Ecouter
la vie présente
dans le don de cet instant
comme l'eau qui court et descend
entre les rochers d'un torrent.
Recevoir
en élargissant
le regard jusqu'aux firmaments
au-delà des radios et des gens
et des ragots et des méchants.
Recueillir
le son et les chants
de l'amour qui fait le monde infiniment
et nous choisit, précieux récipients,
heureux, et de la source conscients.
Merci
de nous avoir donné
le coeur qui aime et nos antennes,
et de voir les étoiles
dans les yeux de l'aimée.
Merci
d'avoir placé la force inépuisable
depuis Ta source inébranlable
pour nos désirs insatiables
et, d'enfanter, être capables.
Bientôt
les hommes se verront fleurs,
enfants purs et sans peurs.
Ils recevront le bonheur
et diront "oui" à l'émoi et aux pleurs.
Un torrent peut-il arrêter
sa force et sa joie et sa gaieté
quand deux regards se sont rencontrés
et quand les doigts se sont retrouvés ?
Tu nous as donné Tes secrets,
Ta maison, Ta terre la plus aimée,
et ce matin Tu as ravivé
les couleurs de Ton monde créé.
Pourquoi dirai-je "non"
à Tes dons ?
Je dirai "oui"
à Ta vie
ici.
Je dis "merci, modé ani".
Toi qui a créé en une seule bonté
ce monde d'immensité
et y a ajouté en toute gratuité
la beauté,
Tu as créé aussi
nos coeurs si limités,
sourds à Ta générosité,
et l'intelligence bornée
qui sait nier, refuser et tuer.
Toi seul,
peut nous changer
et modifier
cette seule erreur
de nos coeurs
et notre peur.
Je sais, Jérusalem
est une vierge,
si belle Ra'hel,
menacée.
Elle se replie dans ses pierres,
apeurée des méchancetés.
Son mur se craquelle
des fils assassinés
et le Kotel est déchiré
malgré nos prières.
Ils rêvent de briser sa lumière,
salir son avenir,
médire et assouvir
toute la haine possible.
Tu la protèges
en silence
et sa beauté flagrance
renaît déjà et s'élance,
sûre d'une puissance éternelle.
Elle éblouit
resplendissante
et les méchants disparaissent.
Rien n'est plus pur,
rien n'est plus beau,
que le baiser
éternel
d'un seul être
Ra'hel-Israël.
Nul ne pourra arrêter
l'amour
du silence
et de la beauté.
Rien n'est plus fort
que la fidélité.
Ce n'est rien, attendre des siècles
et Te rêver
puisque l'on s'aime.
Regarde les milliers de baisers et de poèmes
que j'ai posés pour Toi chaque semaine
dans Ton rocher.
Une part de notre âme
chaque matin garde le rêve
et se souvient :
en un mot, en un regard,
en ta main sur la mienne,
tu as ouvert le portail
sur la lumière
éternelle
du trésor
de notre sanctuaire.
Tu es une ou plusieurs étincelles
et les brisures et les peines
et la mort peut-être,
ne sont qu'un faible
battement de paupières.
Ne pleure pas Ra'hel,
la lune et le soleil
furent créés pour toi et moi,
mais ils ne valent pas tes yeux de lumière.