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Extrait du recueil de Poèmes
L'ami des aurores
par Yehoshua Ra'hamim Dufour

La nouvelle fleur

(Sur la paracha lékh lékha)
J'ai peur d'aimer, dit la nouvelle fleur
qui ne connaît pas encore sa beauté.
J'étais modeste et gentille, petite graine et chenille,
et celui qui m'a dit : "je t'aime, tu es ma vie, mon amie"
m'a brisée en prison, notre Torah était mensonge.

J'entends maintenant les oiseaux graciles et fragiles,
et mes voisins qui m'invitent et connaissent la vie,
et tous mes amis qui m'aident me le dire :
"sous la beauté du chat, n'oublie jamais les griffes ;
il est doux, te sourit et te promet la vie,
c'est pour mieux t'enchaîner, asservir et, finalement, t'anéantir.
Même les enfants qu'on aime, tu leur donnes et puis ils te jettenteux aussi".

Mon amie, éveille-toi à la confiance, sans les suspicionsde ces méchants dragons ;
tu n'es plus un bouton de fleurs en prison ;
dans nos yeux, face à face, regarde ta force en beauté,
regarde tes couleurs de ta liberté.
Ce qui était désastre et fin du monde
pour la chenille ou le bouton de fleur,
pour le Créateur devenait papillon et rose de spendeur.

Aujourd'hui, après la destruction du Temple de pierres,
voici Sim'hate Torah, nous recommençons à lire la parachaBéréchite,
mais cette fois, comme en ta vie qui renaît,
lév, notre coeur, et nos lèvres, vont renouveler la création.

Ecoute, au dedans, la confiance dans les bourgeons,
et ton amour pour les enfants :
ce monde, vraiment, par son Créateur, est bonté et beauté;
comme Lui, seulement : ôlam 'hésséd yibané,
la bonté n'est jamais altérée, immuable est lafidélité.
Il suffit de bien choisir ses amitiés.

Avec Avraham et Yits'haq, la âqéda tu l'as traversée,
contre l'ange toute la nuit jusqu'à l'aurore tu as lutté,
et ce matin, fleur nouvelle, tu es devenue Yaâqov-Yisrael.
Aujourd'hui, par nous seulement, sera bonheur en liberté.

Tu pleures encore des blessures sur tes ailes,
mais tes larmes sont tal, gouttes de rosée du ciel,
et sur tes pétales rayonnants, elles sont si belles.
Pour toi le Créateur a inventé le matin renouvelant.

Il est des mains, souvent, qui sont restées les dix paroles decréation,
il est des mains qui émeuvent encore parmi les gens,
qui bercent, et donnent et qui consolent.
Aujourd'hui, tu es rose, grande, belle et forte.

Rions ensemble : nous accepterons toutes nos épines.

Dieu, Lui, est grand. 
Dans la balance,
n'aie plus jamais peur 
des si nombreux et tout petits dragons.
Ils sont comiques.
Tu as ris !


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Dufour