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Etude sur le Déchirement
La mort d'amour et le déchirement
Conception du Chla sur la mort dans le processus total
de développement
Cette étude doit être précédée
de la lecture de la Paracha A'haré
Mote
(Vayiqra, Le Lévitique 16, 1 - 18, 30) qui en constitue
le préalable et la première partie.
Les enseignements importants de la paracha A'haré
Mote doivent être traités avec prudence :
- l'enseignement majeur est celui de l'amour :
se rappeler avec quelle intensité extrême Hachém
aime Son peuple et combien il nous est demandé en retour
de L'aimer comme le dit ledébut du Chémâ,
jusqu'au bout de tout. En amour, qui n'a pas tout donné
n'a rien donné.
- cela doit aller jusqu'à l'acceptation du qiddouche
Hachém, sacrifice de soi selon les voies que Hachém
décide. Il ne s'agit pas de grandes rêveries mais
d'abord de l'acceptation de sépreuves et souffrances
dans le silence et la bénédiction comme nous l'enseigne
Aharone (10, 3-10) dans les formes discrètes de la vie
quotidienne où il faut accepter la volonté de
Celuiqui, seul, sait qu’elles sont Ses voies.
- il est important d’étudier auprès des avotes
(pères) qui nous ont transmis leur science et leur expérience,
auprès de véritables maîtres qui connaissent
à la fois la Torah et la complexité de l’existence.
- ces enseignements doivent nous inciter à analyser exactement
pour situer le niveau où se trouve notre être et
àprendre les mesures pertinentes, en conséquence,
pour assurer le développement optimal de l'intériorité-intensitéd'amour
et de la sagesse adaptée à notre résistance
corporelle : comme l'expliquait Moché nous avons un devoir
d'amour et aussi un devoir de vivre, de distinguer entre le
sacré et le profane, d'enseigner la Torah aux enfants
d'Israël, toute la Torah. Tout cela qui semble contradictoire
est proposé simultanément: cela demande donc un
examen approfondi de soi, d'abord pour connaître son propre
être, ses fonctions, pour apprendre à discerner,apprendre
à aimer, à agir, apprendre à garder le
silence. Heureux qui trouve des amis, des compagnons de chemin,
des livres ou des maîtres capables d'accompagner sur ces
voies nobles de la Torah.
Veillons donc aux règles de prudence de
Rabbane Chimeone bén Gamliél pour lesquelles il
ajoutait ces mots qui peuvent assurer le bonheur en ce monde,
et permettre au monde de subsister : "le monde se maintient
par trois dynamiques : la vérité, la justice et
la paix... dans tes portails" (cf Zacharie 8, 16).
Mais ne renonçons pas non plus à
la grandeur infinie de la Torah comme, après la phrase
de Rabbane Chimeone, Ribbi ‘Hanania bén Âqachia
dit ces mots que l’assemblée proclame avant le qaddiche
: "Hachém le désire ainsi dans son tsédéq,il
a voulu que la Torah soit glorieuse et majestueuse", Hachém‘hafats
lémaâne tsidqo, yighdile Torah véyaedir.
Isaïe 42, 21).
Humilité
Si Hachém a estimé qu’il était bon et nécessaire
de nous transmettre ces lumières excessives pour nos
petites tailles et pour nos fragilités et pour nos défauts,
ce n’est pas à nous de juger ni de décréter
qu’elles ne sont pas notre voie, ni que nous n’en sommes pas
dignes.
Hachém nous a donné Sa Torah et
ce maître-lumière qu’est Moché ; donc,
- à nous de l’accepter,
- nous devons oser dire le grandiose qaddiche et nous associer
à ce que disent avec les anges (Baroukh kévod-Hachémmiméqomo,
bénédiction la gloire de Hachémdepuis Son
lieu).
- Lui Seul est capable de lier toutes ces questions
contradictoires de la lumière et de la médiocrité,
voilà pourquoi on doit encore le reconnaître à
l’heure où la mort est rencontrée, dans les petites
morts ou dans la grande mort, et alors on le bénit encore
en disant que, seul, Il sait en cela où est la vérité
que l’on ne peut comprendre, Lui qui est bénédiction,
Baroukh dayane haéméte.
Allah akbar, "Dieu est grand", dit-on en arabe ; et notre traditiondit
qu’Il est dans les hauteurs: Adir bamarom Hachém.
Et Il a voulu, gratuitement, par un effet de sa
bonté, nous faire à Son image et à Sa ressemblance,
nous faire connaître Son Nom et Sa Torah, Son peuple et
Sa terre. Lui sait pourquoi.
Il peut espérer de notre part un peu de reconnaissance
et aucun jugement, de la confiance affectueuse.
Et de la patience. De l’intensité, de la prudence, de
la connaissance de nous-mêmes.
Développons une réflexion sur la place de la phase
de mort dans l'ensemble du parcours de la vie, à partir
de l'enseignementdu Chla.
Le cycle ternaire (union, brisure, réunification)selon
le Chla
Le Chla traite de nombreuses fois le problème
de la mort.
Il la situe dans une perspective entièrement positive,
optimiste; on pourrait dire aussi que sa position est originale.
Certes, il est connu que le judaïsme situe la résurrection
des morts comme un phase ultérieure par rapport au monde
actuel mais l'attitude générale des opinions exprimées
est souvent résumée de manière simpliste
en ces postulats:
- la résurrection est une question secondaire par rapport
à l'existence présente,
- le judaïsme est du côté des vivants et ne
se préoccupe pas de ce qui concerne la mort,
- le judaïsme ne cherche pas à connaître ce
qui se passe après la mort car les choses visibles appartiennent
aux hommes et les choses invisibles à Dieu.
En fait, ces positions syncrétiques sont
souvent un mélange
- de vérité transmise par la tradition,
- d'ignorance,
- de réaction de défense contre l'attirail théâtral
concernant la mort de la part de religions qui ont puisé
quelques éléments de la tradition biblique pour
bâtir une nouvelle croyance qui, de plus, prétend
souvent se substituer au message juif,
- de réaction phobique contre la mort,
- de défense contre des pratiques populaires qui semblent
plus guidées par la crédulité que par la
véritable tradition.
Au lieu d'en rester à ce que l'on pourrait
appeler des contre-théories ou des théories contre-dépendantes,
il est souhaitable d'entendre la conception du judaïsme
présentée par des Sages qui sont reconnus comme
ayant une connaissance sûre et complète de la tradition.
Là, il n'y aura point de phobie ni d'exaltation susceptible
de dérapages.
Le Chla expose plusieurs fois ces questions à l'occasion
de l'apparition soudaine et violente de la mort comme celle
des fils d'Aaron ou celle de Zimri par l'action de Pin'has.
Puisque ces exemples nous ont été transmis non
comme des événements au sein d'une vie individuelle
mais comme des événements concernant l'ensemble
de la communauté, c'est parce qu'il s'y cache un enseignement
majeur et concernant chaque membre du peuple.
Voici les faits :
Pinhas
Voici le texte du Chla que nous commentons. Il est dans la Paracha
de Pin'has qui est dans le livre des Nombres (Bamidbar):
"Béni celui qui a fabriqué l'homme
par la Sagesse" :
il ne faut concevoir la mort qu'en la situant dans un monde
où tout est bénédiction, c'est-à-dire
flux de vie depuis la source de vie dans une procession qui
crée chaque composante du monde à chaque instant
; et il ne faut concevoir l'homme que dans cet ensemble.
"...pour que l'homme soit Sage et se comportant avec intelligence
par un corps pur et une âme ayant sa source dans le Tout-Puissant,
qu'ils soient un" :
dans ce contexte, même quand il surviendra
une division de l'homme par la mort (et donc une destruction
réelle mais partielle, il ne faudra pas que par un retour
en arrière de cette destruction sur notre vision de l'homme
vivant, nous le concevions comme divisé. Non, car l'homme
est une unité composite et cette unité trouve
son point de jonction en sa source en Celui qui est au-dessus
de lui. Les deux composantes de la vie présente et de
la mort doivent donc être perçues dans leur unité.
"...qu'ils soient un
égaux dans leur orientation vers le bien
qu'ils soient attachés à Hachém
et vivant (au singulier) pour toujours..." :
cette unité est une unité orientée, non
seulement par son origine, mais aussi par sa destination ; et
c'est l'homme qui peut, par sa volonté et sa conquête
progressive de lui-même, la réaliser. Le Chla tire
la conclusion de cette vision synthétique rapide : le
but de tout cela est, pour l'homme, la vie et une vie sans arrêt.
Pour poser le problème de la mort, le Chla
présente ainsi la conception du judaïsme avec la
force qu'a un socle pour une statue: avec assurance et stabilité.
C'est seulement dans ce contexte qu'il faudra situer la mort
que l'homme connait bien, cette réalité existante
que l'on ne peut gommer ni atténuer.
Le Chla ne simplifie pas notre approche de ces
questions difficiles car il ose parler, autant pour l'âme
et pour le corps, et ensemble, d'une vie qui sera sans rupture
et durera ; il ajoute, pour encore renforcer cette compréhension
du problème, que cette unité systémique
de l'âme et du corps doit être "adhérante",
collante à Hachém qui, bien entendu, ne peut être
atteint par aucune destruction.
Est-ce une conception personnelle du Chla ? Non, car il précise
qu'il ne s'agit pas d'une conception sur un point particulier
mais de la structure d'ensemble de la Création telle
que nous l'enseigne le judaïsme :
"car c'est pour ce dessein que l'homme a été
créé..."
L'homme n'a donc pas été créé pour
la mort ni pour la séparation ni pour la division, et
ce dessein ne peut être aboli.
Comment donc situer dans ce contexte, la mort
réelle que les hommes voient, rencontrent, ressentent
et par laquelle ils passent tous, eux-mêmes, et leurs
plus proches ? Il continue :
"Mais, l'homme a abimé (ce plan) et il en est découlé
que le corps a été fait de matière bourbeuse,
destructible, de l'argile de la terre".
Une composante de l'homme est devenue matière, reliée
davantage à la nature environnante qu'à la source
divine elle-même. Cette composante est d'abord écologique
et participe de ces rythmes de la nature visible.
"...et il n'est pas de réparation de ce dommage si ce
n'est par une brisure et c'est cela la mort..."
Rien n'est dit ici de péjoratif envers le corps. Notre
assemblage est devenu différent et n'est plus organisé
selon l'unité lumineuse initiale qui était totalement
branchée sur sa source de lumière. Pour parvenir
à nouveau à cet état optimal, il faut une
division du complexe actuel, une séparation et cette
séparation se fait au cours d'une phase brutale et difficile
qu'est la "brisure" (chévira).
"...et cela ne sera pas réparé jusqu'à
cet à-venir où viendra le messie..."
Cette brisure est donc une phase partielle d'un processus positif
qui comporte trois phases :
1. la brisure qu'est la mort,
2. l'époque du messie,
3. il y aura alors la réparation et la restauration de
l'état initial, la joie de Dieu face à ses oeuvres,
le fonctionnement de la Création comme il était
prévu au commencement.
L'homme qui n'a pas reçu l'enseignement
de la tradition ne peut avoir cette conception large; et la
mort n'est présente à ses yeux que par le spectacle
des cadavres immobiles, des vies brisées, de la destruction
du flux vivant des sentiments échangés avec les
êtres chers, des tentatives d'oubli, de pages à
tourner pour rester dans la vie.
Par contre, cette conception de la tradition juive, si elle
ne supprime rien du vécu douloureux individuel de celui
qui va mourir ni de ses proches ni des endeuillés, elle
situe autrement la mort.
La mort devient alors
- une phase temporaire,
- une phase nécessaire (pour séparer l'état
déficient d'une nouvelle phase),
- une phase d'avancée dans le processus global,
- une marche positive permettant l'accès à une
complétude plus harmonieuse, plus lumineuse, plus heureuse
et joyeuse, plus proche de Dieu.
La brisure et la souffrance subsistent, d'autant que celui qui
parle actuellement aussi bien que ses lecteurs, nous sommes
de cette composante tourbeuse et trouble (rendue par le mot
hébreu âkour) qui n'a guère conscience des
niveaux plus élevés et qui est le niveau des émotions
corporelles.
Mais, simultanément, peut se développer
- une certaine part d'acceptation devant le fait qu'il n'est
pas de solution autre que cette déchirure pour continuer
dans la voie de la vie,
- une certaine part de confortation apaisante et parfois même
de réjouissance qui reposent sur un processus d'analyse
rationnelle, de pensée envers le bonheur d'autrui qui
est en marche,
- une certaine part d'appréciation positive sur le fait
que Dieu a distingué quelqu'un en le promouvant dans
les degrés de développement positif.
La mort individuelle située dans le processus
global de la Création.
La suite du commentaire du Chla apporte diverses références
existentielles situées en duos où se jouent ces
phases successives de
- phase de projet d'union,
- phase de brisure,
- phase ultérieure de réunification.
Ces duos cités se répondent les
unes aux autres tant dansle champ individuel que dans le champ
collectif, historique ou dans celui du monde physique. Savoir,
au sujet de ces rapports entre ces duos, demanderait une connaissance
approfondie de toute la science juive pour préciser s'il
s'agit de symboles analogiques ou d'une expression précise,
et nous n'entrons pas ici dans cette question.
Cependant, pour tout Juif bâti lui-même
dans la justesse de la création et de la structure de
son peuple, il suffit d'entendre pour soi-même ces résonnances
ou allusions (rémazim), dit le Chla. Voici la traduction
de la suite du commentaire où nous soulignons les mots
qui expriment ces duos analogiques et coordonnés.
...Et à cela font allusion les Sages, dans
MassékhétePessa'hime, chapitre du sacrifice ;
"Ribbi Yo'hanane dit : il est grand le rassemblement
des exilés comme le jour où furent créés
en lui les cieux et la terre comme il est dit "et ils seront
rassemblés, les fils deYéhoudah et les fils d'Israël
unifiés et on placera vers eux un seul chef et ils monteront
de la terre car grand est le jour de Yézréel"
et il est écrit "et il y eut un soir et il y eut un matin
jour un" (fin de citation). L'intention en est celle-ci: quand
ce sera le rassemblement en vérité des exils au
temps où vient le messie notre tsaddiq, alors la création
se renouvellera dans une lumière nouvelle dans l'intention
(initiale) de la Création. Et s'unifiera le corps avec
le néféche."…
Apportons une simple précision : le néféche
qui est mis ici en parallèle avec le corps, n'est pas
simplement ce que la conception occidentale entend par l'âme
; c'est à la fois la synthèse vivante de l'individu
et ce que l'on entend de nos jours par le psychisme et la personnalité
et l'âme.
Par contre, la dimension la plus élevée
de l'âme est la néchama qui puise sa source originelle
dans les processus divins et elle reste inaltérable.
Pour ne pas entrer dans la complexité de toutes ces distinctions,
nous conserverons le mot de néféche.
La réorganisation d'une problèmatique
individuelle de la mort
Non seulement, le Chla présente son modèle de
développemen ten trois phases (union, brisure, réunification)
mais il apporte une réorganisation de la problèmatique
posée par celui qui cherche la signification existentielle
de sa mort dans son propre parcours d'homme. Les religions ou
les philosophies élargissent souvent leproblème
dans le temps en dépeignant des scénarios qui
parlent d'un prolongement de la vie sous une autre forme ou
non.
Le Chla n'en reste pas à traiter de la
mort individuelle du lecteur ou de tout homme, dans son parcours
existentiel, il n'élargit pas seulement la vision du
temps, mais
- il situe la question dans une perspective qui
englobe au même titre et dans une même dynamique
les couplages divers qui se situent dans l'espace de la Création
(les cieux et la terre), dans le temps de chaque séquence
temporelle (le soir et le matin), dans le temps étendu
de l'histoire du peuple juif (les fils de Yéhouda et
les fils d'Israël),
- il relie en un même raccourci d'analogie
ou d'identité ces différents couplages brisés,
au delà de la brisure (le rassemblement des exilés
comme le jour où furent créés).
On pourrait objecter que ce raccourci de réunification
concerne spécifiquement le rassemblement des exilés
du peuple juif, et non les autres couplages cités (le
problème du corps individuel et de la mort, le problème
de la division du soir et du matin qui installent dans le monde
la division en lumière et ténèbres sur
tous les plans) car c'est spécifiquement de ce rassemblement
des exilés qu'il est dit : "comme le jour où furent
créés en lui les cieux et la terre".
Le Chla dépeint ce même modèle
ici présenté concernant le rassemblement unificateur
des exilés en ce qui concerne la réunion du soir
et du matin. Il le présente dans son commentaire de la
bénédiction yotér or ouvoré 'hochékh
(faitla lumière et crée l'obscurité) qui
précède le Chémâ Israël, dans
la prière du matin, en s'appuyant sur le Rambane qui
commente le verset "et Dieu distingua entre la lumièreet
l'obscurité": Dieu a d'abord imposé une réduction
de la lumière initiale pour constituer la partie nommée
obscurité,c'est pourquoi la lumière est nommée
en premier dans le verset "forme la lumière et crée
l'obscurité" puis "il y eut un soir, il y eut un matin",
puis "jour un".
Les séquences se suivent dans l'ordre :
lumière-obscurité-soir-matin-jour-un".
Une dynamique très nuancée et "éclairante"
nous est présentée :
- certes la lumière est première
- mais elle n'éclaire que les mondes élevés
- et elle se voile pour pénétrer sous la forme
de l'obscurité dans nos mondes inférieurs,
- elle les éclaire alors de l'intérieur,
- elle les assume et rejaillit en lumière éclairant
ce monde
- pour parvenir à un "jour" qui réunit les mondes
- sans que, pourtant, on puisse en ce monde voir la lumière
initiale.
- Mais on peut cependant atteindre ce que Dieu nous propose
alors: la paix créative, comme le dit la fin de cette
bénédiction qui précède le Chémâ
:"forme la lumière et crée l'obscurité,
fait la paix et crée tout".
- Alors, les luminaires symboliques (soleil et lune) de ce monde
nous informent de cette lumière essentielle et elle imprègne
la terre et ceux qui l'habitent, comme le dit la suite de la
bénédiction:
"…qui éclaire de sa miséricorde la terre et ceux
qui l'habitent sur elle".
Nous pourrions en tirer des perspectives sur la
fonction pédagogique et structurante de ces textes vécus
dans chaque prière du matin, mais ce n'est pas ici le
propos.
Précision sur la mort individuelle : réunification
Si - après cet éclaircissement nous
démontrant que le Chla applique bien ce modèle
de réunification ultérieure également aux
différents couplages touchés par la brisure et
cités par Ribbi Yo'hanane - nous revenons à la
lecture du commentaire de la paracha Pin'has, nous allons voir
aussi qu'il l'applique en particulier au corps quand il est
touché par la mort.
..."Et également la terre qui est la matière
sera pleinede connaissance et ensemble ils seront purs en bas.
Et ils recevront le flux d'abondance depuis en haut et sera
vivant pour toujours dans le corps et dans le néféche.
Comme dans le temps de la Création."…
La perspective présentée par le
Chla ne consiste pas simplement à dire : "il y aura une
résurrection des corps que l'on nomme la résurrection
des morts", conception qui serait un simple cadre sur le plan
cognitif. Il parle d'une réunification des différentes
composantes de l'homme dans l'excellence du flux de la vie initiale
qui réinstaure l'unification première.
Toujours situer le corps
Ainsi le corps, aussi bien celui de l'homme vivant que celui
qui passe par l'état de la brisure de mort, doit dès
maintenant être considéré dans cette perspective
de haute qualité:
- celle de son origine et de sa position premières,
- celle qu'il retrouvera et sera d'égale excellence.
L'anticipation de vie unifiée
Cette approche du corps est, certes, élevée
mais l'homme rencontre, dans son expérience sensible
et réelle, les processusde brisure (maladie-souffrance-mort).
Comment peut-il assumer -autrement que sur le plan philosophique
et cognitif- cette proposition de la traditionjuive ? Le Chla
aborde immédiatement cette question.
La fragilité de l'homme seul et sa correction
…"C'est que l'homme, alors, "dans sa splendeur
ne put subsister dans la nuit, et il a abîmé, et
a été décrêtée envers lui
la mort.
Mais le Nom béni soit-il nous a donné
la Torah de éméte vérité et, par
elle, nous mériterons de bénéficier de
l'avenir"…
Ce serait une lecture trop légère
que de lire ici l'expression la Torah de éméte,
vérité, simplement comme si l'on disait "la
vraie Torah", la Torah qui dit la vérité
et possède la vérité. En effet, si le Chla
utilise cette expression éméte dans ce contexte,
c'est parce qu'elle comporte un contenu spécifique très
précis dans la tradition qui la met exactement en réponse
avec le problème que nous explorons.
L'expression éméte vérité
est à prendre dans toute la richesse de ces lettres qui
la composent et sur lesquelles existent de multiples enseignements
sûrs et rigoureux. Une première approche, accessible,
sans aller jusqu'à la richesse de la qabbale, pourrait
être trouvée dans le livre du Maharal de Parague
Nétivoteôlam, dans le chapître Nétivote
haéméte où il montre le développement
respectueux, complet et temporel, de la dynamique de éméte
vérité qui intègre le début (la
première lettre de l'alphabet: aléf), jusqu'au
milieu (la lettre médiane de l'alphabet: mém)
et jusqu'à la dernière par celle d'existenceet
de temps (la lettre finale de l'alphabet : tav).
Voyons comment le Chla situe la Torah dans cette
perspective :
…"et Il nous a donné des mitsvotes qui
nous enseignent sur cela et qui sont une touche de cette réalité,
l'éternité du corps comme celle du néféche"…
Ainsi, l'acte des mitsvotes, avec leur dimension
affective, intellectuelle,spirituelle, relationnelle, est déjà
en quelque sorte une participation à ce monde à
venir, dans la perspective d'un projet éternel qui ne
sera pas aboli.
Pour comprendre pourquoi des poèmes sur
un site d'étude de la Torah,
voyez cette page qui comprend aussi le poème "Si
tu aimes..."
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