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Dufour
 


Le sens de la prière après le repas
"Birkate ha mazone"
ou bench...

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basés sur les livres de nos Sages
http://www.modia.org

Cette étude se développera progressivement, de manière à l'intégrer avant de la continuer.


Cette prière est l'une des plus importantes de la vie juive:
- elle est dite après chaque repas comportant du pain,
- elle comporte le résumé de tous les besoins, de toutes les louanges, et de la prière des 18 bénédictions ou Âmida.


Image Judaica, Sweetchild Software


Elle doit donc être dite avec la plus grande attention, lentement, en se représentant d'abord que l'on est en présence du Créateur qui donne l'existence et la nourriture en cet instant.
Donc, bannir de dire cette prière avec automatisme, avec rapidité,
mais
- la dire lentement,
- en réalisant ce que l'on dit en chaque mot,
- en suivant ces mots sur un livre (sinon on tombe dans l'automatisme), et
- sur un livre propre non recouvert d'une couverture qui garde les traces de multiples doigts ou restes des repas antérieurs (ce serait une marque de grande ingratitude ou d'inconscience ou de manque de formation).

Il y a des variantes entre les différentes communautés et, quand on a des invités, on aura la délicatesse de leur proposer le texte qu'ils ont l'habitude de lire s'ils sont achkénazes ou sépharades, par exemple. Il faut donc en avoir quelques uns à la maison.C'est un minimum et on remplit ainsi la mitsva de "tu aimeras ton proche comme toi-même".

Source
Elle est explicite dans la Torah, dans la partie que nous lisons dans le Chémâ Yisrael:
"Véakhalta véssavaâta ouvérakhta éte Hachém Eloqékha âl ha aréts ha tova achér natane lakh
.
Tu mangeras et tu seras rassasié et tu béniras Hachém ton D.ieu pour la bonne terre qu'Il t'a donnée". (Dévarim 8,10).
Nous avons là les thèmes de la prière: nourriture, terre, présence et sentiments de louange et reconnaissance.

Remarquons clairement que cela indique la répartition des séquences de la prière. Voici ce que dit le Traité Bérakhote du Talmud, page 48b:
- la 1e partie (birkate ha zane) est la bénédiction pour la nourriture. Elle fut priée par Moché après la réception de la manne dans le désert.
- la 2e partie (birkate ha arets) est la bénédiction pour la bonne terre. Et cela nous pose encore et toujours le problème de la terre que nous ne "mangeons pas" alors que nous "mangeons" la nourriture orale" quand nous habitons ailleurs. Elle fut priée par Yéhoshua après l'entrée dans la terre d'Israël. Dans cette partie, on ajoute une section différente (âl ha nissim) à Hanouka et à Pourim. Voyez ces questions dans le Traité Chabbate du Talmud, page 24a.
-la 3e partie (boné Yérouchalayim) est la bénédiction pour Jérusalem et sa "construction". Elle fut priée par le Roi David ("pour Israël Ton peuple et pour Yérouchalayim ta ville") et par son fils le Roi Chélomo, Salomon ("et pour le sanctuaire grand et saint..."). Dans cette partie, on ajoute une section brève le Chabbate (rétsé) de même qu'une autre les jours de fêtes (yaâlé vé yavo).
- la 4e partie (hatov vé hamétiv) fut ajoutée par les Sages après la destruction du Temple, à Yavné, au sujet des morts de Bétar. En effet, lorsqu'ils ont pu être enterrés, on a ajouté la bénédiction: "hatov, Il est bon" (car les cadavres étaient restés en bon état et ne sentaient pas) et "vé hamétiv, Il fait le bien" (car on a pu les enterrer).
Et le Chabbate, on ajoute une bénédiction en parole de consolation envers Jérusalem qui n'est pas encore reconstruite. Que cela se fasse vite.
Dans cette dernière partie (ha ra'hamane), il y a différentes demandes dont le nombre varie d'une communauté à l'autre, ou suivant les occasions (mariage, circoncision,...) et on peut en ajouter suivant ce qui se déroule présentement. Certains y prient spécialement pour Israël.

Tout cela est précisé dans les pages 48b à 49b de Bérakhote que je vous invite à étudier.
Elles se terminent par une précision:
on fait précéder ces 4 bénédictions par une formule d'invitation aux personnes présentes et cette formule est différente suivant le nombre de participants (3 ou 4 ou 10 ou 100 ou 1000 ou 10000!). La source de cette coutume vient du verset 68,27 des Psaumes: "Bémaqhélote, barékhou Eloqim Hachém, mi méqor Yisrael", "Dans les groupes, bénissez votre D.ieu Hachém, depuis la source Israël".

Ce verset nous enseigne qu'il faut se reporter à l'étude de ce psaume (c'est une régle dans la pratique juive: quand une citation est faite, on ne trouve le sens qu'en y allant). Vous y verrez que ce psaume nous montre Hachém veillant sur les célibataires, les personnes seules, les veuves, les orphelins, Sa bonté est décrite, et Israël est également décrit dans les beautés qui le constituent. Il faut lire ce texte pour avoir une autre vision du peuple d'Israël que ce que l'on lit et entend dans les faits divers et dans la politique. Nous reprenons la vision large et seule exacte.
Ce verset nous place aussi en fonction de notre source qu'est Yaâqov-Israël et nous participons de tout ce qui est venu des Patriarches. Ainsi, la terre est donnée parce que cela a été juré par D.ieu avec Avraham.

La double dimension
Mais cela nous dit aussi que tout bien que nous avons doit être relié dans notre conscience, à sa source. Nous "n'avons" pas des biens, des objets, de la nourriture mais ils sont participants d'un plan divin sans lequel ils n'ont aucune existence. Et cette bénédiction liée à l'acte le plus matériel (manger, bouffer) nous replace dans la nature des êtres et des choses qui est la Création. Aucune constitution d'aucun pays n'est bâtie sur ce modèle. Pour ces motifs, les Juifs ne pouvaient pas se laisser aller aux beuveries des Romains qui y voyaient une activité culturelle normale et libre. La jouissance brute des choses et des êtres est exclue du judaïsme qui y place toujours une bénédiction qui nous replace dans l'ordre du vrai, où la vie est participation au divin et donc caractérisé par une dimension de bonté et de Gloire.

Je vais vous raconter quelques types de faits pour vous montrer que cette organisation de l'univers est notre ordre de vie et que notre peuple est respecté quand il est conforme à cela que les autres peuples nous attribuent. C'est bien pour cela qu'ils ont copié le judaïsme en d'autres religions ou en pricipes moraux écrits dans leurs constitutions ou dans leur partis:
- j'étais dans le comité d'organisation d'un congrès international et dans une lettre de préparation, le président de ce comité (non-Juif) me disait: "nous savons que vous ne serez pas parmi nous Vendredi soir et Samedi et nous prévoyons nos activités en conséquence". Je fus placé dans un hôtel où, une fois arrivé, le responsable des cuisines (un arabe) est venu me voir et me dit: "il a été prévu que votre nourriture soit cachér et je vous invite à venir voir votre nourriture, les labels, et la cuisine pour voir si cela ne pose aucun problème". (Je n'avais rien dit de mes "exigences").
- dans un autre pays, en Italie, invité par une université, celui qui m'invitait (non-Juif) me dit tout de suite: "nous avons pris contact avec le Rabbin de la ville, vous mangerez chez lui ce soir, demain vous pourrez visiter les belles enluminures juives de la bibliothèque de la ville"; et quand je suis arrivé au restaurant, le Chef est venu me voir et m'a dit: "tout a été réglé avec le rabbin, vaisselle, couverts, et voilà différents poissons cacher que nous allons vous faire au gril, lequel préférez-vous?"
- dans un troisième pays, j'organise la phase finale d'un accord scientifique entre ce pays et Israël, nous sommes avec les représentants de collectivités locales des deux pays dans le salon du Parlement, un garçon en veste blanche vient vers moi et me dit: "voulez-vous bien venir à la cuisine prendre la bouteille de vin et servir vous-mêmes. Il y a deux tables, une cacher et une non-cacher". J'ai servi à la table cachér et, j'ai vu ensuite des représentants juifs aller les uns vers le buffet cacher et les autres vers le non-cacher. La puissance invitante, comme on dit, des laïcs socialistes déclarés et non-Juifs mont dit: "nous sommes choqués que des Israéliens en fonction de représentation nationale ne respectent pas les symboles de leur pays".
Tout ceci pour dire qu'il n'y a pas de difficulté à vivre nos rites, à respecter au milieu des autres la conception globale que nous avons des êtres et des choses, et des niveaux mêlés de l'univers. Les autres le comprennent et savent que cela est cohérent, comme ils nous respectent et comme ils savent que nous les respectons. Le problème est uniquement chez nous. Ce n'est pas toujours aussi simple avec d'autres Juifs ou avec des gens qui pensent pouvoir utiliser les liens de proximité pour ne plus nous respecter dans nos cohérences et nos principes. On découvre alors la vérité des relations, ou qu'il y a beaucoup à faire pour parvenir à un respect réciproque tout en restant familiers.

En tous cas, dans la liaison à d'autres personnes d'autres siècles, c'est émouvant de lire dans des textes de plusieurs millénaires dans le même hébreu les prescriptions et commentaires de ce que nous faisons quotidiennement comme toutes ces générations fidèles.


Il y a quelques circonstances qui apportent des modifications:
- le Chabbate et les Jours de fêtes, on garde un verre de vin pendant le birkate à mazone pour le bénir ensuite et prononcer encore une bénédiction sur le vin.
- la table juive faisant toujours référence à l'autel du Temple, on ne garde pas de couteaux sur la table pendant le birkate ha mazone ou on les recouvre d'une serviette. Mais le Chabbate où tout devient sainteté, on ne fait pas attention à cette présence des couteaux.
- lors d'un mariage, la partie d'invitation (le zimoune) comporte des variantes.
- dans la maison d'un défunt, on modifie également le zimoune, et il y a quelques modifications dans la 3e et la 4e bénédiction.
On entre ici dans les coutumes, et il faut étudier pour savoir ce qui est constant de ce qui est la coutume ancienne à maintenir, mais qu'il n'y a pas à imposer aux autres qui ont aussi leurs minhaguim.

Il y a des versions abrégées pour les fois où il est impossible de dire l'ensemble du texte. Mais ne pas y recourir sauf en cas d'urgence car cette prière est tellement belle.
Il y a aussi des versions abrégées pour les enfants qui commencent à s'éduquer dans ces pratiques.
Il est possible, bien entendu, de la dire en une autre langue que l'hébreu quand on ne le connait pas.
Quand le repas ne comporte du tout le pain comme nourriture, il y a des bénédictions différentes, mais c'est un autre sujet.


Quelques enseignements du 'Hida sur ce qui est abordé ici:
- il faudrait être à ce moment-là comme ceux qui disent devant D. dans les hauteurs: "Baroukh kévod Hachém mimméqomo, Bénie la Gloire de Hachém depuis Son lieu".
- quand on s'adresse au Roi, il n'est pas convenable de s'éparpiller en parlant avec d'autres.
- dans notre coeur, se représenter comme si nous sommes face à notre Roi, avec crainte, avec amour, avec joie. Alors, parler clairement en prononçant bien chaque mot, en le pensant et y mettant son coeur.

Après cette introduction générale,
- nous entrerons dans la compréhension de chaque partie,
- mayim a'haronim
etc.
si D. veut. Prochainement.

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