Eloul 4 h 30. Déjà un poème s'éveille,
il faut l'accueillir.
Mon Dieu, Ton jour se lève.
Les hommes vont commencer à s'agiter, se juger, se combattre.
Pourtant, je ne suis rien, ils ne sont rien : une petite herbe qui
passe ;
un vent se lève, un peu trop chaud, un peu trop froid, ils
trépassent.
Si quelqu'un fait le bien au delà des intérêts,
des convenances,
ils le tuent par médisance, ils l'accusent d'acheter la reconnaissance.
Ils disent les mots les plus beaux : amour, caresse et liberté,
amitié, religion, solidarité
mais ils ne pensent qu'à l'argent avant de vous jeter.
Sodome n'est pas mort, c'est "mesure pour mesure",
ils vous couperont tout ce qui semble les dépasser.
Il est dur en ce monde d'être pauvre, naïf et bon,
ils ne connaissent pas le mot sincérité.
Mais Toi, Tu nous as révélé par Avraham notre
Père
que le monde entier est fondé sur Ta seule bonté,
sur Ton 'hésséd.
Tu crées le pauvre et la pauvreté pour que l'un sauve
son frère,
immédiatement, sans réfléchir, sans compter,
par Ta bonté soudaine.
Tant pis pour lui s'il veut rester amère.
Tu crées l'homme et la femme, en manque de même.
Il n'y aura jamais d'ardoise de dettes ;
comme Ta vie tout est gratuit, nul pas besoin d'exiger le merci
;
seulement deux hallélouya pour deux dons de Ta vie.
Du matin jusqu'au soir, chacun est le pauvre de son frère.
Ici, Jérusalem, c'est Ton sanctuaire ;
ici, chaque jour entre nous, un peu plus,
nous construisons Ton petit Gane Êdén.
Parfois, soudain, tu places deux êtres,
l'un en extrême pauvreté et l'autre de même.
Et l'un est riche et l'autre de même.
Mais chacun autrement, en son domaine.
C'est un émerveillement, la vie s'éveille ;
chacun est désert, l'autre devient eau et soleil.
Heureux qui sait écouter la rosée,
Tu approches nos différences en Ton coeur reliées;
heureux alors si deux ne savent pas compter.
Tu donnes à chacun la nuit pour chaque aurore renouvelée.
Deux sont pauvres et différents : de leurs lumières
tu fais un enfant arc-en-ciel ;
à la nuit angoissante et fragile, Tu ajoutes un rire et Tes
chants, un soleil.
Entre nous, c'est la confiance apaisée.
Tu es bon : Toi, notre vie. Ha yom, aujourd'hui.
Nous sommes chacun une herbe fragile, si facile à piétiner,
mais ce lien de trois bontés durera tout Ton infini.
C'est une journée d'Eloul qui commence bien.
Et ceux qui ont trompé et massacré, jamais ne dormiront
apaisés.
Ci-dessous le dernier tableau de Yémima Dufour-Gompers,
en ces passages conscients de l'union des niveaux
dans l'unique lumière de 'hessed.
Voir la paracha Êqév
et la paracha Nitsavim