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Etapes
Sur la paracha Masseé
Un jour, tu m'avais dit:
"Je ne te lâcherai jamais,
Jamais je ne t'abandonnerai.
Nous aurons de nouveaux secrets
chaque jour et toute l'éternité.
Maintenant, je le sais,
Nous nous sommes retrouvés".

Les
champs de coquelicots
à l'infini s'étendaient,
à chaque seconde tu riais
et tu avais besoin de revenir me regarder
et poser ta main sur la mienne
pour éprouver si elle t'aimait.
Tu riais, tu priais, tu remerciais, tu chantais.
Les champs de coquelicots
ont disparu, oubliés.
Chaque mot était rire et baiser,
promesse, enfants imaginés.
Tu as perdu le courage d'aimer.
Tu m'avais vu au Sinaï, tu me le disais;
on était dans le même train de déportés,
ou sur la place de Deauville à bronzer.
Mais c'est fatiguant et monotone la vérité,
mieux vaut souffrir et galérer,
on se paie un film grandiose de désespérer,
c'est plus facile, c'est assuré.
C'est beau, la nuit, de pleurer.
Tout le monde n'a pas la force d'être sincère
et d'aimer
au delà de trois ou quatre demi-journées.
Je t'avais apporté un bouquet allongé
en forme de notre terre aimée,
tu l'as posé et tu es allée ouvrir la télé.
"T'as vu, j'ai changé notre télé?
J'irai à San Francisco cet été,
ou bien je resterai devant la télé.
Tu écris un poème?
Je te connais, grosse bête adorée,
commence à le lire par la fin, tu auras notre vérité.
Mais on ne peut pas être belle et enivrée
365 jours sur l'année.
Tu peux recommencer:
Je vais ouvrir la télé,
Viens près de moi,
je ne te lâcherai jamais.
Nous étions au Sinaï quand je t'ai renconté.
Nous aurons toujours des nouveaux secrets,
toute l'éternité.
Laisse-nous un peu nous reposer".
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