Photo de l'auteur, au Kotel (2002)
Israël, ma colombe, dans les creux du rocher.
Toi qui as protégé...
Le poème
(Dans la paracha Bo)
Toi qui as protégé Avraham
dans la fournaise brûlante,
protège ses enfants des flammes des terroristes
palestiniens.
Toi qui as protégé le peuple du fourbe Qora'h
endormant le peuple et détournant de la Torah
les dirigeants les plus élevés autour de
Moche,
protège-nous de tous politiciens ignorants et aveugles
et donne-nous des dirigeants purs et déterminés,
cherchant dans Ta Torah ce qui doit les guider.
Toi qui as protégé Ton peuple des
traîtrises
les plus infidèles quand les grands rabbins et
chefs
furent envoyés pour témoigner que nous devions
aller vivre sur Ta terre,
et qu'ils voulurent tous nous en détourner,
sauf deux seulement, Yehochoua et Caleb, autour de Moché.
Donne-nous par Ta bonté quelques uns, purs, droits
et déterminés
qui mobiliseront Ton peuple pour venir vers Toi,
comme ils savent tous que cela est écrit et décidé.
Toi qui as protégé Ton peuple quand il
était assassiné,
drogué de richesses, d'esclavage culturel, de lassitude,
de souffrances et d'habitudes étrangères,
drogués de langues et des autres identités
très belles,
donne-nous des Myriam, lucides, droites, fières,
qui agissent et n'attendent pas des sauveurs imaginaires.
Toi qui as protégé Ton peuple sous les
puissances
des Romains et des Grecs et des perfides d'Ichmael,
et as promis mille fois par tes courageux prophètes
que Toi-même rassemblerait Ton troupeau disperse,
que Tu le sauverais partout où il est égaré,
aujourd'hui protège-nous de puissances aveuglées
qui s'unissent aux nouveaux Hitler pour nous exterminer.
C'est par Ton Nom et par Tes promesses
que Tu dois le réaliser puisque c'est maintenant
prouvé
que nous ne comprenons pas, obstinés et bouchés,
ni Tes mots écrits, ni les leçons des drames
passés,
ni Tes cadeaux de la Terre ni Tes miracles renouvelés,
puisque nous n'avons pas des prophètes comme Moché,
pas de flamme comme Myriam, Devorah, Yehoudite ou 'Hanna,
pas de lumière comme Akiva ou Meir ou Brouria,
pas de chef pur et modeste comme Yehochoua,
pas de lumières comme le Ari ou le Chla.
C'est par Toi-même que Tu dois nous sauver,
changer nos coeurs, réveiller nos rabbins et leaders,
ramener à la maison les peureux, les perdus, les
riches et les pleutres,
enlever de notre peuple ceux qui ne travaillent
que pour notre malheur, main dans la main avec nos assassins.
Tu connais nos têtes, nos mains et nos coeurs,
trop souvent ils ne voient que dollar, technique, sexe
et titre,
donne-nous enfin un coeur qui voie le bonheur
de Ta Torah, la lumière de Ta terre,
de connaître et de reconnaître le privilège
de Ton peuple,
et l'amour de Ton sanctuaire,
et le bonheur d'y vivre ensemble,
pour Toi, unis et frères.
Le contexte
HÉLAS, et il faut que
ça change...
Voici le contexte dans lequel le poème a surgi
(18 janvier 2002).
Hier, face aux menaces précises d'attentats,
le Cabinet décide de ne prendre que des mesures
de restrictions des mouvements par encerclements des villes
d'où partent les terroristes mais de ne pas réagir
davantage pour ne faire augmenter la tension.
Le résultat n'a pas tarde. Les radios sur le terrain
décrivent que, en dehors des barrages routiers,
les arabes passent comme ils le veulent sur les autres
terrains.
Angoisse de ce qui va encore se produire dans ces conditions.
Une lectrice m'écrit :
"Au lendemain de l'annonce de la réouverture de
la route des tunnels aux
arabes, tout les copains-voisins d'Efrat se regardaient
dans le blanc des yeux en se demandant qui sera le prochain
sur la déjà longue liste des disparus au
combat passif auquel nous prenons part dans les territoires
lorsque nous partons ou revenons du travail."
Hier, Geoula Cohen, l'ex-député
de droite-droite a une émission ou elle reçoit
une personnalité d'extreme-gauche et ils s'expriment
et s'écoutent longuement, réciproquement.
Très fructueux. Hier, un représentant de
Chalom Akhchav a fait longuement l'éloge d'Arafat,
de son discours ou il déclare être contre
le terrorisme, puis a contrario il décrit notre
attitude immorale de dominer un autre peuple et d'occuper
son territoire, etc., etc. On n'arrive pas a croire que
l'on ne vit pas un mauvais rêve, et que l'on n'a
pas un représentant d'Arafat au micro.
Au parti travailliste, la motion de Belin, le gauche-gauche-gauche
partisan de l'Ouganda, et demandant a son parti de quitter
le gouvernement a obtenu un revers magistral. Donc, ils
restent. Mais... les arguments échangés
n'étaient pas le soutien a Sharon. Peres indique
qu'il préfère parvenir a sa paix avec Sharon
que de ne pas pouvoir y arriver. Ben Eliezer le ministre
de la défense et nouveau chef du parti déclare
que s'ils ne restent pas, la droite ira en guerre et qu'ils
servent donc de frein. La ministre Yitshiq déclare
qu'ils ne sont pas d'accord du tout avec la politique
actuelle et... qu'ils démissionneront dans quelques
mois quand ils auront mis au point une autre proposition
et que ce n'est pas encore le cas. Ben Eliezer enlève
l'approbation générale en disant que se
retirer ce serait tomber dans une opposition pour l'éternité.
En somme, Sharon n'a pas les outils d'une politique avec
une telle équipe.
Des lecteurs ne veulent pas entendre ces nouvelles et
me disent : "savez-vous mieux que Sharon, pourquoi s'inquiéter,
pourquoi être critique, il suffit d'attendre le
Machiah qui va bientôt venir". Non seulement nous
vivons ces difficultés, avec foi sans cela nous
serions ailleurs c'est très simple, avec amour
de notre terre et de tous ceux qui essayent de la réaliser,
nous souffrons de toutes nos imperfections ici mais surtout
de toutes nos victimes dont beaucoup sont le fruit aussi
de nos déficiences, et ce n'est vraiment pas agréable
de s'entendre reprocher que cette attitude est négative.
C'est vrai qu'elle est dérangeante : "Israéliens
ne dites pas que votre situation est difficile, c'est
très dérangeant, vous abîmez notre
beau rêve". - "Mais il ne s'agit pas d'un rêve,
il s'agit de ce qu'il nous est demande de vivre, et il
FAUT que ces Juifs ici vivent. Même si le Machiah
tarde".
Nous aimons autant notre Torah que ceux qui rêvent,
nous rêvons autant, regardez si mes photos des fleurs
de Jérusalem ou du Kotel ou mes poèmes ou
les commentaires n'ont pas autant d'amour que vos rêves.
Simplement, je n'accepte pas la mort de ces innocents
qui ne sont pas des victimes de la paix, comme on les
appelle a gauche. Ce sont des enfants et des vies tués,
il faut le sentir comme ses propres enfants, alors c'est
diffèrent.
Je vous retransmets simplement les nouvelles
effectives car cela est notre responsabilité d'adultes
et de Juifs. Hachem ne nous a pas demande la passivité
ni de rêver mais d'être présent et
de réfléchir pour améliorer (le tiqqoun).
Et soyez sûrs que ce que je vous rapporte est exact.
Je vous avais donc rapporte que l'arme a
fait état de la préparation d'attentats
graves. Je ne crée pas les analyses ni les nouvelles.
Je vous informe rapidement sur l'essentiel.
A l'attentat de Pisgav Zeev, les terroristes ont
pris le temps de vérifier que leurs victimes étaient
bien des juives avant de les abattre. Voila qu'en Israël
on est recherche et abattu en tant que Juif. Imaginons
le scandale de toutes les organisations juives du monde
si cela se produisait en France ou sur une route d'un
autre pays.
Ou si dans ces pays, des terroristes allaient dans une
fête de Bar-mitsva mitrailler la foule des invites;
comme on parlerait d'antisémitisme et de non protection
de la part du gouvernement. Or, voila des mois et des
mois que cela se passe ici. Et cela continue. Ce que nous
entendons chaque jour a la radio, c'est : "à telle
heure, enterrement de X. victime de l'attentat hier".
J'avais oublie ceci : la Cour suprême vient d'autoriser
de faire flotter le drapeau palestinien un jour a Tel-Aviv
a l'occasion d'une manifestation de gauchistes. Il y a
peu de temps cela était a Jérusalem, maintenant
ils sont arrives jusqu'à la plage, non pas par
eux mais par ceux qui travaillent pour eux au milieu de
nous.
Le mauvais film continue. Hier soir, a 'Hadera,
une fête de Bar-mitsva au Salon David. Un terroriste
du Fatah d'Arafat arrive et mitraille, six morts immédiats
et des nombreux blesses. Les invites ne se protègent
pas mais foncent sur le terroriste et l'attaquent avec
ce qu'ils ont sous la main ; on ne sait pas s'il est mort
de cette contre-attaque magnifique ou d'une balle tirée
par un policier arrive enfin.
Cela est trop. Mais cela est trop chaque jour. Et cela
est trop chaque mois. On s'étonne que le public
soit choque que les députes s'occupent d'augmenter
le budget pour leurs Volvos.
A-t'on espoir dans la réplique ? Non, plus maintenant,
car cela dure depuis des mois. Et aujourd'hui comme hier,
le gouvernement a pris la mesure inutile de placer des
tanks autour de la maison d'Arafat ou de villages ; ils
seront enlevés dans quelques jours ou dans quelques
semaines mais les attentats continuent et les morts s'allongent
sur la liste sans aucune destruction du dispositif terroriste
organisé, sinon de quelques maisons vides a l'avance.
Avant de demander aux autres pays d'agir contre ces terroristes,
pourquoi ne le faisons nous pas ici alors qu'ils nous
tuent ?
Voici ces dernières victimes :
Aharon Ben Yisrael-Alis, 32 ans, de Ra'anana;
Dina Binayav, 48 ans, d'Ashkelone;
Edward Bakshayav, 48 ans, de Or Akiva;
Antoli Bakshayav, 63 ans, de Or Akiva;
Avi Yazadi, 25 ans, de 'Hadera;
Boris Melihov, 56 ans, de Sderot.
Sa racine dans le psaume 105
La racine intérieure
d'où crie et espère ce poème est
le psaume 105
Il vient après la dernière
phrase du psaume 104 qui dit :
"Que les pécheurs disparaissent de la terre, que
les méchants ne soient plus ! Mon âme, bénis
Hachém, Allélou-ka !"
Le middrache Vayiqra Rabba 4, 7 dit que "David a écrit
120 psaumes mais il n'en a conclu aucun par Allélou-ka,
sauf celui-ci quand il a vu la chute du méchant".
Donc, la louange et la paix retrouvée sont présents.
Le psaume 105
- est une louange
- mais elle se base sur la promesse faite à Avraham,
- promesse qui a été tenue,
- comme le déroulement de l'histoire l'a prouvé.
C'est dans ce quadruple mouvement que la prière
du poème a surgi du coeur.
Analysons ce psaume.
Il comporte 45 versets, comme la guématria
du nom de l'homme (Adam) et qui est à l'image de
D.ieu donc le nom s'écrit aussi dans la guématria
45.
La référence à Avraham
et aux promesses qui lui ont été faites
se trouve au verset 6 et reprise au verset 42 : Il s'est
souvenu de Sa sainte promesse à Avraham, Son serviteur".
C'est l'axe essentiel du psaume et il l'encadre.
Il va de soi qu'il ne s'agit pas simplement d'une promesse
à Avraham, car elle n'a pu avoir lieu et être
tenue que parce que Avraham est "Son serviteur", fidèle.
Ainsi de nous, nous ne bénéficierons des
aides du Ciel qu'en raison de notre fidélité
à la Torah.
Avant cette référence à
Avraham où l'on est dans l'ordre de la demande
et de la réassurance, il y a une étape qui
est le fondement de la relation que l'on doit avoir avec
Hachém. 10 incitations sont présentées,
ou 10 ordres qui concernent la louange et, au coeur de
ces 10 nous recevons l'éclairage que celui qui
recherche Hachém vit dans la joie.
Louange et joie doivent précéder la demande
anxieuse et incertaine.
Voyons ces 10 demandes qui sont précisées
dans les versets 1 à 5.
Elles forment un groupe de 7 louanges puis l'affirmation
sur la joie et enfin les 3 dernières louanges
:
1. hodou laChém (rendez hommage à Hachém)
2. qireou vichmo (proclamez Son nom)
3. hodiou vaâmim âlilotav (publiez parmi les
nations Ses hauts faits)
4. chirou-lo (chantez vers Lui)
5. zammérou-lo (célébrez-le)
6. si'hou békhol nifléotav (conversez au
sujet de toutes ses merveilles)
7. hithalelou bé chém qodcho (soyez en louanges
dans Son saint nom).
Puis vient l'affirmation concernant la joie
:
"yisma'h lév mévaqché Hachém"
(il se réjouira le coeur de ceux qui recherchent
Hachém).
Et 3 prescriptions de louange continuent
:
8. dirchou Hachém véouzo (recherchez Hachém
et Sa puissance)
9. baqéchou fanav tamid (demandez Sa face toujours)
10. zikhrou nifléotav achér âssa,
mofétav ou michpété-fiou (souvenez-vous
des merveilles qu'Il a faites, de Ses prodiges et des
arrêts sortis de Sa bouche).
Ainsi, toute l'attitude d'amour et de louange
du Juif envers Hachém (car c'est cela un Juif,
celui qui connaît Hachém et vit en Sa présence)
n'est pas seulement une attitude religieuse mais c'est
également la conscience de l'action bonne et puissante
et merveilleuse de Hachém dans l'histoire. Et,
sans ingratitude nous l'en remercions.
On comprend alors que celui qui recherche Hachém
vive en joie, quelle que soit l'existence qui lui est
donnée. Un tel Juif est descendance d'Avraham.
Il nous est, alors seulement, rappelé l'alliance
immuable avec Avraham qui est de nous donner la terre
que nous nommons maintenant la terre d'Israël.
Aux heures où nous souffrons de l'injustice
et de la cruauté des nations qui suscitent un ennemi
pour nous détruire, en nous enlevant comme ils
l'ont fait depuis 20 siècles, tout espace de vie,
il est impressionnant de voir que c'est sur ce point qu'est
faite l'alliance et qu'est dite la promesse. Et Hachém,
par le prophète David, tient à nous le redire.
Il nous prouve alors qu'en chaque étape de l'histoire
juive, nos libérations successives n'avaient comme
but que de réaliser l'avancée vers cette
terre promesse. Ainsi Pessa'h est uniquement à
placer dans cet axe.
Toute la Aggada du Sédér de Pessa'h est
ici résumée et elle n'est pas seulement
un libération de l'esclavage, mais elle est la
réalisation concrète permettant d'atteindre
la terre et de réaliser ainsi la promesse faite
à Avraham.
Après cette justification historique,
les 4 derniers versets
- rappellent cette promesse (verset 42),
- rappellent et expliquent la joie du peuple (verset 43
: il fit donc sortir Son peuple dans l'allégresse,
Ses élus avec des chants joyeux),
- justifient et affirment le droit des Juifs à
la terre promise et cela face aux nations (verset 44 :
Il leur octroya des terres occupées par des peuples,
ils héritèrent du labeur d'autres nations),
- mais tout cela est pour que le peuple y vive selon la
Torah (verset 45 : afin qu'ils observent Ses prescriptions
et respectent Ses lois. Allelou-ka).
C'est donc dans cet axe que le poème
demande au Ciel de se souvenir encore pour nous de Sa
promesse, à l'heure où nos ennemis sont
si actifs, où nous mêmes sommes si peu fidèles,
afin que Hachém ne mesure pas Son aide à
notre imperfection. Car Il est bonté et il a décidé
de réaliser Son plan, non pas en fonction de notre
faiblesse.
Nous nous appuyons sur Sa force (ouzo) et Ses merveilles
et non pas sur nos qualités ou forces, ni sur nos
imperfections et impuissances.
Voyons quelques autres enseignements :
- Les dix louanges correspondent aux dix niveaux d'existence
du processus de descente de la bénédiction
que l'on nomme séfirotes. Nous reconnaissons la
force de cette bénédiction qui nous donne
la vie.
- Le 'Hida nous transmet l'enseignement
de nos Sages selon le quel les 4e et 5e mots du psaume
(qireou vichmo) concerne la Chékhina, présence
divine, qui s'unit à Hachém cité
dans les deux premiers mots (Hodou laChém) et cette
- Ce psaume a le numéro 105 qui est la guématria
de Yémima, fille de Job à la fin heureuse
de sa vie quand le Ciel a prouvé que sa confiance
a été victorieuse et que le bonheur
promis par Hachém est réalisé.
- La 3e prescription du psaume est celle
dite de Modia : faire connaître Ses hauts faits
(hodiou).
- Cet ensemble est si important qu'il était
repris au Temple par les Lévis qui chantaient (voyaient
I Chroniques, chapitre 16) et que le Chabbate à
l'office du matin nous chantons les 26 louanges du déploiement
historique de cette bonté qui nous a fait Ses promesses
et les a tenues (psaume 136).
Ainsi, aujourd'hui et demain il en sera de même.
Point final. Confiance.
- Cela ne nous dispense pas de connaître
aussi le psaume 106 qui nous montre combien nous sommes
capables de gâcher ce plan et de le retarder. Ne
tombons pas dans ces erreurs.
Donc, louange, chant, joie, confiance. Et
aussi demande. Mais toujours fidélité, et
la première est de marcher vers cette terre offerte
et promise, comme Avraham et et tous les autres saints
cités dans ce psaume.
Voir les textes suivants qui sont centrés
sur les mêmes thèmes et les mêmes mots
: Isaïe 12, 4 - Jérémie 33, 11 - Psaumes
30 - 97 - 100 - 106 - 118 - 136