Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes - Par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
 
Solitude nocturne du Roi attendant Esther
 

- Un jour, de trop d’attente à vivre,
tu éclateras d’un orgasme mirifique
et la terre se fendra à Har hazzéitim
et tu déchireras le ciel de tes dents avides.

De cette longue grossesse stupide
tu accoucheras enfin
d’un jardin de parfums
au nom Edén à Yérouchalayim.

Je te chanterai :
ma maison est une maison de prière
ma maison est une maison de chansons
ma maison est une maison de tendresse.

- Et moi, mon amant joli, je te chanterai :
Ma maison est une maison d’unissons.

- Oh, c’est terrible, d’aimer une femme à l’humour acide,
une femme intrépide plus forte que Judith,
dynamite de Sunamite,
une femme brillante, riante et criante dans toute sa vie
et qui quitte la scène aussi glorieuse et victorieuse,
toujours enfant, reine, belle et capricieuse,
alors que moi je peine, lent laboureur.

- Non, mon amant, tu oublies, il y a une chose que je ne savais pas faire :
c’est attaquer des Juifs et je n’ai pas su me défendre ici
contre le lachone ha ra, contre le mauvais œil
et contre les méchants politiques et médisants,
et je n’ai pas su t’éviter la souffrance de mes souffrances.

- Et moi, ma céleste, je m’en veux tant de la peine que je te fais par ma peine.

- Et moi, malade, j’étais devenue tellement lourde pour tes bras
mais j’ai fait ce que je t’avais promis, j’ai dit en arrivant devant le Bon Dieu :
il faut l’aider, il a été si gentil pour moi, il faut l’aider absolument.
Mon ami, mon amant, j’aimais tant la Michna, je la vois maintenant.
Et je vois notre néchama en épanouissement.
Elle est plus grande que moi et toi, il nous fallait atteindre
cet âge d’inconnaissance, ce voyage de confiance,
pour unir la distance de Béréchite qui commence

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