
Jetu
m'aimes
-
Je t'aime, dit l'oiseau à la fleur.
Tu m'aimes, que c'est bon à entendre!
mais comment peux-tu m'aimer sans me connaître?
- Je te connais;
tu es l'une des belles du jardin.
Tu m'aimes parce que je ressemble à d'autres,
comme à des images belles.
Et dès que tu verras une autre belle
tu me quitteras.
Tu vas ainsi de belle en belle.
- J'aime ta beauté.
Je ne suis pas cette beauté,
je suis moi-même.
Et tu ne sais pas si mon moi-même
est aussi belle que les images que tu aimes.
Es-tu beau en toi-même?
- Prête-moi tes prunelles
et je me regarderai dans ton eau claire.
*
Es-tu sûr qu'elle est assez pure?
- Regarde-la au fond de mes prunelles.
Comment saurais-je si c'est toi
ou moi ou le reflet du ciel?
- Sache le bien,
le monde est nuit totalement obscure,
même de jour,
et si je suis ta lumière,
et si tu es ma lumière,
nous allumerons la pleine lune et ferons briller tout
l'univers.
Ou tu sais parler à merveille,
ou tu es le secret de tout mon être.
- Tu doutes de moi, si belle,
mais bien moins que moi, sois certaine.
Quand je te vois, je doute
que je suis muni d'ailes.
Je préfère tes pétales de respiration
aérienne.
-
Une chose est certaine,
toi et moi nous sommes le même.

Relié à la symphonie de ce poème,
dans cette calligraphie originale représentant
deux oiseaux volant en couple,
j'ai utilisé uniquement une fois chacune des lettres
composant le mot "bonheur",
"kokhbakhti" en persan. Comme le bonheur d'Esther
ayant sauvé son peuple!
Voici alors ce poème en persan, phonétiquement:
Poème
français et translitteration farsi
Jetu m'aimes
Manto doust dâram
- Je t'aime, dit l'oiseau à la fleur.
Man to râ doust dâram, parandé bégol
goft
Tu m'aimes, que c'est bon à entendre!
Doustam dâri, tché khoubast ké béchavnav
mais comment peux-tu m'aimer sans me connaître?
bali, tché gouné mi tâvani doustam
bédâri bedouné inké mara bechenassi?
- Je te connais;
Man to râ mi chénassam ;
tu es l'une des belles du jardin.
to yeki az zibayané bag hasti.
Tu m'aimes parce que je ressemble à d'autres,
Doustam dâri tchoun mane chabihé digarâne
hastam,
comme à des images belles.
meslé tâssaviré zibâ.
Et dès que tu verras une autre belle
vaghtike yek zibâyé bébini .
-
tu me quitteras.
digar miravi
Tu vas ainsi de belle en belle.
az yek ziba be zibayé digar miravi
- J'aime ta beauté.
Zibâyé to râ doust dâram.
Je ne suis pas cette beauté,
Mane bé in zibâï nistam,
je suis moi-même.
khodam hastam.
Et tu ne sais pas si mon moi-même
to némi douni agar khodémane
est aussi belle que les images que tu aimes.
hamane ghadr zibâ ast ké tasaviri ké
to doustéchane dâri.
Es-tu beau en toi-même?
Ayâ to khodate zibâ hasti ?
- Prête-moi tes prunelles
Mardomaqé tchechmate râ bé mane gharz
bédé
et je me regarderai dans ton eau claire.
vé khodam râ dar âbé rowchane
negah mikonam.
Es-tu sûr qu'elle est assez pure?
Motmaén hasti ké âbe kalés
hast ?
- Regarde-la au fond de mes prunelles.
an râ dar omghé mardomaké tchéchmane
negah kon.
Comment saurais-je si c'est toi
Tché gouné khaham dânest ké
to hasti
ou moi ou le reflet du ciel?
ya mane hatam, ya enékassé assémane.
- Sache le bien,
Khoub bédane
le monde est nuit totalement obscure,
donya yék chabé kamélane târik
hast,
même de jour,
hâta dar rouz,
et si je suis ta lumière,
vé mane nouré to hastam ,
et si tu es ma lumière,
vagar to nouré mane hasti,
nous allumerons la pleine lune et ferons briller tout
l'univers.
badre mah ra miafrouzim va guiti ra nourafshan mikonim
Ou tu sais parler à merveille,
Ya to mi dâni khoub harf bé zani,
ou tu es le secret de tout mon être.
Ya to râzé vodjoudé man hasti.
- Tu doutes de moi, si belle,
Bé mane chaq dâri, to ké in hamé
zibâ asti,
mais bien moins que moi, sois certaine.
vali qamtar az man, motmanén bâch.
Quand je te vois, je doute
Ké to râ mi binam, chak mikonam
que je suis muni d'ailes.
ke bal daram.
Je préfère tes pétales de respiration
aérienne.
Golbarghhayate râ tardjih mi déham ké
dar hâvâ nafas mi kéchand.
-
Une chose est certaine,
Yék tchiz hatmi hast,
toi et moi nous sommes le même.
to va mane yéki hastim.
Poem
in english
Et voici le poème en la langue universelle d'aujourd'hui:
Poem:
I-you love me
- I love you, says the bird to the flower.
You love me, how good it is to hear!
But how can you love me without knowing me?
- I know you:
You are one of the beauties in the garden.
You love me because I look like others,
like pretty pictures.
But as soon as you will see another beauty,
you will leave me.
You will jump from beauty to beauty.
- I love your beauty.
But I am not that beauty,
I am myself.
And you do not know whether my real me
is as beautiful as the images you admire.
Are you beautiful in your inner self?
- Lend me your pupils
and I shall look at myself in your clear water.
Are you sure that it is pure enough?
- Look at it deep within my pupils.
How will I know if it is you
or me or the reflection of the sky?
- Know it well,
the world is night, complete darkness,
even in the day,
but if I am your light,
and if you are my light,
we shall light up the full moon and make the universe
shine.
Or you know how to speak beautifully,
or you are the secret of my whole being.
- You doubt me, my beauty,
But I doubt myself even more, be sure of that.
When I see you, I begin to doubt
that I am armed with wings.
I prefer your aerial-like petals.
-
One thing is certain,
you and I are the same.