Retour sur modia.org - Recueils de Poèmes par Rav Yehoshua Rahamim Dufour
Amour d'Esther et du Roi
Après Pourim
Confidences nocturnes
Dans chaque respir
Dans ton amour
Déclaration d’amour du Roi à Esther
Devant la hanoukia
Écoute
Équilibre du Roi
Espoir des rivières
Israël, tu dois être lune
Jetu m'aimes
La beauté nous est révélée
La méditation
La moitié du royaume
Le bonheur, c'est de voir...
Les humains ne comprennent pas
Lumière en guerre
Merci.
Mon amour pour toi
Réassurance dans le couple
Respiration au Sinaï
Restons dans le palais
Réveil d'Adam
Secrets du Roi et de la Reine
Solitude du Roi attendant Esther
Terre d'Israël

Ta création en deux moitiés

Ton silence
Ton vase
Tu n'es pas assez heureux
Tu n'es plus jamais seul
"l'Ami des Aurores"
Recueil  "Auschwitz"
"Combat"

Pyramides

Un jour

"Déchirement"
"Double Eden"
Recueil  "Enfance"
"Etude"
C'est raison de T'aimer
L'imprévu d'aimer
L'éveil au matin
Précaution
"Exil"

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Le Bilan
 


(Photo de l'auteur, en méditation sur le bilan)


BILAN HONNETE

Pourquoi des humains si éphémères,
venus de rien dans l'univers
et qui, demain, tomberont en poussière,
font-ils aux autres tant de guerres
et à eux-mêmes tant de misères,
voulant tous ressembler à Hitler
au lieu d'être bons pères et frères?

Parmi les femmes, il y a peu de criminelles.
Prenez donc la direction des affaires,
on a perdu tant de millénaires.
Maintenant, c'est à elles,
tout est à refaire.

Et nous, les hommes? Nous taire,
on a prouvé assez ce que nous savons faire.
Commençons: devant notre bilan, soyons honnêtes.
Vraiment, sincères: la direction du monde, à elles.
La force et la couronne aux non-criminelles.
Laissons-les réparer au moins pendant quelques siècles.


Méditer le psaume 128: Ta femme, comme une vigne féconde.
et le Cantique Echète 'hayil, La femme de force.

Et un poème pour respirer: Jetu m'aimes (lien ici).

Voici le texte d'un article paru dans Le Monde du 9 mai 2008
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/05/08/inde-la-justice-en-sari-rose_1042489_3216.html#ens_id=1042567 :

par Julien Bouissou, envoyé spécial du Monde, qu'il soit remercié et loué et connu pour ce reportage auquel je donne publicité:

Entourée de paysannes enveloppées dans des saris roses, Chunna Devi, un bandage autour du front, sort de son sac en plastique des foulards maculés de sang. "Regardez ce qu'ils m'ont fait. A cinq, ils m'ont jeté des briques et ont donné des coups de bâton à moi et à ma fille", lance-t-elle à la foule. Quatre jours plus tôt, cette habitante d'un petit village du sud de l'Uttar Pradesh, une région pauvre du nord de l'Inde, avait tenté de repousser des assaillants. Transportée sur un lit au commissariat le plus proche, elle a déposé plainte, sans que les policiers y donnent suite. "Ils ont été payés pour abandonner l'enquête", soupire Chunna Devi. Le "gang rose" constitue sa dernière chance. En la fixant de ses yeux verts, Sampat Pal Devi, la chef de ce gang, promet de lui rendre justice. Elle ira bientôt au commissariat avec des dizaines de "soeurs", toutes vêtues de rose et munies de bâtons.


Dispersées dans de nombreux villages, elles sont environ 200 justicières prêtes à intervenir à tout moment pour défendre la cause des femmes maltraitées par la justice et les forces de l'ordre. A la moindre alerte, elles enfilent leur sari de combat et saisissent leur bâton. "Personne ne nous vient en aide. Les fonctionnaires et la police sont contre les pauvres. Nous sommes obligées de faire respecter nous-mêmes la loi", justifie la fondatrice du gang, Sampat Pal Devi.

Au sud de l'Uttar Pradesh, dans le district de Bundelkhand, un des plus pauvres du pays, les filles n'ont pas le même droit à la vie que les garçons. Nombre de femmes pratiquent des avortements clandestins lorsqu'elles apprennent que leur enfant est une fille, pour éviter de payer une dot au moment de son mariage. Résultat, la région ne compte, en moyenne, que 825 femmes pour 1 000 hommes. Et quand elles voient le jour, rares sont celles à pouvoir se rendre à l'école. Près des trois quarts des femmes sont analphabètes.

Sampat Pal Devi connaît bien ces injustices pour les avoir subies elle-même, dès sa plus tendre enfance. A l'âge de 9 ans, elle quitte les bancs de l'école après avoir été mariée de force à l'époux de sa soeur qui venait de décéder, puis accouche, quatre ans plus tard, de son premier et unique enfant. "J'ai appris à lire et à écrire, seule, la nuit, puis j'ai convaincu mon mari de nous installer en ville."

Tandis qu'elle vend du thé sur le bord d'une route, Sampat Pal Devi recueille, derrière son comptoir, les premières confidences des femmes maltraitées. Son premier fait d'armes date d'il y a une vingtaine d'années, quand elle a mobilisé une communauté villageoise pour forcer un homme à renoncer à abandonner son épouse. "Les deux époux sont comme les deux roues d'un tracteur, ils ne peuvent avancer dans la vie qu'ensemble", assène la chef du gang. En créant il y a deux ans ce "gang rose", Sampat Pal Devi, 47 ans, reconnaît s'être inspirée de Rani Laxmibai, une reine qui en formant sa propre armée en 1857 avait tenu tête aux troupes britanniques pendant plus d'un an. "Une femme peut mettre en échec les plus puissants", en a-t-elle conclu. C'est elle qui a choisi le rose pour habiller ses justicières, une couleur que les femmes du gang n'avaient pas l'habitude de porter.

A son quartier général, situé au bord d'une artère poussiéreuse de la bourgade d'Atarra, la plupart des alertes parviennent par téléphone. Mais, ce jour-là, ce sont des agriculteurs, écrasés par le poids de leurs dettes après trois ans de sécheresse, qui sont venus prier le gang de leur venir en aide. Les paysannes adulent la chef du gang comme une déesse. Dès sa descente de voiture, elles effleurent sa tête de leurs mains. "Le gouvernement ne fait rien pour notre estomac", se lamente l'une d'elles. "Inscrivez-vous au gang, et habillez-vous de saris roses, lui répond aussitôt Sampat Pal Devi, et nous irons demander ensemble aux banques de soulager vos dettes."

Si le "gang rose" n'accepte que les femmes, c'est que, de ce fait, "les policiers réfléchissent à deux fois avant de nous disperser à coups de matraque", glisse une des membres, le visage caché derrière un voile rose. Jusqu'à présent, leur bâton n'a encore jamais servi à donner des coups, mais les femmes s'entraînent, par prudence, au maniement du lathi, le bâton en bois d'ordinaire réservé aux hommes lorsqu'ils travaillent dans les champs.

Les formations sont dispensées dans les cours des villages, au rythme des chansons composées par Sampat Pal Devi. "A l'entraînement, on fait comme si on avait un inspecteur de police devant nous", explique une élève qui vient de fêter ses 70 ans. Le "gang rose" ne revendique qu'un seul acte de violence : un exemplaire du code civil a été lâché sur la tête d'un inspecteur qui refusait de donner les raisons de l'incarcération d'un jeune homme issu de la caste des intouchables. Ce dernier fut libéré, et la responsable de l'"agression" fut, elle, retenue au commissariat pendant toute une journée. "Le code civil aura au moins servi à quelque chose", ironisent les membres du gang.

Les lois qui règnent dans le district du Bundelkhand ne sont pas toutes inscrites dans le code civil. Un policier, plongé dans la lecture de son journal dans la cour du commissariat d'Atarra, le reconnaît lui-même : "Ici, les hommes politiques sont corrompus et soutiennent la mafia. Nous ne sommes que 20 policiers pour débusquer des mafieux qui ont chacun plus de 50 hommes armés sous leurs ordres."

Parmi les trafics les plus répandus, celui des cartes de rationnement destinées aux plus pauvres : de fait, elles sont souvent délivrées à ceux qui acceptent de débourser quelques roupies. En deux ans, le gang a brûlé, à trois reprises, des cartes de rationnement "illégales" collectées dans les villages. "Et nous ne comptons pas nous arrêter là tant que nous serons les esclaves de fonctionnaires qui sont censés nous servir", indique Jai Prakash, le bras droit de Sampat Pal Devi, avant de conclure : "Marx a changé le cours de l'histoire en écrivant ce qu'il voyait. On tente de faire la même chose en expliquant aux villageois ce que l'on voit."

Ce qu'elles voient, ce sont des inégalités entre hommes et femmes qui perdurent en Inde. Dans le classement de l'indice sur l'inégalité entre les sexes, publié en 2007 par le Forum économique mondial, l'Inde arrive au 114e rang, sur une liste de 128 pays. En termes de "participation des femmes à la vie économique", ce pays chute même au 122e rang. Seuls 3 % des postes de cadres et 21 % des postes d'employés sont occupés par des femmes. Ce phénomène s'explique notamment par l'inégalité des sexes dans l'accès à l'éducation : seulement 48 % des femmes savent lire et écrire, contre 73 % des hommes.

La réclamation d'une dot à la femme au moment de son mariage conduit à de nombreux actes de violences domestiques. En 2006, 40 % des femmes ont déclaré en être victimes, d'après l'enquête nationale sur les familles menée par le gouvernement. Une loi destinée à lutter contre ce fléau n'est entrée en application qu'en 2007. En Inde, une femme est violée en moyenne toutes les demi-heures et une femme est tuée toutes les soixante-quinze minutes, révèle un rapport publié en 2006 par le bureau national de la criminalité.

Les changements d'attitude sont déjà perceptibles dans la zone d'influence du "gang rose". Dans le petit hameau de Tanal, le long d'un canal asséché au fond duquel les squelettes de buffles reposent sur une terre craquelée, un vieux monsieur observe de loin les jeunes femmes vêtues de saris roses tenir leur réunion. "On avait le drapeau indien pour nous sortir de la colonisation britannique, désormais on a besoin de leur sari rose pour nous sortir de la corruption", estime-t-il, le menton posé sur sa canne.

Dans l'Uttar Pradesh, les habitants perdent progressivement espoir en leurs élus, y compris ceux qui appartiennent à leur caste. L'année dernière, une femme issue des basses castes, Mayawatti Kumar, a été élue à la tête de l'Etat. Mais, depuis son élection, le village n'a eu droit qu'à une statue de la figure historique des intouchables : le docteur Ambedkar, représenté en costume cravate, un livre à la main, trône au milieu d'enfants qui jouent dans la poussière. Les villageois, eux, attendent toujours l'électricité et la construction d'une route. "Une fois au pouvoir, tous les politiques nous oublient. Notre dernier espoir repose sur le "gang rose"", lâche une femme en nettoyant des ustensiles de cuisine dans une flaque d'eau noirâtre.

Rançon de ses premiers succès, le "gang rose" a vu éclore ses premiers contempteurs. "Sampat Pal nous accuse de tous les maux pour gagner les élections", estime un fonctionnaire local, les mains posées sur son bureau, entre un encrier et deux téléphones cellulaires. Même si elle s'est présentée aux dernières élections, Sampat Pal Devi se défend de faire de la politique. Sonia Gandhi, la présidente du Parti du Congrès, actuellement au pouvoir, l'a pourtant invitée à New Delhi pour lui proposer de rejoindre les rangs de son parti. Sampat Pal a refusé tout net : "On ne peut pas défendre un parti politique et les opprimés. Le jour où je rentrerai en politique, je perdrai ma crédibilité."

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