Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes - Par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
 
Eve-trop rêve
 

Du trésor de Son trésor
le Ciel t'a formée.
Pas étonnant que tu sois secrète,
ailleurs et si discrète,
quand je suis veines et terre,
battements de coeur,
labeur et problèmes.

Tu attends seule depuis des millénaires
dans ton rêve.
Auras-tu un instant de réveil
lors de ma vie si brève?

Que peut-on faire?
Tu aimes trop le Ciel
ou ton père,
ou tes frères.
Ils te resssemblent,
alors pas besoin d'ailes.

Pourtant je suis sûr
que tu m'as vu
un soir de lune
quand je visitais le Ciel.
Je t'ai croisée
dans la salle des secrets
et tu m'as dit:
"Seriez-vous mon ami?
Vous lui ressemblez, quelle surprise!
J'ai parfois rêvé d'enfants
qui vous ressemblaient aussi.
Excusez-moi, j'ai beaucoup à faire,
je dois retourner dans mon sommeil!
C'est ma fantaisie. Elle est jolie!
Et je suis timide, délicieuse coquetterie.
Oh! J'allais oublier,
c'est pour le demi-chéqel, gardez la monnaie.
J'avais justement une pièce,
c'est bien que vous soyiez passé.
J'ai beaucoup de rêves en projets,
au revoir, je suis pressée".

Tu m'as fait sourire
mais ton coeur m'oublie.
Alors j'ai crié: eh, la belle!
eh, du Ciel! eh, du rêve!
Où est ton lév?
Ouri, ouri, kévodi, Eveille toi ma gloire!
Itoréri, itoréri, réveille-toi, l'hiver est fini.
Ha nitsanim, les bourgeons sont sortis.
Tout cela, parce que le Ciel
nous a créés dans un sommeil.

Lève-toi, mon ami,
Tu dois aller prier et travailler.
Ton sommeil semblait bien agité.
Tu souffrais encore de ta côte cassée?

Les champs de coquelicots
à l'infini s'étendaient,
à chaque seconde tu riais
et tu avais besoin de revenir me regarder
et poser ta main sur la mienne
pour éprouver si elle t'aimait.

Tu riais, tu priais, tu remerciais, tu chantais.
Les champs de coquelicots
ont disparu, oubliés.
Chaque mot était rire et baiser,
promesse, enfants imaginés.
Tu as perdu le courage d'aimer.

Tu m'avais vu au Sinaï, tu me le disais;
on était dans le même train de déportés,
ou sur la place de Deauville à bronzer.
Mais c'est fatiguant et monotone la vérité,
mieux vaut souffrir et galérer,
on se paie un film grandiose de désespérer,
c'est plus facile, c'est assuré.

C'est beau, la nuit, de pleurer.
Tout le monde n'a pas la force d'être sincère et d'aimer
au delà de trois ou quatre demi-journées.
Je t'avais apporté un bouquet allongé
en forme de notre terre aimée,
tu l'as posé et tu es allée ouvrir la télé.

"T'as vu, j'ai changé notre télé?
J'irai à San Francisco cet été,
ou bien je resterai devant la télé.
Tu écris un poème?
Je te connais, grosse bête adorée,
commence à le lire par la fin, tu auras notre vérité.
Mais on ne peut pas être belle et enivrée
365 jours sur l'année.

Tu peux recommencer:
Je vais ouvrir la télé,
Viens près de moi,
je ne te lâcherai jamais.
Nous étions au Sinaï quand je t'ai renconté.
Nous aurons toujours des nouveaux secrets,
toute l'éternité.
Laisse-nous un peu nous reposer".

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