Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes - Par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
 
Si je suis là...
(Poème sur la paracha Chémote)

Si je suis là,
c'est que j'ai pu
traverser des tempêtes
où mes frères
furent balayés,
engloutis, oubliés.


Nous avons eu les mêmes peurs,
les mêmes douleurs,
les mêmes coups cruels.
Et pourquoi moi je suis là,
calme et solitaire,
sans mes frères,
sous le soleil ?



Souvent, quand monte la peine,
des oiseaux doux
se posent près de moi
et me regardent en silence,
chaque fois.
Ils sont deux comme toi et moi,
semblables, unis, les mêmes,
et puis s'en vont
et disparaissent.


Quand vous me manquez trop,
je sais qu'ils reviennent,
à chaque fois, fidèles,
toujours plus beaux,
tendres et frèles.
Ils te ressemblent,
ma soeur, mon frère.

Chabbate, j'allais à la prière,
honteux de ressentir la peine
des enfants massacrés hier
et de l'indifférence 
de ceux qui gouvernent.
Un oiseau blanc
d'une pureté lumière
s'est posé devant moi
et m'a guidé au même pas.


Comme toi, 
pure, proche,
présente et lointaine.
Vous êtes la néchama d'Israël.

Nos ennemis cruels
ne pourront jamais tuer
tous les oiseaux d'Israël.
Ils ne peuvent rien
contre le bleu du ciel
ni contre les baisers du vent
qui caressent la terre
ni contre un mot d'amour
que m'apporte le vent.

Celui qui crée 
les bons et les méchants de mêmem
nous a faits "un seul être".
Rien, ni la Choa peut-être,
ne peut éteindre
l'amitié infinie,
rien ne peut arrêter
le Chir ha Chirim.


Même s'ils brisent
les pierres du sanctuaire,
ils ne verront jamais
où se trouve protégée
la maison du premier baiser.
Avraham et Sarah
étaient là au jour
de la promesse.


Luisait dans les prunelles
la lumière éternelle
de la Torah ouverte.
Jamais ils n'ont pénétré
avec toi et moi
près du Roi
quand Il soulève
le couvercle du Trésor
et jaillit la lumière.
C'est un mariage éternel.

Deux enfants, certes,
naissent dans le désert
et la route sera longue
et nombreuses les tempêtes.
Mais si je suis là
et toi ailleurs,
ma soeur, mon frère.


C'est que les promesses
ont la vie éternelle
des beaux oiseaux 
qui renouvellent
les nids, les chants,
et les couleurs des ailes.
Rien d'autre pour distraire.
Seulement :
beau doux fidèle.

De la Torah
chaque lettre
est une tempête,
un éclair,
une lumière,
un regard
de tes prunelles,
un doigt posé sur mon doigt,
un nouveau pas
vers le Sanctuaire.


Heureux ceux qui entendent
la lumière,
les chants du silence
et des siècles.
Les univers dessinent
des visages
et dansent au mariage
de Ra'hel et d'Israël.

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