1. Parce quen nous
subsiste, heureusement, le lien de fils dAdam et que
la séparation des langues na jamais rompue
totalement. De même que Moché Cordovéro
souligne dans Pardès Rimonim que la néchama
ne quitte jamais totalement le cadavre jusquà
la résurrection.
2. Parce que nous sommes
tous fils du même Adam, membre dun seul corps
comme le dit Saadi. Et, en nous, chante toujours cette symphonie
si nous sommes un fils dAdam, un humain.
3. Parce que ce chant
prend encore une signification plus grande quand, en tant
que Juif fils direct dAvraham nous avons intégré
le verset 12, 3 de la Genèse (Béréchite,
paracha Lekh lekha) qui dit: et par toi seront heureuses
toutes les races de la terre, vénivrékhou
vakh kol mishpéhote ha adama. Alors ce
bonheur de bénédiction chante en nous.
4. Et, si nous écoutons
bien, vibrent alors en nous diverses langues antiques, profondes,
sensibles, amoureuses, bénédictions, toutes
composantes de notre être. Quand elles surgissent
alors simultanément, dans des rythmes variables entre
elles sur le même thème (parfois lun
dirige, parfois lautre, parfois ensemble), la perfection
grammaticale peut avoir besoin de corrections minimes ou
nombreuses, ou dune retraduction. Mais lessentiel
est la simultanéité.
5. Nous vivons alors
au rythme de ce que doit être Jérusalem dans
le concert des nations, retrouvant lunité primitive:
les Sages du Sanhédrine au Temple, comprenaient et
parlaient les 70 langues sans avoir besoin daucun
interprète. le Talmud Sanhédrin page 17a dit
ceci pour notre enseignement au cours des siècles:
"Ribbi Yo'hanane a dit: on ne doit faire siéger
dans un Sanhédrine que des hommes de haute stature,
de sagesse, de belle apparence, qui ont de l'expérience,
qui connaissent tous les tours de la magie, qui connaissent
les 70 langues pour que le Sanhédrine ne soit pas
contraint de recourir aux services d'un interprète."
Voici le texte original: "Eine mochivine be Sanhédri
ella baâlé qoma, ou baâlé 'hokhma,
ou vaâlé maré, ou vaâlé
ziqna ou vaâlé khéchafim vé yodeé
bé chivim lachone, ché lo téhé
Sanhédri chomaâte mi pi hamétourguémane".
6. Ecouter ainsi la chanson
divine qui vibre en nous comme créature constante,
cest donner un chant à cette réalité
que tous les êtres humains sont un "seul corps
ensemble" à limage du Créateur.
7. Nous nous retrouvons
alors quelque peu au Gan Eden, là où ce sont
les odeurs qui transmettent la vérité. Et
nous le redit le dernier verset du Cantique des Cantiques:
Fuis mon Bien-Aimé... vers les montagnes des
parfums. Et nos Sages nous disent que le véritable
Machiah (après tant de faux ou de non parfaits
qui n'ont pas rénové l'ensemble du monde)
sera distingué par son odeur. Et le Rambam nous indique
que la sagesse quil a acquise par lodorat subsiste
en lui (Hokhma ché lamadti bé af, hi
ameda li) Talmoud Torah 3,12.
8. Le Traité Sanhédrine
(pages 38 et 39) nous explique longuement pourquoi il était
nécessaire que tous les humains descendent dun
seul Adam; en autres motifs, pour que les diverses familles
humaines nentrent pas en rivalité lune
avec lautre, et aussi pour proclamer la grandeur du
"Roi des rois des rois" et (jajoute: comme
dans une symphonie pour les notes de musique et les instruments),
le même Talmud dit: "Il a formé tous les
hommes du même sceau dAdam mais il nen
est aucun qui ressemble à lautre". Complémentarité
vitale, sainte et indestructible. Le poème peut se
placer à ces niveaux comme les chants des Lévi
au Temple vers lequel venaient toutes les nations.
Et Ribbi Méïr ajoutait: cest du monde
entier qua été ramassée la poussière
dont Adam a été créé. Et Ribbi
Aha a développé ce thème. Et
les Sages ont expliqué ainsi, dit le Talmud, le verset
8,5 des Psaumes de David: Quest-ce quun
être humain pour que Tu Ten souviennes, et le
fils de lhomme pour que Tu penses à Lui ?
Et Ribbi Yéhouda a dit au nom de Rab: Adam, le premier
homme sétendait du bout du monde à lautre,
comme il est dit dans Dévarim, Deutéronome
4,32. Et Ribbi Elazar dit quil sétendait
jusquau Ciel. Et Rav Yéhouda dit quil
parlait dautres langues dont laraméen.
9. Ainsi, un amour complet
nous unit, tous les humains. Et nos langues ne sont pas
seulement divisions, pas plus que nos autres diversités
de traits ou de caractéristiques diverses, elles
sont présence de La sainteté divine indestructible
et complémentaire. Cest le chant de la Création
et il est en nous, en nous tous et en chacun de nous tous.
Notre sagesse juive nous dit alors: Ecoute Israël.
Ecoutons et laissons les chants divers et complémentaires
séveiller en nous dans les harmoniques de la
vague qui les porte, spécialement dans les langues
antiques.
Cest ainsi que chantent ces poèmes.
Cest ainsi aussi que nous pouvons écouter et
comprendre lautre. Et surtout laimer.
Cest ainsi quil y a spécialement des
unions divines entre les êtres.
10. Des unions, comme
disait le Roi à Esther (et parlant de tous les plans
de lêtre): "la moitié du royaume
est à toi. Tout est dit là.
Et cest pour bien saisir et entendre cet échange
si important que jai appris le farsi car cet échange
entre le Roi et Esther a eu lieu en farsi et na pas
eu lieu dans lhébreu rapporté par la
Bible. Cette écoute ma permis dentendre
ainsi le chant profond et poétique unique, en cette
langue, comme je ne lai rencontré autant dans
aucune autre langue dont je lis les beaux poèmes
avec attention et affection.
Ce nest pas sans raison que les dernières phrases
capitales de la Bible (le Tanakh), sont celles du Roi de
Perse (jai voulu les lire aussi en farsi) et il ordonne
au nom du Créateur à toutes les nations de
respecter le peuple juif. Et, au nom du Créateur,
il ordonne de plus à tous les Juifs de monter à
Jérusalem.
Hélas, on fait comme si et on napplique
pas ce dernier mot de toute la Bible. Définitif pourtant.
Qui veut comprendre tout
cela, qui resplendissait au Temple de Jérusalem,
doit entrer dans lamour mondial quil y a eu
entre Esther et le Roi.
Cest pour cela quune plaque était placée
dans le Temple de Jérusalem près de lune
des portes, remerciant le peuple de Perse et son Roi pour
tout cela.
11. Toute sagesse nous
apprend donc que cet amour reviendra entre la Perse (lIran)
et le peuple Juif. Et dans lépanouissement
de Jérusalem. Aucune autre nation au monde na
ainsi réussi dans lunion divine avec Israël
et dans le rôle divin davenir. Aucune. Notre
espoir est vivant, total. Et ce qui le renforce, cest
la puissance avec laquelle ce peuple unique a su résister
jusquà ce jour à linvasion dune
autre culture qui a prétendu lui imposer sa langue,
sa religion, ses modèles et qui na pas réussi,
derrière les apparences superficielles. Toute la
littérature iranienne en témoigne et elle
est connue par coeur par tout le peuple dans un attachement
multimillénaire qui rejoint celui du peuple juif
à sa vie divine. Pour le bien de tous les peuples.
Le Traité Qidouchine du Talmud, page 49b nous le
décrit longuement en décrivant la répartition
non proportionnée des dons entre les peuples et entre
eux et Israël où chacun a des avantages et des
faiblesses même Israël:
"Assara qabine guévoura yardou léôlam,
tichâ natélou parsim et é'had kol ha
ôlam koulo, Dix mesures de bravoure descendirent sur
le monde, la Perse en reçut neuf, la dixième
fut pour le reste du monde".
12. Nos poèmes
multilingues sont tout cela, vivants, intérieurs
et extérieurs. Et je retrouve aussi ces vagues dans
la captation picturale dartistes juifs israéliens,
spécialement qui portent aussi ces passages des générations
en Perse et Iran. Les images puissantes et profondes et
sensibles de Roee Suffrin sont sur le site.
13. Le dire en poème
sera mieux encore:
Si
tu aimes...
Si tu aimes
tu seras comme El
qui donne jusqu'aux dimensions du Ciel
et de la douceur des tourterelles
et de la beauté de la mer.
Quand tu aimes
tu es au 7e Ciel,
tu es caresse de miel,
pas de réplique cruelle,
tu partages les biens matériels.
Deux qui s'aiment,
un peuple qui s'aime,
des humains qui s'aiment,
ce n'est pas superficiel,
c'est vrai et sincère.
Deux mains qui se serrent,
aujourd'hui, demain, hier,
on est sûrs, calmes et fiers,
ce fut inventé au Jardin d'Eden,
pas de mais, pas de fiel.
Lisons la fin d'Isaïe
et d'Ezéchiel,
notre amour existe et sera éternel,
je le vois dans tes prunelles,
bébé, femme, amant ou vieille.
C'est la seule valeur sur terre.
Cela respire comme bénédiction et "bérékh".
D.ieu est le libérateur,
le "goël":
quand les sages sont aussi cruels
envers les pauvres et ignorent leurs frères,
seul Celui qui crée le Ciel et la terre
interviendra pour supprimer tout fiel.
Tout est déjà
donné, offert.
Le Temple est rebâti, offert.
La Judée, la Samarie et Jérusalem
Il nous les a rendus, offerts.
Seulement notre coeur n'est pas ouvert.
Si, envers le Créateur
si bon de l'univers,
nous étions confiants et fidèles,
les nations ne seraient pas des adversaires
et l'Iran se souviendrait de Cyrus et d'Esther.
Eux se battent pour Jérusalem.
Mais nous préférons
Miami ou la Tour Eiffel.
Tout est simple quand on aime,
il n'y a pas de mystère,
chaque mot de la Torah est promesse.
14. Voici les liens qui rendront
sensibles à toutes ces dimensions: depuis lantiquité,
depuis lenseignement de nos Sages, depuis la pratique
juive des fêtes, depuis lactualité iranienne.
Nous construisons ainsi, universellement, en étant
conscients, lépanouissement de lAdam
complexe et multiple que nous sommes tous ensemble.
Explicitez-le davantage par l'étude:
pourim-histoire
- /etudes/pourim
- pourim-cadeau
- iran-vie
- iran
- iran-israel
- /infos/upupa
- etre-lune
15. Cette écoute vibrante
des résonnances nest pas réservée
à cette seule onde iranienne. Nous plaçons
sur le site des dessins vibrants en arabe qui chantent le
Créateur du Ciel et de la terre et le retour prochain
des Juifs de lexil comme lannonce explicitement
la Sourate du Voyage nocturne : hajj
L'espoir d'avenir
J'ai lu le Coran et ses commentaires,
en arabe; et je pense souvent au verset 104 de la sourate
17 du Voyage nocturne du Coran où il est dit: "Nous
avons dit après lui (Moché) aux fils d'Israël:
habitez la terre (phase de la dispersion des Juifs, ndlr)
et lorsque la vie finale (le monde à venir, ndlr)
arrivera à son terme prédestiné, nous
vous ferons venir en groupes hétérogènes".
"Waqulna min baAAdihi libanee isra-eela oskunoo al-arda
fa-itha jaa waAAdu al-akhirati ji/na bikum lafeefan".
Et je vous montre maintenant
le commentaire du Dr Salah Ed-Dine Kechrif publié
en 1984 à Beyrouth sur ce dernier mot :
"le mot -en groupes hétérogènes-
veut dire une masse de gens d'espèces diverses où
se cotoient les bons et les mauvais et les races les plus
variées. Dans ce verset vraiment prophétique
puisqu'il est bien dit 'après Moïse', le lieu
de fixation des fils d'Israël n'est pas précisé.
Il est simplement désigné par 'la terre'.
Cela peut dire aussi bien signifier toute le terre et c'est
la diaspora qui a fait que pas un seul pays au monde n'ait
pas sa minorité juive. Cela peut désigner
aussi l'Etat actuel d'Israël qui annonce en même
temps, toujours d'après ce verset, que la fin du
monde n'est plus très lointaine. Sans être
nous-même prophète, tout porte à croire
que cette terre n'a plus bien longtemps à vivre.
N'est-il pas remarquable que cet Etat d'Israël soit
peuplé de tous les spécimens de la race humaine
et que le verset nous parle de 'groupes hétérogènes'.
Or, au temps de Moïse, les Juifs formaient une race
homogène."
(Fin de la citation du Dr Salah Ed-Dine Kechrif, sans en
avoir modifié un seul mot. Ces lignes ne sont pas
écrites par un Juif qui voit l'arrivée du
Machia'h pour demain matin, mais c'est tout comme).
Un jour la paix existera entre tous ces peuples dans le
respect total et réciproque. Non pas par la politique
ni par les armes mais par la connaissance et le respect
et la fraternité dans la conscience du Création
unique où chacun à son rôle spécifique
et irremplaçable et sa valeur essentielle au même
titre.
En ce sens, je présente
ici quelques desssins que j'ai réalisés:
le premier en arabe dit la phrase célèbre
de la Sourate 24, 35 La lumière: D.ieu est la lumière
du Ciel et de la terre (Allaou nourou ssamaouati oualardi).
et ici, en farsi d'Iran, le
verset du Cantique des Cantiques: "ha nitsanim niréou
ba aréts, êt ha zamir higuiya, vé kol
ha tor nimtsa bé artsénou", " les
bourgeons sont vus sur la Terre (d'Israël), et le temps
du chant est arrivé".

