Je sais pourquoi maintenant
le Cantique des Cantiques te ressemble.
Dans tes yeux, dans tes mots, dans tes gestes,
dans les souvenirs que tu me laisses,
il y a toujours d'abord un arc-en-ciel
et puis un long, très long tunnel
où je te recherche des ans, des ères,
et puis, enfin, notre rencontre éternelle
qui s'est faite depuis la naissance du temps
et restera éternelle.
Ainsi les parfums, bessamim, qui terminent
tous les mots du Cantique des Cantiques.
Tu ouvrais le parfum Tocade,
et s'éveillait la note de tête, bergamote
et magnolia,
et le trouble prenait le coeur, venaient l'iris
et la rose,
enfin, dans le lointain, on écoutait l'ambre
et la vanille
qui terminaient le chant. Il ne faut jamais aller
vite.
Et nous lisions la Torah ensemble,
le pchate et les mitsvotes qui se rangent,
et tu aimais par ta logique ouvrir les portes du
drache,
puis notre coeur chantait aux symboles du midrache,
et nous écoutions sans rien dire les secrets
du raz.
La Torah est parfum.
Les antisémites le savaient bien,
les Juifs ont toujours le nez long et fin.
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