalayim en nous ici, et Léa-Ra'hel aussi.
La souffrance de Ta chékhina doit se terminer ici.
Voici l'aurore, Je te bénis.