![]() Page d'accueil Le Lév Gompers | L'amour au-delà de l'amour par Yehoshua Ra'hamim Dufour Etude sur le Déchirement La mort d'amour et le déchirement Cette étude doit être précédée
de la lecture de la Paracha : Les enseignements importants de la paracha A'haré Mote doivent être traités avec prudence : - l'enseignement majeur est celui de l'amour : se rappeler avec quelle
intensité extrême Hachém aime Son peuple et
combien il nous est demandé en retour de L'aimer comme le dit ledébut
du Chémâ, jusqu'au bout de tout. En amour, qui n'a
pas tout donné n'a rien donné. Veillons donc aux règles de prudence de Rabbane Chimeone bén Gamliél pour lesquelles il ajoutait ces mots qui peuvent assurer le bonheur en ce monde, et permettre au monde de subsister : "le monde se maintient par trois dynamiques : la vérité, la justice et la paix... dans tes portails" (cf Zacharie 8, 16). Mais ne renonçons pas non plus à la grandeur infinie de la Torah comme, après la phrase de Rabbane Chimeone, Ribbi ‘Hanania bén Âqachia dit ces mots que l’assemblée proclame avant le qaddiche : "Hachém le désire ainsi dans son tsédéq,il a voulu que la Torah soit glorieuse et majestueuse", Hachém‘hafats lémaâne tsidqo, yighdile Torah véyaedir. Isaïe 42, 21). Humilité Hachém nous a donné Sa Torah et ce maître-lumière qu’est Moché ; donc, - à nous de l’accepter, - Lui Seul est capable de lier toutes ces questions contradictoires de
la lumière et de la médiocrité, voilà pourquoi
on doit encore le reconnaître à l’heure où la mort
est rencontrée, dans les petites morts ou dans la grande mort,
et alors on le bénit encore en disant que, seul, Il sait en cela
où est la vérité que l’on ne peut comprendre, Lui
qui est bénédiction, Baroukh dayane haéméte. Et Il a voulu, gratuitement, par un effet de sa bonté, nous faire
à Son image et à Sa ressemblance, nous faire connaître
Son Nom et Sa Torah, Son peuple et Sa terre. Lui sait pourquoi.
Le cycle ternaire (union, brisure, réunification)selon le Chla Le Chla traite de nombreuses fois le problème de la mort. En fait, ces positions syncrétiques sont souvent un mélange Au lieu d'en rester à ce que l'on pourrait appeler des contre-théories
ou des théories contre-dépendantes, il est souhaitable
d'entendre la conception du judaïsme présentée par
des Sages qui sont reconnus comme ayant une connaissance sûre et
complète de la tradition. Là, il n'y aura point de phobie
ni d'exaltation susceptible de dérapages. Voici les faits : "Béni celui qui a fabriqué l'homme par la Sagesse" : dans ce contexte, même quand il surviendra une division de l'homme
par la mort (et donc une destruction réelle mais partielle, il
ne faudra pas que par un retour en arrière de cette destruction
sur notre vision de l'homme vivant, nous le concevions comme divisé.
Non, car l'homme est une unité composite et cette unité
trouve son point de jonction en sa source en Celui qui est au-dessus de
lui. Les deux composantes de la vie présente et de la mort doivent
donc être perçues dans leur unité. Pour poser le problème de la mort, le Chla présente ainsi
la conception du judaïsme avec la force qu'a un socle pour une statue:
avec assurance et stabilité. Le Chla ne simplifie pas notre approche de ces questions difficiles
car il ose parler, autant pour l'âme et pour le corps, et ensemble,
d'une vie qui sera sans rupture et durera ; il ajoute, pour encore renforcer
cette compréhension du problème, que cette unité
systémique de l'âme et du corps doit être "adhérante",
collante à Hachém qui, bien entendu, ne peut être
atteint par aucune destruction. "car c'est pour ce dessein que l'homme a été créé..." Comment donc situer dans ce contexte, la mort réelle que les
hommes voient, rencontrent, ressentent et par laquelle ils passent tous,
eux-mêmes, et leurs plus proches ? Il continue : "...et cela ne sera pas réparé jusqu'à cet à-venir
où viendra le messie..." L'homme qui n'a pas reçu l'enseignement de la tradition ne peut
avoir cette conception large; et la mort n'est présente à
ses yeux que par le spectacle des cadavres immobiles, des vies brisées,
de la destruction du flux vivant des sentiments échangés
avec les êtres chers, des tentatives d'oubli, de pages à
tourner pour rester dans la vie. La mort devient alors Mais, simultanément, peut se développer La mort individuelle située dans le processus global de la
Création. Ces duos cités se répondent les unes aux autres tant dansle champ individuel que dans le champ collectif, historique ou dans celui du monde physique. Savoir, au sujet de ces rapports entre ces duos, demanderait une connaissance approfondie de toute la science juive pour préciser s'il s'agit de symboles analogiques ou d'une expression précise, et nous n'entrons pas ici dans cette question. Cependant, pour tout Juif bâti lui-même dans la justesse de la création et de la structure de son peuple, il suffit d'entendre pour soi-même ces résonnances ou allusions (rémazim), dit le Chla. Voici la traduction de la suite du commentaire où nous soulignons les mots qui expriment ces duos analogiques et coordonnés. ...Et à cela font allusion les Sages, dans MassékhétePessa'hime, chapitre du sacrifice ; "Ribbi Yo'hanane dit : il est grand le rassemblement des exilés comme le jour où furent créés en lui les cieux et la terre comme il est dit "et ils seront rassemblés, les fils deYéhoudah et les fils d'Israël unifiés et on placera vers eux un seul chef et ils monteront de la terre car grand est le jour de Yézréel" et il est écrit "et il y eut un soir et il y eut un matin jour un" (fin de citation). L'intention en est celle-ci: quand ce sera le rassemblement en vérité des exils au temps où vient le messie notre tsaddiq, alors la création se renouvellera dans une lumière nouvelle dans l'intention (initiale) de la Création. Et s'unifiera le corps avec le néféche."… Apportons une simple précision : le néféche qui est mis ici en parallèle avec le corps, n'est pas simplement ce que la conception occidentale entend par l'âme ; c'est à la fois la synthèse vivante de l'individu et ce que l'on entend de nos jours par le psychisme et la personnalité et l'âme. Par contre, la dimension la plus élevée de l'âme est la néchama qui puise sa source originelle dans les processus divins et elle reste inaltérable. Pour ne pas entrer dans la complexité de toutes ces distinctions, nous conserverons le mot de néféche. La réorganisation d'une problèmatique individuelle de
la mort Le Chla n'en reste pas à traiter de la mort individuelle du lecteur ou de tout homme, dans son parcours existentiel, il n'élargit pas seulement la vision du temps, mais - il situe la question dans une perspective qui englobe au même titre et dans une même dynamique les couplages divers qui se situent dans l'espace de la Création (les cieux et la terre), dans le temps de chaque séquence temporelle (le soir et le matin), dans le temps étendu de l'histoire du peuple juif (les fils de Yéhouda et les fils d'Israël), - il relie en un même raccourci d'analogie ou d'identité ces différents couplages brisés, au delà de la brisure (le rassemblement des exilés comme le jour où furent créés). On pourrait objecter que ce raccourci de réunification concerne spécifiquement le rassemblement des exilés du peuple juif, et non les autres couplages cités (le problème du corps individuel et de la mort, le problème de la division du soir et du matin qui installent dans le monde la division en lumière et ténèbres sur tous les plans) car c'est spécifiquement de ce rassemblement des exilés qu'il est dit : "comme le jour où furent créés en lui les cieux et la terre". Le Chla dépeint ce même modèle ici présenté concernant le rassemblement unificateur des exilés en ce qui concerne la réunion du soir et du matin. Il le présente dans son commentaire de la bénédiction yotér or ouvoré 'hochékh (faitla lumière et crée l'obscurité) qui précède le Chémâ Israël, dans la prière du matin, en s'appuyant sur le Rambane qui commente le verset "et Dieu distingua entre la lumièreet l'obscurité": Dieu a d'abord imposé une réduction de la lumière initiale pour constituer la partie nommée obscurité,c'est pourquoi la lumière est nommée en premier dans le verset "forme la lumière et crée l'obscurité" puis "il y eut un soir, il y eut un matin", puis "jour un". Les séquences se suivent dans l'ordre : lumière-obscurité-soir-matin-jour-un". Une dynamique très nuancée et "éclairante" nous
est présentée : Nous pourrions en tirer des perspectives sur la fonction pédagogique et structurante de ces textes vécus dans chaque prière du matin, mais ce n'est pas ici le propos. Précision sur la mort individuelle : réunification Si - après cet éclaircissement nous démontrant que le Chla applique bien ce modèle de réunification ultérieure également aux différents couplages touchés par la brisure et cités par Ribbi Yo'hanane - nous revenons à la lecture du commentaire de la paracha Pin'has, nous allons voir aussi qu'il l'applique en particulier au corps quand il est touché par la mort. ..."Et également la terre qui est la matière sera pleinede connaissance et ensemble ils seront purs en bas. La perspective présentée par le Chla ne consiste pas simplement à dire : "il y aura une résurrection des corps que l'on nomme la résurrection des morts", conception qui serait un simple cadre sur le plan cognitif. Il parle d'une réunification des différentes composantes de l'homme dans l'excellence du flux de la vie initiale qui réinstaure l'unification première. Toujours situer le corps L'anticipation de vie unifiée Cette approche du corps est, certes, élevée mais l'homme rencontre, dans son expérience sensible et réelle, les processusde brisure (maladie-souffrance-mort). Comment peut-il assumer -autrement que sur le plan philosophique et cognitif- cette proposition de la traditionjuive ? Le Chla aborde immédiatement cette question. La fragilité de l'homme seul et sa correction …"C'est que l'homme, alors, "dans sa splendeur ne put subsister dans la nuit, et il a abîmé, et a été décrêtée envers lui la mort. Mais le Nom béni soit-il nous a donné la Torah de éméte vérité et, par elle, nous mériterons de bénéficier de l'avenir"… Ce serait une lecture trop légère que de lire ici l'expression la Torah de éméte, vérité, simplement comme si l'on disait "la vraie Torah", la Torah qui dit la vérité et possède la vérité. En effet, si le Chla utilise cette expression éméte dans ce contexte, c'est parce qu'elle comporte un contenu spécifique très précis dans la tradition qui la met exactement en réponse avec le problème que nous explorons. L'expression éméte vérité est à prendre dans toute la richesse de ces lettres qui la composent et sur lesquelles existent de multiples enseignements sûrs et rigoureux. Une première approche, accessible, sans aller jusqu'à la richesse de la qabbale, pourrait être trouvée dans le livre du Maharal de Parague Nétivoteôlam, dans le chapître Nétivote haéméte où il montre le développement respectueux, complet et temporel, de la dynamique de éméte vérité qui intègre le début (la première lettre de l'alphabet: aléf), jusqu'au milieu (la lettre médiane de l'alphabet: mém) et jusqu'à la dernière par celle d'existenceet de temps (la lettre finale de l'alphabet : tav). Voyons comment le Chla situe la Torah dans cette perspective : …"et Il nous a donné des mitsvotes qui nous enseignent sur cela et qui sont une touche de cette réalité, l'éternité du corps comme celle du néféche"… Ainsi, l'acte des mitsvotes, avec leur dimension affective, intellectuelle,spirituelle,
relationnelle, est déjà en quelque sorte une participation
à ce monde à venir, dans la perspective d'un projet éternel
qui ne sera pas aboli. Etude sur le Déchirement et autres poèmes: Autres thèmes : |
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