Pourquoi voulez-Vous me prouver
que je ne suis rien (je le sais)
en m'enlevant subitement ce que Tu m'as donné,
et l'amour et l'amitié,
et tout le reste des secrets.
Cela ne sert à rien, rien de rien,
car je le sais que je n'ai rien
et ne suis rien que Tu ne m'aies donné.Toi aussi, Tu le sais. Combien c'est inutile.
Alors, peut-être, n'avons-nous rien compris,
et tout est-il beauté bonté simplicité.
Tu ne bâtis pas pour détruire
mais Tu élèves et c'est qorbane, sacrifice.
Un sot a dit : nous ne sommes plus des primitifs.
La âqéda, Tu ne l'as pas évitée,
et Sarah est décédée
avant qu'Avraham soit béni en totalité.
A Yaâqov, Léa se devait pour qu'il devienne Yisraël
et atteigne le niveau complet de la femme Ra'hel.
Il suffit de deux petits youd ajoutés au mot mort, mavéte,
pour qu'il s'illumine et devienne vérité, éméte;
complet en l'alphabet de toutes Tes lettres.
Oh, j'aime son coeur, la lettre mém, double, ouverteet fermée.
Mais il faut du courage pour que deux êtres
puisent leur vie dans le seul youd si modeste.
C'est Ta source, un regard, une caresse,
le youd au nom Pine'has ajouté ;
c'est celui du vav du mot chalom cassé ;
alors c'est le rire, c'est chalim, tamim, innocent purifié.
Youd, parle-moi, je voudrais t'embrasser,
pose-toi sur mes lèvres en sincérité...
Ce matin, c'est Toi, pas moi, le Roi qui nous crée
selon Ton droit, Ta force, Ta volonté.
Tu nous crées selon Ta pureté,
aucune trahison ne peut l'altérer.
Aucune faiblesse de ceux qui ont promis l'amitié.
Aucune joie de ceux qui crient : on l'a tué.
Tu nous donnes, Tu nous formes, Tu es notre bouclier,
aucune porte pour l'ennemi, ni allée, ni entrée.
Si, de fait, survient mort, échec, arrêt,
c'est apparence, un instant que Tu permets,
mais rien ne change le fil éternel par Toi filé.
Ton don est maintenant et tout puissant,
Ta présence est silence,
l'amour est adhérence,
unité d'éternité,
confiance.
Avant moi, chaque mitsva s'impose à Toi :
depuis toujours, et ce matin, Tu as créé
deux être en un à rassembler,
l'union et les fruits des enfants leur sont déjà donnés;
ils connaîtront Ta Torah en vie et liberté.
Les mouches et les doutes bourdonnent et sont agités
mais notre amour est calme,
saveur, danse, dans Ta chambre en secret.
Du aléf au tav, tu es éméte,vérité,
je crois à chaque mot, à chaque lettre,
à chaque geste, rien n'y est effacé.
Maintenant, ce matin, chacun dit : "je suis Ton sanctuaire",
il est un il est une, inconnus, qui sont lumière et bonté,
je dois seulement chaque matin aviver Ton chandelier.
Dis-moi Ton secret :
pourquoi m'as-tu divisé et fait moitié ?
Je le sais : Tu aimes tellement le moment
du baiser.
Yehoshua Ra'hamim