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Les 3 prières quotidiennes
Sens global et pratique
Etude de halakha

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages



 
Résumé de heures de la prière à l'intérieur des 12 heures du jour solaire 

Matin
Jusque 3 heures (1/4 du jour) : fin du temps du Chémâ Yisrael du matin.
Jusque 4 heures (1/3 du jour) : fin du temps de la mise des téfillines

Midi
A 6 heures (1/2 du jour) : midi ou 'Hatsote.

Après-midi
A 6 heures 1/2. Début de min'ha guédola (la grande min'ha) jusqu'à l'heure de Ârvite.
A 9 heures : ne plus rien faire avant de commencer min'ha.
A 9 heures 30 : début de min'ha qétana jusqu'à l'heure de ârvite ; c'est l'heure idéale pour faire min'ha, à proximité de l'heure de ârvite.


 
Nécessité de comprendre le temps juif
Sens de la prière du matin, Cha'harite
Sens de la prière de l'après-midi, Min'ha
Sens de la prière du soir, Ârvite
Lien de la prière et des sacrifices
Lien de la prière et de Jérusalem
Lien de la prière et du peuple groupé
L'intention, cavana, condition de base
Pratique : 
dans quelle direction se tourner pour prier
à quelle heure précise dire les 3 prières
Pour étudier :
Référence des sources de halakha sur la prière
Une étude de halakha sur la prière du matin
Retour à la page centrale sur la prière La prière du réveil
La prière de minuit
Le Chémâ Yisraël


Le traité Bérakhote 26 b dit que les prières se réfèrent à deux sens principaux qui se conjuguent :
- la prière des patriarches,
- les sacrifices qui se déroulaient au Temple.


1. La prière des patriarches

Exercice d'étude personnelle : 

aller vérifier les références données ci-dessous dans la Torah dont, volontairement, je ne décris pas le contenu précis pour inciter à cette recherche.

Selon Ribbi Yossé bar 'Hanina (Bérakhote 26 b) :

Avraham a institué la prière du matin cha'harite, comme il est dit en Béréchite 19, 27 (paracha Vayéra) où le verbe âmad (se tenir debout) signifie prière (voir, pour preuve, le psaume 106, 30) ; ainsi, ce terme sera repris pour désigner la âmida, centre principal de la prière.

Il donne sa tonalité à cette prière car Avraham est un découvreur, un constructeur et un homme optimiste ; et tout ce qui nous est enseigné de sa science aussi bien sur le plan humain que spirituel (car les deux ne font qu'un) vient moduler le fil long et les marches de cet office de cha'harite. Il faut se reporter aux commentaires de Béréchite pour pouvoir bien vivre ces orientations. Le prière de Cha'harite est la plus longue ; si l'on dit tous les mots à un rythme normal pour pouvoir les comprendre sans courir ni traîner, il faut environ une heure. Quatre étapes de montée nous font monter aux niveaux du Chémâ Yisraël puis de la qédoucha (sainteté) de cette prière silencieuse de la âmida, avant de redescendre de niveau vers la vie concrète en gardant la beauté et la protection de cette sainteté dans la dernière prière de âlénou.
 
 

• Yits'haq a institué la prière de l'après-midi, mine'ha, comme il est dit en Béréchite 24, 63 (paracha 'Hayé Sara) où le verbe lassoua'h signifie prière (voir, pour preuve, le psaume 102, 1). 

La tonalité de mine'ha est marquée par la fin de l'après-midi : c'est l'heure de l'angoisse, de la lassitude et de la fatigue ; Yits'haq a subi de nombreuses épreuves angoissantes dans l'après-midi de sa vie, y compris le sacrifice d'Avraham et Yits'haq, la âqéda ; tout ce que la Torah nous enseigne de Yits'haq à ce sujet vient nourrir cette prière. Il faut encore se reporter aux commentaires de Béréchite pour pouvoir bien vivre ces orientations.
Pour comprendre le sens du sacrifice présent dans Mine'ha, il faut lire le commentaire de la paracha Tsav.
 

• Yaâqov a institué la prière du soir, ârbite, comme il est dit en Béréchite 28, 11 (paracha Vayétsé) où le verbe vayifgâ signifie prière (voir, pour preuve, Jérémie 7, 16).

Ârbite peut être ressenti comme le temps de la confiance absolue avant la plongée dans la nuit, mais c'est aussi la plénitude et l'achèvement du jour ; c'est surtout la science du lien du jour et de la nuit. 

Tout cela caractérise Yaâqov, patriarche de la plénitude, de la complétude, qui relie Léa et Ra'hel, le haut et le bas, Yaâqov et Yisraël, la terre d'Israël et celle d'Egypte. C'est pour cela qu'il est préférable de dire mine'ha à proximité de l'heure de ârbite, pour relier les dynamiques de l'angoisse et de la rigueur à celles de la miséricorde et de ra'hamim. Ce temps le plus favorable pour dire cette prière est nommé "petite mine'ha".
 
 

Chacune de ses prières est imprégnée de tout ce qui est décrit dans la Torah concernant chacun de ces patriarches ; c'est une étude très enrichissante que de le rechercher. 

A condition de réaliser cette étude sur les patriarches, les rythmes de notre existence se revêtent de leurs luttes et richesses dans les différents mots de la prière.
 
 

De ce lien aux patriarches qui sont typés, vient également la règle de conduite qui consista à prier toujours au même endroit, non seulement parce que cela facilite la concentration, mais aussi parce que nous voyons dans la vie des patriarches que le lieu et le temps ont une sanctification spéciale (étudier ici Bérakhote 6 b).


2. Les trois prières correspondent aussi aux sacrifices du Temple

Selon Ribbi Yéhoshua ben Lévi et Ribbi Yéhouda (Bérakhote 26 b) :

• La prière de cha'harite ne peut se faire que jusqu'à la fin de l'heure où cessait le korbane tamid, ausacrifice du matin.

• De même, la prière de mine'ha est situé dans les heures du sacrifice du 'havitine de mine'ha. On appelle ce sacrifice de la fin de l'après-midi mine'hate êrév. (Vérifier cela dans : Psaume 141, 2 ; I Rois 18, 36 ; Ezra 9, 4-5 ; Daniel 9, 21).

Ârbite peut se dire toute la nuit parce qu'on brûlait toute la nuit les membres et les graisses des sacrifices de la journée.

Ribbi Yossé bar 'Hanina ajoute que cette seconde raison (lien aux sacrifices) n'annule pas la première raison, l'union à la prière des patriarches.

Quand le Temple a été détruit, le second sens a pris une importance plus vive, comme on le trouve indiqué déjà dans Hochéâ (le prophète Osée) 14, 3 :
qe'hou îmakhém devarim... ounéchaléma farim séfaténou
"prends des paroles... et nous remplacerons les taureaux par nos lèvres".
 
 

Ici, il est indispensable de se reporter systématiquement

à nos commentaires de chaque paracha du livre du 3e livre de la Torah (Vayiqra) pour bien comprendre en profondeur le lien qu'il y a entre 

  • les sacrifices et la relation de proximité grandissante entre l'homme et Dieu,
  • la relation d'élévation du matériel vers le spirituel à travers les sacrifices.


Polarisation vers Jérusalem

Pour ces motifs du lien au Temple qui est le centre collectif du peuple :

1. on veille à dire ces prières collectivement, comme au Temple, dans un minyane, groupe composé d'au moins 10 hommes âgés de plus de 13 ans.

2. on veille à se tourner géographiquement vers Jérusalem pour prier, de quelque région que ce soit dans le monde. Tous les arabes du monde se tournent vers leur centre, en Arabie Saoudite : Mecca, La Mecque, d'autres sont une Eglise "romaine" ; nous, les juifs, sommes les seuls à nous tourner vers notre centre : Jérusalem. Soyons bien conscients, par exemple, que Jérusalem est nommée plus de 600 fois dans le Tanakh, et aucune fois dans le Qoran. Cette donnée est une vérité qui doit être bien posée, honnêtement.

Mais nous ne nous tournons pas seulement physiquement vers Jérusalem ; avant de prier, notre esprit doit se "représenter" la terre d'Israël, puis Jérusalem, puis le mont du Temple, puis le Temple, puis le Saint des Saints, le Qoddéche haqqoddachim.
 
 

Ainsi, toutes les prières des juifs du monde entier passent continuellement par Jérusalem, et s'y rassemblent et s'élèvent de là, et non seulement les prières des Juifs de Jérusalem. C'est pour ce motif que Jérusalem est nommée pour eux Chaâr hachamayim, la porte des cieux; comme dans le rêve de Yaâqov. Le Chla insiste souvent sur ce point, et c'est pour cela qu'il a nommé son commentaire de la prière : Chaâr hachamayim. Il a tenu à lui donner ce nom et à écrire là ce commentaire de la prière après avoir réalisé son alya à Jérusalem, alors que toutes les communautés de l'exil voulaient le retenir chez elles. (Tous les grands Sages qui ont fait leur alyah comme Rambam, Rambam, le Ram'hal, etc. ont eu la même expérience).
 
 

De même qu'il est émouvant pour moi d'écrire ces mots, depuis Jérusalem, où je sais et ressens que tous ces prières passent chaque jour sur nous à Jérusalem avant de monter, ainsi les lecteurs nourris des enseignements du Chla sur Modia, de paracha en paracha, auront une pensée respectueuse et reconnaissante envers lui chaque fois qu'ils se tourneront vers Jérusalem ainsi qu'il nous a enseigné de le faire dans la prière et dans toute la vie.
 
 

3. on veille à allumer un ner tamid, une lumière perpétuelle, dans la synagogue en souvenir de la ménora du Temple.


Références l'étude de la prière 

Se reporter à la page 466 de la première édition du Lév Gompers pour y trouver le plan du Tour et du Choul'hane Âroukh, dans la partie Ora'h 'Hayim ; les parties les plus centrées sur notre sujet présent de la prière sont les chapitres 75 à 100 environ.

ch. 1 à 7 : comportement le matin
ch. 8 à 24 : les tsitsiotes
ch. 25 à 45 : les téfilines
ch. 46 à 57 : les bénédictions du matin
ch. 58 à 88 : le chémâ
ch. 89 à 127 : cha'harite.
 

Une étude de halakha sur la prière 

Nous savons que l'ouvrage essentiel qui codifie la pratique du judaïsme (halakha) est intitulé le Choul'hane Âroukh deRabbénou Yossef Caro ou Qaro ; ce n'est qu'un volumineux résumé du Beit Yossef,  son commentaire sur l'ouvrage de base de toute la halakha intitulé Arbaâ Tourim. Il faut lire la biographie de son auteur, Rabbénou Yaâqov ben Achér (1270-1343). Etudions une halakha de cette ouvrage.
Au chapitre 58, dans la partie intitulée Chemin de Vie ou Ora'h 'Hayim,  il précise l'heure de la lecture du Chémâ le matin :
- qoréine qériate chémâ,  on lit le chémâ yisrael...
- méimataï zémanah, quand est son temps ?
- mi ché yiré, à partir du moment où on verra
- 'havéro haraguil îmo, son ami habituel auprès de lui
- qétsate mera'hoq arba amote, un peu plus loin que quatre amote (environ 2 mètres)
- véyakiréno,  et il le reconnaîtra.

- vénimchakh âd sof chaloche chaôte,  et on continuera (à pourvoir le dire encore) jusqu'à la fin des 3 heures

- vé mitsva min ha mouv'har,  et c'est réaliser une mitsva de la plus belle façon
- kévatiqine, comme les anciens qui savaient prier avec cavana, intention
- ché hayou mékhavénim liqrotah, qui avaient l'habitude de lire (le chémâ)
- méâte qodém hannéts ha'hama, juste un peu avant que ne pointe le soleil...


A quelle heure précise dire les 3 prières quotidiennes

Il faut d'abord avoir une idée claire des heures dans la conception juive.
Cela s'inscrit dans une science immense du calendrier.
Le jour commence au lever du soleil et se termine au coucher du soleil.
La moitié du jour ainsi défini est appelée tsahorayim (midi)  et la moitié de la nuit est appelée 'hatsote (minuit).
Il s'ensuite que l'heure de midi et de minuit dans le judaïsme ne correspondent pas l'heure légale actuelle.
Cet intervalle entre le lever et le coucher du soleil est d'une durée variable suivant les saisons mais il est toujours divisé alors en 12 parties.
L'ensemble de ces 12 parties sera donc de durée variable suivant les saisons (contrairement à l'heure de la montre qui a toujours 60 minutes).
Des calendriers existent qui indiquent la durée de l'heure juive suivant les saisons et pour telle ou telle ville ; il suffit de se renseigner auprès de la communauté pour les trouver.

A 'hatsote, minuit
une prière spéciale est dite par ceux qui sont zélés dans la prière, c'est le tiqqoune 'hatsote qui est expliqué sur une autre page.

Au réveil
- on dit d'abord Modé ani... Cela est exposé sur une autre page.

Tallite
- la nuit on ne met pas le grand tallite (tallite gadol).
- tout le temps (hormis pendant le bain) il est bon de porter le petit tallite (tallite qatane).
- le grand tallite ne se met qu'à partir du moment où on peut distinguer un fil blanc d'un fil de couleur azur (tékhéléte).
 

Téfillines
- on peut les mettre à partir du moment où on peut reconnaître à environ deux mètres une personne connue par soi.
- si on les met plus tôt on ne dit pas la bénédiction.
- on ne les met pas après le coucher du soleil, ni le Chabbate et les jours de fête (yom tov).

L'heure de la prière de Cha'harite
- on peut le dire à partir du moment où on peut reconnaître à environ deux mètres une personne connue par soi.
- on doit l'avoir dit avant la fin du premier quart de la journée définie comme ci-dessus, soit 3 heures après le lever du soleil.
- en cas d'empêchement on peut le dire jusqu'au milieu de la journée.

L'heure de la prière de Min'ha
- l'heure normale de min'ha est pendant la durée que l'on appelle "petite min'ha" ou min'ha qétana. Elle se situe donc à proximité de la prière du soir avant le coucher du soleil, pendant la phase de son déclin.
- elle commence 9 heures et demie après le lever du soleil et se termine au coucher du soleil. Donc, si on divise la journée en 4 quarts, elle commence une 1/2 heure après le début du 3e quart de la journée.
- si on n'a pas la possibilité de dire min'ha pendant la phase de min'ha qétana, on peut élargir cette phase (appelée alors grande min'ha,  min'ha guédola) à partir de une 1/2 heure après la moitié de la journée, donc 6 heures 1/2 après le lever du soleil.
- on dit min'ha avant d'entreprendre tout travail qui vous occupera fortement et longtemps.

L'heure de la prière de Ârvite
- l'heure normale de la dire est à partir du moment où on voit trois étoiles de grandeur moyenne; et avaznt le repas du soir.
- on ne peut pas dure ârvite une heure 1/4 avant le coucher du soleil. Cette limite est appelée pélag hammin'ha.
- si on a dit ârvite avant le coucher du soleil, il faudra ensuite répéter le Chémâ car le Chémâ du soir ne doit se dire qu'à partir de la tombée de la nuit et peut se dire pendant toute la nuit.
Cette question est l'occasion idéale pour commentcer l'étude de la michna car elle commence par la définition de l'heure de la prière de Ârvite. Prendre contact pour cela avec quelqu'un qui a étudié ou avec un rabbin.

Le Chémâ avant de dormir
On récite à nouveau le Chémâ Yisraël avant de dormir, avec des psaumes qui sont indiqués dans les recueils.

Notez bien
Une question n'est pas éclaircie : à quel moment définit-t-on exactement que "le soleil s'est levé", ce qui entraîne la fin des mitsvotes de la nuit et le début des mitsvotes du jour. La question des jeûnes, par exemple est liée à ce point.
Des analyses diverses existent sur cette question : est-ce 72, ou 90 minutes ou 120 après la première lumière fine ?
On étudiera cette question et surtout les procédures diverses de raisonnement et de démonstration.

En résumé, dans un calendrier juif complet, vous trouverez les indications suivantes pour chaque jour ou, au moins pour chaque semaine (prenons un exemple, ) Jérusalem le Lag baOmér, 18 Iyar, 23 Mai 2000) :
 
 
Minuit : 11 h 36
Âlout haCha'har (première lueur de lumière, aurore) : 2 h 51
Début du temps possible pour mettre les tsitsiote et les téfilines : 3 h 43
Lever du soleil : 4 h 33
Fin du temps pour dire le qaddiche : 7 h 13 ou 8 h 04 suivant les écoles
Fin du temps de la prière du matin : 8 h 41 ou 9 h 14 suivant les écoles
Midi : 11 h 36
Début de min'ha guédola : 12 h 12
Début de min'ha quétana : 3 h 43
Pélag ha min'ha : 5 h 12
Coucher du soleil (chéqiate ha'hama) : 6 h 36.

 

On le voit par un tel tableau, le judaïsme développe un conscience précise du temps et une maîtrise intellectuelle et scientifique des actes,en même temps qu'une référence au Créateur de soi, de la collectivité et de tout l'univers.
 
 
 

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