Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
Amour d'Esther et du Roi
Après Pourim
Confidences nocturnes
Dans chaque respir
Dans ton amour
Déclaration d’amour du Roi à Esther
Devant la hanoukia
Écoute
Équilibre du Roi
Espoir des rivières
Israël, tu dois être lune
Jetu m'aimes
La beauté nous est révélée
La méditation
La moitié du royaume
Le bonheur, c'est de voir...
Les humains ne comprennent pas
Lumière en guerre
Merci.
Mon amour pour toi
Réassurance dans le couple
Respiration au Sinaï
Restons dans le palais
Réveil d'Adam
Secrets du Roi et de la Reine
Solitude du Roi attendant Esther
Terre d'Israël

Ta création en deux moitiés

Ton silence
Ton vase
Tu n'es pas assez heureux
Tu n'es plus jamais seul
"l'Ami des Aurores"
Recueil  "Auschwitz"
"Combat"

Pyramides

Un jour

"Déchirement"
"Double Eden"
Recueil  "Enfance"
"Etude"
C'est raison de T'aimer
L'imprévu d'aimer
L'éveil au matin
Précaution
"Exil"

Etude sur le Déchirement
La mort d'amour et le déchirement

Conception du Chla sur la mort dans le processus total de développement

Cette étude doit être précédée de la lecture de la Paracha A'haré Mote
(Vayiqra, Le Lévitique 16, 1 - 18, 30) qui en constitue le préalable et la première partie.


Les enseignements importants de la paracha A'haré Mote doivent être traités avec prudence :

- l'enseignement majeur est celui de l'amour : se rappeler avec quelle intensité extrême Hachém aime Son peuple et combien il nous est demandé en retour de L'aimer comme le dit ledébut du Chémâ, jusqu'au bout de tout. En amour, qui n'a pas tout donné n'a rien donné.
- cela doit aller jusqu'à l'acceptation du qiddouche Hachém, sacrifice de soi selon les voies que Hachém décide. Il ne s'agit pas de grandes rêveries mais d'abord de l'acceptation de sépreuves et souffrances dans le silence et la bénédiction comme nous l'enseigne Aharone (10, 3-10) dans les formes discrètes de la vie quotidienne où il faut accepter la volonté de Celuiqui, seul, sait qu’elles sont Ses voies.
- il est important d’étudier auprès des avotes (pères) qui nous ont transmis leur science et leur expérience, auprès de véritables maîtres qui connaissent à la fois la Torah et la complexité de l’existence.
- ces enseignements doivent nous inciter à analyser exactement pour situer le niveau où se trouve notre être et àprendre les mesures pertinentes, en conséquence, pour assurer le développement optimal de l'intériorité-intensitéd'amour et de la sagesse adaptée à notre résistance corporelle : comme l'expliquait Moché nous avons un devoir d'amour et aussi un devoir de vivre, de distinguer entre le sacré et le profane, d'enseigner la Torah aux enfants d'Israël, toute la Torah. Tout cela qui semble contradictoire est proposé simultanément: cela demande donc un examen approfondi de soi, d'abord pour connaître son propre être, ses fonctions, pour apprendre à discerner,apprendre à aimer, à agir, apprendre à garder le silence. Heureux qui trouve des amis, des compagnons de chemin, des livres ou des maîtres capables d'accompagner sur ces voies nobles de la Torah. 

Veillons donc aux règles de prudence de Rabbane Chimeone bén Gamliél pour lesquelles il ajoutait ces mots qui peuvent assurer le bonheur en ce monde, et permettre au monde de subsister : "le monde se maintient par trois dynamiques : la vérité, la justice et la paix... dans tes portails" (cf Zacharie 8, 16).

Mais ne renonçons pas non plus à la grandeur infinie de la Torah comme, après la phrase de Rabbane Chimeone, Ribbi ‘Hanania bén Âqachia dit ces mots que l’assemblée proclame avant le qaddiche : "Hachém le désire ainsi dans son tsédéq,il a voulu que la Torah soit glorieuse et majestueuse", Hachém‘hafats lémaâne tsidqo, yighdile Torah véyaedir. Isaïe 42, 21).

Humilité
Si Hachém a estimé qu’il était bon et nécessaire de nous transmettre ces lumières excessives pour nos petites tailles et pour nos fragilités et pour nos défauts, ce n’est pas à nous de juger ni de décréter qu’elles ne sont pas notre voie, ni que nous n’en sommes pas dignes.

Hachém nous a donné Sa Torah et ce maître-lumière qu’est Moché ; donc, 

- à nous de l’accepter, 
- nous devons oser dire le grandiose qaddiche et nous associer à ce que disent avec les anges (Baroukh kévod-Hachémmiméqomo, bénédiction la gloire de Hachémdepuis Son lieu). 

- Lui Seul est capable de lier toutes ces questions contradictoires de la lumière et de la médiocrité, voilà pourquoi on doit encore le reconnaître à l’heure où la mort est rencontrée, dans les petites morts ou dans la grande mort, et alors on le bénit encore en disant que, seul, Il sait en cela où est la vérité que l’on ne peut comprendre, Lui qui est bénédiction, Baroukh dayane haéméte.
Allah akbar, "Dieu est grand", dit-on en arabe ; et notre traditiondit qu’Il est dans les hauteurs: Adir bamarom Hachém. 

Et Il a voulu, gratuitement, par un effet de sa bonté, nous faire à Son image et à Sa ressemblance, nous faire connaître Son Nom et Sa Torah, Son peuple et Sa terre. Lui sait pourquoi.
Il peut espérer de notre part un peu de reconnaissance et aucun jugement, de la confiance affectueuse.
Et de la patience. De l’intensité, de la prudence, de la connaissance de nous-mêmes.
Développons une réflexion sur la place de la phase de mort dans l'ensemble du parcours de la vie, à partir de l'enseignementdu Chla.

 

Le cycle ternaire (union, brisure, réunification)selon le Chla

Le Chla traite de nombreuses fois le problème de la mort.
Il la situe dans une perspective entièrement positive, optimiste; on pourrait dire aussi que sa position est originale.
Certes, il est connu que le judaïsme situe la résurrection des morts comme un phase ultérieure par rapport au monde actuel mais l'attitude générale des opinions exprimées est souvent résumée de manière simpliste en ces postulats:
- la résurrection est une question secondaire par rapport à l'existence présente,
- le judaïsme est du côté des vivants et ne se préoccupe pas de ce qui concerne la mort,
- le judaïsme ne cherche pas à connaître ce qui se passe après la mort car les choses visibles appartiennent aux hommes et les choses invisibles à Dieu.

En fait, ces positions syncrétiques sont souvent un mélange
- de vérité transmise par la tradition,
- d'ignorance,
- de réaction de défense contre l'attirail théâtral concernant la mort de la part de religions qui ont puisé quelques éléments de la tradition biblique pour bâtir une nouvelle croyance qui, de plus, prétend souvent se substituer au message juif,
- de réaction phobique contre la mort,
- de défense contre des pratiques populaires qui semblent plus guidées par la crédulité que par la véritable tradition.

Au lieu d'en rester à ce que l'on pourrait appeler des contre-théories ou des théories contre-dépendantes, il est souhaitable d'entendre la conception du judaïsme présentée par des Sages qui sont reconnus comme ayant une connaissance sûre et complète de la tradition. Là, il n'y aura point de phobie ni d'exaltation susceptible de dérapages.
Le Chla expose plusieurs fois ces questions à l'occasion de l'apparition soudaine et violente de la mort comme celle des fils d'Aaron ou celle de Zimri par l'action de Pin'has. Puisque ces exemples nous ont été transmis non comme des événements au sein d'une vie individuelle mais comme des événements concernant l'ensemble de la communauté, c'est parce qu'il s'y cache un enseignement majeur et concernant chaque membre du peuple.

Voici les faits :
Pinhas
Voici le texte du Chla que nous commentons. Il est dans la Paracha de Pin'has qui est dans le livre des Nombres (Bamidbar): 

"Béni celui qui a fabriqué l'homme par la Sagesse" :
il ne faut concevoir la mort qu'en la situant dans un monde où tout est bénédiction, c'est-à-dire flux de vie depuis la source de vie dans une procession qui crée chaque composante du monde à chaque instant ; et il ne faut concevoir l'homme que dans cet ensemble.
"...pour que l'homme soit Sage et se comportant avec intelligence par un corps pur et une âme ayant sa source dans le Tout-Puissant, qu'ils soient un" :

dans ce contexte, même quand il surviendra une division de l'homme par la mort (et donc une destruction réelle mais partielle, il ne faudra pas que par un retour en arrière de cette destruction sur notre vision de l'homme vivant, nous le concevions comme divisé. Non, car l'homme est une unité composite et cette unité trouve son point de jonction en sa source en Celui qui est au-dessus de lui. Les deux composantes de la vie présente et de la mort doivent donc être perçues dans leur unité.
"...qu'ils soient un
égaux dans leur orientation vers le bien
qu'ils soient attachés à Hachém
et vivant (au singulier) pour toujours..." :
cette unité est une unité orientée, non seulement par son origine, mais aussi par sa destination ; et c'est l'homme qui peut, par sa volonté et sa conquête progressive de lui-même, la réaliser. Le Chla tire la conclusion de cette vision synthétique rapide : le but de tout cela est, pour l'homme, la vie et une vie sans arrêt.

Pour poser le problème de la mort, le Chla présente ainsi la conception du judaïsme avec la force qu'a un socle pour une statue: avec assurance et stabilité.
C'est seulement dans ce contexte qu'il faudra situer la mort que l'homme connait bien, cette réalité existante que l'on ne peut gommer ni atténuer.

Le Chla ne simplifie pas notre approche de ces questions difficiles car il ose parler, autant pour l'âme et pour le corps, et ensemble, d'une vie qui sera sans rupture et durera ; il ajoute, pour encore renforcer cette compréhension du problème, que cette unité systémique de l'âme et du corps doit être "adhérante", collante à Hachém qui, bien entendu, ne peut être atteint par aucune destruction.
Est-ce une conception personnelle du Chla ? Non, car il précise qu'il ne s'agit pas d'une conception sur un point particulier mais de la structure d'ensemble de la Création telle que nous l'enseigne le judaïsme :

"car c'est pour ce dessein que l'homme a été créé..."
L'homme n'a donc pas été créé pour la mort ni pour la séparation ni pour la division, et ce dessein ne peut être aboli. 

Comment donc situer dans ce contexte, la mort réelle que les hommes voient, rencontrent, ressentent et par laquelle ils passent tous, eux-mêmes, et leurs plus proches ? Il continue :
"Mais, l'homme a abimé (ce plan) et il en est découlé que le corps a été fait de matière bourbeuse, destructible, de l'argile de la terre".
Une composante de l'homme est devenue matière, reliée davantage à la nature environnante qu'à la source divine elle-même. Cette composante est d'abord écologique et participe de ces rythmes de la nature visible.
"...et il n'est pas de réparation de ce dommage si ce n'est par une brisure et c'est cela la mort..."
Rien n'est dit ici de péjoratif envers le corps. Notre assemblage est devenu différent et n'est plus organisé selon l'unité lumineuse initiale qui était totalement branchée sur sa source de lumière. Pour parvenir à nouveau à cet état optimal, il faut une division du complexe actuel, une séparation et cette séparation se fait au cours d'une phase brutale et difficile qu'est la "brisure" (chévira).

"...et cela ne sera pas réparé jusqu'à cet à-venir où viendra le messie..."
Cette brisure est donc une phase partielle d'un processus positif qui comporte trois phases :
1. la brisure qu'est la mort,
2. l'époque du messie,
3. il y aura alors la réparation et la restauration de l'état initial, la joie de Dieu face à ses oeuvres, le fonctionnement de la Création comme il était prévu au commencement.

L'homme qui n'a pas reçu l'enseignement de la tradition ne peut avoir cette conception large; et la mort n'est présente à ses yeux que par le spectacle des cadavres immobiles, des vies brisées, de la destruction du flux vivant des sentiments échangés avec les êtres chers, des tentatives d'oubli, de pages à tourner pour rester dans la vie.
Par contre, cette conception de la tradition juive, si elle ne supprime rien du vécu douloureux individuel de celui qui va mourir ni de ses proches ni des endeuillés, elle situe autrement la mort.

La mort devient alors
- une phase temporaire,
- une phase nécessaire (pour séparer l'état déficient d'une nouvelle phase),
- une phase d'avancée dans le processus global,
- une marche positive permettant l'accès à une complétude plus harmonieuse, plus lumineuse, plus heureuse et joyeuse, plus proche de Dieu.
La brisure et la souffrance subsistent, d'autant que celui qui parle actuellement aussi bien que ses lecteurs, nous sommes de cette composante tourbeuse et trouble (rendue par le mot hébreu âkour) qui n'a guère conscience des niveaux plus élevés et qui est le niveau des émotions corporelles.

Mais, simultanément, peut se développer 
- une certaine part d'acceptation devant le fait qu'il n'est pas de solution autre que cette déchirure pour continuer dans la voie de la vie,
- une certaine part de confortation apaisante et parfois même de réjouissance qui reposent sur un processus d'analyse rationnelle, de pensée envers le bonheur d'autrui qui est en marche,
- une certaine part d'appréciation positive sur le fait que Dieu a distingué quelqu'un en le promouvant dans les degrés de développement positif.

La mort individuelle située dans le processus global de la Création.
La suite du commentaire du Chla apporte diverses références existentielles situées en duos où se jouent ces phases successives de
- phase de projet d'union,
- phase de brisure,
- phase ultérieure de réunification.

Ces duos cités se répondent les unes aux autres tant dansle champ individuel que dans le champ collectif, historique ou dans celui du monde physique. Savoir, au sujet de ces rapports entre ces duos, demanderait une connaissance approfondie de toute la science juive pour préciser s'il s'agit de symboles analogiques ou d'une expression précise, et nous n'entrons pas ici dans cette question.

Cependant, pour tout Juif bâti lui-même dans la justesse de la création et de la structure de son peuple, il suffit d'entendre pour soi-même ces résonnances ou allusions (rémazim), dit le Chla. Voici la traduction de la suite du commentaire où nous soulignons les mots qui expriment ces duos analogiques et coordonnés.

...Et à cela font allusion les Sages, dans MassékhétePessa'hime, chapitre du sacrifice ; 

"Ribbi Yo'hanane dit : il est grand le rassemblement des exilés comme le jour où furent créés en lui les cieux et la terre comme il est dit "et ils seront rassemblés, les fils deYéhoudah et les fils d'Israël unifiés et on placera vers eux un seul chef et ils monteront de la terre car grand est le jour de Yézréel" et il est écrit "et il y eut un soir et il y eut un matin jour un" (fin de citation). L'intention en est celle-ci: quand ce sera le rassemblement en vérité des exils au temps où vient le messie notre tsaddiq, alors la création se renouvellera dans une lumière nouvelle dans l'intention (initiale) de la Création. Et s'unifiera le corps avec le néféche."…

Apportons une simple précision : le néféche qui est mis ici en parallèle avec le corps, n'est pas simplement ce que la conception occidentale entend par l'âme ; c'est à la fois la synthèse vivante de l'individu et ce que l'on entend de nos jours par le psychisme et la personnalité et l'âme. 

Par contre, la dimension la plus élevée de l'âme est la néchama qui puise sa source originelle dans les processus divins et elle reste inaltérable. Pour ne pas entrer dans la complexité de toutes ces distinctions, nous conserverons le mot de néféche.

La réorganisation d'une problèmatique individuelle de la mort
Non seulement, le Chla présente son modèle de développemen ten trois phases (union, brisure, réunification) mais il apporte une réorganisation de la problèmatique posée par celui qui cherche la signification existentielle de sa mort dans son propre parcours d'homme. Les religions ou les philosophies élargissent souvent leproblème dans le temps en dépeignant des scénarios qui parlent d'un prolongement de la vie sous une autre forme ou non. 

Le Chla n'en reste pas à traiter de la mort individuelle du lecteur ou de tout homme, dans son parcours existentiel, il n'élargit pas seulement la vision du temps, mais

- il situe la question dans une perspective qui englobe au même titre et dans une même dynamique les couplages divers qui se situent dans l'espace de la Création (les cieux et la terre), dans le temps de chaque séquence temporelle (le soir et le matin), dans le temps étendu de l'histoire du peuple juif (les fils de Yéhouda et les fils d'Israël),

- il relie en un même raccourci d'analogie ou d'identité ces différents couplages brisés, au delà de la brisure (le rassemblement des exilés comme le jour où furent créés).

On pourrait objecter que ce raccourci de réunification concerne spécifiquement le rassemblement des exilés du peuple juif, et non les autres couplages cités (le problème du corps individuel et de la mort, le problème de la division du soir et du matin qui installent dans le monde la division en lumière et ténèbres sur tous les plans) car c'est spécifiquement de ce rassemblement des exilés qu'il est dit : "comme le jour où furent créés en lui les cieux et la terre". 

Le Chla dépeint ce même modèle ici présenté concernant le rassemblement unificateur des exilés en ce qui concerne la réunion du soir et du matin. Il le présente dans son commentaire de la bénédiction yotér or ouvoré 'hochékh (faitla lumière et crée l'obscurité) qui précède le Chémâ Israël, dans la prière du matin, en s'appuyant sur le Rambane qui commente le verset "et Dieu distingua entre la lumièreet l'obscurité": Dieu a d'abord imposé une réduction de la lumière initiale pour constituer la partie nommée obscurité,c'est pourquoi la lumière est nommée en premier dans le verset "forme la lumière et crée l'obscurité" puis "il y eut un soir, il y eut un matin", puis "jour un". 

Les séquences se suivent dans l'ordre : lumière-obscurité-soir-matin-jour-un". 

Une dynamique très nuancée et "éclairante" nous est présentée : 
- certes la lumière est première 
- mais elle n'éclaire que les mondes élevés 
- et elle se voile pour pénétrer sous la forme de l'obscurité dans nos mondes inférieurs,
- elle les éclaire alors de l'intérieur, 
- elle les assume et rejaillit en lumière éclairant ce monde
- pour parvenir à un "jour" qui réunit les mondes 
- sans que, pourtant, on puisse en ce monde voir la lumière initiale.
- Mais on peut cependant atteindre ce que Dieu nous propose alors: la paix créative, comme le dit la fin de cette bénédiction qui précède le Chémâ :"forme la lumière et crée l'obscurité, fait la paix et crée tout".
- Alors, les luminaires symboliques (soleil et lune) de ce monde nous informent de cette lumière essentielle et elle imprègne la terre et ceux qui l'habitent, comme le dit la suite de la bénédiction: 
"…qui éclaire de sa miséricorde la terre et ceux qui l'habitent sur elle".

Nous pourrions en tirer des perspectives sur la fonction pédagogique et structurante de ces textes vécus dans chaque prière du matin, mais ce n'est pas ici le propos.

Précision sur la mort individuelle : réunification

Si - après cet éclaircissement nous démontrant que le Chla applique bien ce modèle de réunification ultérieure également aux différents couplages touchés par la brisure et cités par Ribbi Yo'hanane - nous revenons à la lecture du commentaire de la paracha Pin'has, nous allons voir aussi qu'il l'applique en particulier au corps quand il est touché par la mort.

..."Et également la terre qui est la matière sera pleinede connaissance et ensemble ils seront purs en bas.
Et ils recevront le flux d'abondance depuis en haut et sera vivant pour toujours dans le corps et dans le néféche.
Comme dans le temps de la Création."…

La perspective présentée par le Chla ne consiste pas simplement à dire : "il y aura une résurrection des corps que l'on nomme la résurrection des morts", conception qui serait un simple cadre sur le plan cognitif. Il parle d'une réunification des différentes composantes de l'homme dans l'excellence du flux de la vie initiale qui réinstaure l'unification première.

Toujours situer le corps
Ainsi le corps, aussi bien celui de l'homme vivant que celui qui passe par l'état de la brisure de mort, doit dès maintenant être considéré dans cette perspective de haute qualité:
- celle de son origine et de sa position premières,
- celle qu'il retrouvera et sera d'égale excellence.

L'anticipation de vie unifiée

Cette approche du corps est, certes, élevée mais l'homme rencontre, dans son expérience sensible et réelle, les processusde brisure (maladie-souffrance-mort). Comment peut-il assumer -autrement que sur le plan philosophique et cognitif- cette proposition de la traditionjuive ? Le Chla aborde immédiatement cette question.

La fragilité de l'homme seul et sa correction

…"C'est que l'homme, alors, "dans sa splendeur ne put subsister dans la nuit, et il a abîmé, et a été décrêtée envers lui la mort.

Mais le Nom béni soit-il nous a donné la Torah de éméte vérité et, par elle, nous mériterons de bénéficier de l'avenir"…

Ce serait une lecture trop légère que de lire ici l'expression la Torah de éméte, vérité, simplement comme si l'on disait "la vraie Torah", la Torah qui dit la vérité et possède la vérité. En effet, si le Chla utilise cette expression éméte dans ce contexte, c'est parce qu'elle comporte un contenu spécifique très précis dans la tradition qui la met exactement en réponse avec le problème que nous explorons. 

L'expression éméte vérité est à prendre dans toute la richesse de ces lettres qui la composent et sur lesquelles existent de multiples enseignements sûrs et rigoureux. Une première approche, accessible, sans aller jusqu'à la richesse de la qabbale, pourrait être trouvée dans le livre du Maharal de Parague Nétivoteôlam, dans le chapître Nétivote haéméte où il montre le développement respectueux, complet et temporel, de la dynamique de éméte vérité qui intègre le début (la première lettre de l'alphabet: aléf), jusqu'au milieu (la lettre médiane de l'alphabet: mém) et jusqu'à la dernière par celle d'existenceet de temps (la lettre finale de l'alphabet : tav). 

Voyons comment le Chla situe la Torah dans cette perspective :

…"et Il nous a donné des mitsvotes qui nous enseignent sur cela et qui sont une touche de cette réalité, l'éternité du corps comme celle du néféche"…

Ainsi, l'acte des mitsvotes, avec leur dimension affective, intellectuelle,spirituelle, relationnelle, est déjà en quelque sorte une participation à ce monde à venir, dans la perspective d'un projet éternel qui ne sera pas aboli.

Pour comprendre pourquoi des poèmes sur un site d'étude de la Torah,
voyez cette page
qui comprend aussi le poème "Si tu aimes..."

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