Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
Amour d'Esther et du Roi
Après Pourim
Confidences nocturnes
Dans chaque respir
Dans ton amour
Déclaration d’amour du Roi à Esther
Devant la hanoukia
Écoute
Équilibre du Roi
Espoir des rivières
Israël, tu dois être lune
Jetu m'aimes
La beauté nous est révélée
La méditation
La moitié du royaume
Le bonheur, c'est de voir...
Les humains ne comprennent pas
Lumière en guerre
Merci.
Mon amour pour toi
Réassurance dans le couple
Respiration au Sinaï
Restons dans le palais
Réveil d'Adam
Secrets du Roi et de la Reine
Solitude du Roi attendant Esther
Terre d'Israël

Ta création en deux moitiés

Ton silence
Ton vase
Tu n'es pas assez heureux
Tu n'es plus jamais seul
"l'Ami des Aurores"
Recueil  "Auschwitz"
"Combat"

Pyramides

Un jour

"Déchirement"
"Double Eden"
Recueil  "Enfance"
"Etude"
C'est raison de T'aimer
L'imprévu d'aimer
L'éveil au matin
Précaution
"Exil"
Le lièvre et la tortue

J'ai connu, il y a quelque temps,
un couple étonnant d'un lièvre et d'une tortue
qui s'aimaient
et décidèrent de vivre ensemble.
Ils vivaient en rêve éveillé,
s'aimaient nuit et jour
et ne trouvaient pas du tout cela fatigant.
C'était comme cela qu'ils étaient.

Comme leurs noms l'indiquaient,
lui était "le" lièvre, le monsieur,
et elle "la" tortue, la dame.
Mais surtout ne croyez pas
qu'elle était plus petite pour autant.
S'aimant donc,
fatalement,
ils en eurent beaucoup d'enfants
qu'ils faisaient ou ramassaient de-ci de-là dans les champs
selon les caprices du vent.
Ils transportaient toujours de grandes valises
et des malles pleines de livres
qu'ils étudiaient très sérieusement
et, très spécialement, une certaine fable de La Fontaine,
car, se disaient-ils, il faut toujours être prudent,
quand même.

Un jour, ils partirent en voyage
pour une destination qui ressemblait à un mirage,
à la recherche d'un trésor,
munis d'un curieux équipage.
Lui, le lièvre, tirait la charrette
et elle, la tortue, régnait, magistrale
dans la calèche.
Elle commentait les oracles
et déchiffrait les textes.
Elle admirait la campagne et lui, la nuit,
quand elle était bien endormie,
après avoir fait minimini,
se relevait en catimini pour vérifier
la trajectoire,
quand même.

Après trois mois de longue marche,
- "Oh que je suis fatiguée", lui dit-elle ;
- "Ma pauvre petite tortue chérie, répondit-il,
   notre voyage ne t'aurait-il pas réussi ?
   Encore un peu de courage ;
   regarde, nous voyons au loin
   se dessiner les tourelles de notre palais de rêves ".
Et il continuait à traîner la charrette.
- "Je n'en puis plus, dit-elle, posons-nous là".
Il pose donc la charrette et s'asseoit,
lui rendant grâce de lui donner ainsi
quelque repos bien mérité.

Quand tout à coup, soudainement,
pfuitt, elle file,
comme une flèche
et va bientôt atteindre
le beau palais tant convoité.
Dans le vent de sa fuite,
il entend vaguement ces quelques mots :
"A bientôt, mon ami,
je vais te préparer un lit bien chaud ! ".
Le lièvre, il faut le dire, est plutôt dépité,
Foi de lièvre, le voilà vexé,
d'autant qu'il s'était bien répété
les conseils de Monsieur de La Fontaine.

Mélancolique et seul,
assis sur son tout petit cul,
il guette l'horizon et que voit-il ?
Au loin,
sa femme qui file encore,
de plus en plus petite,
est devenue lièvre.
Surpris, il se regarde et que voit-il aussi ?
Son corps à lui a pris la forme d'une tortue.
Pas étonnant alors qu'il soit tout seul :
car elle n'en pouvait plus, la pauvre,
de vivre dans une calèche traînée
par une tortue !

Mais que s'était-il donc passé ?
Simplement,
qu'en se regardant
tous les deux dans les prunelles,
ils s'étaient confondus, elle le lièvre et lui la tortue.
C'est une effet très fréquent
de la berlue des amants.

Résultat :
il resta seul
sous son toit de tortue
et l'on n'a pas encore su
quand il arriva au palais
de sa princesse charmante.

Moralité :
Ne vous fiez jamais aux meilleures lectures.

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