Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
Amour d'Esther et du Roi
Après Pourim
Confidences nocturnes
Dans chaque respir
Dans ton amour
Déclaration d’amour du Roi à Esther
Devant la hanoukia
Écoute
Équilibre du Roi
Espoir des rivières
Israël, tu dois être lune
Jetu m'aimes
La beauté nous est révélée
La méditation
La moitié du royaume
Le bonheur, c'est de voir...
Les humains ne comprennent pas
Lumière en guerre
Merci.
Mon amour pour toi
Réassurance dans le couple
Respiration au Sinaï
Restons dans le palais
Réveil d'Adam
Secrets du Roi et de la Reine
Solitude du Roi attendant Esther
Terre d'Israël

Ta création en deux moitiés

Ton silence
Ton vase
Tu n'es pas assez heureux
Tu n'es plus jamais seul
"l'Ami des Aurores"
Recueil  "Auschwitz"
"Combat"

Pyramides

Un jour

"Déchirement"
"Double Eden"
Recueil  "Enfance"
"Etude"
C'est raison de T'aimer
L'imprévu d'aimer
L'éveil au matin
Précaution
"Exil"

Me contacter
Ecrire dans le Livre d'Or

Retour sur le site

 
Regards dans la rue
 

Le corps est un sanctuaire,
sa pierre est de chair,
une âme divine l'habite,
il faut que chacun le révère.
Et quand il se promène,
il se protège de parures discrètes,
et le regard des autres le respecte,
reste distant et très modeste.

Il est beau, elle est belle,
le sait-il, le sait-elle
qu'il porte en lui, qu'elle porte en elle
le bonheur et la lumière célestes ?
Un bon regard lui révèle
que sa lumière pure éclaire.
Elle est diamant et perle,
une création unique et céleste
qui se promène dans le jardin d'Eden.

Et si elle est bat Israel,
alors elle est en fonction de prêtre,
réservée parmi toutes pour transmettre,
présence et révélation du Maître.
Chacun le sait, et la révère
d'un regard pur et sincère:
une femme transporte Sa lumière,
son port est l'édifice de Son sanctuaire,
les autres sont Ses fidèles,
en prière.
Elle est drapée comme une reine
qui se protège et se respecte.
Elle sait que son royaume est éternel.

Note: bat Israel signifie fille du peuple d'Israël


Il est des civilisations millénaires qui ont acquis et gardé le sens de la pudeur et de la beauté, le corps y est mis en valeur dans le vêtement en soulignant sa beauté mais sans la dévoiler ni provoquer.
Le judaïsme nous enseigne également cette beauté par l'exemple éminent du Cohen gadol, le Grand Prêtre Aharon dont tout vêtement nous enseigne qu'il est support de la présence céleste en fonction pour élever ses frères. Beauté, propreté, symbole, respect,enseignement. Relisons l'étude de la paracha Tetsavé (lien ici).
La civilisation occidentale descend chaque année davantage vers la nudité intégrale, sans symboles, sans rien à dévoiler ni à échanger, le corps brut à consommer comme les chiens qui se cherchent dans la rue, sans aucune attention à l'intériorité: renifler du regard, exhiber, consommer et abandonner sans avoir rencontré. Et cela devient habitude, obligation de modernité.
Le regard lui-même est abîmé, civilisation de mensonge par les images qui veulent faire croire que le bonheur de la surface d'image à la TV nous assure tous nos rêves par une voiture ou tout achat ordinaire. Et notre regarde regarde toutes les misères de la planète en insensiblité. Il nous faut retrouver la virginité du regard pour retrouver le respect.

Le Juif et la Juive risquent aussi de tomber sous l'influence de cete civilisation. Et spécialement dans les périodes de vacances où la nudité devient souvent règle sur les plages. A chacun de maintenir le respect de son être, savoir ce que le spectacle de notre corps dénudé fait perdre également en dignité pour l'autre qui oublie ce dont nous sommes porteurs en dignité. Je reste volontairement bref, chacun comprend et peut tirer les conclusions de ce rappel.

Le regard
Personne ne pourra faire pour nous cet immense travail personnel d'éduquer notre regard, de veiller à ce que nous offrons au regard de l'autre pour que ce soit le meilleur de lui-même face au meilleur de nous-mêmes.
Allons étudier le regard d'Avraham vers Sarah: http://www.modia.org/tora/berechite/haye-sara.html
Nous avons à éduquer notre regard à LA Présence, chez nous-même et chez l'autre, c'est tout ce travail que nous faisons sur Modia par les photos qui nous font rencontrer le coeur de la Torah dans ce qui est visible: http://www.modia.org/galerie/mefoto.html Des pages entières sont aussi bâties pour que les parents s'entaînent à ouvrir les enfants à ces dimensions: http://www.modia.org/jerusalem/jeruneuf.html
Voyez le regard pur de Boaz envers Ruth: http://www.modia.org/tora/nakh/ruth.html

La paracha Nitsavim nous montre que, en tout cela, nous devons encore en appeler à la Miséricorde de D.ieu (Ra'hamim) : cette forme d'expression de Sa bonté entre en jeu quand les efforts et mérites de l'homme ne sont pas suffisants. Alors la source de la bénédiction s'ouvre d'elle-même si l'homme a fait ce qu'il a pu, et il est étonné de voir que c’est de l'intérieur même de son angoisse que vient le salut, comme un retournement du mal en bien ; c’est ce que dit le psaume 121 : (méayine yavo êzri) qui se traduit simultanément par "d'où me viendra mon aide" et également par "du néant (ayine) viendra justement mon aide" (par Sa miséricorde) car ce niveau, inatteignable, est celui de la "source" (ayine) de toutes les bénédictions, celle du ratsone et celle du nom Ehié, comme l'indique le Rav Guiqatilia dans Chaâréi Ora. Le mot hébraïque oeil (ayine) joue sur tout ce qui peut virer en un instant soit vers la source de tout, soit s'effondrer dans le néant.Cela chez tous les humains, des plus grands aux plus petits, et à tous âges. Le Créateur nous a donné cela pour choisir la vie entre le mal et le bien: mobilisons notre liberté.
Nous aurons l'occasion, spécialement pendant l'été de travailler sur cette rectification du regard et ce sera une excellente préparation à la téchouva, le retour en repentance, que nous devons faire avant la nouvelle année.

Nous comprenons alors ce que dit souvent le Rav Eliahou ben Moché Vidas dans Réchite 'Hokhma (voyez le chapitre 9, 18 ou chapitre 8 par. 5, 13 et 38: "bat âyine, zé haChékhina, la prunelle des yeux est la Chékhina" (manifestation de la Présence divine). Nous y sommes en contact avec la Présence divine en chacun ou nous perdons toute cette valeur pour le rien. Et l'on comprend qu'il cite les Tiqouné Zohar 252b: "celui qui pèche contre la Chékhina,c'est comme s'il la dénudait de Ses vêtements".
Nous trouvons là le sens de la richesse dans le vêtement, et dans le regard. Puissent les Juifs trouver ou retrouver ces enseignements si merveilleux et avoir la force de ne pas aller vers les autres dieux offerts à eux par l'autre civilisation.
Et, en la plupart des langues, cette "pupille" (du latin, petite enfant) se nomme ainsi également:comme ichone en hébreu (petit homme), car là nous pouvons naître dans le regard vers l'autre ou ne pas naître.
C'est le meilleur de notre bonheur dont nous avons reçu la clef quand nous veillons sur notre regard envers l'autre sexe, pour ne pas nous effondrer dans le rien mais, au contraire, pour nous relier au meilleur de nous-même, de l'autre et de la Chékhina. Le Zohar dit que, alors, nous revêtons de parures la Chékhina. Quel honneur d'avoir reçu une telle confiance de la par du Créateur.
Il m'arrive parfois de dire à des parents religieux et effondrés de voir leurs enfants aller aux Indes et y retourner: essayer de ne pas voir en cela une perte de tout ce que vous espérez pour eux mais essayez de comprendre ce qu'ils recherchent par là. Ils m'ont parlé et m'ont dit qu'ils recherchent ce qu'ils pensent y trouver: une spiritualité sensible jusque dans le vêtement; ils sont blasés des corps dénudés et retrouvent une beauté dans le port et la dignité des femmes en sarees. Ils ont soif d'un respect. Cela devrait être pour vous un avertissement: donnez leur dans votre tradition ce qu'il y a en cela et qu'ils n'ont pas encore trouvé. Nous l'avons, vous n'avez pas encore trouvé les mots pour les en approcher.
Nous demandons dès les premières bénédictions du matin que le Créateur nous ouvre les yeux aveugles (poqéa'h îvrim). Nos textes disent que le Sage a les yeux dans Sa tête ('hakham êinav bé rocho), cela veut dire que nous devons jamais quitter du regard la Présence intérieure même quand l'extérieur sollicite brutalement. C'est pour cela qu'il est écrit aussi dans toute synagogue, ce verset des psaumes: "Chiviti Hachém lé négdi tamid, je me représente Hachém face à moi toujours".
Parfois, comme dans la prière, nous avons même besoin de fermer les yeux pour être vraiment centrés sur l'essentiel.

Tout cela est suffisant pour nous comprendre et gérer notre regard envers autrui, et l'exposition de notre corps à autrui, spécialement dans les périodes de vacances, mais aussi dans la rue tout simplement. Un exercice constant. Par le regard, nous pouvons monter de niveau en niveau, ou descendre vers le néant. A nous de jouer. Là où sera notre regard, voilà ce que nous deviendrons.
Nous comprenons mieux le sens de ce que nous disons: béli âyine ha râ, sans mauvais oeil. Il ne s'agit pas de superstition mais il s'agit de ne pas tomber dans le mal par le regard. Par lui, nous pouvons améliorer le monde, si facilement.

Pour exercices en bonheurs: http://www.modia.org/jerusalem/jbotanic0403/jerubotanic2-0403.html

ou des images qui rayonnent parfois d'amour: http://www.modia.org/tora/nakh/chirachirim3.html
ou l'émoi des rencontres d'amour dans le regard: http://www.modia.org/galerie/orkid.html

Et quelques poèmes de regard:
- regard-sourire inoubliable d'un enfant avant sa mort: http://www.modia.org/poeme/dechirement/056.html
- regard inoubliable du père admirant la nature: http://www.modia.org/poeme/enfance/029.html
ou dans les travaux de jardinage ensemble: http://www.modia.org/poeme/enfance/044.html

Nous cherchons le meilleur: lisez ce que dit du regard le Cantique des Cantiques.
Nous aurons une règle pour nos regards: le respect.

Image de la pureté d'un regard qui illustre bien notre texte, photo du Rav Chalom Messas, zal.


 "Guetteur"
"Jérusalem"
Recueil "Lettre"
"Libération"
"Présence"
Nous sommes fleurs de Jérusalem
"Rencontre"
L'ami
Écoute
Libellule
Si je viens
Miroir d'eau
"Trésor"
Séparation
"Yémima"
webmaster Dufour