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Extrait du recueil de Poèmes
L'ami des aurores
par Yehoshua Ra'hamim Dufour
Conte : Le Roi et le particulier
Psaume téhilim
Je suis un psaume
monotone, homme
qui ronronne.
Je suis un psaume
fleuri d'enfant
ébahi.
Je suis un psaume
affairé d'ouvrier
agité.
Je suis un psaume
inquiet des espoirs
fatigués.
Je suis un psaume
orange des anges
de louange.
Je suis un psaume
téhila des joies
d'éclats.
Je suis un psaume
multiple.
Ani téhilim.*
D'âge en âge,
un juif
est David,
bouquet de téhilim.
Note : Ani téhilim - je suis les psaumes (toujours
au pluriel en hébreu).
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Conte : Le Roi et le particulier
Un roi très riche mais modeste avait un fils,
cela arrive, bien différent de lui.
Et, pourtant, il ne pouvait s'en défaire, c'était son
fils.
Habitué qu'il était à tout posséder, à
tout connaître
celui-ci se contentait de tout survoler
sans se donner la peine de réfléchir et d'étudier.
Son père avait beau dire que la sagesse
ne peut s'atteindre de cette manière
et la richesse ne peut jamais l'acheter,
il n'en faisait qu'à sa tête
traitant de fanatiques et d'esprits bornés
ceux qui peinaient pour découvrir la vérité.
Il se disait libre et libéré, avancé et développé,
moderne, dans le vent, intelligent et satisfait de l'être.
Un jour, il envia brusquement la beauté
d'un violon des plus rares, comme on l'avait conté.
Son père le gardait en secret dans l'une des trois pièces
toujours fermées.
Les clefs pendaient à sa ceinture et nul n'avait droit de les
toucher.
Le fils dit : "Mon père vénéré, auriez-vous
tant de bonté
envers votre fils préféré que vous me donneriez
ce fameux violon que vous gardez enfermé".
Son père le laissa s'avancer.
"Que veux-tu en faire, toi si agité ?"
"Mon père, je ne l'abimerai pas, j'aurai plaisir à le
regarder,
savoir chaque soir que je l'ai possédé".
Son père lui tendit son trousseau de clefs.
"Ce doit être l'une de celles là,
elles se ressemblent toutes à peu près".
Le fils bondit de joie et fila : dans ses mains les clefs !
Chacune entrait quelque peu, commençait à ouvrir et à
fermer
mais aucune ne parvenait à faire céder le dernier cliquet.
Il revint vers son père tout dépité.
"Père, il est impossible d'ouvrir la chambre au secret,
il manque l'essentiel à chacune de ces clefs".
"En effet, dit son père, un petit détail chaque fois y
manquait
et, pour cela, tu ne pourras jamais obtenir ce qui est ton souhait.
Ainsi de la science de la Torah que tu as toujours refusée.
Elle te semble trop précise, mesquine et encombrée.
L'amour est de même, qui ne sait pas écouter ne l'atteindra
jamais.
Il est fait de délicatesses infiniment petites, et incessantes,
pour l'aimée.
Ainsi de la Torah qui est la science parfaite à nous révélée.
Quand tu auras décidé d'apprendre comme cela en humilité,
tu seras capable de reconnaître le détail infime de la
vraie clef,
et tu ouvriras sans peine et gôuteras les grandes voluptés.
A ce moment-là, seulement, tu recevras la vraie clef".
Le fils comprit cette leçon sévère.
Il étudia lentement et perdit sa superbe.
Il parvint, enfin, à apprendre ce qu'il ne savait guère
et découvrit ensemble et la science, et les humains et la sagesse.
Un jour il revint vers son père et reconnut sans peine
la seule clef au détail infime qui seule pouvait donner la lumière.
Il commença à écouter son père, la Torah
lui révélait tous ses secrets.
Il comprit pourquoi il était demandé de réciter
chaque matin
dans la prière la liste des règles détaillées
pour apprendre à aimer.
Yehoshua Ra'hamim Dufour
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